Wellington et Seutin à Nivelles!


1. Wellington à Nivelles – l’impasse Wellington?
2.Les célébrités du temps jadis : Louis Seutin

3. Napoléon et Wellington : Pour ou Contre? (Article d’Emile de Lalieux)

4. Les troupes de Wellington à Nivelles
5. Les plaques commémoratives de Nivelles

1. Wellington à Nivelles – l’impasse Wellington?

L’impasse de Wellington s’insinuait au 18ème siècles entre les rues de Bruxelles et de Namur au départ du marché aux Bêtes devenu Place Lambert Schiffelers et donnait accès à trois maisons claustrales. L’une de ces maisons servit d’hôtellerie en 1815. L’impasse fait évidemment référence au vainqueur de la bataille de Waterloo qui fit bientôt l’objet de récompenses autrement somptueuses (Les Rues de Nivelles de A à Z par Jean Vandendries – p 208).

Impasse Wellington
Impasse Wellington-http://monvieuxnivelles.jimdo.com/la-grand-place/ – Merci à Philippe sanspoux

La présence de Wellington la nuit du 20 juin 1815 et de troupes belgo-hollandaises à Nivelles sont attestées par divers témoignages. Les lettres envoyées par Wellington de Nivelles le 20 juin au soir et les nombreux témoignages de la présence des troupes sur le territoire de l’entité de Nivelles dans les ouvrages qui relatent la bataille dite de “Waterloo”. Les carnets de Basil Jackson, livre récemment traduit et publié sous le titre : “De Waterloo à Sainte-Hélène” corrobore la présence de l’Etat-Major et de Wellington : “En ce qui regarde notre marche sur Paris, j’atteignis Nivelles dans la soirée du 20 et de là, en passant par Mons,  je rejoignis le quartier Général à Le Cateau, le 22,…p.85-86

wellington à Nivelles

http://www.gutenberg.org/files/31517/31517-h/31517-h.htm#Page_115

“I had every reason to be satisfied with the conduct of the Adjutant-General, Major-General Barnes, who was wounded, and of the Quartermaster-General, Colonel De Lancey, who was killed by a cannon-shot in the middle of the action. This officer is a serious loss to His Majesty’s service, and to me at this moment.” (Gurwood, vol. viii., p. 150. Cf. Letters of Colonel Sir Augustus S. Frazer, K.C.B., dated Nivelles, June 20: “De Lancey is said to be dead: this is our greatest loss, none can be greater, public or private,” p. 550.)

“A highly interesting remark from the Duke’s lips just before the attack made by the Imperial Guard has been preserved in a letter written at Nivelles on the 20th June, by Colonel Sir A.S. Frazer. “‘Twice have I saved this day by perseverance,’ said his Grace before the last great struggle, and said so most justly.” This seems to coincide with the observation which the Duke made to Creevey at Brussels the morning after the battle. “By God! I don’t think it would have been done, if I had not been there.”

Le chemin de Wellington à Nivelles fait référence à ceci : “Au lendemain de la bataille de Waterloo, le roi Guillaume 1er des Pays-Bas octroya une libéralité au duc de Wellington. Il s’agissait d’un “fidéicommis” – un legs testamentaire – indéfiniment transmissible dans la descendance masculine du premier Prince de Waterloo. Il était modelé sur les “majorats de propre mouvement” créés par Napoléon 1er au profit des maréchaux de l’Empire. Ce majorat présente une double caractéristique : d’une part ce sont des biens domaniaux qui le constituent – un millier d’hectares situés sur Nivelles et quelques communes voisines – à l’initiative des pouvoirs publics et par le chef de l’Etat; de l’autre, ces biens font retour au domaine national lors de l’extinction du droit. La Belgique repris à son compte les engagements du gouvernement des Pays-Bas envers le Prince de Wellington. Voilà pourquoi furent vaines les diverses tentatives visant à “récupérer” ces bien encore octroyés aux descendants du duc. (Les Rues de Nivelles de A à Z par Jean Vandendries – p 207).

