Bonapartiana VIII : Bulletin du Dimanche du Octidi 28 Messidor 223


france frontières ulraBonapartiana  VIII : Bulletin du Dimanche du Octidi 28 Messidor 223

“L’actualité” de Napoléon le Grandjacques JANSSENS

Mouvement Bonapartiste Belgique
Création : Antoine Richard

“Un livre curieux serait celui dans lequel on ne trouverait pas de mensonge.”
Napoléon Bonaparte ; Maximes et pensées (1769-1821)

J’ai fait le choix de partager gratuitement des livres qui relèvent du “domaine public” sur Napoléon Le Grand dont la liste se trouve sur la page suivante : http://napoleonbonaparte.be/lectures/livres-sur-napoleon-le-grand-format-pdf/  pour la recherche historique ou pour la simple curiosité. En effet, les sites traditionnels de recherches de livres proposent des outils qui ne sont plus adaptés aux technologies actuelles. Il est impossible de lire confortablement et de traiter un ouvrage sans le télécharger, ce qui est une démarche lente et laborieuse dans certains cas. J’invite donc les responsables d’ouvrages qui relève du domaine public  à partager les ouvrages en leur possessions dans un dossier distinct de façon à ce que les chercheurs puissent directement accéder aux ouvrages qui traitent de près ou de loin de la “thèse Napoléonienne” dans la mesure du possible qui est “Français”.   JACQUES JANSSENS

aigle et papillon

SUR LE NORTHUMBERLAND :

Mardi 15 août 1815.

FAVEUR BIZARRE DE LA FORTUNE

Dans la matinée nous avons demandé à être admis près de l’Empereur ; nous sommes entrés tous à la fois chez lui ; il n’en devinait pas la cause : c’était sa fête, il n’y avait pas pensé. Nous avions l’habitude de le voir ce jour-là dans des lieux plus vastes et tout remplis de sa puissance ; mais nous n’avions jamais apporté de vœux plus sincères et des cœurs plus pleins de lui.

Nos journées se ressemblaient toutes : le soir nous jouions constamment au vingt-et-un ; l’amiral et quelques Anglais étaient parfois de la partie. L’Empereur se retirait après avoir perdu d’habitude ses dix ou douze napoléons ; cela lui était arrivé tous les jours, parce qu’il s’obstinait à laisser son napoléon jusqu’à ce qu’il en eût produit un grand nombre. Aujourd’hui il en avait produit jusqu’à quatre-vingts ou cent ; l’amiral tenait la main, l’Empereur voulait laisser encore pour connaître jusqu’à quel point il pourrait atteindre ; mais il crut voir qu’il serait tout aussi agréable à l’amiral qu’il n’en fit rien : il eût gagné seize fois, et eût pu atteindre au-delà de soixante mille napoléons. Comme on s’extasiait sur cette faveur singulière de la fortune en faveur de l’Empereur, un des Anglais fit la remarque qu’aujourd’hui c’était le 15 août, jour de sa naissance et de sa fête….

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Titre : Napoléon à bord du “Northumberland” : témoignages réunis et traduits par Henry Borjane…
Auteur : Warden, William (médecin)  – Auteur : Lyttelton, William Henry Lord – Auteur : Glover, John R
Auteur : Ross, C B H (Captain)
Éditeur : Impr.-édit. Plon (Paris)
Date d’édition : 1936
Contributeur : Borjane, Henry. Éditeur scientifique. Traducteur
Droits : domaine public

Je vous invite également à lire le témoignage du journal  DE DENZIL IBBETSON

aigle et papillon

 ACTUALITES

Lors de sa première visite en 1798, Napoléon se serait longuement arrêté devant la statue de Manneken-Pis. Lors de son dernier voyage en 1810, l’Empereur est une fois de plus séduit par le petit pisseur. L’histoire raconte qu’il l’aurait fait chambellan et l’aurait doté dans la foulée d’une somme de 2000 francs or. Le lendemain, notre petit Julien portait les plumes et l’uniforme coloré des chambellans de l’Empire.

