Waterloo : Le prince d’Orange sera incarné par Eric Edelman


http://press.waterloo2015.org/le-prince-dorange-sera-incarne-par-eric-edelman#

Les 18, 19 et 20 juin prochains, c’est le Hollandais Eric Edelman qui incarnera le jeune prince d’Orange lors du Bicentenaire de la Bataille de Waterloo. Agé de 29 ans, Eric a grandi à Amsterdam et vit actuellement à Maastricht. Il a étudié la médecine et travaille dans une société qui développe du matériel informatique pour le monde médical. Son âge et ses compétences en tant que cavalier chevronné le propulsent aujourd’hui dans un rôle qu’il est fier de pouvoir endosser.

“Lorsque les troupes françaises eurent quitté les Pays-Bas en 1813, un gouvernement provisoire prit le pouvoir. Celui-ci était formé par le comte Leopold van Limburg Stirum, Frans Adam van der Duyn van Maasdam et Gijsbert Karel van Hogendorp. Ceux-ci invitèrent le prince Guillaume afin de lui offrir le trône des Pays-Bas. Il refusa une première fois le trône en décembre 1813, puis l’accepta finalement avec une constitution qui garantissait des pouvoirs étendus au nouveau prince souverain. Il ne se proclama roi des Pays-Bas qu’en mars 1815. Le Royaume-Uni des Pays-Bas fut créé au congrès de Vienne et s’étendait sur les actuels Pays-Bas et Belgique (sauf la province de Luxembourg belge). Le Luxembourg, élevé au rang de grand-duché, était indépendant (et faisait en superficie le double du grand-duché actuel) mais son souverain était le roi des Pays-Bas. Ce royaume avait donc les limites du Benelux actuel mais sous un unique souverain conservateur et protestant, comme le sera d’ailleurs également Léopold Ier de Belgique. Le Luxembourg, promu au rang de grand-duché, qui devenait indépendant et membre de la Confédération germanique, lui était remis à titre personnel. Il tenta d’unir les peuples des anciennes Provinces-Unies, des Pays-Bas autrichiens et de la principauté de Liège, par une politique favorisant le développement économique. Ainsi, il décida de la canalisation de la Sambre, le creusement des canaux Gand-Terneuzen, Bruxelles-Charleroi, Meuse-Moselle et autres. Il a aussi fondé les universités de Liège, Gand et Louvain. Cependant, sa politique autocratique et l’hostilité de l’Église catholique romaine envers le roi protestant provoquèrent le mécontentement des futurs Belges qui néanmoins choisirent également comme nouveau roi un protestant, Léopold Ier de Saxe-Cobourg-Gotha. Après la révolution belge de septembre 1830, il se porta candidat au trône de Belgique, mais sa candidature fut unanimement rejetée. Guillaume Ier tenta de reprendre la Belgique par les armes mais celle-ci bénéficiant du soutien de la France de la Monarchie de Juillet obtint en 1831 son indépendance et mit à sa tête un prince soutenu par l’Angleterre, Léopold de Saxe-Cobourg-Saalfeld, qui était oncle de la future reine Victoria et épousera en 1832 Louise-Marie d’Orléans, fille aînée de Louis-Philippe Ier, roi des Français. Toutefois, les Pays-Bas (amputés d’une partie du Limbourg) et le Luxembourg (amputé de sa moitié occidentale) restèrent unis sous le règne de Guillaume Ier qui n’accepta cet état de fait qu’en 1839. Vaincu et contesté, Guillaume Ier abdiqua en 1840 pour pouvoir se remarier avec la femme de son choix, une dame catholique Henriette d’Oultremont. Il reprit alors le titre de Nassau.”

http://fr.wikipedia.org/wiki/Guillaume_Ier_%28roi_des_Pays-Bas%29

Une passion pour la reconstitution

Grand passionné de l’histoire napoléonienne, Eric Edelman est reconstitueur depuis l’âge de 15 ans. Ce hobby lui permet d’expérimenter dans la vraie vie ce qu’ont vécu les héros de l’époque. Le groupe de reconstitueurs dont il fait partie inclut l’entourage qui accompagnait le prince sur le champ de bataille : officiers, laquais et bien sûr une extraordinaire cantine de campagne, dirigée par des férus de cuisine historique.

http://static.blogs.sudinfo.be/media/45/3857344900.2.jpg

« Chacun s’entraîne à exercer son rôle d’après son rang social, du laquais au plus haut gradé. Nous avons ainsi vécu des moments inoubliables, à réincarner des moments d’histoire en respectant le protocole et les manières de l’époque ! Bien sûr, dans la vraie vie, je ne ressemble en rien au prince d’Orange. Par exemple, à 19 ans, je n’étais pas en train de combattre auprès du duc de Wellington sur les champs de batailles d’Espagne et du Portugal !», relate Eric Edelman avec humour.”

