Archives mensuelles : mai 2017

La “famille” polonaise et le premier Aiglon

Alors que certains commémoraient la mort de l’Impératrice Joséphine de Beauharnais ou Marie Josèphe Rose, je peaufinais ces quelques lignes sur la “famille” polonaise dont la destinée fut tout autre et moins connue des néophytes napoléoniens… ou des jeunes passionnés… Les autres lecteurs avertis devraient s’arrêter ici à moins que… Comment faire honneur à ces soldats polonais, ces légions polonaises qui furent toujours présentes sous divers noms auprès de l’Empereur et de même dans la Belgique de 1831, en offrant leurs services pour former notre future armée et qui durent attendre 1990, tant d’années pour obtenir leur indépendance tant méritée.

En cette période de commémorations et de publications d’un livre par semaine au minimum , il est difficile de trouver un ouvrage qui ne relate pas une bataille relative à la période des cent-jours ou à la campagne de Belgique voire de l’Empereur. La perle noire qui se détache du lot des mots rapidement écrits pour être rapidement édités. Je fus donc attentif à la sélection d’un ouvrage particulier, qui dénote et qui est mis en vente par son auteur, sans éditeur,  ou dans une petite libraire de Waterloo :Napoléon, Marie et Alexandre, la “famille polonaise” par Claudine Clabots – clabots.c@belgacom.net.

DSCN6439 - Ajaccio 19.05.2015
Napoléon le Grand – photo de Gérard PERCHE

marie walewska
marie walewska

J’écrivais dans le Bonapartiana IV qu’il s’agissait d’un véritable rayon de soleil au milieu de ces nombreux champs de bataille!un livre empli d’érudition et d’émotions qui transpercent le lecteur! En effet, cet ouvrage est un livre qui peut facilement entrer dans la “littérature tout public” contrairement à certains ouvrages relatifs aux batailles où le lecteur néophyte peut facilement se perdre entre les différents mouvements de troupes qui avancent ou reculent en portant le deuil, le sang, la victoire ou la défaite… Limpidité – Erudition – Simplicité, sans fioritures! Le lecteur peut y trouver une profonde “humanité” dans les traits de caractère de l’Empereur ainsi que de précieuses informations sur le second Empire. Le faste et l’élégance sont de mises! Une roman d’amour? Non! Un voyage à travers le temps et l’histoire ou le lecteur découvre la période “romantique si chère à l’Empereur, grand lecteur de Jean-Jacques Rousseau dont certains événements se croisent : par exemples, le fait établi que tous deux n’ont jamais élevé leurs enfants respectifs pour des raisons que seule la passion peut juger ou accepter.

napoleon facebookUn livre qui relate également le faste de ses personnages qui à travers les arts, les vêtements et les objets, se promènent dans une “relative” opulence et une politesse parfois “excessive” dans cette galerie de portraits saisissants. Nous pouvons aussi y découvrir la relation entre l’Empereur Charles Louis Napoléon Bonaparte dit Napoléon III et Alexandre Florian Joseph Colonna, comte Walewski

Destins croisés?…Napoléon Bonaparte n’a pas pu reconnaître son fils issu d’une relation avec sa “favorite”, Marie Walewska, et comme il l’aurait “exprimé” ou “écrit” lui-même : le code civil que j’ai décidé m’interdit de reconnaître votre fils adultérin,… Je suis puni par cette décision…(page 43)… Il aurait pu l’épouser après son divorce pour une Europe différente, un peu plus proche de la Russie, son alliée d’alors et le courant nauséabond d’une histoire déjà écrite aurait pu prendre un autre chemin avec une nouvelle Impératrice Marie… Walewska mais c’est une autre histoire qui n’a jamais eu lieu si ce n’est dans l’imaginaire des si…

  • La naissance de l’Aiglon Alexandre Bonaparte (je reste dans les …si… pour le titre):

“Le , à 4 heures de l’après-midi, Alexandre, comte Walewski, un bel enfant robuste, ouvrit les yeux sur un monde dans lequel il allait connaître une carrière brillante et tumultueuse. « Je suis né au château Walewice en Pologne », écrira 35 années plus tard dans ses mémoires le futur ministre des affaires étrangères de Napoléon III. Mgr Anastazy Walewski (Anastase de Walewski) – âgé de 73 ans – déclara qu’il était issu de son mariage avec Marie née Łączyńska – âgée de 23 ans –10. Napoléon apprend la naissance de son fils au cours d’un voyage triomphal en Belgique avec sa jeune épouse (Marie-Louise d’Autriche). Il fait parvenir des dentelles de Bruxelles et 20 000 francs en or pour Alexandre. Le , à Saint-Cloud, en présence de Marie, Napoléon signa un long document juridique garantissant l’avenir du jeune Alexandre 11. La dotation consistait en 60 fermes aux environs de Naples, d’un revenu annuel de 169 516 francs 60 centimes. Les armoiries conférées par les lettres patentes en même temps que le titre de comte de l’Empire étaient un mélange des blasons Walewski et Laczynski… Marie et son fils Alexandre rendirent visite à Napoléon en exil à l’île d’Elbe du 1er au en compagnie d’Emilia et de Teodor (Émilie et Théodore), sœur et frère de Marie.” http://fr.wikipedia.org/wiki/Marie_Walewska