  1. 15 août 1769 : naissance de Napoléon Bonaparte
  2. Une exposition d’objets pour l’anniversaire de Napoléon
  3. La banque où fut célébré le mariage de Napoléon et Joséphine de Beauharnais
  4. A Ajaccio, les touristes se passionnent pour Napoléon
  5. “Le Sacre de Napoléon” : Une exposition de Dumé Susini à Ajaccio
  6. Empereur des Français et prince du marketing
  7. ” Napoléon ” repose à Courçay
  8. Le coup de feu salvateur de Napoléon à Gap
  9. Mouscron: Serge a une impressionnante collection de figurines sur l’époque napoléonienne
  10. A Fouchères, le domaine de Vaux invite à enquêter pendant tout l’été
  11. 8 août 1815 : Napoléon part pour Sainte-Hélène
  12. Le Bivouac de Napoléon à la Galerie des Gobelins
  13. L’Homme providentiel, une figure de la vie politique française
  14. En avril 1814, Napoléon 1er fait une halte savoureuse au Pin Bouchain
  15. Insolite. Michel, passionné par Napoléon
  16. Banque de France, banque de l’empereur | Contrepoints

Bilan général de l’opération « Sauver la Maison de Napoléon à Sainte Hélène »

Débutée à la fin de l’année 2010, l’opération « Sauver la Maison de Napoléon à Sainte-Hélène », touche presque à sa fin, après presque cinq ans de travaux. La souscription internationale a rencontré un très grand succès et les travaux sur place ont été réalisés dans les délais et le respect du devis. La générosité du public nous a permis d’élargir notre intervention à d’autres besoins d’urgence des Domaines nationaux de Sainte-Hélène. Une délégation comptant un représentant de M. le ministre des Affaires étrangères, participera à l’inauguration des Domaines restaurés, en octobre prochain. Pour clôturer cet immense projet, s’ouvrira en avril 2016, au Musée de l’Armée une exposition « Napoléon à Sainte-Hélène » qui permettra de faire découvrir au public les meubles de Longwood restaurés ainsi que d’autres souvenirs, rarement montrés, de l’exil de l’Empereur. Cette opération est une franche réussite, dont nous pouvons tous être satisfait. Voir le Bilan complet de l’opération « Sauver la Maison de Napoléon à Sainte-Hélène », établi par l’équipe de suivi.

Cette opération a été conduite par le ministère des Affaires étrangères et la Fondation Napoléon:

 http://fondationnapoleon.org/activites-et-services/patrimoine/operation-sainte-helene/

Répartition géographique des dons
Les dons sont venus de 28 pays différents.
Les plus gros contributeurs ont été la Belgique, avec 703 988 €, suivie de la France (675 944 €), de l’île de Sainte -Hélène (81 122 €),du Canada (11 889 €) et de la Suisse (11 481 €).

donation

LIVRES

Au début des années 1850, le 15 août devient la fête nationale en France. Cette célébration permet au président Louis-Napoléon d’amorcer la transition vers le second Empire, et d’imposer avec succès un modèle de fête nationale populaire qui sera largement repris par la République. S’appuyant sur une documentation inédite aux Archives nationales et départementales, Sudhir Hazareesingh fait revivre cette fête riche et multiforme. Moment d’exaltation de la mémoire napoléonienne, la fête impériale est aussi le théâtre de tensions créatives : entre la solennité pieuse des croyants et la jubilation carnavalesque du peuple, entre la glorification de la Nation et le culte des traditions locales, et entre la célébration du soutien populaire au régime et la peur de la foule. L’ouvrage renouvelle notre vision de la tradition napoléonienne sous le second Empire. Hazareesingh insiste particulièrement sur la dimension locale des fêtes, qui permet aux notables de célébrer les travaux publics et l’action caritative des associations, et donne l’occasion aux municipalités de se mettre en valeur. La Saint-Napoléon met également en scène des moments de liesse collective, comme lors des remises des médailles de Sainte-Hélène aux anciens vétérans des guerres de l’Empire. Mais cette harmonie fragile peut aussi prendre une fâcheuse tournure : au sein même de l’État bonapartiste, entre le clergé et les autorités civiles, et entre les représentants de l’État et les forces de l’opposition républicaine, qui utilisent sciemment le décor de la fête nationale pour subvertir l’ordre bonapartiste. Écrit avec humour et humanité, et fourmillant d’anecdotes savoureuses, cette étude originale apporte des éclairages nouveaux sur la sociabilité et la culture politique française, et souligne le poids de la tradition napoléonienne dans la mémoire collective nationale. Traduit de l’anglais par Guillaume Villeneuve.

