Archives mensuelles : février 2017

Emissions consacrées à Napoléon en Belgique

A cinq reprises avant sa défaite à Waterloo, Napoléon est venu visiter les états « belgiques » devenus français en 1795. Cinq voyages menés tambours battants dans le but d’en découdre une fois pour toute avec l’ennemi de l’Europe toute puissante dont rêve Napoléon, l’Angleterre. Au travers d’un road movie sur les traces de Napoléon, Armelle et l’équipe de Ma Terre vont nous raconter cette période de l’histoire durant laquelle Napoléon avait fait de nous des Français.

A travers ce road-movie Ma Terre va nous éclairer sur l’ambition et la stratégie de Napoléon dans ces nouveaux et riches départements mais aussi sur le profit que la future Belgique en tirera avant même sa création en 1830.
En rase campagne à une frontière belgo-française, ARMELLE est au rendez-vous d’une histoire qui commence en 1803. En suivant les traces de la calèche de Napoléon, elle nous replongera dans cette époque où nous étions français, pour le meilleur et pour le pire.
Elle embarquera à ses côtés Constant, premier valet de chambre de Napoléon, un inconditionnel, incarné par le comédien Fabrice Rodriguez. Un duo inattendu et complice où chacun joue son propre rôle, convoquant tour à tour passé et présent, pour nous permettre de prendre conscience de la transformation des états « belgiques » sous l’impulsion de Napoléon. Le découpage administratif en départements (nos provinces), l’organisation de la justice (nos cours et tribunaux) ou de l’enseignement ( primaire, secondaire, supérieur,…), l’uniformisation des poids et mesures, le code civil (qui par exemple rendit possible le divorce), l’essor de l’industrie (du charbon, textile, sucrière,…), c’est sous l’impulsion de Napoléon fils de la révolution française que nous allons vivre ces avancées et les capitaliser, bien mieux que nos voisins français.
C’est sur les bases jetées par Napoléon que l’état Belgique est né en 1830. Et si Waterloo avait été pour nous une victoire en fin de compte ? Des historiens nous éclaireront sur l’héritage de cette période, en laissant à Charles Bonaparte le plaisir de s’y inviter.
A travers cette émission mêlant le langage du documentaire et de la fiction, Ma Terre, comme à son habitude nous propose aussi, des images spectaculaires et parfois même inédites de notre patrimoine d’hier et d’aujourd’hui.

Médias

Plaintes et vœux des départements toujours français composant l’ancienne Belgique, adressés à S.M. l’Empereur Napoléon-Paris. Avril 1815

carte belgique française
Éditeur : Vandermaclen (Bruxelles)

Sources : Gallica

Les plaintes et le voeu des départemens toujours français composant l’ancienne Belgique, adressés à S. M. l’empereur Napoléon

LES PLAINTES ET LE VOEU DES DÉPARTEMENS TOUJOURS FRANÇAIS COMPOSANT L’ANCIENNE BELGIQUE, ADRESSES A S. M. L’EMPEREUR NAPOLÉON. PARIS. AVRIL 1815.


DE L’IMPRIMERIE DE Mme Ve JEUNEHOMME, rue Hautefeuille , no 20.


Le texte qui suit est la reproduit exacte du document envoyé par “Les très-humbles et fidèles sujets des départemens français composant l’ancienne France”. Comme vous pourrez le constater dans l’original ou dans cette transcription, l’orthographe de l’époque est respéctée… Ce texte écrit le 27 mars 1815 fut publié à Paris en avril 1815. Dans les circonstances actuelles où notre pays semble de plus en plus divisé par des luttes communautaires, où certains souhaiteraient que nous, belges, quittions la francophonie http://www.levif.be/actualite/belgique/la-n-va-plaide-pour-une-sortie-de-la-francophonie/article-normal-115617.html, ce texte rappelle notre attachement indéfectible à la France. Jacques JANSSENS 

Bruxelles, le 27 mars 1815

SIRE,

Nous ne sommes pas moins sensibles à l’honneur que nos frères de l’ancienne France; vous venez de la délivrer, cette mère-patrie, d’un gouvernement qui la laissait avilie à la merci de l’étranger ; vous venez de rendre au Peuple français des droits pour lesquels il a combattu pendant vingt-cinq ans, et par vous, l’armée a reconquis l’honneur qu’on voulait lui ravir.

Nous, SIRE, qui depuis si long-temps faisons partie intégrante de la grande nation ; nous qui avons constamment suivi vos drapeaux, et mêlé notre sang à celui de nos frères pour soutenir dés intérêts communs; nous qui vous avons ouvert nos trésors, et vu vendre un tiers de notre territoire au profit de la France, serons-nous exclus de vos bienfaits , et notre récompense pour tant de sacrifices sera-t-elle l’abandon et l’esclavage ?

Jamais nos regards n’ont cessé de se tourner vers la France; écoutez nos vœux; écoutez nos plaintes; écoutez celles de nos frères les Liégeois et des départemens du Rhin , nos sentimens unanimes sont invariables.

La maison d’Autriche nous a vendus à l’Angleterre! Non seulement nous avons été le prix du remboursement des emprunts faits par elle à cette nation; mais encore il a fallu envoyer à Vienne , tous les mois, une grande partie de notre numéraire pour acquitter le prix des chaînes que nous portons.

Devenus province anglaise, sous le nom de royaume des Pays-Bas, notre ruine est consommée si vous ne venez promptement à notre secours.

Notre noblesse , entichée de ses vieux préjugés préjugés, d’accord avec nos tyvrans, qui lui ont donné toutes les places du gouvernement, voudrait nous rendre les droits féodaux , les dîmes, etc., faire renaître la représentation par ordres, et nous régir encore comme au quatorzième siècle.

Non seulement notre commerce est détruit, nos manufactures sont ruinées; mais nous restons restons accablés sous des impôts de tout genre; opprimés par les Hollandais, écrasés de logemens militaires par les Hanovriens, les Prussiens, vexés par les Anglais, nous allons être forcés de donner le reste de notre or et le sang de nos enfans pour soutenir leur cause impie. La landwehr nous menace.

Resserrés, garottés par des lignes de douanes, elles se ferment impitoyablement à l’aspect de nos produits, et s’ouvrent avec complaisance pour inonder nos villes et nos campagnes de marchandises anglaises.

 Nos belles manufactures, élevées avec tant de peine, à tant de frais, au milieu des vicissitudes de la guerre, languissent et tombent sans espoir que leurs produits descendent jamais au vil prix des marchandises de l’étranger que des primes indemnisent. Déjà nos ouvriers sont obligés de quitter le sol qui les vit naître, et qui ne leur offre plus ni travail ni ressources; nos fabriques n’emploient à peine que le quart des ouvriers , occupés dans les momens les plus malheureux de la guerre.

La ruine, la dépopulation de nos belles provinces s’avancent à grands pas, et ce que les fureurs du duc d’Albe et l’aspect hideux de l’inquisition n’ont pu faire, sera l’ouvrage de nos prétendus libérateurs.

Qui nous protégera dans cette décadence funeste, si ce n’est vous, SIRE ? L’Angleterre soutire notre numéraire, c’est elle qui ruine nos fabriques ; son œil jaloux a déjà vu à quel degré de perfection se sont élevés nos mécaniques et nos produits; elle a » compté avec rage les nombreux établissemens de manufactures que renferment nos cités, qui fleurissent dans nos campagnes; elle a calculé nos immenses capitaux; elle a vu notre population toute manufacturière et connaît notre amour pour le travail; elle n’ignore rien des sources précieuses de notre commerce… et l’Angleterre l’encouragerait ! Non; son intérêt est évidemment d’étouffer. tous les élémens de notre prospérité. »

Sera-ce la Hollande qui nous protégera? La Hollande n’est plus comme nous qu’une province anglaise, sa religion, son intérêt nous séparent; elle ne peut ni ne veut encourager l’industrie et le commerce des Belges: car, en ce cas, Anvers seule dépeuplerait Amsterdam.

Serons-nous protégés par la Prusse, qui doit chercher des secours contre nous-mêmes, contre la haine que nous a inspirée sa domination? Les Prussiens ont tout fait pour la mériter ; jamais on ne poussa si loin les vexations, l’abus de la force, la barbarie et les calamités de la guerre.

Devons-nous compter sur l’Autriche? Cette puissance nous a vendus aux Anglais pour tourner toutes ses vues vers l’Italie; d’ailleurs notre situation et nos priviléges la rendirent toujours indifférente à notre bien-être intérieur.