île d'elbe
http://www.colonnawalewski-charlesandre.org/view.php?id=illustration&photo=2&code=souvmarie&0=etui&1=isabey&2=352&3=scarabee&4=213&5=femmes&6=illustration&7=355&8=livret&9=A16b

De même, Alexandre Colonna Walewsky aura un fils avec une célèbre tragédienne Rachel Félix (d’origine Juive, qui jamais ne renia malgré les nombreuses pressions tant des juifs que des chrétiens la foi de ses ancêtres) avec qui il entretenait une relation hors mariage mais il a, à la différence de son père, reconnu et adopté son fils. C’est de cette relation qu’est issu la filiation directe de l’Empereur et son ultime descendant, Charles-André Colonna Walewsky, est un Bonaparte non par le titre mais par le sang! Jacques JANSSENS

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Napoléon le Grand

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Comte Charles-André Colonna Walewski – Un air de famille, non?
couverture du livre
mailto:clabots.c@belgacom.net

Le livre est à commander chez l’auteur : « Napoléon, Marie et Alexandre, la famille  polonaise » de CLAUDINE CLABOTS, 236 pages, 18 euros, plus frais de port, via son courriel : clabots.c@belgacom.net

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Alexandre Florian Joseph Colonna

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Rachel Félix
  • Arbre généalogique

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  • Galerie des objets et peintures citées dans l’ouvrage :
Abeilles en or du roi Childéric Ier : La tête et le thorax sont en or, les ailes sont incrustées de grenats. Au revers, une attache. Les Abeilles de Childeric – http://fr.wikipedia.org/wiki/Child%C3%A9ric_Ier
cassolette napoléon 3 Cassolette Napoléon III – http://fr.wiktionary.org/wiki/cassolette
maquette bateau collection trianon de Sané - la renommée Collection Trianon de l’Empereur Napoléon le Grand – http://mnm.webmuseo.com/ws/musee-national-marine/app/collection/expo/5
L'impératrice Eugénie protégeant les orphelins et les arts Carpeaux Jean-Baptiste (1827) L’impératrice Eugénie protégeant les orphelins et les arts Carpeaux Jean-Baptiste (1827) – http://www.wikiphidias.fr/index.php?option=com_content&view=article&id=142:carpeaux-jean-baptiste&catid=34:biographie&Itemid=53
cite-train-officiel Train Impérial Napoléon III – http://www.citedutrain.com/fr/collections/voiture-salon-aides-camp-ndeg6-train-imperial
rouleau-eau-cologne Rouleau de l’empereur Napoléon le Grand – http://www.thenewmeninthecity.com/2012/01/12/les-flacons-rouleaux-de-lempereur/
Kougelhopf kougelhopf – http://fr.wikipedia.org/wiki/Kouglof
Le Prince impérial se promenant en vélocipède dans le jardin des Tuileries Le Prince impérial se promenant en vélocipède dans le jardin des Tuileries – http://www.napoleon.org/fr/galerie/iconographie/files/475419.asp
Vélocipède à pédales du Prince impérial Vélocipède à pédales du Prince impérial –http://www.napoleon.org/fr/collectionneurs/objet/files/475413.asp
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http://fr.wikipedia.org/wiki/KouglofLe Grand Messager boiteux de Strasbourg – http://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Grand_Messager_boiteux_de_Strasbourg (Merci Gérard 😉

Gustave_Courbet_-_Le_Désespéré

Courbet : Le désespéré – http://fr.wikipedia.org/wiki/Gustave_Courbet d’autres peintures sont citées dont l’origine de la vie, les baigneuses et la femme dans la vague…

LA PROCLAMATION « Au golfe de Juan, le 1er mars 1815

Ce document appartient à Miguel Moutoy qui m’a autorisé à le mettre à votre disposition et je l’en remercie.

