Archives mensuelles : avril 2015

Le Bonapartiania – Bulletin I : du Nonidi: 9. Floréal 223

france frontières ulraBulletin  I : du Nonidi: 9. Floréal 223

 

CRAVACHE EN CORNE, NACRE, OR ET BRONZE AU CHIFFRE DE L'IMPERATRICE JOSEPHINE

Toute l’épopée impériale était retracée au travers de musiques, de chants, de saynètes et de projections. Près de 400 spectateurs ont assisté à cette évocation de l’épopée de Napoléon.

 

Napoléon et Paris au Musée Carnavalet à Paris! Jusqu’au 30/08/2015

Pour découvrir Paris autrement à travers Affichel’histoire de celle-ci depuis 1789, je vous convie à  l’exposition :

“Napoléon et Paris : rêves d’une capitale” au Musée Carnavalet – Histoire de Paris, jusqu’au  30 août 2015. Pour cette occasion, le musée du Louvre a généreusement prêté au musée Carnavalet trois de ses œuvres que vous découvrirez plus bas : le Fauteuil du trône et le buste colossal de Napoléon Ier, ainsi que la peinture “Napoléon Ier visitant l’escalier du Louvre sous la conduite des architectes Percier et Fontaine” de Louis-Charles-Auguste Couder (1833).

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En la qualité de protecteur des sciences et des arts, Napoléon Le Grand ira certainement en compagnie d’Asmodée visiter cette exposition, 200 ans après la fin du Premier Empire! Celle-ci explore les relations complexes entre un homme au destin exceptionnel et l’une des plus belles villes du monde. (Il me semble intéressant de lire la Notice sommaire des monuments et objets divers relatifs à l’histoire de Paris et de la Révolution française exposés au musée Carnavalet, suivant l’ordre des salles parcourues par les visiteursÉditeur : impr. réunies (Paris) Date d’édition : 1890)

  • Quelques vidéos….

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© Musée Carnavalet
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© Musée Carnavalet
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© Musée Carnavalet

Berceau du Roi de Rome, Musée Carnavalet : [photographie de presse] / [Agence Rol] - 1Nous sommes en 1911 et le Musée Carnavalet accueille comme pièce maîtresse le Berceau du Roi de Rome. Le musée Carnavalet est le musée municipal parisien consacré à l’Histoire de Paris des origines de la ville à nos jours. Situé dans le quartier du Marais au 23, rue de Sévigné, à Paris, dans le 3e arrondissement, il présente des collections exceptionnelles : souvenirs de la Révolution française, peintures, sculptures, mobilier et objets d’art.Le musée est constitué de l’hôtel de Carnavalet et l’hôtel Le Peletier de Saint-Fargeau reliés par une galerie située au premier étage. (wikipédia)

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Musée Carnavalet : bonnet sous la Révolution : [photographie de presse] / Agence Meurisse - 1Le musée Carnavalet a une collection tellement complète et large sur le Révolution française de 1789 qu’il pourrait quasiment en faire un musée dans le musée.

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Notice sommaire des monuments et objets divers relatifs à l’histoire de Paris et de la Révolution française exposés au musée Carnavalet, suivant l’ordre des salles parcourues par les visiteurs – Éditeur : impr. réunies (Paris) Date d’édition : 1890

Beaumont se prépare pour le bicentenaire de ce week-end!

http://napoleonbonaparte.be/2015/04/evenementiel-bicentenaire-napoleon-a-beaumont-le-samedi-25-et-le-dimanche-26-avril-2015/

Beaumont au couleurs de la France dans le cadre du bicentenaire! Bonnes fêtes!

Programme des festivités après les photos :

Samedi 25 avril 2015 :• 12h30 à Hestrud : Accueil par le Maire et ses adjoints autour d’un barbecue convivial et saynète du ‘ Petit Gamin d’Hestrud ‘.
15h00 de Hestrud à Beaumont : Départ des marcheurs sur les traces de Napoléon.
16h00 : Ferme de Bellevue : avec la participation de la commune de Sivry-Rance

19h00 à Beaumont : Promenade nocturne aux flambeaux, au son des fifres et tambours dans les vieilles rues de la ville. Les élèves des écoles de l’entité retracent les moments-clé du passage de l’Empereur à Beaumont.
En fin de parcours, une grillade aux couleurs de l’Empire clôturera la soirée dans une ambiance festive.

Dimanche 26 avril 2015 :

12h00 : ‘ Festin de Napoléon ‘ : Dîner aux saveurs beaumontoises dans l’ambiance du 1er Empire dans le parc de l’Institut Paridaens de Beaumont. Les visiteurs seront conviés à un repas gastronomique aux saveurs beaumontoises.
Les ‘ Poêlées Gourmandes ‘ serviront, en costume d’époque, des suprêmes de la fameuse Poularde à la Beaumontoise dans un assortiment de légumes oubliés. Le tout sera accompagné de pommes de terre grenailles dans une sauce au bœuf légèrement tomatée et terminé par un croustillant de Macaron de Beaumont de la Maison Solbreux. Le festin se poursuivra sur une touche fruitée avec une Poire Belle Hélène. La chocolaterie Bressant a réalisé, pour l’événement, une praline Napoléon que les convives auront la chance de goûter en fin de repas. Pour rester dans l’ambiance du 1er Empire, le festin sera animé par des acteurs locaux, des chants et musiques d’époque.