Nos craintes, justifiées par les événemens » présens, naissent de l’expérience des temps passés. Ce n’est point la première fois que le sort des armes a mis nos provinces sous la main des puissances qui nous gouvernent aujourd’hui; nous n’avons pas oublié « qu’après la belle campagne de Marlborough, en 1706, les Anglais et les Hollandais s’emparèrent du gouvernement des Pays-Bas au nom de Charles III, roi d’Espagne, et qu’à l’abri d’un conseil d’état national, mais qui leur était vendu ou soumis, leurs commissaires rendirent, sous le titre de réquisitions, des arrêts meurtriers pour notre prospérité à peine renaissante. C’est du 23 juin, de cette même année, que date la désastreuse réquisition qui annulla les belles ordonnances qu’avaient provoquées en 1698 et 1699 les chambres de commerce de nos principales villes en faveur des manufactures du pays, et A L’EXCLUSION DES PRODUITS DE FABRIQUE ÉTRANGÈRE. A cette époque le commerce belge venait de s’affranchir du tarif onéreux de 1680, et les commissaires des puissances maritimes s’empressèrent de le rétablir. Des canaux s’ouvraient pour faciliter nos relations dans l’intérieur, un arrêt des commissaires les faisait combler. L’Escaut fut rigoureusement fermé, ainsi que les canaux y aboutissans, et des droits excessifs pesèrent sur le commerce pour le décourager et l’anéantir.

C’est l’Angleterre et la Hollande qui firent confirmer tous ces actes destructeurs par le malheureux traité d’Anvers en 1715, connu sous le nom de la BARRIÈRE.

C’est l’Angleterre et la Hollande qui, jalouses de notre industrie , ennemies de notre prospérité,soulevèrent toute l’Europe contre une compagnie de négocians établie à Ostende, et la firent dissoudre par l’empereur lui-même qui l’avait encouragée.

C’est l’Angleterre et la Hollande qui, par l’article 5 du traité de Vienne, abolirent à jamais tout commerce et navigation des Pays-Bas, vers les Indes orientales et occidentales, etc., etc., etc. Et voilà les maîtres qu’on nous donne aujourd’hui !

» SIRE, écoutez les plaintes et les vœux d’un peuple fidèle, ils retentissent dans toute la Belgique; son salut est dans les lois de la France, dans sa réunion à la grande nation, dans la protection immédiate de son Empereur.

La France seule a intérêt à protéger notre commerce, et à conserver notre liberté en nous assimilant à la sienne, elle seule en a la force; nos cœurs sont à vous, SIRE, et , quand vous le voudrez, 100,000 Belges s’uniront au premier bataillon français qui viendra nous donner le titre de frères.

L’Autriche et le cabinet de Saint-James, a-t-il seul le droit de disposer de nous? Et, pour conserver la paix, devons- nous être sacrifiés sacrifiés l’Angleterre ?

Il faut la paix sans doute, mais il faut avant tout l’indépendance des Etats ; sans elle on n’aura rien gagné dans la lutte terrible dont nous ne sommes point sortis; sans elle l’Europe ne verra point finir les révolutions.

Il est temps de consulter l’opinion et l’intérêt des peuples : voilà le secret de les rendre heureux, et de consolider une paix qui aura coûté tant de sacrifices au monde. Son bonheur est aujourd’hui dans la modération et l’ énergie de la France qui vient de recouvrer son Empereur. Jamais circonstance ne fut plus favorable!

Quand la Russie étend sa domination sur la Pologne, qui n’en veut point ; quand l’Autriche l’Autriche s’empare de l’Italie, qui n’en veut point; quand la Prusse prétend réunir à son empire la Saxe, qui n’en veut point; la France, fière de cinq cent mille braves commandés par un héros, forte de l’opinion de tous ces peuples dont on trafique honteusement, rentrerait-elle dans des limites humiliantes, pourrait-elle se voir, en pleine paix, assiégée, pour ainsi dire, par une armée anglaise, banovrienne, hollandaise et prussienne, qui pèse sur notre malheureux pays, le dévore et menace menace territoire sacré.

Votre majesté, dont les principes de modération doivent rassurer aujourd’hui toute l’Europe, ajoutera à la nouvelle gloire qu’elle vient d’acquérir, celle de relever les destinées de notre patrie ; elle le peut à l’instant, si elle le veut : car l’Angleterre s’opposerait en vain à la réunion des Pays-Bas à votre couronne ; ils sont déjà réunis à la France depuis vingt ans par leur volonté, ils n’en ont été séparés que par la force, et ils se réuniront encore à vous spontanément.

Les énormes sacrifices que l’Angleterre a faits, et qu’elle fait encore tous les jours pour maintenir une domination au-dessus de ses forces et de ses moyens ; l’impossibilité où sont les puissances continentales d’agir sans son or; la difficulté toujours croissante que trouve son ministère de s’en procurer pour faire face à tous ses engagemens, difficulté bien prouvée par le besoin indispensable aujourd’hui d’une somme extraordinaire de 36 millions sterling, 864 millions de France, insuffisante encore pour combler seulement le déficit de l’année ; la difficulté de remplir ces emprunts, puisque le dernier perd aujourd’hui 10 pour cent, et que leur change, vraie boussole de la prospérité des peuples, perd 18 pour cent; tout prouve que si l’Angleterre, pour retenir la Belgique, provoquait une guerre nouvelle, elle pourrait aussi compromettre, dans une seule campagne, toutes les forces de sa monarchie, et consommer enfin la ruine de ce grand échafaudage politique et financier, qui ne repose que sur du papier, des marchandises et sur l’achat ou le loyer des soldats russes , prussiens et autrichiens: plus de crédit, plus d’armées. Et qu’il était prêt d’être anéanti ce crédit, sans les malheurs de l’année dernière ! ! !

Ou la Belgique sera réunie encore à la France, ou elle sera une province anglaise comme la Hollande. Mais quelles inquiétudes ne doit pas donner la politique artificieuse de l’Angleterre si notre beau pays reste en ses mains ? Vous pourrez peut-être , SIRE, lui pardonner sa domination exclusive et »» despotique sur les mers , elle est nécessaire à son indépendance politique, même à son existence comme nation ; mais l’Europe peut-elle souffrir ses envahissemens continuels sur le continent ? Les Anglais sont maîtres du cap de Bonne-Espérance, de l’île de France, du golfe Persique, de tous les points maritimes de l’Inde et d’une énorme étendue de territoire. IIs ont en leur possession Gibraltar, Messine, l’île de Malte, Corfou, etc. ; ils se sont approprié le commerce exclusif des deux mondes, et cependant leur ambition n’est pas satisfaite.

Il leur faut encore le royaume de Hanovre; et, sous le nom du prince d’Orange, il leur faut aussi le royaume des Pays-Bas.

Vous ne le souffrirez point, SIRE, nous ne le voulons pas, et la France entière marchera au secours de ses frères opprimés.

Si notre réunion à votre empire n’était pas maintenue , la Belgique serait constamment l’arêne où l’Angleterre, la Prusse et la Hollande viendraient disputer avec vos armées de leurs intérêts. Enveloppés dans cette lutte sanglante , il ne se tirerait pas un coup de canon en Europe que nous n’en soyons les victimes. Réunis à la Hollande, nous sommes perdus, ruinés à jamais; réunis à la France , comme elle nous sommes invincibles. invincibles.

Et qui pourrait nous ravir l’existence que notre volonté, le pacte social avec la mère-patrie et votre puissance nous avaient assurée? Certes le congrès de Vienne n’a pu rompre ces liens sacrés ; ces engagemens que vous, SIRE, et tous les Français, avez pris avec nous de défendre nos départemens et de nous protéger ; nous avons le même droit à ce secours , à cette protection , que l’Alsace , la Lorraine ou la Bretagne. Vous nous devez aide et assistance, comme nous vous l’avons donnée par notre or, par nos guerriers, et la France entière nous l’a jurée?

En quelle qualité Louis , le XVIIIéme du nom , ce roi anglais, a-t-il pu disposer de nous? Et de quel droit une chambre de députés sans pouvoirs, comme sans patriotisme, a-t-elle osé nous ôter le titre de citoyens français que nous avons acquis au prix de notre sang ? Nos assemblées, vraiment vraiment nationales ont reconnu , ont consacré notre réunion à votre empire. Et ces mêmes puissances qui veulent aujourd’hui trafiquer de notre patrie, comme elles le font de l’existence et de la liberté de tant d’autres peuples, l’ont reconnue par plusieurs traités solennels.

Votre majesté n’abandonnera pas sans retour des peuples qui, pendant des siècles; appelèrent la France leur mère-patrie, qui lui sont intimement réunis depuis vingt ans, qui vous ont reçu deux fois an milieu des acclamations de leur amour, et qui seront toujours glorieux de se dire les sujets fidèles fidèles du plus grand, du plus sage et du plus éclairé des monarques, d’un prince formé à l’école de l’expérience.

