Napoléon à Bruxelles, sauveur de Laeken et de la Monnaie


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musée royal de l’Armée et d’Histoire militaire

 

Un canon à fût court et, juste derrière, l’effigie de Napoléon accueillent les visiteurs du musée royal de l’Armée et d’Histoire militaire, dans le parc du Cinquantenaire.

musée royal de l’Armée et d’Histoire militaire

Ici, la visite commence par la période française, à partir de 1794, et Waterloo y occupe une large place : uniformes, armes, lunettes optiques… Et une vitrine “archéologique” qui a cette saveur du vrai : des objets rouillés ramenés directement du champ de bataille (épées, pistolets…). Il y a bien sûr des tableaux évoquant la bataille et un portrait géant du commandant prussien Blücher parmi ses officiers.

Mais l’histoire de Napoléon à Bruxelles est loin de se limiter à Waterloo. Il y a fait quatre séjours.

Le premier est souvent oublié des historiens. En 1798, après ses victoires d’Italie, le général Bonaparte est chargé par le Directoire d’étudier la possibilité d’une invasion de l’Angleterre. Entre le 8 et le 17 février, il visite Boulogne, Calais, Dunkerque, Ostende, Furnes et Anvers. Avant de rentrer à Paris, il fait un crochet par Bruxelles.

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Porte Napoléon à Bruxelles

Il y reviendra en Premier consul, accompagné par Joséphine, du 21 au 30 juillet 1803. Puis il passera à Bruxelles la nuit du 1er au 2 septembre 1804. Enfin, l’Empereur reviendra présenter à la Belgique sa nouvelle épouse, Marie-Louise, et il passera à Bruxelles la nuit du 29 au 30 avril 1810. A chaque fois, il a dormi au palais de Laeken. On ignore souvent que Napoléon a été le sauveur du palais de nos rois d’aujourd’hui.

Engraving of the Royal Palace from Pierre-Jacques Goetghebuer (1827)

 

De nos jours….

Sa construction était pourtant récente. Elle avait été commanditée par Marie-Christine d’Autriche et son époux, le duc Albert de Saxe-Teschen, nommés gouverneurs des Pays-Bas en 1781, sous le régime autrichien. Première pierre le 14 décembre 1782. Inauguration en 1785. En 1794, les Autrichiens sont chassés par les Français. Les propriétés de la famille impériale sont revendues. Quand Laeken est acheté par un médecin, Jean-Baptiste Terrade, le palais avait été pillé et abîmé. Terrade envisageait sa démolition, mais Bonaparte le lui racheta pour 507 861 francs et le réaménagea somptueusement.

A son divorce, il laissera Laeken à Joséphine, qui n’est guère intéressée. Alors, en 1812, il l’échange contre le palais Bourbon. Et il y revient avec Marie-Louise.

Les journaux de 1803 racontent par le détail le séjour du Premier consul et de son épouse. Ils étaient arrivés, en cortège somptueux, par l’Allée verte, qui est si banale aujourd’hui mais qui était alors la promenade de prestige des Bruxellois. On y avait dressé un arc de triomphe avec deux statues : “Bonaparte Victorieux” et “Bonaparte Législateur”. Il y avait foule. Au pont de Laeken, le cortège s’arrêta et Bonaparte fut invité à monter un superbe cheval blanc. Le couple fut reçu à l’hôtel de ville (qu’on appelait alors la maison de la ville), il y eut un Te Deum en la cathédrale, une démonstration de manœuvres de troupes, des illuminations tous les soirs, mais aussi un concours de tir à l’arc doté “de trois cafetières en argent” et des parties de jeu de balle.

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Histoire de Bonaparte, premier consul da la République Française …, Volume 4 page 137 et suivantes

Le couple assista également, au Théâtre de la Monnaie, à des représentations de “Cinna” et de “Britannicus”, jouées par leur ami, le grand acteur parisien Talma.

Théâtre de la Monnaie -1810
place de la Monnaie - Bruxelles Pentagone
Théâtre Royal de la Monnaie 1290-1930

Le théâtre, inauguré en 1700, était réellement vétuste. Napoléon estima que Bruxelles méritait “un lieu plus digne des représentations qu’on y donnait”. Immédiatement, un architecte français, Louis-Emmanuel Damesne, traça les plans du Théâtre de la Monnaie tel que nous le connaissons. Mais les événements retardèrent les travaux et le premier coup de pioche ne fut donné que sous le régime hollandais, en 1818.

Eddy PrzybylskiLa Libre Belgique