Les réservations sont à effectuer à l’Office du Tourisme de Beaumont ( Grand-Place 10 – 6500 Beaumont) ou par compte bancaire ( Be57 0012 5297 1935 )
Où:
Grand-Place, 10  –6500 Beaumont
Téléphone:+32(0)71588191
Tarif: Gratuit
Public: Tous publics
Internet: http://www.beaumont.be

 

 

Mémorial 1815, de la mesure à la démesure!

Napoléon en enfer -Antoine Wiertz

De la mesure à la démesure! S’il faut constater que les commémorations qui auront lieu pour le bicentenaire en Belgique sont “mesurées” par certains, elles peuvent paraître “démesurées” pour le citoyen lambda qui n’en soutirera pas de bénéfice financier au quotidien! En effet, écouter au journal télévisé de ce jour que :

19.958 belges francophones pour la plupart sont en situation d’exclusion d’ indemnisations du chômage et entendre la dépense gargantuesque de 40 millions d’euros de la Région Wallonne  pour la construction du mémorial 1815 près de la Butte du Lion… peut être irrespectueux de la valeur humaine et de la citoyenneté! Le montant total dévoué à la réhabilitation du site de la Bataille (Le Hameau du Lion) s’élève à 40 millions d’euros.

Je peux entendre que ces commémorations uniques dans notre histoire et notre siècle méritent une attention particulière mais je ne peux comprendre un tel investissement  dans cette Europe en crise où la culture et les institutions tant publiques que privées manquent cruellement de finances, où le citoyen se lève le matin en se demandant s’il pourra conserver son travail, ses allocations, sa pension; où la masse populaire ne se déplacera pas aux commémorations faute de moyens…Si le Mémorial 1815 en 2015 commémore l’Europe : comme civilisation européenne moderne, vouée à la médiocrité de la sécurité et du bien-être, engloutie dans la “vulgarité utilitariste”, par la préoccupation quasi exclusive de l’enrichissement. Devenue par là incapable de donner à poursuivre le moindre rêve, qui ne saurait plus communiquer le courage de “mourir pour quelque chose de grand et d’impossible”, civilisation de “nivellement” et d'”abêtissement grégaire”,… , le Mémorial a atteint son objectif à mes yeux! Je rappelle pour les lecteurs que ce blog est exclusivement privé et n’a pas de vocation d’enrichissement mais il est également un lieu d’informations…subjectives autour de l’Empereur Napoléon le Grand et les belges.

Jacques JANSSENS

 Mémorial 1815, lieu de mémoire la Bataille de Waterloo

 

exposition et reconstitution médicales dans l’église Saint-Etienne à Braine-l’Alleud

Evénementiel Bicentenaire Napoléon à Beaumont le samedi 25 et le dimanche 26 avril 2015

 

Beaumont, Avril 2015- L’Office du Tourisme de Beaumont, en collaboration avec diverses écoles de l’entité, organise une promenade nocturne aux flambeaux ainsi qu’un Festin de Napoléon, le week-end du 25 et 26 avril 2015, afin de fêter le bicentenaire du passage de Napoléon à Beaumont.

beaumontLa ville de Beaumont est connue pour son potentiel historique. C’est en juin 1815 que Napoléon décida d’installer son Quartier Général à Beaumont afin de vivre la bataille légendaire de Waterloo. Il passera la nuit du 14 au 15 Juin 1815 dans le château des Caraman-Chimay, actuellement l’Institut Paridaens, situé sur la Grand-Place.

Le 14 juin 1815, Napoléon Bonaparte passait par le petit village, devenu frontalier, d’Hestrud, pour entrer à Beaumont, à la tête de ses troupes. Il y passe la nuit et, avant de continuer sur Waterloo, il donne ses ordres et prend ses dispositions pour se porter au-devant des troupes alliées, quatre jours avant la célèbre bataille. À Beaumont, il passe la nuit dans une chambre située à l’étage de l’institut de Paridaens, ancien château des princes de Caraman. Une plaque est, depuis 1992, apposée sur la façade de cet établissement scolaire, où l’on peut lire que l’empereur y passa la nuit. Mais, avant d’arriver à Beaumont, Napoléon est passé par Avesnes et s’est arrêté à Hestrud pour y faire boire son cheval dans la Thure, près du pont de la Tannerie. Il croise un gamin de 14 ans, du nom de Cyprien Charlet, qui lui dit: « N’allez pas par là, Monsieur!» L’Empereur n’en fit qu’à sa tête et continua sa route. Une stèle rappelle ce moment.

Après Hestrud, les troupes ont traversé Grandrieu avant d’apercevoir la Tour Salamandre à Beaumont.

Certains lieux-dits, dans notre région, sont restés célèbres: la Graveline, le Rond Bonnet, le Grand Champ, Cucugnies, Tourivet… Ainsi, à Strée, le lieu-dit «La Belle Étoile» serait l’endroit où aurait logé, à la belle étoile, une partie de la troupe, parquée dans les environs de Beaumont, avant de continuer sa route. L’Empereur mit quatre jours pour effectuer le trajet de Beaumont à Waterloo, quatre jours qui, au fil de ces 94 km, ont changé le cours de l’histoire européenne. Tout au long de ce parcours, des plaques évoquent son souvenir: «La route Napoléon en Wallonie» indiquent-elles. À vous de les suivre… Et pourquoi pas, en participant à l’une ou l’autre animation mise sur pied en cette année du bicentenaire de la bataille de Waterloo.