Dans cette nouvelle époque de votre règne, vous proclamez, SIRE, les éternels principes de la liberté des peuples, vous allez devenir leur appui contre l’oppression toujours croissante de ces souverains qui semblent ne s’être réunis que pour trafiquer des nations comme des troupeaux, qui se les vendent en détail et par têtes, tantôt pour de l’or ou en remboursement d’emprunts, tantôt en échange de territoire. L’Italie , la Belgique , la Saxe, la Pologne vous tendent les bras, vous demandent protection , écoutez leurs plaintes amères, écoutez leurs vœux ; et nous, SIRE, qui sommes Français depuis vingt ans, ne souffrez pas qu’on nous sépare de la grande famille à laquelle nous avons tout sacrifié, et dont vous préparez le bonheur.

Jadis nous faisions partie des assemblées du champ de mai; alors nous étions Français; votre voix vient de retentir dans nos cœurs, et le mois de mai verra encore les Belges, réunis à leurs frères, saluer leur Empereur, l’élever sur le pavois, et jouir enfin d’un bonheur constant sous son égide.

Nous sommes avec un profond respect,

SIRE,

DE VOTRE MAJESTÉ,

Bruxelles, le 27 mars 1815

Les très-humbles et fidèles sujets des départemens français composant l’ancienne Belgique (Ici suivrait un million de signatures si nos plaintes, si nos vœux n’étaient regardés comme des crimes par nos tyrans ombrageux. )

La société Belge Philanthropique des Anciens frères d’Armes de l’Empire Français à Gand 1841-1873

Il est peu d’ouvrages qui traitent des associations belges d’anciens combattants de l’Empire qui se mirent en place pour honorer les anciens frères d’armes et il faut faire des recherches attentives pour trouver la perle rare. Le texte qui suit est issu d’un ouvrage intitulé “Les Napoléonistes” écrit par P. de Fourmestraux en 1933 qui raconte l’histoire plus particulière de l’association de Gand qui fonctionna entre 1841 et 1873… Que sont devenus les documents de ces sociétés disparues? C’est une autre histoire… Le dernier membre vivant devenant propriétaire de la totalité des avoirs de la société…. J’ai choisi principalement de décrire le retour de ces anciens combattants dans leur terre natale : la Belgique occupée….
Continuer la lecture de La société Belge Philanthropique des Anciens frères d’Armes de l’Empire Français à Gand 1841-1873

Napoléon et les légendes de Waterloo

Waterloo démythifié ! Yves Vander Cruysen…

Je précise que ces publications n’auraient pu être possibles sans l’autorisation de l’auteur que je remercie personnellement pour son affabilité et sa générosité ainsi que les Editions Jourdan.

Waterloo démythifié ! Yves Vander Cruysen

Waterloo-demythifie-Yves-Vander-CruysenRetrouvez les légendes dans le livre Waterloo Démythifié des éditions Jourdan! Il n’est pas une bataille, un événement historique qui n’ait suscité autant de rumeurs, d’analyses contradictoires, d’écrits savants ou anecdotiques, de légendes que le combat de Waterloo !Un travail inédit, préfacé par Thierry Lentz, directeur de la Fondation Napoléon.

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Napoléon et les légendes de Waterloo

95. Et si Napoléon avait gagné à Waterloo ?
94. Napoléon s’avoua-t-il vaincu ?
93. Wellington avait envisagé de perdre !
92. Waterloo, une victoire germanique ?
91. Buffalo Bill à l’assaut de la butte…
90. Un champ de bataille prisé des « people »
89. Waterloo, l’excursion favorite des têtes couronnées
88. Waterloo dans le vocabulaire
87. La « monumentologie » de Waterloo
86. L’omniprésence de Waterloo à travers le monde
85. Victor Hugo, héraut de Waterloo
84. Waterloo, inspiratrice des écrivains
83. Le phénomène des panoramas de Waterloo
82. Waterloo, le berceau du tourisme organisé
81. Le souvenir de Waterloo pour légitimer 1914
80. Une loi unique pour préserver le champ de bataille
79. Une rente qui n’existe plus…
78. Une principauté et une dotation pour Wellington
77. La dernière fille de l’Empereur, enterrée à Bruxelles ?
76. Des lions de Waterloo en Asie ?
75. Le Lion faillit être démoli
74. La patte sur un globe ou un boulet ?
73. Le Lion et les canons français
72. La butte, une sépulture ?
71.La butte du lion et les botteresses liégeoises : une légende !
70. Le tourisme de mémoire au secours de la butte
69. Le Lion, dit de Waterloo ne fut jamais inauguré !
68. La réelle blessure du Prince d’Orange
67. Les châtaigniers au moins tricentenaires d’Hougoumont
66. Qu’est devenu l’arbre de Wellington ?
65. L’incroyable destin de Basil Jackson
64. Le chirurgien Larrey, sauvé in extrémis du poteau d’exécution
63. Le général Duhesme, vraiment assassiné ?
62. Des médailles de Waterloo de tout acabit…
61. Les plus belles prises de guerre britanniques
60. Les ingénieux lits de l’Empereur
59. Où se trouve le chapeau de Napoléon?
58. Le magot de Genappe
57. Les pérégrinations des voitures de l’Empereur
56. Napoléon, à deux doigts d’être capturé?
55. Le corps perdu de von Schwerin
54. Un champion du monde de boxe, mort au combat
53. La mort de Gordon qui bouleversa tant Wellington
52. La fortune des Rotschield est-elle née à Waterloo?
51. La dépêche de Waterloo fut signée… à Bruxelles!
50. Deux drapeaux français seulement sont pris par l’ennemi!
49. Decoster, un guide couard?
48. Le destin des chevaux (qui n’étaient pas blancs) de Napoléon
47. L’énigme du squelette de Mont-Saint-Jean!
46. Le christ d’Hougoumont, immortalisé par Victor Hugo!
45. Une fillette au coeur des combats?
44. L’enfonceur et le petit tambour
43. Un château tremblant?
42. Le cheminement de la jambe de Lord Uxbridge
41. Cotton, Thénardier?
40. Les deux tombes du verger d’Hougoumont
39. Une naissance en pleine bataille?
38. Des femmes dans la bataille…
37. Les dents de Waterloo!
36. Les lendemains de la bataille
35. Les 300 morts du puits d’Hougoumont
34. Les réelles pertes de Waterloo
33. Picton et son haut de forme
32. Les mots de Cambronne
31. Joua-t-on au cricket, la veille de Waterloo ?
30. L’insomnie gantoise de Louis XVIII
29. L’imagination débordante de Chateaubriand
28. Le chemin creux :un gouffre légendaire?
27. La Morne Plaine de Victor Hugo. Pas si morne !
26. Les invités belges du bal de la duchesse de Richmond
25. Le bal non suspendu de la duchesse de Richmond
24. Le faux observatoire de Napoléon
23. Les fraises tant aimées de Grouchy
22. La trahison de Bourmont
21. La faute à Soult ou à Berthier ?
20. Un God save the king en l’honneur des Anglais ?
19. Où se sont réellement rencontrés Blücher et Wellington ?
18. La véritable histoire de la Belle-Alliance ?
17. Waterloo, Mont-Saint-Jean ou Belle-Alliance ?
16. Un chef d’état-major suisse pour les Hollando-belges
15. Napoléon a-t-il voulu négocier avec Blücher ?
14. Napoléon était-il malade à Waterloo ?
13. Où était le futur Léopold Ier ?
12. Les Belges dans les deux camps
11. Blücher, le maréchal Vorwärts !
10. Wellington, le Duc de Fer ?
9. La réelle heure des combats
8. Grognards les Français ? Pourquoi ?
7. Les forces réellement en présence à Waterloo !
6. La victoire du mari de Madame Sans Gêne
5. La bataille de Waterloo qui n’en fut pas une. Celle de Marlborough !
4. L’obstacle de la Sambre et la somnolence de l’Empereur
3. Contes et légendes sur la route vers Waterloo
2. Les Cent-Jours : un compte inexact !
1. Waterloo démythifié ! Yves Vander Cruysen…

 

L’étrange légion d’honneur de Marie-Jeanne Schellinck

Le grand ennemi de la vérité n’est pas très souvent le mensonge – délibéré, inventé et malhonnête – mais le mythe – persistant, persuasif et peu réaliste. Trop souvent nous nous tenons aux clichés de nos ancêtres. Nous soumettons tous les faits à un jeu préfabriqué d’interprétations. Nous aimons le confort d’opinion sans le malaise de la pensée…”  discours de Kennedy à Yale le 11 juin 1962

MC2Le lundi 10 septembre 1894 parait dans le petit journal ce tableau de Lionel Royer accompagné du texte ci-dessous :

La femme dont nous ajoutons le portrait à celui de nos héroïnes était Belge en réalité, puisqu’elle naquit près de Gand ; mais en somme, elle était “un soldat français”. Enrôlée dans notre armée, à Jemmapes, où elle est sergent, elle reçoit dix coups de sabre. A Iéna, sa conduite est si héroïque que Napoléon la nomme sous-lieutenant et lui donna la croix d’honneur en lui disant : “Madame, je vous fais 700 francs de pension et vous nomme chevalier de la Légion d’honneur ; recevez de ma main l’étoile des braves que vous avez si noblement conquise” ; puis il ajoute, s’adressant aux officiers qui l’entourent : “Messieurs, inclinez-vous respectueusement devant cette femme courageuse ; c’est une des gloires de l’Empire.” Marie Schellinck porta longtemps le ruban rouge puisqu’elle mourut octogénaire…

La légende était née et de nombreux historiens vont démontrer l’impossibilité de ce geste louable de l’Empereur… mais qui est colporté par des journaux d’époque et par la Société Belge Philanthropique des Anciens frères d’Armes de l’Empire Français à Gand 1841-1873, à tort.

marie-jeanne schellinck

Dans l’avis Nécrologique qui suit, daté du 09/09/1840, elle ne reçoit que six blessures à Jemmapes “au lieu des prétendues 10” et cet article donne une information importante sur un manuscrit allemand-hollandais et sur un lieu qui commencerait par véné… où elle aurait présenté une pétition à l’Empereur qui lui aurait accordé le grade de deuxième lieutenant, la légion d’honneur et en 1807, une pension de 675 francs. Donc, elle aurait reçu cette légion….vraisemblablement en Italie.