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Photo : Miguel Moutoy

LE CONTEXTE HISTORIQUE

Accompagné notamment de 900 grenadiers, Napoléon débarque à Golfe Juan le 1er mars 1815. Las de sa captivité et de l’éloignement de sa femme Marie-Louise et de son fils, François-Charles-Joseph, dit Napoléon II, qui allait avoir 4 ans le 20 mars 1815, il s’enfuit de l’Ile d’Elbe où il est exilé par les Alliés tout en jouissant de la principauté. Une autre raison le pousse à regagner la France : Il est mécontent de son successeur Louis XVIII. Non seulement ce dernier ne lui verse pas sa pension annuelle de 2 millions de livres qu’il lui avait promise, mais la politique du nouveau roi, ne conduit qu’au désordre, qu’au mécontentement des paysans et celui des militaires qui sont tous tenus à l’écart par le nouveau monarque. De plus, Napoléon est persuadé que tous les Français attendent son retour… Quand lui est donné la possibilité de tromper la surveillance de son geôlier, le commandant anglais le colonel Sir Neil Campbell, chargé de surveiller l’île, Napoléon n’hésite pas un seul instant. Il embarque à bord de l’Inconstant. Le 1er mars 1815 à 13 heures, le navire entre dans le port de Golfe Juan. À 17 heures, à peine posé le pied sur le sol français, Napoléon s’adresse à l’armée.

LECTURE

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LA PROCLAMATION

« Au golfe de Juan, le 1er mars 1815,

Napoléon par la grâce de Dieu et la Constitution de l’état, Empereur des Français. Soldats, nous n’avons point été vaincus. Deux hommes sortis de nos rangs ont trahi nos lauriers, leur prince, leur bienfaiteur… »
« et la Constitution de l’état », phrase ne figurant pas dans l’affiche,  remplacée par « etc., etc., etc., » (en entête).  Voilà une première erreur qui semble signer la volonté de minimiser la légitimité de l’Empereur.
« Arrachez ces couleurs que la nation a proscrites, et qui, pendant vingt-cinq ans, servirent de ralliement à tous les ennemis de la France. Arborez cette cocarde tricolore, vous la portiez dans ces grandes journées. » (4ème paragraphe de l’affiche). Sur notre document est écrit : « nos grandes journées » et non pas « ces grandes journées », formule plus pertinente. Napoléon en utilisant le « nos », ne se place pas au-dessus de ses soldats, mais au même rang que le plus simple de ses grenadiers.
« les vétérans des armées de Sambre et Meuse; du Rhin, d’Italie, d’Égypte, de l’ouest, de la Grande Armée sont humiliés; leurs honorables cicatrices sont flétries, leur succès seraient des crimes, ces braves seraient des rebelles, si, comme le prétendent les ennemis du peuple; les souverains légitimes étaient au milieu de l’ennemi. Les honneurs, les récompenses, les affections sont pour ceux qui les ont servis contre la patrie et contre nous. » (6ème paragraphe de l’affiche). Sur cette dernière, le point virgule placé, après « les ennemis du peuple », est  une erreur de ponctuation. Sur notre document manuscrit, on y voit une virgule et c’est bien sur la bonne ponctuation, puisque celle-ci apporte une précision sur ces « ennemis du peuple » que sont « les Souverains légitimes » qui  « étaient au milieu de l’ennemi ». De plus, sur l’affiche, la phrase est fausse puisqu’il ne s’agit pas des souverains légitimes qui étaient « au milieu de l’ennemi », mais « au milieu des armées étrangères ». La trahison de ces souverains légitimes n’en apparaît que plus grave…
Au 8ème paragraphe enfin : « Soldats! Venez vous ranger sous les drapeaux de votre chef. Son existence ne se compose que de la vôtre, ses droits ne sont que ceux du peuple et les vôtres; son intérêt, son honneur et sa gloire ne sont autres que votre intérêt, votre honneur et votre gloire. La victoire marchera aux pas de charge, l’Aigle avec les couleurs nationales volera de clochers en clochers jusqu’aux tours de Notre-Dame : « Vous pourrez montrer avec honneur vos cicatrices » alors vous pourrez vous vanter de que vous aurez fait; vous serez les libérateurs de la patrie. » La phrase, en gras a été tronquée soit, pour ne pas rappeler les souffrances endurées par les Français, lors des nombreuses campagnes militaires napoléoniennes, soit pour ne pas trop insister sur la gloire que les Français doivent retirer de leur lutte contre la tyrannie monarchique…

Sur cette proclamation, le Comte Bertrand (1773-1844) appose sa signature en dessous de celle de Napoléon. Ce dernier s’était prononcé sur lui : « le général Bertrand était l’homme de la vertu, je n’ai rien dit de trop; sa réputation est faite. » Nommé le 16 janvier 1814, aide-major général de la garde nationale et de l’armée de Paris,  fidèle à l’Empereur, il embarque avec lui pour l’Ile d’Elbe qu’ils atteindront le 3 mai 1814. A Golfe Juan, dix mois plus tard, ce 1er mars 1815, il se tient toujours à ses côtés. Au terme des Cent Jours, le 7 août 1815, il sera à nouveau du voyage à Sainte-Hélène, s’exilant avec son maître qu’il servira avec respect et dévouement jusqu’à la mort de Napoléon le 5 mai 1821.

Proclamation Elba