Autres articles :

Impasse w9
Extraits du Mémorial de la vie nivelloise par Émile de Lalieux (publié par la revue Rif Tout Dju) http://monvieuxnivelles.jimdo.com/les-b%C3%A2timents-de-nivelles-sous-l-ancien-r%C3%A9gime-avant-1780/la-grand-place/

Sur Google Earth, l’on peut observer que l’impasse a disparu suite aux bombardements de la guerre de 1940(Nivelles_BC_37_Commemoration_2) pour faire place à de nouveaux bâtiments, vraisemblablement, un café de la Grand-Place…Seul l’urbanisme de la Ville de Nivelles pourra résoudre cette impasse!

impasse google

Nivelles 1837- Le Soir-1
Nivelles 1837- Carte de Vandermaelen – Le Soir- Merci à Michel Bon!

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2.Les célébrités du temps jadis : Louis Seutin

Né à Nivelles le 19 octobre 1793.

“Fils de SEUTIN Louis Joseph (1740+1823), Bourgeois, Négociant, Marchand, Bourgmestre, et de RASPE Marie Joseph (“1753+1g20). Né le I9/10/1793 à Nivelles, paroisse de I’Evangéliste. (sources : SANin., GOFFIN R. Généalogies nivelloises, t.XVIII, p.159 et Biographie Nationale – Tome XXII col.324) les origines de Seutin n’étaient pas infimes. Il sortait de la classe des grands cultivateurs, justement appelée aristocratie paysanne.” !

Il est “recruté” dans la garde impériale sous l’annexion au Premier Empire français en 1812, reçoit en 1813 son brevet de chirurgien aide-major et part rejoindre à Dresde les armées de Napoléon. Affecté aux ambulances, le jeune homme eu l’occasion d’acquérir rapidement l’expérience de son sanglant métier, de faire preuve de son habilité professionnelle et de son dévouement à ses semblables. Il y fait ses premières armes chirurgicales au milieu des combats sous les ordres du baron Dominique-Jean Larrey, alors chirurgien militaire réputé. Après la fin de l’empire, il étudie à l’université de Leyde, sous l’annexion aux Pays-Bas, d’où il sort diplômé.” Ce que Wikipédia oublie de mentionner, c’est qu’il se retrouva du côté des coalisés en 1815 avec Dominique-Jean Larrey, “prisonnier volontaire”, pour soigner les nombreux blessés à Bruxelles. Blessé à la bataille de Waterloo, prisonnier des Prussiens, il fut sur le point d’être fusillé à cause de ses ressemblances avec Napoléon, mais fut relâché sur ordre de Blücher, dont il avait soigné le fils. Il représente le paradoxe des belges ayant oeuvrés dans les deux camps!

En savoir plus sur : http://brabantiaelibri.blogspot.be/2014/01/les-figures-illustres-du-brabant-wallon.html

« Déjà avant mon séjour au collège, j’obéissais à mon insu, à ma vocation pour l’étude des sciences médicales. Je suivais les cours que donnait, à Nivelles, M. l’abbé Lafontaine, dont le frère pratiquait la chirurgie. En sortant de la salle d’études, mon plus grand bonheur était de me glisser dans le cabinet de ce chirurgien où j’admirais un squelette et quelques autres pièces d’anatomie, et assistais à des opérations de petite chirurgie » .…mes études à l’ancienne École de médecine pratique de Bruxelles, d’où je sortis pour entrer au service de l’armée française en qualité de chirurgien-aide-major ; ma présence aux sanglantes journées de Dresde et de Leipzig ; ma captivité après la capitulation de Dresde ; les événements des cents jours et les services que je rendis après les journées de Waterloo ; ma position de chirurgien en chef de l’hôpital St-Pierre à Bruxelles où je fus également chargé de l’enseignement de la clinique chirurgicale et des accouchements ; ma présence au siège d’Anvers en 1831, où je fus envoyé pour y pratiquer les opérations majeures ; les travaux que j’ai mis au jour ; les améliorations que j’ai provoquées en vue de la santé publique ; mes voyages scientifiques, tels sont les faits qui forment le fond du tableau de ma vie. »Le Baron L. Seutin, sa vie et ses travaux / J.-R. Marinus

L’homme avait quitté Nivelles à l’âge de 17 ans mais il lui légua son cœur!