PRP-18400909-001 PRP-18400909-002Dans le Journal de l’Escaut du 27 novembre 1812, nous trouvons une confirmation de cette hypothèse :

Journal de l'escaut 27-11-1812 journal de l'escaut.bmpPensionnée en 1807, elle reçut à Venise le brevet et sa pension (Venedig en Allemand, Venetïe en Hollandais)… Le Journal ne parle pas de la légion d’honneur….

La légende a été reprise par la société Belge Philanthropique des Anciens frères d’Armes de l’Empire Français à Gand 1841-1873 et sera reprise dans de nombreux ouvrages avec des variantes. Marie-Jeanne Schellinck est décédée en 1840 et la société a été créée en 1841 donc ils ne possédaient vraisemblablement pas les informations susmentionnées et ont inventé une date fictive de 1808 sur lesquels les historiens trompés vont mettre en doute la véracité de cet “épisode” sous le juste prétexte que l’Empereur ne se trouvait pas à Gand en 1808 ; par contre, il se trouvait bien à Venise en 1807 ;  mais il n’empêche que le doute subsiste et que seuls les descendants de Guillaume Schellinck, marchand de draps et tailleur possèdent le brevet de lieutenant, la décoration de la Légion-d’Honneur et la robe de velours de Marie-Jeanne Schellinck…. Jacques JANSSENS

M1 M2Pour aller plus loin :

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Dos d’un cahier d’écolier

Les belges face à l’Empereur au secours des français-Les belges ont combattu des deux côtés

Excellent article de la défense sur la fin d’une époque de la conscription http://rha.revues.org/7449

http://archives.lesoir.be/les-belges-face-a-l-empereur-les-belges-au-secours-des-_t-19900615-Z02THM.html

MEUWISSEN,ERIC; GROULART,CLAUDE DE – Page 11 – LES BELGES FACE À L’EMPEREUR

Nos compatriotes étaient-ils pour ou contre Napoléon? Les historiens répondent.

UN DOSSIER d’Eric Meuwissen et de Claude de Groulart

Le succès éphémère de mes ennemis vous a détachés un moment de mon empire. Dans mon exil, sur un rocher, au milieu des mers, j’ai entendu vos plaintes. Le dieu des batailles a décidé du destin de vos belles provinces. Napoléon est parmi vous. Vous êtes dignes d’être français… Voilà la proclamation que l’Empereur comptait adresser aux Belges au soir de sa victoire de Waterloo. Car il ne doutait pas que sa première victoire les ramènerait tous à lui. Mais se trompait-il vraiment? Et quelle fut en définitive l’attitude de nos compatriotes à l’égard de l’«Ogre corse»?

Ici, bien entendu, les avis divergent selon les écoles historiques.

«Aucune émotion ne se manifesta quand l’armée française franchit la frontière. A Waterloo, les soldats belges firent leur devoir. Ils combattirent aussi bravement sous les ordres de Wellington qu’ils l’avaient fait sous ceux de Napoléon. Mais on ne peut s’étonner que la victoire n’ait pas causé dans le pays le moindre enthousiasme». Voilà ce qu’écrivait le célèbre historien Henri Pirenne. Louis Navez, auteur d’un «Les Belges à Waterloo» (Bruxelles 1908) abonde dans le même sens. «Ils restèrent indifférents à la cause de Napoléon, comme à celle des alliés». Et W. Scott dans sa «Vie de Napoléon» écrit: «Quoique alors unis de cœur et d’affection à la France… ils se montrèrent fidèles à leurs nouveaux serments et firent taire d’anciens et honorables sentiments de fraternité.»

«Ils combattirent», explique Jules Delhaize, auteur d’une «Histoire de la domination française en Belgique» la tristesse dans l’âme. Mais ils firent leur devoir de soldat. Les Belges se battaient pour des étrangers qu’ils sentaient leurs propres ennemis. Ils se battaient contre des frères et des amis».

Pour le général Couvreur, les Belges de l’armée anglo-batave n’avaient vraiment aucune raison de se battre avec enthousiasme contre des Belges, d’anciens compagnons d’armes, pour le compte des Anglais qui, après avoir promis l’indépendance, venaient de faire passer la Belgique sous la domination détestée de la maison d’Orange-Nassau». Aussi, considérait-on, à en croire le général Couvreur, «les bataillons belges de l’armée anglo-batave comme si peu sûrs qu’on les avait dispersés et noyés parmi les unités hollandaises et nassauviennes». Ceci dit, dans les provinces wallonnes régnait un fort sentiment francophile. Si l’on en croit Robert Margerit qui reprend dans son livre «Trente journées qui ont fait la France» (Gallimard) les témoignages d’époque, on prend conscience de l’enthousiasme que suscita le passage de Napoléon chez nous. Ainsi à Charleroi écrit-il: «Ce sont les mêmes sentiments qu’en Bourgogne. Tous les habitants faisaient la haie à l’Empereur d’un bout à l’autre de la principale rue de Charleroi».

Il faut dire, explique Margerit, «que nos populations détestaient les Prussiens dont les exactions leur laissaient le plus mauvais des souvenirs. Un sentiment certes non pas unanime mais très répandu parmi les populations du Brabant wallon notamment».

Ainsi, au soir du 18 juin, les débris de l’armée française furent accueillis par les habitants de Wallonie. Et en particulier ceux de Charleroi et de Namur. Ils furent ainsi soustraits par leurs soins aux recherches des troupes prussiennes et purent progressivement regagner la France. A cet égard, les témoignages abondent sur la chaleur de l’accueil que les populations wallonnes réservèrent aux soldats français en retraite.

Les Belges au secours des Français

A l’aube du 19 juin, le champ de bataille de Mont-Saint-Jean offre une véritable vision d’apocalypse: 45.000 tués et blessés jonchent une surface d’environ 550 ha. Quels furent dès lors les sentiments des Belges à l’égard des blessés? Une occasion pour les historiens de saisir le degré de sympathie qu’éveillait au sein des populations locales les différentes armées en présence.

Déjà après la bataille de Ligny, (la dernière victoire de Napoléon), les blessés français vont bénéficier de la générosité des populations locales. Et le général médecin Evrard note dans sa remarquable étude: «Celle-ci est très favorablement disposée à l’égard des blessés français. Elle les nourrit et les soigne…» (1). On peut déjà y voir plus qu’un signe du «capital de sympathie» qu’avaient accumulé les Français chez nous.

Au lendemain de la bataille de Waterloo, le général médecin note encore: «La population des villages autour du champ de bataille s’apitoie sur le sort des blessés français».

Quant aux blessés de l’armée de Grouchy, ils sont chaleureusement reçus par la population namuroise qui les soigne et les ravitaille. Et Delhaize d’abonder dans le même sens: «Les Belges, la douleur dans l’âme, voyaient tristement défiler les troupes françaises en retraite. Ils furent pour les blessés qui revenaient de Waterloo d’un dévouement admirable».

Ainsi au soir du 18 juin, les débris de l’armée française, accueillis par les habitants de Wallonie, en particulier de Charleroi et de Namur, et soustraits par leurs soins aux recherches prussiennes, purent progressivement regagner la France.

On peut lire dans le livre de Robert Margerit (Waterloo): «J’ai vu des femmes de Namur prendre les blessés français des mains des soldats valides qui les transportaient, et engager ces derniers à retourner au combat». Un autre note: «Il nous eût été impossible de sauver nos blessés sans l’aide et la sympathie des habitants de Namur».