 Samedi 25 avril 2015 !

 Grand Bivouac tout le week-end

Pour fêter ce bicentenaire, la journée du 25 avril sera riche en reconstitutions :

  • Elle commencera à 12h30 dans le village d’Hestrud à la frontière franco-belge. Le public y sera accueilli par le Maire et ses adjoints autour d’un barbecue convivial. Les participants pourront assister à la reconstitution de la saynète du « Petit Gamin d’Hestrud ».
  •  A 15h00, départ au son des fifres et tambours pour les marcheurs rejoignant Beaumont sur les traces de Napoléon.
  • A 16h, halte à Grandrieu, à la ferme de Belle-Vue. C’est là que séjourna le Prince Jérôme Bonaparte, frère de Napoléon.

La maîtresse des lieux proposera à cette occasion potage aux légumes oubliés et  bio » et jus de pomme « maison ».

Arrivés à Beaumont, une promenade nocturne aux flambeaux, au son des fifres et tambours dans les rues pavées de la ville, commencera à 19h00 sur la Grand-Place de Beaumont. Elle sera agrémentée de plusieurs saynètes jouées par les élèves de l’entité qui retraceront les moments-clé du passage de l’Empereur à Beaumont. En fin de parcours, une grillade aux couleurs de l’Empire clôturera la soirée dans une ambiance festive.

Dimanche 26 avril 2015

Festin de Napoléon

à 12h00, le Festin de Napoléon, sous réservation, attirera les convives dans le parc de l’Institut Paridaens. Les visiteurs seront conviés à un repas gastronomique aux saveurs beaumontoises. Les « Poêlées Gourmandes » serviront, en costume d’époque, des suprêmes de la fameuse Poularde à la Beaumontoise dans un assortiment de légumes oubliés. Le tout sera accompagné de pommes de terre grenailles dans une sauce au bœuf légèrement tomatée et terminé par un croustillant de Macaron de Beaumont de la Maison Solbreux. Le festin se poursuivra sur une touche fruitée avec une Poire Belle Hélène. La chocolaterie Bressant a réalisé, pour l’événement, une praline Napoléon que les convives auront la chance de goûter en fin de repas.

Pour rester dans l’ambiance du 1er Empire, le festin sera animé par des acteurs locaux, des chants et musiques d’époque. Les réservations pour le festin se font auprès de l’Office du Tourisme de Beaumont pour le 15 avril au plus tard.

 OFFICE DU TOURISME DE BEAUMONT ASBL – Grand’Place 10 – 6500 Beaumont

Tél.-Fax : +32(0)71/58.81.91.  – Officetourismebeaumont@skynet.be

Facebook : Office du Tourisme Beaumont ou Tourisme Beaumont

Napoléon a la cote… Dernières ventes aux enchères à Montréal!

Deux ventes aux enchères se sont déroulées à Montréal ce début d’avril, soit plus de 400 objets mis en vente. Il est intéressant pour les heureux possesseurs d’objets relatifs à Napoléon et à l’époque Napoléonienne de pouvoir comparer l’estimation du prix par les “experts” et le prix de vente réel! Ces ventes montrent qu’il y a pléthore d’objets sur le marché pour le moment et qu’il y a des amateurs dont les goûts peuvent parfois sembler douteux. Chacun peut avoir une perception différente de ces ventes mais force m’est de constater que les objets liés à Napoléon Le Grand et à l’époque Napoléonienne pourraient devenir le nouvel investissement à la mode chez les boursicoteurs de tout genre et non pas seulement des vrais passionnés! A quand l’arrivée de nouvelles actions “Napoléon Bonaparte” à la Bourse? Jacques JANSSENS

Sur les traces du camp perdu de Napoléon – Le Point.fr

Le Point – Publié le

http://www.lepoint.fr/histoire/sur-les-traces-du-camp-perdu-de-napoleon-1-11-04-2015-1920299_1615.php

Lorsque Bonaparte songea à envahir l’Angleterre, Boulogne-sur-Mer fut le plus grand camp militaire que la France ait jamais connu. Qu’en reste-t-il ? Enquête.
"Napoléon dans son cabinet de travail" de Jacques-Louis David (1812).
“Napoléon dans son cabinet de travail” de Jacques-Louis David (1812). © Google Cultural Institute

“Voyage en France : retour sur quelques lieux qui ont fait notre pays”#1

Cette série est une invitation à revenir aux lieux. Connus ou inconnus, l’histoire de France s’y est écrite. Il y aura des batailles, des châteaux, des abbayes, mais aussi des lieux d’invention, industriels, agricoles, artisanaux, artistiques. Tous, ils ont façonné notre pays.