« […] Mr Seutin a exprimé dans son testament le désir que son cœur fut inhumé à Nivelles, où il naquit le 18 octobre 1793. […] Le cœur injecté d’après le même procédé (embaument d’après le procédé Gannal) a été extrait et déposé dans une urne pour être offert au conseil communal de Nivelles. […] »
Archives belges de Médecine militaire, journal des sciences médicales, pharmaceutiques et vétérinaires : tome trentième (1862)

DSC_0031Statue de Louis Seutin au square Seutin, face à la gare de l’est à Nivelles. Louis Seutin (Nivelles, 1793 – Bruxelles, 1862) débute en tant que médecin chirurgien dans la Garde impériale napoléonienne.  Après la bataille de Waterloo, de retour à Nivelles, il soigne, dans le couvent des Récollets, les combattants français (+ de 500) blessés et mutilés. Il sera l’un des fondateurs de l’Université libre de Bruxelles et de l’Académie royale de médecine, chirurgien en chef de l’hôpital Saint-Pierre, médecin du Roi Léopold Ier, sénateur du parti libéral et enfin médecin en chef de l’hôpital général de Nivelles. A sa mort, Louis Seutin légua des sommes importantes à l’hôpital et à l’école maternelle de Nivelles. Dans son testament, figurait une donation de 6.000 francs or destinée à la réfection de la fontaine-perron de la Grand-Place. Il légua son cœur à sa ville natale. http://www.tourisme-nivelles.be/index.php?/balade-des-celebrites-du-temps-jadis.html

 

 

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3. Napoléon et Wellington : Pour ou Contre? (Article d’Emile de Lalieux

http://www.riftoutdju.be/

Je remercie Philippe Sanspoux, créateur du site Mon vieux Nivelles qui m’a transféré les documents de la Revue Rif tout dju!

Rif tout dju, la revue bimensuelle que le monde entier nous envie , publiait un excellent article de 4 pages  en mars 1964 par  Emile de Lalieux,  dans la revue nivelloise  numéro 76. L’auteur écrit quelques lignes sur le passage de Wellington à Nivelles :

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4. Les troupes de Wellington à Nivelles :

http://www.nivelles.be/content/reception-des-delegations-deux-regiments-descendants-du-5e-dragons-legers

“En l’année 1810, Nivelles constitua une des places d’armes de l’aile gauche de l’armée de Wellington. Ce fut de là que ce corps, sous les ordres du prince d’Orange, se porta sur les Quatre-Bras. Pendant la bataille du 18, la ville resta abandonnée à elle-même et paisible. Le 19, les Anglais victorieux revinrent camper dans les campagnes voisines, vers Thines, et les Brunswickois s’établirent près de Lillois.” (Tarlier et Wauters en 1859-BKABANT. CANTON [)li NIVELLES-page 67).

Si le 1er mars 1815, l’Empereur Napoléon commence son légendaire trajet connu sous le nom du « Vol de l’Aigle », les alliés (Congrès de Vienne) le mettent hors la loi et préparent leurs défensives.

  • L’hôtel de Ville

L’hôtel de Ville de Nivelles devint le siège de l’état-major du Prince d’Orange, fils du Roi Guillaume 1er. Mais cette ville fut également le témoin privilégié des actes hollandais et français, avant et après la bataille.

  • L’ancien relais de poste

    relais de poste
    relais de poste….Ce qu’il en reste!

Il se trouvait au numéro 7-9 de la Rue de Bruxelles, dont il ne reste plus que l’arche en pierre de l’ancien relais de poste. De ce relais partirent les lettres de soldats hollandais, casernés à Nivelles, qui se battront à Waterloo. A Nivelles étaient cantonnées les troupes suivantes de la brigade van Bijlandt : bataillon de Chasseurs N° 27 (lieutenant-colonel Grunebosch), la batterie Stevenart et du Quartier Général de la brigade.

Nivelles accueillit ainsi 3.233 hommes.

  • L’hôpital de 1815

Ancien couvent des Récollets, au carrefour de la rue de Saintes et de la rue de Charleroi, une plaque rappelle que cet édifice servit d’ambulance pour les militaires français en 1815.

  • Un monument méconnu

Enfin, un monument totalement méconnu de la bataille, cette simple pierre sur le mur du cimetière Saint-Pierre, faubourg de Charleroi 67, à Nivelles, à gauche de l’entrée. Elle porte ces quelques mots, pourtant bien éloquents, signalant que 104 Français y furent enterrés aux côtés de 8 Anglais, 4 Hollando-Belges et 13 Prussiens.