Laissons le mot de la fin au médecin colonel J. Hassenforder, historien du service de santé militaire français qui écrit: «Les blessés français furent heureusement recueillis et soignés admirablement par les Belges dans les hôpitaux de Bruxelles et de Louvain». Voilà qui en dit long sur le sentiment de nos populations face à l’envahisseur français.

Est-ce pour cela que les Néerlandais et les Belges flamands semblent à peine s’intéresser à la bataille de Waterloo? Et est-ce pour cela aussi, remarque le professeur De Vos, qu’il n’existe en néerlandais aucun ouvrage digne de ce nom au sujet de la bataille? C’est bien là plus qu’un signe. Tout un symbole.

(1) Edgard Evrard: Les pertes humaines. In «Waterloo 1815. L’Europe face à Napoléon». Edition du Crédit Communal.

Les Belges ont combattu des deux côtés

Si à Waterloo, «d’un côté c’est l’Europe et de l’autre c’est la France», les Belges eux, étaient des deux côtés. Voilà bien ce qu’un général a qualifié de «drame belge». L’illustration même de la contradiction et de l’antagonisme immémorial qui a opposé si souvent nos deux peuples. Mais est-ce à dire que les Wallons étaient d’un bloc derrière les Français et les Flamands derrière les Anglo-Néerlandais? Malheureusement, c’eût été trop simple. Ceci dit, en schématisant quelque peu, des tendances très nettes apparaissent. Le 18 juin 1815, les officiers de Bruxelles et de Flandre sont plutôt du côté de la Légion belge au service des coalisés tandis que plus des deux tiers des officiers wallons étaient restés fidèles à l’Empereur.

Voila ce qui ressort en tout cas du livre du général H. Couvreur, «Le Drame belge de Waterloo» (1). Un livre dans lequel l’auteur a essayé de découvrir et d’analyser ce que les soldats belges écartelés territorialement et moralement avaient ressenti à l’heure tragique de la bataille de Waterloo. Il en ressort que les officiers belges étaient plus nombreux dans l’armée française que dans celle de Guillaume de Hollande. Mais qu’en était-il des sous-officiers et des soldats?

A cet égard, il semble explique le Lt-colonel Hre André Bikar, ancien chef de la section historique des forces armées belges (2), que d’après la tradition orale, en Wallonie surtout, nos ancêtres étaient nombreux dans les troupes de Napoléon à Waterloo. Malheureusement, il n’existe aucun ouvrage de nature à donner une idée de l’importance numérique des Belges ayant combattu, en 1815, pour Napoléon et la France. Quand à la zone de recrutement de la «Légion Belge», elle est principalement flamande. Alors que dans la partie wallonne, le recrutement ne donne pratiquement rien.

Pas d’unité belge à Waterloo

Nombreux sont les auteurs qui ont évoqué les unités «belges» ayant combattu dans les rangs des coalisés, c’est-à-dire en fait dans l’armée néerlandaise. Et ces auteurs estiment les effectifs de ces unités à près de 4.000 hommes.

Or pour Bikar: la vérité historique est un peu différente. Tout d’abord, il n’y avait pas d’unité «belge» à Waterloo. Les Belges combattant pour les alliés de l’époque faisaient partie de l’armée néerlandaise. Ils étaient commandés en néerlandais et portaient la cocarde orange. Ensuite, il faut noter que ces Belges ne constituaient nullement la totalité des effectifs des régiments ou bataillons en question, mais seulement une majorité… qui n’est d’ailleurs pas prouvée.

On ne peut donc, en aucun cas, prétendre que les Belges combattant dans les rangs néerlandais à Waterloo étaient environ 4.000: ils étaient beaucoup moins nombreux que cela. Combien étaient-ils? Seule une étude des registres-matricules de 1815 de l’armée néerlandaise – s’ils existent encore – pourrait permettre de répondre à cette question.

BEAUCOUP DE BELGES

DANS L’ARMÉE FRANÇAISE

Jusqu’à la première abdication de l’Empereur, en 1814, les Belges étaient fort nombreux dans la Grande Armée. Mais, dès le retour de Louis XVIII, tout fut mis en œuvre tant en France qu’aux Pays-Bas pour qu’ils changent de camp. Par ailleurs, dans les Pays-Bas, Prussiens puis Hollandais faisaient des efforts désespérés pour lever une «Légion belge» à leur service.

Compte tenu de tout cela, en 1815 il n’y eût plus dû se trouver, depuis longtemps, un seul soldat belge au service de la France.

Il en fut tout autrement… Beaucoup de Belges parvinrent à rester dans l’armée française. Certains accompagnèrent Napoléon à l’île d’Elbe. D’autres enfin, à la nouvelle du retour de l’Empereur, bravent toutes les difficultés – et courent se ranger sous le drapeau tricolore.

Napoléon crée pour eux le 5e régiment étranger, à Amiens. Il n’eut aucun succès. En effet, les Belges qui reviennent ne veulent pas être incorporés dans ce qu’ils appellent un régiment de déserteurs. Ce sont «leurs» anciens régiments qu’ils veulent rejoindre; et satisfaction leur est d’ailleurs accordée. Or, leurs anciens régiments… c’étaient tous les régiments de l’armée française.

Il semble qu’on puisse estimer à plus de 300, à l’époque de Waterloo, les officiers français natifs des provinces belges. Si on prend pour base la liste du général Couvreur, il devait y avoir parmi eux 21 % de Flamands, 10 % de Bruxellois et 69 % de Wallons.

Pour avoir une idée du nombre de Belges appartenant à la troupe, se trouvant dans les rangs français à Waterloo, il faut consulter, au château de Vincennes, où se trouvent les archives historiques de l’armée française, les documents administratifs de tous les régiments. Tâche énorme, qui semble n’avoir tenté personne jusqu’à présent.

Toujours est-il que selon les savantes extrapolations du Lt-colonel Bikar, qui a examiné 40 des 108 régiments d’infantrie de ligne, ils devaient être un gros millier, peut-être même dans les 1500. Il y aurait eu en tout 5 à 6000 Belges dans les troupes de Napoléon durant les Cent-Jours. Un chiffre à prendre bien entendu, explique Bikar, avec une grande circonspection. Mais quoi qu’il en soit: une chose est certaine, il y avait des Belges dans chacun des 39 régiments dont il consulté les matricules. Et tous ces Belges qui combattaient pour Napoléon le faisaient de leur plein gré.

1) Edit. Brepols. Bruxelles 1959

2) Les Belges à Waterloo. Revue internationale d’histoire militaire. 1965: N°24

La postérité wallonne

Le «drame belge de Waterloo» aura été, on l’a vu dans les chiffres, avant tout un drame wallon. Il vivra comme tel dans la mémoire des générations. Choqués de ne voir tout d’abord sur le site que des monuments et des témoignages commémoratifs à la gloire des Alliés, ce sont des Wallons qui érigeront le monument à l’Aigle blessé.

En 1936, lorsque la Belgique aura dénoncé le Pacte militaire franco-belge de 1922, l’abbé Mahieu réunira au pied de ce monument jusqu’à vingt mille personnes dans une sorte de contrepied au pèlerinage à la Tour de l’Yser où retentit le slogan «Los van Frankrijk» (rupture avec la France) mêlant pangermanisme francophobe et pacifisme. Dans des harangues enflammées, l’abbé dénoncera la politique de neutralité imaginée dans le dessein, combien illusoire, de se concilier la bienveillance de Hitler…

En 1940, l’histoire va se télescoper elle-même. C’est en effet le 18 juin que de Gaulle lance son fameux appel dont le hasard du calendrier renforcera encore la résonance. Les tout premiers à l’entendre – et à le suivre – seront quelques hommes de chez nous qui fonderont le tout premier mouvement de résistance qui s’appellera «Wallonie Libre».

En 1944, ces dirigeants enverront l’un des leurs, François Simon, à Alger pour plaider auprès du général le rattachement de la Wallonie à la France. De Gaulle, peu désireux de voir surgir là un motif supplémentaire de friction avec ses alliés anglo-saxons, éconduira le visiteur.

Mais en octobre 1945, c’est l’organisation tout entière, reconvertie en Mouvement au terme des hostilités, qui revient à la charge. Réunis en congrès, les adhérents de Wallonie Libre voteront leur fameuse motion de rattachement à la France avant, sur les conseils de leurs dirigeants, J-J. Merlot notamment, de se rabattre sur un texte plus réaliste qui réclame – déjà! – le fédéralisme. On sait la suite…

Les hussards de Croy

A la nouvelle du retour de Napoléon, les Zuid-Nederlanders, dont beaucoup sont des anciens de son armée, se posent des questions. Faut-il ou non déserter pour réjoindre les anciens régiments? A cet égard, l’histoire du régiment de hussards de Croy, devenu «Huzaren Nr 8» de la Koninglijk Nederlandsch Leger est édifiante.