L’alignement est parfait. Une allée tracée au cordeau, entre la “pierre Napoléon”, en contrebas, et au sommet de la colline, cinq cents mètres plus loin, la colonne de la Grande Armée, qui fait furieusement penser à la colonne Vendôme. Un chemin aurait pu relier les deux monuments. Hélas, pour aller de l’une à l’autre, il faut emprunter de multiples détours en voiture dans la commune deWimille. C’est un peu le lot du souvenir napoléonien à Boulogne-sur-Mer et dans ses environs : en pièces détachées façon puzzle, sans véritable unité. Alors que le Corse, dans cette région plus que nulle part ailleurs en France, a laissé son empreinte.

Historiquement, la pierre Napoléon vient en premier. Fichée au coeur d’un amphithéâtre naturel, elle rappelle qu’ici, le 16 août 1804, l’Empereur – il en a le titre depuis le vote du Sénat le 18 mai – procéda à la première grande distribution de Légions d’honneur.

L’ordre a été créé en 1802, Bonaparte ayant pesé de tout son poids pour recréer des distinctions abolies avec la Révolution. “Vous les appelez les hochets, mais c’est avec les hochets que l’on mène les hommes”, déclare-t-il devant un Conseil d’État hostile. Après un tour de chauffe en juillet aux Invalides, où des civils avaient été décorés, les militaires décrochent à leur tour les “étoiles” d’or et d’argent. 2 000 d’entre eux, mais aussi 3 évêques se font remettre des rubans présentés sur les boucliers deBayard et duGuesclin. Grandiose ! En plein délire historique, Napoléon siégeait en personne et en majesté sur le trône deDagobert. Tout Paris avait accouru pour être du spectacle. Et pour la touche finale d’authenticité, les Anglais, qui n’étaient jamais loin, lancèrent quelques coups de canon du large, histoire de se rappeler au bon souvenir des Français.

Dans les pas de… Caligula !

Comment Napoléon aurait-il pu les oublier ? Ce 16 août 1804, depuis plus d’un an, il campe ici avec près de 150 000 hommes constituant l’Armée des côtes de l’Océan, première mouture de la mythique Grande Armée. 150 000 ! Jamais la France n’aura connu, sur son territoire, si vaste et si long rassemblement. Cet immense attroupement est le lointain successeur du camp normand du Pont-de-l’Arche que tout le monde a oublié. Une fortification militaire disputée entre Anglais et Français pendant près de quatre siècles, où Louis XI décida de créer les premiers régiments réguliers de l’armée française. Vingt mille hommes formés par des Suisses à la confluence de la Seine et de l’Eure.

Mais qu’est venu faire Napoléon à Boulogne en 1804 ? Un traité vient d’être rompu, celui d’Amiens, signé avec l’Angleterre, qui dans la foulée décrète le blocus des côtes françaises. Napoléon est furieux. Il a mis tous les autres pays européens à sa botte, pourtant un pays, une île, lui résiste : il décide de traverser la Manche. Projet fou, compte tenu de la triple ligne navale dont les Anglais ont ceinturé la Manche. La flotte, malgré les progrès notoires effectués sous Louis XVI, reste le talon d’Achille de la France. L’Ogre n’en a cure ; il étale ses positions en trois points stratégiques : Étaples au sud, Boulogne au centre, Bruges et Anvers au nord.

Le dispositif central est le plus important. Lui qui connaît bien son histoire sait que César s’était déjà embarqué à Boulogne où une “rue de l’Ancien rivage” perpétue le souvenir du camp romain. Plus tard, Caligula lui-même fit le voyage et fixa avec insistance les côtes anglaises, avant de rebrousser chemin. Il laissa un petit souvenir, une immense et superbe tour étagée, dite d’Ordre, de plus de 60 mètres de hauteur, qui n’avait rien à envier au phare d’Alexandrie. Elle subsista près de 1 600 ans avant de s’écrouler dans la mer en 1644. Cent soixante ans plus tard, la mémoire de ce monument extravagant était assez vive pour que Napoléon décidât d’installer au même endroit sa “baraque” : rien ne l’effrayait, pas même de mettre ses pas dans ceux de l’empereur fou.

 ©  Gallica BNF/Domaine public

Le 16 août 1804, le spectacle est superbe. Une stèle pérennise l’événement. Mais le vent de l’histoire tourne. À la Restauration, des anti-bonapartistes se défoulent sur la pierre de l’antéchrist, réduite en miettes. Quelques décennies plus tard, le Second Empire est aussi une seconde chance pour tous ces monuments communiant dans le culte de Napoléon le grand. Le neveu, qui a “surfé” sur le nom de son oncle, ne perd pas une occasion d’en raviver la mémoire. En 1856, des fidèles récupèrent les restes de la pierre pour les enterrer sous le fondement actuel rehaussé et rénové.

Les vicissitudes d’une colonne

À cette date, la colonne de la Grande Armée trône déjà au-dessus du vallon, à cinq cents mètres de là. Dès le lendemain de la cérémonie de 1804, un voeu a été formulé : ériger un monument à la gloire des soldats. Le maréchal Soult, commandant en chef du camp de Boulogne, n’y est pas allé par quatre chemins : “Les troupes voulant offrir au monarque dont le génie préside aux destins de la France un témoignage éclatant d’amour et d’admiration… ” Cet amour sera payant. Chaque soldat devra verser son écot et une demi-journée de solde. La municipalité de Boulogne offre un terrain de 4,5 hectares, on envisage une hauteur de 53 mètres et l’on commande à Houdon un buste de Napoléon. Voltaire, Catherine la Grande, George Washington, Thomas Jefferson, Houdon a sculpté tous les grands de ce monde, l’Empereur complétera sa collection. On s’extasie sur la colonne Vendôme. Le projet de la colonne de Boulogne la précède. Et la dépasse en hauteur.