Le 15 juin, ce sont les troupes de van Bijlandt et de Saxe-Weimar qui, de Nivelles vont aller bloquer la route des Français aux Quatre-Bras. Le 16 juin, jour de la bataille, la 2e brigade de cavalerie légère du général van Merlen traverse Nivelles, le 6e Hussards du lieutenant-colonel Boreel en tête, suivi par le 5e Dragons Légers du lieutenant-colonel de Mercx. Le reste de la division de cavalerie du général Collaert se place en avant de Nivelles, en direction d’Arquennes. Le général prend ses quartiers à l’hôtel de ville. Pour rappel, à ce moment, Wellington doute toujours que les Français ne viennent aussi par Mons.

En 1815, jusqu’au 16 juin inclus (date de la bataille des Quatre-Bras), Wellington a fait renforcer les troupes néerlandaises en position à Nivelles car il s’attendait à une pénétration française venant de la direction de Mons.

Nivelles a donc assuré un rôle stratégique de taille au début de cette campagne. Nivelles sera aussi le lieu de passage des troupes britanniques, brunswickoises, hanovriennes et néerlandaises à partir du 19 juin lors de la poursuite qui devait conduire les alliés à Paris.

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5. Les plaques commémoratives de Nivelles :

Merci à Dominique Timmermans ! Toutes les plaques et plus d’informations sur http://napoleon-monuments.eu/Napoleon1er/1815Nivelles.htm

Un témoignage récent nous a appris que les soldats de 1815 reposeraient “sous la croix centrale” du cimetière de Nivelles. Cela nous semble tout à fait cohérent.

ommence son légendaire trajet connu sous le nom du « Vol de l’Aigle », les alliés (Congrès de Vienne) le mettent hors la loi et préparent leurs défensives.

  • L’hôtel de Ville

L’hôtel de Ville de Nivelles devint le siège de l’état-major du Prince d’Orange, fils du Roi Guillaume 1er. Mais cette ville fut également le témoin privilégié des actes hollandais et français, avant et après la bataille.

  • L’ancien relais de poste

    relais de poste
    relais de poste….Ce qu’il en reste!

Il se trouvait au numéro 7-9 de la Rue de Bruxelles, dont il ne reste plus que l’arche en pierre de l’ancien relais de poste. De ce relais partirent les lettres de soldats hollandais, casernés à Nivelles, qui se battront à Waterloo. A Nivelles étaient cantonnées les troupes suivantes de la brigade van Bijlandt : bataillon de Chasseurs N° 27 (lieutenant-colonel Grunebosch), la batterie Stevenart et du Quartier Général de la brigade.

Nivelles accueillit ainsi 3.233 hommes.

  • L’hôpital de 1815

Ancien couvent des Récollets, au carrefour de la rue de Saintes et de la rue de Charleroi, une plaque rappelle que cet édifice servit d’ambulance pour les militaires français en 1815.

  • Un monument méconnu

Enfin, un monument totalement méconnu de la bataille, cette simple pierre sur le mur du cimetière Saint-Pierre, faubourg de Charleroi 67, à Nivelles, à gauche de l’entrée. Elle porte ces quelques mots, pourtant bien éloquents, signalant que 104 Français y furent enterrés aux côtés de 8 Anglais, 4 Hollando-Belges et 13 Prussiens.

Le 15 juin, ce sont les troupes de van Bijlandt et de Saxe-Weimar qui, de Nivelles vont aller bloquer la route des Français aux Quatre-Bras. Le 16 juin, jour de la bataille, la 2e brigade de cavalerie légère du général van Merlen traverse Nivelles, le 6e Hussards du lieutenant-colonel Boreel en tête, suivi par le 5e Dragons Légers du lieutenant-colonel de Mercx. Le reste de la division de cavalerie du général Collaert se place en avant de Nivelles, en direction d’Arquennes. Le général prend ses quartiers à l’hôtel de ville. Pour rappel, à ce moment, Wellington doute toujours que les Français ne viennent aussi par Mons.

En 1815, jusqu’au 16 juin inclus (date de la bataille des Quatre-Bras), Wellington a fait renforcer les troupes néerlandaises en position à Nivelles car il s’attendait à une pénétration française venant de la direction de Mons.

Nivelles a donc assuré un rôle stratégique de taille au début de cette campagne. Nivelles sera aussi le lieu de passage des troupes britanniques, brunswickoises, hanovriennes et néerlandaises à partir du 19 juin lors de la poursuite qui devait conduire les alliés à Paris.

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