Que n’a-t-on écrit sur ce fameux régiment, s’exclame le Lt-Colonel A. Bikar. Un régiment qui, selon certains, aurait perdu à Waterloo 132 tués sur un total de 439. D’où, bien longtemps après 1815, les velléités de certains historiens militaires de récupérer cette gloire au profit d’un régiment belge qui en tirerait ses traditions.

André Bikar a rétabli la vérité en dépouillant les archives de La Haye. Selon lui, du premier janvier au 17 juin 1815, il y eut 216 déserteurs. Quant aux tués, il y en eut quatre plus un officier. En ce qui concerne les blessés, le registre mentionne seulement dix blessés. L’absence de coups de sabre prouve que le régiment ne participa à aucune charge ou mêlée avec la cavalerie française.

La conduite de ce régiment néerlandais à Waterloo fut donc des plus quelconque. D’ailleurs, l’armée belge, née de la révolution de 1830, créa pour sa cavalerie légère des régiments de chasseurs à cheval, et se garda bien de former des hussards qui auraient par trop rappelé l’armée néerlandaise.

http://www.arquebusiers.be/aubry/AUBRYP15-hussards-de-croy-txt-1.jpg

http://www.arquebusiers.be/aubry/AUBRYP15-hussards-de-croy-txt-2.jpg

Pour en savoir plus

On a beaucoup écrit sur la campagne de 1815. Voici les derniers ouvrages parus sur le sujet:

Professeur Luc De Vos: «Les 4 jours de Waterloo 15-16-17 et 18 juin 1815». Hatier 1990. Collection grands formats.

Jacques Logie: «Waterloo: l’évitable défaite». Document Duculot, 1984.

– «Waterloo 1815. L’Europe face à Napoléon» (ouvrage collectif). Edit. du Crédit Communal. Bruxelles 1990.

Qu’il nous soit ici permis de remercier Jacques Logie et le Crédit Communal pour leur aide précieuse.

Wellington et Seutin à Nivelles!

1. Wellington à Nivelles – l’impasse Wellington?
2.Les célébrités du temps jadis : Louis Seutin

3. Napoléon et Wellington : Pour ou Contre? (Article d’Emile de Lalieux)

4. Les troupes de Wellington à Nivelles
5. Les plaques commémoratives de Nivelles

1. Wellington à Nivelles – l’impasse Wellington?

L’impasse de Wellington s’insinuait au 18ème siècles entre les rues de Bruxelles et de Namur au départ du marché aux Bêtes devenu Place Lambert Schiffelers et donnait accès à trois maisons claustrales. L’une de ces maisons servit d’hôtellerie en 1815. L’impasse fait évidemment référence au vainqueur de la bataille de Waterloo qui fit bientôt l’objet de récompenses autrement somptueuses (Les Rues de Nivelles de A à Z par Jean Vandendries – p 208).

Impasse Wellington
Impasse Wellington-http://monvieuxnivelles.jimdo.com/la-grand-place/ – Merci à Philippe sanspoux

La présence de Wellington la nuit du 20 juin 1815 et de troupes belgo-hollandaises à Nivelles sont attestées par divers témoignages. Les lettres envoyées par Wellington de Nivelles le 20 juin au soir et les nombreux témoignages de la présence des troupes sur le territoire de l’entité de Nivelles dans les ouvrages qui relatent la bataille dite de “Waterloo”. Les carnets de Basil Jackson, livre récemment traduit et publié sous le titre : “De Waterloo à Sainte-Hélène” corrobore la présence de l’Etat-Major et de Wellington : “En ce qui regarde notre marche sur Paris, j’atteignis Nivelles dans la soirée du 20 et de là, en passant par Mons,  je rejoignis le quartier Général à Le Cateau, le 22,…p.85-86

wellington à Nivelles

http://www.gutenberg.org/files/31517/31517-h/31517-h.htm#Page_115

“I had every reason to be satisfied with the conduct of the Adjutant-General, Major-General Barnes, who was wounded, and of the Quartermaster-General, Colonel De Lancey, who was killed by a cannon-shot in the middle of the action. This officer is a serious loss to His Majesty’s service, and to me at this moment.” (Gurwood, vol. viii., p. 150. Cf. Letters of Colonel Sir Augustus S. Frazer, K.C.B., dated Nivelles, June 20: “De Lancey is said to be dead: this is our greatest loss, none can be greater, public or private,” p. 550.)

“A highly interesting remark from the Duke’s lips just before the attack made by the Imperial Guard has been preserved in a letter written at Nivelles on the 20th June, by Colonel Sir A.S. Frazer. “‘Twice have I saved this day by perseverance,’ said his Grace before the last great struggle, and said so most justly.” This seems to coincide with the observation which the Duke made to Creevey at Brussels the morning after the battle. “By God! I don’t think it would have been done, if I had not been there.”

Le chemin de Wellington à Nivelles fait référence à ceci : “Au lendemain de la bataille de Waterloo, le roi Guillaume 1er des Pays-Bas octroya une libéralité au duc de Wellington. Il s’agissait d’un “fidéicommis” – un legs testamentaire – indéfiniment transmissible dans la descendance masculine du premier Prince de Waterloo. Il était modelé sur les “majorats de propre mouvement” créés par Napoléon 1er au profit des maréchaux de l’Empire. Ce majorat présente une double caractéristique : d’une part ce sont des biens domaniaux qui le constituent – un millier d’hectares situés sur Nivelles et quelques communes voisines – à l’initiative des pouvoirs publics et par le chef de l’Etat; de l’autre, ces biens font retour au domaine national lors de l’extinction du droit. La Belgique repris à son compte les engagements du gouvernement des Pays-Bas envers le Prince de Wellington. Voilà pourquoi furent vaines les diverses tentatives visant à “récupérer” ces bien encore octroyés aux descendants du duc. (Les Rues de Nivelles de A à Z par Jean Vandendries – p 207).

Autres articles :

Impasse w9
Extraits du Mémorial de la vie nivelloise par Émile de Lalieux (publié par la revue Rif Tout Dju) http://monvieuxnivelles.jimdo.com/les-b%C3%A2timents-de-nivelles-sous-l-ancien-r%C3%A9gime-avant-1780/la-grand-place/

Sur Google Earth, l’on peut observer que l’impasse a disparu suite aux bombardements de la guerre de 1940(Nivelles_BC_37_Commemoration_2) pour faire place à de nouveaux bâtiments, vraisemblablement, un café de la Grand-Place…Seul l’urbanisme de la Ville de Nivelles pourra résoudre cette impasse!

impasse google

Nivelles 1837- Le Soir-1
Nivelles 1837- Carte de Vandermaelen – Le Soir- Merci à Michel Bon!

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2.Les célébrités du temps jadis : Louis Seutin

Né à Nivelles le 19 octobre 1793.

“Fils de SEUTIN Louis Joseph (1740+1823), Bourgeois, Négociant, Marchand, Bourgmestre, et de RASPE Marie Joseph (“1753+1g20). Né le I9/10/1793 à Nivelles, paroisse de I’Evangéliste. (sources : SANin., GOFFIN R. Généalogies nivelloises, t.XVIII, p.159 et Biographie Nationale – Tome XXII col.324) les origines de Seutin n’étaient pas infimes. Il sortait de la classe des grands cultivateurs, justement appelée aristocratie paysanne.” !

Il est “recruté” dans la garde impériale sous l’annexion au Premier Empire français en 1812, reçoit en 1813 son brevet de chirurgien aide-major et part rejoindre à Dresde les armées de Napoléon. Affecté aux ambulances, le jeune homme eu l’occasion d’acquérir rapidement l’expérience de son sanglant métier, de faire preuve de son habilité professionnelle et de son dévouement à ses semblables. Il y fait ses premières armes chirurgicales au milieu des combats sous les ordres du baron Dominique-Jean Larrey, alors chirurgien militaire réputé. Après la fin de l’empire, il étudie à l’université de Leyde, sous l’annexion aux Pays-Bas, d’où il sort diplômé.” Ce que Wikipédia oublie de mentionner, c’est qu’il se retrouva du côté des coalisés en 1815 avec Dominique-Jean Larrey, “prisonnier volontaire”, pour soigner les nombreux blessés à Bruxelles. Blessé à la bataille de Waterloo, prisonnier des Prussiens, il fut sur le point d’être fusillé à cause de ses ressemblances avec Napoléon, mais fut relâché sur ordre de Blücher, dont il avait soigné le fils. Il représente le paradoxe des belges ayant oeuvrés dans les deux camps!