  • Uniformes napoléoniens Carle Vernet

Des lointaines steppes de Russie où il s’était imprudemment aventuré, Napoléon envoya l’ordre à Paris en 1812 d’étudier de nouveaux uniformes pour la Grande Armée dont on espérait un retour victorieux, et voulait remettre à neuf les parements usés par tant de campagnes : c’est le colonel Bardin qui en fut chargé. Bardin se mit promptement au travail et commença par choisir, en la personne du peintre Carle Vernet, le collaborateur qui devait dessiner les nouveaux costumes. Napoléon revint des steppes, seul, porteur d’une tragédie inattendue : la Grande Armée s’était évanouie dans les neiges. Les élégants uniformes peints par Vernet ne furent réalisés qu’en partie pour habiller les conscrits de 1813. Les planches d’uniformes reproduites ici sont extraites d’un recueil de deux cent quarante cinq aquarelles originales peintes par Carle Vernet. La qualité du dessin et de l’aquarelle, la fraîcheur des couleurs, parfaitement conservées en font la plus belle source de documentation sur l’uniforme du premier empire.

  • Waterloo : La Chute de l’Aigle – Une étude originale sur une des plus grandes batailles (Kees Schulten)

Pour la première fois, un ouvrage présente une analyse des différentes stratégies des protagonistes de cette terrible bataille, aspect jusqu’ici négligé. Il va de l’étude des personnages et des stratèges que furent Wellington, Napoléon et Blücher, jusqu’à la révélation d’un élément que les Anglais ont longtemps occulté par chauvinisme : c’est l’armée des Pays-Bas et le prince d’Orange qui décidèrent réellement du sort de la bataille. Kees Schulten étudie les événements les plus marquants d’une partie du front, qui fut certainement la plus importante. Il nous explique pourquoi ces épisodes, sans les Belgo-Hollandais, auraient pu précipiter les Anglais, en nombre insuffisant, dans la défaite. La plupart du temps, les unités belgo-hollandaises sont englobées dans celles des Britanniques. Ce qui était loin d’être le cas lors de la bataille de Waterloo. Ce livre présente une étude totalement originale d’un historien spécialisé en stratégie militaire, membre du Comité d’accompagnement scientifique international de Waterloo, dont les écrits font référence. 

  • « Sacré Napoléon » de Jean Pierre Colignon paru aux éditions Guy Trédanielhttp://www.francenetinfos.com/wp-content/uploads/2015/08/978_2_8132_0838_5_UNE_494_594_1434025077.jpg

Nous connaissons tous l’illustre personne qu’est Napoléon Bonaparte. Cet homme politique hors du commun et administrateur remarquable devenu empereur était un être complexe. Mais le connaissons-nous réellement si bien ? Dans le livre « Sacré Napoléon » de Jean Pierre Colignon paru aux éditions Guy Trédaniel, vous connaitrez ainsi 101 anecdotes, énigmes et facéties de Napoléon Bonaparte. Vous voulez un petit échantillon ? Allez, parce que je suis sympa je vais vous en donner quelques unes et vous allez voir, Napoléon n’a pas fini de vous étonner !Savez-vous que Napoléon pouvait être très sarcastique (ou alors ingénu, à vous de donner votre avis sur cette petite anecdote) :

« Aristocrate piémontais, sénateur, le marquis de Barolle profita d’un passage de Napoléon Bonaparte à Turin pour exprimer vivement son ressentiment au sujet des impots qu’on lui faisait payer : 120 000 francs !– vraiment, fit l’empereur, vous payez 120 000 francs ? – Oui, sire. Pas un sol de moins, et je suis en mesure de le prouver à votre Majesté, en lui montrant tous les papiers ! – Non, non : c’est inutile. Je vous crois… et je vous en fais bien mon compliment » 

Vous voulez une petite boutade de Napoléon ? Un jour, un soldat mécontent montra à Napoléon son uniforme usé, dont les lambeaux le recouvraient à peine, il lui en réclama un neuf. Savez-vous ce que Napoléon lui a répondu ? « Un habit neuf, tu n’y songes même pas, on ne verrait pas tes blessures ! » Quel comique ! Non ? Savez-vous aussi que Napoléon Bonaparte était très fort en mathématiques (réputé le plus fort en mathématique de son école) ou encore qu’il emportait systématiquement en campagne sa bibliothèque portative (seulement constituée de 1000 livres … je n’aimerais pas partir avec lui et tout cet attirail littéraire) ou savez vous qu’il prenait très grand soin de ses dents (oui je sais cela change votre journée de le savoir, mais tout fait est intéressant !) ou encore que c’était un ami très fidèle, une de ses grandes qualités ! Vous découvrirez aussi quelques jeux dans ce livre (anagramme, charade, anaphrase …) afin de vous divertir un peu avec Napo ! Au travers du livre « Sacré Napoléon » vous découvrirez ainsi plusieurs facettes de Napoléon Bonaparte jusque là bien cachées. Ce livre n’aura pas fini de vous étonner mais aussi de vous faire sourire. Vous découvrirez un Napoléon comme jamais vous ne l’avez vu ! Un livre riche d’anecdotes !