Seul hic : le départ à l’automne 1805 des troupes du camp en direction de l’Europe centrale et d’Austerlitz. Le décret de création de la Grande Armée vient d’être pris le 29 août, il ne reste plus qu’à justifier son nom. La colonne est abandonnée, inachevée. Elle a bouleversé le paysage du Boulonnais. Il a fallu en effet trouver du marbre. On explore les environs : c’est l’acte de naissance des carrières de marbre de Marquise et de Ferques, qui recouvrent encore aujourd’hui la région d’un voile de poussière. Fin 1805, l’enthousiasme retombe et à la fin de l’Empire, la colonne ne s’élève qu’à vingt mètres.

Un destin rocambolesque attend ce monument. Houdon peut remballer son buste. Quant aux bronzes pris sur les canons d’Austerlitz (comme pour la colonne Vendôme) ils sont fondus à la Restauration et réutilisés pour les statues de Louis XIV (place des Victoires) et d’Henri IV. Le nouveau roi Bourbon, Louis XVIII, qui s’en veut l’héritier, rêve d’un Vert-galant de pierre sur le Pont-Neuf. Ni une ni deux, il récupère aussi la colonne de la Grande Armée : en 1821, elle est couronnée d’un globe de la légitimité. Royaliste évidemment. Fin du premier acte.

Un texte encombrant

Mais après 1830, l’habile Louis-Philippe veut se mettre les bonapartistes dans la poche. Qui prend-il pour ministre de la Guerre ? Ce bon vieux maréchal Soult, qui lui rappelle l’existence de cette colonne ignominieusement détournée de son objet. Si Houdon est mort, Bosio, qui a déjà oeuvré sur la colonne Vendôme, est chargé d’exécuter un buste de Napoléon en tenue d’empereur romain. La garde nationale commande un poème au grand Hugo en personne qui a toujours un faible pour le génie dont son père avait été un des généraux. “Ce bronze devant qui / Tout n’est que poudre et sable / Sublime monument deux fois impérissable / Fait de gloire et d’airain”, s’emballe Hugo dans son hymne À la colonne. Il glisse une discrète allusion (deux fois impérissable) au destin mouvementé du monument ; Aragon avec Staline, ne fera pas mieux dans l’admiration lénifiante – “Le moule a été fait de l’une de ses pensées” -, mais quelques vers “maladroits” du poème – “Aussi, dans la cage anglaise, tant de pleurs amers dévorés” – ont le malheur de heurter Louis-Philippe, en plein rapprochement avec l’ex-ennemi anglais. Le texte encombrant se retrouve du coup scellé dans l’avant-bras droit de l’Empereur, et ce n’est qu’en 1959 qu’il sera retrouvé par un ouvrier.

Toutefois, l’inauguration a bien lieu en grande pompe le 15 août 1841, jour anniversaire de Napoléon. Qui est là pour couper le cordon ? L’inamovible Soult, promu entre temps président du Conseil.

 – http://www.lepoint.fr/

À la Colonne (Victor Hugo)

I

Oh ! quand il bâtissait, de sa main colossale,
Pour son trône, appuyé sur l’Europe vassale,
Ce pilier souverain,
Ce bronze, devant qui tout n’est que poudre et sable,
Sublime monument, deux fois impérissable,
Fait de gloire et d’airain ;

Quand il le bâtissait, pour qu’un jour dans la ville
Ou la guerre étrangère ou la guerre civile
Y brisassent leur char,
Et pour qu’il fît pâlir sur nos places publiques
Les frêles héritiers de vos noms magnifiques,
Alexandre et César !

C’était un beau spectacle ! – Il parcourait la terre
Avec ses vétérans, nation militaire
Dont il savait les noms ;
Les rois fuyaient ; les rois n’étaient point de sa taille ;
Et, vainqueur, il allait par les champs de bataille
Glanant tous leurs canons.

Et puis, il revenait avec la grande armée,
Encombrant de butin sa France bien-aimée,
Son Louvre de granit,
Et les Parisiens poussaient des cris de joie,
Comme font les aiglons, alors qu’avec sa proie
L’aigle rentre à son nid !

Et lui, poussant du pied tout ce métal sonore,
Il courait à la cuve où bouillonnait encore
Le monument promis.
Le moule en était fait d’une de ses pensées.
Dans la fournaise ardente il jetait à brassées
Les canons ennemis !

Puis il s’en revenait gagner quelque bataille.
Il dépouillait encore à travers la mitraille
Maints affûts dispersés ;
Et, rapportant ce bronze à la Rome française,
Il disait aux fondeurs penchés sur la fournaise :
– En avez-vous assez ?

C’était son oeuvre à lui ! – Les feux du polygone,
Et la bombe, et le sabre, et l’or de la dragonne
Furent ses premiers jeux.
Général, pour hochets il prit les Pyramides ;
Empereur, il voulut, dans ses vœux moins timides
Quelque chose de mieux.