En savoir plus sur : http://brabantiaelibri.blogspot.be/2014/01/les-figures-illustres-du-brabant-wallon.html

« Déjà avant mon séjour au collège, j’obéissais à mon insu, à ma vocation pour l’étude des sciences médicales. Je suivais les cours que donnait, à Nivelles, M. l’abbé Lafontaine, dont le frère pratiquait la chirurgie. En sortant de la salle d’études, mon plus grand bonheur était de me glisser dans le cabinet de ce chirurgien où j’admirais un squelette et quelques autres pièces d’anatomie, et assistais à des opérations de petite chirurgie » .…mes études à l’ancienne École de médecine pratique de Bruxelles, d’où je sortis pour entrer au service de l’armée française en qualité de chirurgien-aide-major ; ma présence aux sanglantes journées de Dresde et de Leipzig ; ma captivité après la capitulation de Dresde ; les événements des cents jours et les services que je rendis après les journées de Waterloo ; ma position de chirurgien en chef de l’hôpital St-Pierre à Bruxelles où je fus également chargé de l’enseignement de la clinique chirurgicale et des accouchements ; ma présence au siège d’Anvers en 1831, où je fus envoyé pour y pratiquer les opérations majeures ; les travaux que j’ai mis au jour ; les améliorations que j’ai provoquées en vue de la santé publique ; mes voyages scientifiques, tels sont les faits qui forment le fond du tableau de ma vie. »Le Baron L. Seutin, sa vie et ses travaux / J.-R. Marinus

L’homme avait quitté Nivelles à l’âge de 17 ans mais il lui légua son cœur!

« […] Mr Seutin a exprimé dans son testament le désir que son cœur fut inhumé à Nivelles, où il naquit le 18 octobre 1793. […] Le cœur injecté d’après le même procédé (embaument d’après le procédé Gannal) a été extrait et déposé dans une urne pour être offert au conseil communal de Nivelles. […] »
Archives belges de Médecine militaire, journal des sciences médicales, pharmaceutiques et vétérinaires : tome trentième (1862)

DSC_0031Statue de Louis Seutin au square Seutin, face à la gare de l’est à Nivelles. Louis Seutin (Nivelles, 1793 – Bruxelles, 1862) débute en tant que médecin chirurgien dans la Garde impériale napoléonienne.  Après la bataille de Waterloo, de retour à Nivelles, il soigne, dans le couvent des Récollets, les combattants français (+ de 500) blessés et mutilés. Il sera l’un des fondateurs de l’Université libre de Bruxelles et de l’Académie royale de médecine, chirurgien en chef de l’hôpital Saint-Pierre, médecin du Roi Léopold Ier, sénateur du parti libéral et enfin médecin en chef de l’hôpital général de Nivelles. A sa mort, Louis Seutin légua des sommes importantes à l’hôpital et à l’école maternelle de Nivelles. Dans son testament, figurait une donation de 6.000 francs or destinée à la réfection de la fontaine-perron de la Grand-Place. Il légua son cœur à sa ville natale. http://www.tourisme-nivelles.be/index.php?/balade-des-celebrites-du-temps-jadis.html

 

 

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3. Napoléon et Wellington : Pour ou Contre? (Article d’Emile de Lalieux

http://www.riftoutdju.be/

Je remercie Philippe Sanspoux, créateur du site Mon vieux Nivelles qui m’a transféré les documents de la Revue Rif tout dju!

Rif tout dju, la revue bimensuelle que le monde entier nous envie , publiait un excellent article de 4 pages  en mars 1964 par  Emile de Lalieux,  dans la revue nivelloise  numéro 76. L’auteur écrit quelques lignes sur le passage de Wellington à Nivelles :

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4. Les troupes de Wellington à Nivelles :

http://www.nivelles.be/content/reception-des-delegations-deux-regiments-descendants-du-5e-dragons-legers

“En l’année 1810, Nivelles constitua une des places d’armes de l’aile gauche de l’armée de Wellington. Ce fut de là que ce corps, sous les ordres du prince d’Orange, se porta sur les Quatre-Bras. Pendant la bataille du 18, la ville resta abandonnée à elle-même et paisible. Le 19, les Anglais victorieux revinrent camper dans les campagnes voisines, vers Thines, et les Brunswickois s’établirent près de Lillois.” (Tarlier et Wauters en 1859-BKABANT. CANTON [)li NIVELLES-page 67).

Si le 1er mars 1815, l’Empereur Napoléon commence son légendaire trajet connu sous le nom du « Vol de l’Aigle », les alliés (Congrès de Vienne) le mettent hors la loi et préparent leurs défensives.

  • L’hôtel de Ville

L’hôtel de Ville de Nivelles devint le siège de l’état-major du Prince d’Orange, fils du Roi Guillaume 1er. Mais cette ville fut également le témoin privilégié des actes hollandais et français, avant et après la bataille.

  • L’ancien relais de poste

    relais de poste
    relais de poste….Ce qu’il en reste!

Il se trouvait au numéro 7-9 de la Rue de Bruxelles, dont il ne reste plus que l’arche en pierre de l’ancien relais de poste. De ce relais partirent les lettres de soldats hollandais, casernés à Nivelles, qui se battront à Waterloo. A Nivelles étaient cantonnées les troupes suivantes de la brigade van Bijlandt : bataillon de Chasseurs N° 27 (lieutenant-colonel Grunebosch), la batterie Stevenart et du Quartier Général de la brigade.

Nivelles accueillit ainsi 3.233 hommes.

  • L’hôpital de 1815

Ancien couvent des Récollets, au carrefour de la rue de Saintes et de la rue de Charleroi, une plaque rappelle que cet édifice servit d’ambulance pour les militaires français en 1815.

  • Un monument méconnu

Enfin, un monument totalement méconnu de la bataille, cette simple pierre sur le mur du cimetière Saint-Pierre, faubourg de Charleroi 67, à Nivelles, à gauche de l’entrée. Elle porte ces quelques mots, pourtant bien éloquents, signalant que 104 Français y furent enterrés aux côtés de 8 Anglais, 4 Hollando-Belges et 13 Prussiens.

Le 15 juin, ce sont les troupes de van Bijlandt et de Saxe-Weimar qui, de Nivelles vont aller bloquer la route des Français aux Quatre-Bras. Le 16 juin, jour de la bataille, la 2e brigade de cavalerie légère du général van Merlen traverse Nivelles, le 6e Hussards du lieutenant-colonel Boreel en tête, suivi par le 5e Dragons Légers du lieutenant-colonel de Mercx. Le reste de la division de cavalerie du général Collaert se place en avant de Nivelles, en direction d’Arquennes. Le général prend ses quartiers à l’hôtel de ville. Pour rappel, à ce moment, Wellington doute toujours que les Français ne viennent aussi par Mons.

En 1815, jusqu’au 16 juin inclus (date de la bataille des Quatre-Bras), Wellington a fait renforcer les troupes néerlandaises en position à Nivelles car il s’attendait à une pénétration française venant de la direction de Mons.

Nivelles a donc assuré un rôle stratégique de taille au début de cette campagne. Nivelles sera aussi le lieu de passage des troupes britanniques, brunswickoises, hanovriennes et néerlandaises à partir du 19 juin lors de la poursuite qui devait conduire les alliés à Paris.

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5. Les plaques commémoratives de Nivelles :

Merci à Dominique Timmermans ! Toutes les plaques et plus d’informations sur http://napoleon-monuments.eu/Napoleon1er/1815Nivelles.htm

Un témoignage récent nous a appris que les soldats de 1815 reposeraient “sous la croix centrale” du cimetière de Nivelles. Cela nous semble tout à fait cohérent.

ommence son légendaire trajet connu sous le nom du « Vol de l’Aigle », les alliés (Congrès de Vienne) le mettent hors la loi et préparent leurs défensives.

  • L’hôtel de Ville

L’hôtel de Ville de Nivelles devint le siège de l’état-major du Prince d’Orange, fils du Roi Guillaume 1er. Mais cette ville fut également le témoin privilégié des actes hollandais et français, avant et après la bataille.

  • L’ancien relais de poste

    relais de poste
    relais de poste….Ce qu’il en reste!

Il se trouvait au numéro 7-9 de la Rue de Bruxelles, dont il ne reste plus que l’arche en pierre de l’ancien relais de poste. De ce relais partirent les lettres de soldats hollandais, casernés à Nivelles, qui se battront à Waterloo. A Nivelles étaient cantonnées les troupes suivantes de la brigade van Bijlandt : bataillon de Chasseurs N° 27 (lieutenant-colonel Grunebosch), la batterie Stevenart et du Quartier Général de la brigade.

Nivelles accueillit ainsi 3.233 hommes.

  • L’hôpital de 1815

Ancien couvent des Récollets, au carrefour de la rue de Saintes et de la rue de Charleroi, une plaque rappelle que cet édifice servit d’ambulance pour les militaires français en 1815.

  • Un monument méconnu

Enfin, un monument totalement méconnu de la bataille, cette simple pierre sur le mur du cimetière Saint-Pierre, faubourg de Charleroi 67, à Nivelles, à gauche de l’entrée. Elle porte ces quelques mots, pourtant bien éloquents, signalant que 104 Français y furent enterrés aux côtés de 8 Anglais, 4 Hollando-Belges et 13 Prussiens.