Qui était Schulmeister, l’espion de l’empereur Napoléon 1er ? Fut-il un James Gérald Arboit - Schulmeister, l'espion de Napoléon - Le renseignement en Allemagne et en Autriche sous Napoléon.Bond avant l’heure ? Fort des avancées bibliographiques, qui ont permis d’exhumer des documents méconnus plutôt qu’inconnus, parfois inédits sur l’homme, l’objet de ce livre est de faire apparaître Schulmeister comme un homme de réseau, l’organisateur, parmi d’autres, de l’espionnage de Napoléon en Allemagne. Du coup, la renommée dont il jouissait, tant dans le camp français que dans celui de l’ennemi, devenait l’illustration du danger qu’il représentait.

  • Mon oncle Napoléon – Iradj PEZECHKZAD

« Et si Napoléon n’était pas mort à Sainte Hélène… », dit la chanson… assurément, la face du monde en aurait été changée ! Mais pas uniquement sur les mornes plaines de Waterloo. Le mythe « Napo » transcende les siècles et les cultures. Au Moyen Orient, on garde une trace persistante du grand homme, comme l’ombre inconvenante d’un mégalomane immortel. Si les asiles occidentaux sont peuplés de fous qui portent le tricorne et gardent une main dans le gilet, l’oncle Napoléon hante en Iran comme en Turquie les bureaux des hautes sphères politiques…Les présentations ne sont plus à faire : tout le monde, en Europe, peut se targuer d’avoir un grand-oncle un peu gâteux et passionné d’histoire qui, à chaque repas de famille, refait les campagnes napoléoniennes comme s’il y avait fait son service militaire. De là est né « l’oncle Napoléon », devenu pilier de la culture… iranienne. Cet oncle conquérant est invoqué toute les fois que se présente l’occasion de crier au complot international, fomenté de préférence par les Anglais, à l’origine bien sûr de toute la misère du monde. Une sorte « d’oncle Sam » revisité dont la face sombre présiderait aux manigances politiques les plus basses. Du mythe populaire est née la littérature : en 1973, Iraj Pezeshkzad s’est emparé du personnage pour cristalliser cette peur satirique en un roman burlesque. La paranoïa devient une fiction dont on rit lorsque l’on apprend à connaître, au fil d’une grande fresque de plus de 500 pages, l’oncle tyrannique et fou, qui se prend pour Napoléon et impose ce modèle impérial à toute sa famille. Un véritable carton en Iran : bien que la satire demeure un genre littéraire mineur, le livre s’est vendu à plusieurs millions d’exemplaires, et a donné lieu à une série télévisée, avant que la révolution islamique n’interdise de rire de tout. Malgré le silence qui étouffe le tonton tabou, la pathologie décrite continue de frapper sournoisement – et pas seulement en Iran. En Turquie, où persiste un sentiment anti-américain et antibritannique assez prononcé, le syndrome du tonton est récurrent et fait de nombreuses victimes inavouées. Les complots secrets abondent, et les médias de tous bords ne manquent jamais de faire appel aux théories de la conspiration pour éclairer ces sombres secrets. Sachez-le : le tonton Napoléon est à la direction de bons nombre de postes de haut rang des pays du Moyen-Orient. napoleon_3Le roman est ponctué d’exagérations grotesques, narrées sur un ton burlesque. Les actions dispersées et confuses se recentrent autour d’une histoire d’amour, décrivant les efforts désespérés du narrateur pour séduire la fille de son oncle, Layli. Dans la plus pure tradition romantique, la romance prend fin dans l’amertume et le regret. Le roman connait quelques longueurs, et l’on peine parfois au long des quelques 500 pages, mais le tout est relevé par ces scènes où le génie du rire l’emporte. Jalonnée de trahisons, manipulations et intimidations, la bataille homérique rappelle les meilleurs passages d’un Molière à l’oriental. L’oncle Napoléon est derrière toute la trame d’amour déçu entre le narrateur et Layli, mais il n’est pas toujours au cœur du roman. Il apparait toujours comme un personnage pathétique : un patriarche étroit d’esprit et incompétent, qui répond aux échecs et aux lacunes de la vie réelle par le fantasme d’être Napoléon. Il se rend indispensable, s’affirmant tout-puissant : plus grand est son ennemi, plus forte est sa propre importance. Despotique et absurde, l’oncle Napoléon apparait aussi vulnérable et un brin tragique, ce qui le rend, comme toute figure emblématique d’une bonne satire, poignant et attachant. Une sorte d’histoire drôle du fou occidental, dont l’action aurait dépassé les hauts murs de l’asile pour accaparer au grand jour la scène politique internationale. Certes, toutes ces accusations ne sont pas sans fondements : depuis le début du XIXe siècle, l’Iran a été une zone de conflit ouvert entre Anglais et Russes et, depuis la fin du siècle, la Grande Bretagne a établi un contrôle sur de larges domaines de l’économie iranienne. En 1907, les Anglais et les Russes concluaient un accord selon lequel l’Iran serait divisé en trois « sphères d’influence », et le XXe siècle n’aura pas manqué d’exemples de la défiance envers Grande-Bretagne et Etats-Unis. Cependant, en Iran comme en Turquie, la paranoïa à propos des complots britanniques implique des conséquences exagérées. Le traumatisme historique est tenace, persistant bien au-delà de la blessure infligée, alors que tout pourrait déjà être oublié. Cette année marque le 200e anniversaire de la bataille de Waterloo, et les hostilités ouvertes qui régnaient entre Napoléon Bonaparte et le Duc de Wellington sont maintenant de l’histoire passée. Pour l’Iran, il faudra plus de temps… En cette période troublée, n’hésitons pas à nous laisser porter par les effets bénéfiques d’un humour décapant : à travers le regard un peu fou du tonton Napoléon, ce sont des siècles de satire qui nous contemplent et appellent à se rire des grandeurs et décadences des relations géopolitiques. Relisons L’oncle Napoléon : ça ne peut pas faire grand mal. Et comme le burlesque goldonien transcende les cultures pour le plaisir de tous, vous trouverez la traduction française chez Acte Sud. Elisabeth Raynal