Il fit cette colonne ! – Avec sa main romaine
Il tordit et mêla dans l’œuvre surhumaine
Tout un siècle fameux,
Les Alpes se courbant sous sa marche tonnante,
Le Nil, le Rhin, le Tibre, Austerlitz rayonnante,
Eylau froid et brumeux.

Car c’est lui qui, pareil à l’antique Encelade,
Du trône universel essaya l’escalade,
Qui vingt ans entassa,
Remuant terre et cieux avec une parole,
Wagram sur Marengo, Champaubert sur Arcole,
Pélion sur Ossa !

Oh ! quand par un beau jour, sur la place Vendôme,
Homme dont tout un peuple adorait le fantôme,
Tu vins grave et serein,
Et que tu découvris ton œuvre magnifique,
Tranquille, et contenant d’un geste pacifique
Tes quatre aigles d’airain ;

À cette heure où les tiens t’entouraient par cent mille ;
Où, comme se pressaient autour de Paul Émile
Tous les petits romains,
Nous, enfants de six ans, rangés sur ton passage,
Cherchant dans ton cortège un père au fier visage,
Nous te battions des mains ;

Oh ! qui t’eût dit alors, à ce faîte sublime,
Tandis que tu rêvais sur le trophée opime
Un avenir si beau,
Qu’un jour à cet affront il te faudrait descendre
Que trois cents avocats oseraient à ta cendre
Chicaner ce tombeau !

II

Attendez donc, jeunesse folle,
Nous n’avons pas le temps encor !
Que vient-on nous parler d’Arcole,
Et de Wagram et du Thabor ?
Pour avoir commandé peut-être
Quelque armée, et s’être fait maître
De quelque ville dans son temps,
Croyez-vous que l’Europe tombe
S’il n’ameute autour de sa tombe
Les Démosthènes haletants ?

D’ailleurs le ciel n’est pas tranquille ;
Les soucis ne leur manquent pas ;
L’inégal pavé de la ville
Fait encor trébucher leurs pas.
Et pourquoi ces honneurs suprêmes ?
Ont-ils des monuments eux-mêmes ?
Quel temple leur a-t-on dressé ?
Étrange peuple que nous sommes !
Laissez passer tous ces grands hommes !
Napoléon est bien pressé !

Toute crainte est-elle étouffée ?
Nous songerons à l’immortel
Quand ils auront tous leur trophée,
Quand ils auront tous leur autel !
Attendons, attendons, mes frères.
Attendez, restes funéraires,
Dépouille de Napoléon,
Que leur courage se rassure
Et qu’ils aient donné leur mesure
Au fossoyeur du Panthéon !

III

Ainsi, – cent villes assiégées ;
Memphis, Milan, Cadix, Berlin ;
Soixante batailles rangées ;
L’univers d’un seul homme plein ;
N’avoir rien laissé dans le monde,
Dans la tombe la plus profonde,
Qu’il n’ait dompté, qu’il n’ait atteint ;
Avoir, dans sa course guerrière,
Ravi le Kremlin au czar Pierre,
L’Escurial à Charles-Quint ;

Ainsi, – ce souvenir qui pèse
Sur nos ennemis effarés ;
Ainsi, dans une cage anglaise
Tant de pleurs amers dévorés ;
Cette incomparable fortune,
Cette gloire aux rois importune,
Ce nom si grand, si vite acquis,
Sceptre unique, exil solitaire,
Ne valent pas six pieds de terre
Sous les canons qu’il a conquis !

IV

Encore si c’était crainte austère !
Si c’était l’âpre liberté
Qui d’une cendre militaire
N’ose ensemencer la cité !
Si c’était la vierge stoïque
Qui proscrit un nom héroïque
Fait pour régner et conquérir,
Qui se rappelle Sparte et Rome,
Et craint que l’ombre d’un grand homme
N’empêche son fruit de mûrir ! –

Mais non ; la liberté sait aujourd’hui sa force.
Un trône est sous sa main comme un gui sur l’écorce
Quand les races de rois manquent au droit juré ;
Nous avons parmi nous vu passer, ô merveille !
La plus nouvelle et la plus vieille !
Ce siècle, avant trente ans, avait tout dévoré.

La France, guerrière et paisible,
À deux filles du même sang :
L’une fait l’armée invincible,
L’autre fait le peuple puissant.
La Gloire, qui n’est pas l’aînée,
N’est plus armée et couronnée ;
Ni pavois, ni sceptre oppresseur ;
La Gloire n’est plus décevante,
Et n’a plus rien dont s’épouvante
La Liberté, sa grande sœur !

V

Non. S’ils ont repoussé la relique immortelle,
C’est qu’ils en sont jaloux ! qu’ils tremblent devant elle !
Qu’ils en sont tout pâlis !
C’est qu’ils ont peur d’avoir l’empereur sur leur tête,
Et de voir s’éclipser leurs lampions de fête
Au soleil d’Austerlitz !

Pourtant, c’eût été beau ! – Lorsque, sous la colonne,
On eût senti présents dans notre Babylone
Ces ossements vainqueurs,
Qui pourrait dire, au jour d’une guerre civile,
Ce qu’une si grande ombre, hôtesse de la ville,
Eût mis dans tous les cœurs !