Le 15 juin, ce sont les troupes de van Bijlandt et de Saxe-Weimar qui, de Nivelles vont aller bloquer la route des Français aux Quatre-Bras. Le 16 juin, jour de la bataille, la 2e brigade de cavalerie légère du général van Merlen traverse Nivelles, le 6e Hussards du lieutenant-colonel Boreel en tête, suivi par le 5e Dragons Légers du lieutenant-colonel de Mercx. Le reste de la division de cavalerie du général Collaert se place en avant de Nivelles, en direction d’Arquennes. Le général prend ses quartiers à l’hôtel de ville. Pour rappel, à ce moment, Wellington doute toujours que les Français ne viennent aussi par Mons.

En 1815, jusqu’au 16 juin inclus (date de la bataille des Quatre-Bras), Wellington a fait renforcer les troupes néerlandaises en position à Nivelles car il s’attendait à une pénétration française venant de la direction de Mons.

Nivelles a donc assuré un rôle stratégique de taille au début de cette campagne. Nivelles sera aussi le lieu de passage des troupes britanniques, brunswickoises, hanovriennes et néerlandaises à partir du 19 juin lors de la poursuite qui devait conduire les alliés à Paris.

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Les Belges sont restés plus napoléoniens que les Français

22/04/15 à 00:00 – Mise à jour à 23/04/15 à 11:49

Source : Le Vif/l’express : http://www.levif.be/actualite/international/les-belges-sont-restes-plus-napoleoniens-que-les-francais/article-normal-390687.html

L’intégralité de l’entretien dans le hors-série du Vif/L’Express “Napoléon, le héros absolu” : 200 pages sur sa légende, son destin, son empreinte sur la Belgique, rédigées par une quinzaine d’historiens et d’experts napoléoniens français et belges.

Il y a 200 ans, nos régions prenaient brutalement et définitivement congé de Napoléon balayé à Waterloo. Mais la page est loin d’être tournée. Hervé Hasquin, historien à l’ULB et secrétaire perpétuel de l’Académie royale de Belgique, revient sur un héritage qui a façonné la Belgique d’aujourd’hui.

Les Belges sont restés plus napoléoniens que les Français

© DR

Le Vif/L’Express : Lorsque Bonaparte prend le pouvoir en novembre 1799, la France a fait sa Révolution depuis dix ans. Le général s’avance-t-il en Belgique comme en terrain déjà conquis ?

Hervé Hasquin : La victoire française de Fleurus, le 26 juin 1794, en mettant définitivement fin au régime autrichien, ancre nos régions au sein de la jeune République. Mais nous ne devenons officiellement citoyens français que le 1er octobre 1795, date de l’annexion des territoires belges à la France et de l’application de sa législation. Le régime napoléonien n’est qu’un chapitre de la domination française.

La Révolution française signifie-t-elle une vraie révolution pour nos régions?

 Oui. La France révolutionnaire fait table rase des anciennes frontières et réalise l’amalgame entre les anciens Pays-Bas autrichiens, les principautés de Liège et de Stavelot-Malmédy, le duché de Bouillon, d’autres entités disparates de l’Ancien régime. Les territoires conquis sont divisés en neuf départements nommés “belgiques” ou “réunis”, qui sont les ancêtres de nos actuelles provinces. C’est la Révolution française qui crée la future Belgique, en lui donnant sa structure administrative.

Et en lui imposant bien d’autres bouleversements ?

Cette période enregistre de nombreuses avancées peu banales : les lois françaises de 1792 créent le mariage civil, instaurent le divorce, fondent l’état civil. Autre acquis révolutionnaire, cette invention géniale qu’est le système métrique décimal, qui met fin au chaos qui régnait dans les poids et mesures. Imagine-t-on la révolution conceptuelle fabuleuse qu’une telle réforme a dû représenter ? C’est comme si on décidait aujourd’hui de supprimer les kilos et les grammes et de passer subitement aux mesures anglaises : les livres, les miles, etc.

Si Napoléon n’est pour rien dans ces bouleversements, où se situent son apport et son empreinte ?

D’abord dans l’ordre et la stabilité politique qu’il apporte, favorables au développement économique. La période française est florissante pour nos régions industrielles à partir de la fin des années 1790. L’annexion à la France, puis l’extension de l’Empire napoléonien, ouvrent d’énormes débouchés à la sidérurgie, à l’industrie charbonnière, à la verrerie. Le seul marché français absorbe des quantités gigantesques de production de notre industrie lourde. Mais la grande oeuvre de Napoléon, c’est le Code civil de 1804 et ses nouveaux acquis comme les droits reconnus à la femme. Napoléon poursuit la réforme de la Justice amorcée sous le régime révolutionnaire. On lui doit toute l’organisation des tribunaux: justice de paix, première instance, degré d’appel, Cour de cassation. Notre pouvoir judiciaire est essentiellement une création napoléonienne.

L’héritage français, en particulier napoléonien, a-t-il laissé des traces durables ?

De toutes les régions conquises totalement ou partiellement par la République française en Europe, la Belgique est certainement celle où l’empreinte de la France révolutionnaire puis napoléonienne a signifié à ce point la fin de l’Ancien Régime et l’entrée dans le monde contemporain. La Belgique est le seul pays qui ait véritablement conservé l’héritage administratif et judiciaire français. Elle est même restée, au cours de son histoire, plus marquée par l’héritage de la Révolution française que la France elle-même. Plusieurs de ses lois sont restées en vigueur sous le régime hollandais puis au sein de la Belgique indépendante, alors qu’elles disparaissaient en France, victimes des soubresauts politiques aux XIXe et XXe siècles. C’est le cas du divorce : un temps interdit en France, le mariage civil et le droit au divorce feront à jamais partie de la législation belge. La prise en charge par l’Etat du traitement des membres du clergé constitue toujours une caractéristique du système belge, alors qu’en France il ne subsiste plus qu’en Alsace-Lorraine. On doit aussi à la France la tolérance religieuse, avec la reconnaissance des grandes religions, le protestantisme et le judaïsme à côté du catholicisme. Elle n’a jamais disparu dans notre législation, à la différence de ce qui se passera dans d’autres pays jadis conquis par les Français. Enfin, la défense de la “patrie”, qui devient l’affaire des citoyens, se traduit par l’instauration de la conscription ou du service militaire obligatoire : le concept sera repris par l’Etat belge. A maints égards, nous sommes restés beaucoup plus napoléoniens que les Français !

L’intégralité de l’entretien dans le hors-série du Vif/L’Express “Napoléon, le héros absolu” : 200 pages sur sa légende, son destin, son empreinte sur la Belgique, rédigées par une quinzaine d’historiens et d’experts napoléoniens français et belges.

Un comité napoléoniste à Verviers en 1834

L’article qui suit m’a été envoyé par Elisabeth Brose, fille de Jean Brose, écrivain Liégeois qui obtint la médaille d’or de l’académie française et qui écrivit de nombreux livres et articles contribuant notamment à la légende Napoléonienne (voir bibliographie sommaire en fin d’article). Mes hommages vont à cet homme et à ce récit qui non seulement perpétue sa mémoire, mais qui permet également au lecteur de découvrir un épisode méconnu de l’histoire belge. Mes remerciements les plus respectueux à Elisabeth…

DSC05394La revue qui contient l’article ainsi que d’autres ouvrages peuvent être commandés en prêt à votre bibliothèque sur le lien suivant :

http://www.samarcande-bibliotheques.be/resultat.php?q=idbib%3A%22303%22%20AND%20auteurs_tous:%22Brose,%20Jean%22&sort_define=auteur_as,titre_as,typedoc,anpub&sort_order=0&rows=100

  • L’influence de la révolution polonaise de 1830 sur la jeunesse liégeoise
  • Les Liégeois et la guerre franco-allemande de 1870
  • Les Rosières et les mariages dotés par Napoléon dans le département de l’Ourthe
  • Un comité napoléoniste à Verviers en 1834

Le Comité Napoléoniste de 1834 est plutôt “révolutionnaire”, et ne peut être comparé au Mouvement Bonapartiste de Belgique actuel qui respecte la Monarchie Constitutionnelle et le Bonapartisme!  L’un se référant à l’identité Nationale et au respect des Lois belges; l’autre à l’idéologie et au respect des valeurs du Mouvement Bonapartiste, de ses traditions s’y afférentes. http://napoleonbonaparte.be/mouvement-bonapartiste/

DSC05389 DSC05390 DSC05391 DSC05393 Bibliographie de Jean BROSE : http://www.pallas.be/pls/opac/opac.search?lan=E&seop=3&sele=102&sepa=1&doty=___&sest=brose&chna=jean&senu=1&rqdb=36&dbnu=36

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