Que s’est-il vraiment passé le 18 juin 1815 à Waterloo ?


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Deux cents ans après la défaite de Napoléon, les historiens continuent leur travail, mais les faits ne sont pas racontés de la même manière selon que l’on est Anglais, Français, Hollandais, Allemands ou Russes. Dans le cadre du bicentenaire de la bataille, une cinquantaine de professeurs d’Histoire, des quatre coins d’Europe, se sont retrouvés ce week-end à Braine-l’Alleud pour partager leur point de vue.

Cambronne :

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Dans l’imaginaire français, Waterloo est une défaite, certes, mais une défaite glorieuse. “Ce n’est pas un historien qui a forgé cette image, mais un écrivain-poète, explique le professeur Bruno Colson (université de Namur). La mémoire française de Waterloo repose essentiellement sur la vision romantique de Victor Hugo. Donc, les Français ont transformé cette défaite en un moment glorieux avec ses fameux épisodes comme “la garde impériale meurt mais ne se rend pas”, etc.”

Et si Napoléon reste perçu en France comme un grand stratège militaire, c’est sans doute en partie parce qu’il fut, dans son exil de Sainte-Hélène, le premier historiographe de la bataille, affirmant que Wellington, finalement, “avait eu beaucoup de chance” le 18 juin 1815.

Wellington tire la couverture à lui

Mais selon l’historien Russ Foster, les Anglais ne sont pas en reste. “Wellington lui-même, immédiatement après la bataille, a semblé attribuer les mérites de la victoire aux Prussiens; mais un peu plus tard il a tiré la couverture à lui. Waterloo a permis à la Grande-Bretagne de dominer les océans et de consolider son empire. Donc les Britanniques veulent s’en souvenir comme d’une victoire…”

La charge des Scott Greys

La charge des Scott Greys (2ème Régiment écossais de dragons)

Quant aux Russes, ils estiment que la vraie grande bataille, c’est celle de Borodino où l’armée impériale russe infligea de lourdes pertes aux Français; Waterloo n’étant finalement que le post-scriptum des guerres napoléoniennes.

Bataille de Borodino par Youri Saprykine

La réunion qui s’est tenue ce week-end au Château du Cheneau de Braine-l’Alleud, à un jet de pierre du fameux champ de bataille, a rassemblé une cinquantaine de professeurs d’histoire, à l’initiative d’Euroclio (European Association of History Educators). Les participants venaient d’Italie, d’Allemagne, des Pays-Bas, de Grèce, de Grande-Bretagne et même de Russie. Par contre, il n’y avait aucun Français dans l’assemblée !

Article de François Louis – RTBF