Si jamais l’étranger, ô cité souveraine,
Eût ramené brouter les chevaux de l’Ukraine
Sur ton sol bien-aimé,
Enfantant des soldats dans ton enceinte émue,
Sans doute qu’à travers ton pavé qui remue
Ces os eussent germé !

Et toi, colonne ! un jour, descendu sous ta base,
Le pèlerin pensif, contemplant en extase
Ce débris surhumain,
Serait venu peser, à genoux sur la pierre,
Ce qu’un Napoléon peut laisser de poussière
Dans le creux de la main !

Ô merveille ! ô néant ! – tenir cette dépouille !
Compter et mesurer ces os que de sa rouille
Rongea le flot marin,
Ce genou qui jamais n’a ployé sous la crainte,
Ce pouce de géant dont tu portes l’empreinte
Partout sur ton airain !

Contempler le bras fort, la poitrine féconde,
Le talon qui, douze ans, éperonna le monde,
Et, d’un œil filial,
L’orbite du regard qui fascinait la foule,
Ce front prodigieux, ce crâne fait au moule
Du globe impérial !

Et croire entendre, en haut, dans tes noires entrailles,
Sortir du cliquetis des confuses batailles,
Des bouches du canon,
Des chevaux hennissants, des villes crénelées,
Des clairons, des tambours, du souffle des mêlées,
Ce bruit : Napoléon !

Rhéteurs embarrassés dans votre toge neuve,
Vous n’avez pas voulu consoler cette veuve
Vénérable aux partis !
Tout en vous partageant l’empire d’Alexandre,
Vous avez peur d’une ombre et peur d’un peu de cendre :
Oh ! vous êtes petits !

VI

Hélas ! hélas ! garde ta tombe !
Garde ton rocher écumant,
Où t’abattant comme la bombe
Tu vins tomber, tiède et fumant !
Garde ton âpre Sainte-Hélène
Où de ta fortune hautaine
L’œil ébloui voit le revers ;
Garde l’ombre où tu te recueilles,
Ton saule sacré dont les feuilles
S’éparpillent dans l’univers !

Là, du moins, tu dors sans outrage.
Souvent tu t’y sens réveillé
Par les pleurs d’amour et de rage
D’un soldat rouge agenouillé !
Là, si parfois tu te relèves,
Tu peux voir, du haut de ces grèves,
Sur le globe azuré des eaux,
Courir vers ton roc solitaire,
Comme au vrai centre de la terre,
Toutes les voiles des vaisseaux !

VII

Dors, nous t’irons chercher ! ce jour viendra peut-être !
Car nous t’avons pour dieu sans t’avoir eu pour maître !
Car notre œil s’est mouillé de ton destin fatal,
Et, sous les trois couleurs comme sous l’oriflamme,
Nous ne nous pendons pas à cette corde infâme
Qui t’arrache à ton piédestal !

Oh ! va, nous te ferons de belles funérailles !
Nous aurons bien aussi peut-être nos batailles ;
Nous en ombragerons ton cercueil respecté !
Nous y convierons tout, Europe, Afrique, Asie !
Et nous t’amènerons la jeune Poésie
Chantant la jeune Liberté !

Tu sera bien chez nous ! –couché sous ta colonne,
Dans ce puissant Paris qui fermente et bouillonne,
Sous ce ciel, tant de fois d’orages obscurci,
Sous ces pavés vivants qui grondent et s’amassent,
Où roulent les canons, où les lésions passent ;
Le peuple est une mer aussi.

S’il ne garde aux tyrans qu’abîme et que tonnerre,
Il a pour le tombeau, profond et centenaire
(La seule majesté dont il soit courtisan),
Un long gémissement, infini, doux et sombre,
Qui ne laissera pas regretter à ton ombre
Le murmure de l’océan !

 

Victor Hugo
Les chants du crépuscule

Bataille de Waterloo : un impressionnant butin britannique

http://www.lalibre.be/actu/belgique/bataille-de-waterloo-un-impressionnant-butin-britannique-551bb2123570c8b952fa44b4

Il n’y a pas que les paysans du champ de bataille qui, dès le lendemain du combat, amassèrent quantité d’accessoires, voire d’uniformes abandonnés sur place. Les Anglais aussi récupérèrent tout ce qu’il était possible de réutiliser.

ON A SOUVENT ACCUSÉ les riverains du champ de bataille d’avoir pillé, déshabillé même, les victimes des combats, s’emparant de casques, de cuirasses, de lances, d’armes et d’autres parties de l’attirail du soldat, qu’ils se seraient empressés de revendre aux premiers touristes ou acheteurs de métaux. Ce n’est pas tout à fait faux. D’ailleurs, les autorités du pays vont très vite s’en inquiéter et ordonner aux maires de punir sévèrement les individus qui seraient reconnus détenteurs d’objets militaires volés.

Ce qui est moins connu, c’est que les Alliés organisèrent, eux-mêmes, un ramassage d’armes, de cuirasses ou d’objets réutilisables en provenance, notamment, des troupes napoléoniennes. Ainsi, le journal “L’Oracle” du 28 juin 1815 annonce que “trois chariots chargés de cuirasses appartenant à la cavalerie française, et qui ont été ramassées sur le champ de bataille, sont arrivés; on va les réparer et elles serviront ensuite à armer notre grosse cavalerie”.