L’autre motivation qui anime les reconstitueurs est celle de partager leur passion avec le public, en lui offrant un spectacle inoubliable. « En juin prochain, le spectacle sera gigantesque, nous n’avons encore jamais vécu une reconstitution de la période napoléonienne d’une telle ampleur. Nous opérerons à une échelle proche de la réalité historique. Ce sera du jamais vu ! », s’enthousiasme-t-il.

Un souvenir mémorable

Eric Edelman ne prête pas ses traits qu’au seul prince d’Orange. Il participe à de nombreuses reconstitutions, où il n’est que simple soldat. Son meilleur souvenir est sa participation à une campagne, à La Boissière. Lors de ces campagnes, les participants n’emportent aucune tente, ils marchent le jour, et dorment la nuit à la belle étoile. Le camp adverse fait de même, et personne ne sait jamais où se trouve l’autre…

Harassés après avoir combattu et marché une journée entière, lui et ses compagnons se reposent dans une zone marécageuse, entourée d’arbres. Soudainement, ils entendent des bruits de craquements. D’un bond, ils se redressent tous, et saisissent leurs armes. Un cavalier français, solitaire, surgit alors brusquement à la lisière des arbres. Aussitôt son cheval s’enfonce, presque jusqu’au poitrail, dans le marécage. Le cavalier lève la tête. Vingt fantassins hollandais pointent leur arme dans sa direction. Gardant un calme olympien, il saisit son pistolet et s’écrie: « Parfait, maintenant, baissez vos armes, je vous fais tous prisonniers ! ».

Eric Edelman rêve de pouvoir offrir un verre à ce courageux Français qui les a surpris dans cette clairière marécageuse! Mais l’identité de cet homme reste aujourd’hui inconnue…

Voici 200 ans naissait la fierté identitaire des Pays-Bas

En 1815, le jeune Guillaume II d’Orange, roi des Pays-Bas et grand-duc de Luxembourg, a tout juste 22 ans lorsqu’il prend le commandement de l’armée hollandaise pour combattre Napoléon à Waterloo. Ses troupes faisaient partie du 1er Corps du Britannique Wellington, ce dernier regroupant sous ses ordres des armées alliées de multiples provenances. En fin de journée du 18 juin, alors qu’il refoule une énième attaque de Napoléon, le cheval de Guillaume II d’Orange est atteint au poitrail. Le prince lui-même reçoit une balle de mousquet à l’épaule gauche, et s’effondre.

Une blessure royale

Alors que le prince est immédiatement évacué du champ de bataille et transporté à Bruxelles, son allié, le duc de Wellington, se rend à son chevet le lendemain. Bien qu’il ait écrit à sa mère, Wilhelmina van Pruisen, que sa blessure était de peu de gravité, une intervention chirurgicale fût néanmoins nécessaire. Les éclats d’os retirés de son épaule resteront toute sa vie dans une petite boîte posée sur sa table de chevet. Deux mois plus tard, le bras en écharpe, le prince d’Orange apparaît à Paris où il est accueilli en héros. Sa blessure à l’épaule fait à l’époque l’objet de multiples représentations, illustrant déjà l’attrait du public pour les misères subies par les célébrités. Un exemple avant l’heure de médiatisation excessive que l’on observe aujourd’hui un peu partout.

L’immortalisation de cette blessure ira loin… La Butte du Lion, visitée par le monde entier, a été érigée en 1826 à l’endroit même où le prince d’Orange fut blessé par la balle de mousquet !

Les prémices d’un nouveau royaume

La participation des Pays-Bas au succès de la Bataille de Waterloo a aussi une autre conséquence d’importance majeure pour le pays. Elle marque en effet le début d’une nouvelle assurance que prend le peuple hollandais. Une fierté identitaire est en train de poindre, celle de citoyens qui sont parvenus à repousser l’envahisseur, qui ont pu s’afficher sur la scène internationale, et maintenir l’indépendance des Pays-Bas. Plus tard, à une époque où les cartes de l’Europe seront redessinées, ce sentiment national permettra aux Pays-Bas de gagner leur place sur l’échiquier du monde contemporain. La victoire à laquelle a contribué le prince d’Orange à Waterloo, qui fut fêtée chaque 18 juin jusqu’au début du XXème siècle, a jeté les fondements des Pays-Bas d’aujourd’hui.