Napoléon a parlé, écrit, dicté, tout au long de sa vie, abordant tous les sujets de son temps. Ses jugements et ses opinions ont été soigneusement recueillis par les contemporains. Ils conservent encore une brûlante actualité : le droit du sol, la femme, Dieu, l’emprunt, la guerre, le Coran…Il lui arrive même de se contredire, notamment sur l’esclavage. Ce recueil fournit une masse de citations dont l’origine a été soigneusement contrôlée et dont l’authenticité ne semble pas douteuse. On ne sera pas étonné par la hauteur de vue et par le bon sens dont fait preuve Napoléon.Ses réflexions pourraient inspirer stratèges et hommes politiques d’aujourd’hui.

 

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  • CHARLES BELL, CHIRURGIEN À WATERLOO – Martine Devillers-Argouarc’h
Waterloo est une bataille perdue. Waterloo est une bataille achevée. Waterloo, croit-on savoir – on croit toujours savoir tant de choses et avec tellement de certitude plus ou moins franche – est une bataille terminée par une défaite pour Napoléon. Les spécialistes des chiffres et des faits assurent depuis deux siècles que tout s’est tragiquement joué au terme d’une journée et d’une soirée entamées à coups de sabre et de fusil, puis dans des charges ardentes et dans d’ultimes canonnades et dans un frémissement affolé, un « finale » peuplé de chevaux nus et de soldats hébétés par l’effort et par la poudre. Tout fut fini, nous assène-t-on, le 18 juin 1815, par une soirée sinistre. Laquelle fut liquidée par les Prussiens, l’Empereur des Français n’ayant pu lui entamer, casser, rompre et faire plier ou liquider totalement les carrés défensifs peuplés d’hommes massifs et formés, sans génie mais efficacement, par l’Anglais Wellington. Tout cela est vrai, tout cela est beau et terrible, tout cela, aussi : « est triste, comme la grandeur ! »
Waterloo, un drame fini, à cette date-là ? On peut en fait en douter, largement. Réussir à faire comprendre le prix valable de ce doute-là, c’est le mérite plein et vibrant, qui revient à un livre sensible et grave, rempli d’intelligence tragique et forte. Ce récit, qui se lit comme le meilleur des romans stendhaliens, vient d’être publié chez l’éditeur Michalon. Ne croyez pas, cependant, qu’il s’agisse d’un roman ; ou bien considérez le roman comme étant forcément rempli et tissé de petits faits vrais, et voyez-le comme un galop libre mais exact, comme un trot profond et inspiré, comme un Te Deum équestre et aussi dédié aux hommes, ceux qui tombent, blessés et mourants, abandonnés avec leur effroi ou leur ferveur, avec leurs plaies et leurs brisures, sur la morne plaine. Ce récit de mort et de vie, d’élan scientifique dévoué et de guérisons, cet éloge des « gueules cassées » de 1815 prouve avec mesure, avec clarté, avec sûreté, que Waterloo restait une bataille inachevée. Et c’est aussi le portrait d’un Anglais, en fait Ecossais, et de grand cœur, sir Charles Bell. Ce livre discret et énergique à la fois est dû au talent net de Martine Devillers-Argouarc’h. Son héros fut un homme véritable, ambitieux chirurgien et anatomiste, presque exact contemporain du peintre Turner et qui mourut la même année que Stendhal. Il faut lire avec le respect et la tendresse que mérite cette tragédie vieille de deux siècles mais universelle, il faut lire sans hâte et avec sérieux, avec le sens de sentiments clairs mais délicats, ce récit passionné où les hommes hurlent et qu’un médecin écoutait, comprenait et dessinait. Ce livre fabuleux, tendre, lucide et précis, ce livre ému et plein de justice, c’est donc ‘Charles Bell, chirurgien à Waterloo. Dévoué aux blessés français, qui furent les derniers ramassés sur le champ de bataille, Charles Bell se mit à la besogne en Belgique, dix jours après la bataille de Waterloo, devenue, avec lui et quelques autres, une lutte médicale constante, inachevée et courageuse…Charles Bell, chirurgien à Waterloo, c’est une course contre l’horreur, une course pour la survie et la sauvegarde, c’est une valse triste et vaillante, aux instruments aigus, et livrée entre la mort et la vie… Le récit est aussi vrai et précis, lucide et âpre qu’il est absolu, résolu et simple. Charles Bell, que nous présente avec enthousiasme et franchise Martine Devillers-Argouarc’h, ne s’est pas intéressé qu’aux pathologies. Avec la rencontre qu’il fit du médecin-baron Larrey, l’Anglais trouvant que son illustre confrère français ressemblait à Cromwellla cruauté en moins, un homme neuf, différent, va surgir : et cet homme-là va s’efforcer de comprendre les blessés français, leur pensée, en guettant leurs paroles, en scrutant les expressions de leurs visages. On sort de ce récit magistral et fin, rapide et hanté par les êtres et les dessins qu’ils inspiraient à Charles Bell, avec une sorte de fascination qui inquiète un peu. On s’en dégage difficilement, et l’on y mesure qu’entre fin juin et une grosse dizaine de jours et de nuits de juillet 1815, une bataille totale s’est jouée, entre Charles Bell et ses patients, ses opérés, ses amputés. Cette bataille eut au moins une conclusion heureuse : elle fit de Charles Bell, tel qu’il est vu avec vérité par Martine Devillers-Argouarc’h, au gré de ses conversations, de ses dessins et de ses confidences ou confessions épistolaires, un être non plus seulement ambitieux mais devenu définitivement d’une grande compassion. D’un homme à principes et à scalpel, elle fit un être vivant aux sentiments chaleureux et nuancés, pétri de bonté pour tant d’autres hommes brisés, ceux si seuls dont il rafistolait les corps, voulait comprendre l’esprit pour le soulager, voire même, avec son scalpel ou sa scie, donc, aussi avec sa science des nerfs et des chairs rompus, pour guérir les âmes. Oubliez Wellington et Blücher, mais saluez la mémoire retrouvée, dans des pages superbes et de belle justice, chez l’éditeur Michalon donc, de Charles Bell, chirurgien à Waterloo. C’est un homme inoubliable, que Martine Devillers-Argouarc’h, décidément, a bien fait de faire revenir parmi nous et revivre, avec son sang d’encre mais généreux et son caractère bien imprimé : et c’est toujours ce qui fait l’offrande d’un livre réussi!
Raphael Lahlou