Mais la plus belle prise de guerre, celle dont se vanta le colonel sir George A.Wood, commandant en chef de l’artillerie britannique, est incontestablement formée par les 133 canons pris aux Français. Un bien beau butin quand on sait que l’artillerie française présentait, le matin de la bataille, 270 bouches à feu. Ce convoi arriva à Bruxelles le 24 juin et fit l’objet d’une exposition. Quelques canons furent offerts aux Prussiens; d’autres au roi de Hollande… mais la plupart prirent la direction de la Tour de Londres où ils sont toujours exhibés.

Yves Vander CruysenLa Libre Belgique

Lire aussi l’article : La mort de Gordon qui bouleversa tant Wellington

Le monument de la victoire de Waterloo (Waterloosäule) à Hanovre (Dominique Timmermans)

La ville de Hanovre a érigé un des plus grands monuments commémoratifs de de la bataille de Waterloo. Il est d’ailleurs de 6 mètres plus haut que la butte du Lion. La Waterloosäule (colonne de Waterloo) se trouve sur la Waterlooplatz, qui était l’ancienne place d’armes de la ville (quartier de Calenberg Neustadt) Elle est haute de 46,31 m et possède un diamètre de 3,75 m.

« Aux vainqueurs de Waterloo, la patrie reconnaissante. »

Pour les amateurs de reliques et d’armement, l’élément le plus intéressant est assurément la présence des huit canons français capturés en juin 1815 qui sont fixés dans le socle du monument. Evidemment moins impressionnant que le Kremlin, mais quand même…

Le Paris réussi de Napoléon

Le Paris réussi de Napoléon
http://gallicalabs.bnf.fr/ark:/12148/btv1b530300936/f1.jpegCarte des environs de Paris divisés en départements, arrondissements et cantons,…  rédigée en 1815 par Charles Oudiette, auteur du Dictionnaire topographique de ces mêmes environs, publié en 1817

Fabrice DROUZY

Principal théâtre de l’épopée napoléonienne, Paris fut une des préoccupations majeures du premier consul puis de l’empereur. Le musée Carnavalet consacre depuis hier à la ville une exposition retraçant les changements architecturaux et administratifs réalisés durant le règne; faisant revivre au passage le quotidien d’une cité bouillonnante, tout juste sortie des années de convulsion de la Révolution.

Vue du Louvre.
Vue du Louvre. (Renaud Camus / Flickr)

Pour se replonger dans l’ambiance, entre bourgeois et rentiers, soldats en permission, prostituées et badauds, Libération s’est projeté deux siècles en arrière.

Nous sommes en janvier 1815, dans un Paris alors considéré comme «la nouvelle Rome» tant la capitale s’est métamorphosée et embellie. Napoléon est en exil depuis près d’un an, Louis XVIII est aux Tuileries, mais les traces de l’Empereur se retrouvent dans chaque pierre de la ville. Mettons-nous dans la peau d’un Parisien de l’époque et imaginons quelle balade il aurait pu nous proposer dans ce Paris napoléonien…

Et les infos pratiques sur l’exposition.

Napoléon et ParisExposition du Congrès de Vienne

Certains voyages ne se comptent pas en kilomètres mais en années. En l’occurrence, celui-ci nous fait remonter de deux cents ans en arrière : nous sommes en janvier 1815, dans un Paris alors considéré comme «la nouvelle Rome» tant la capitale s’est métamorphosée et embellie. Napoléon est en exil depuis près d’un an, Louis XVIII est aux Tuileries, mais les traces de l’Empereur se retrouvent dans chaque pierre de la ville. Mettons-nous dans la peau d’un Parisien de l’époque et, grâce à Irène Delage et à Chantal Prévot, auteures de l’Atlas de Paris au temps de Napoléon (1), imaginons quelle balade il aurait pu nous proposer dans ce Paris napoléonien.

Commençons par ce qui sera bientôt la Bourse de Paris. Pour l’instant, ce n’est qu’un vaste chantier et l’on peine à appréhender les dimensions et les formes définitives de l’édifice. En attendant, le péristyle, d’inspiration corinthienne, et les colonnes inachevées font penser à des ruines grecques du plus bel effet… Un style néoclassique, agrémenté de quelques ajouts d’influence égyptienne, que l’on retrouve désormais un peu partout. Le bâtiment a été construit sur le site de l’ancien couvent des Filles-de-Saint-Thomas-d’Aquin, confisqué sous la Révolution. Une aubaine pour les promoteurs : entre les biens du clergé et les propriétés des émigrés royalistes, ce sont plus de 400 hectares qui ont été libérés en centre-ville ces vingt dernières années.

Tire-laine. Il faut avouer que Paris en avait besoin. Napoléon est le monarque qui s’est le plus intéressé à la capitale depuis Henri IV. Sous l’Ancien Régime, il n’y en avait que pour Versailles. Désormais, nous pouvons nous comparer sans rougir à Londres. Paris, d’ailleurs, ne cesse de grandir. De 550 000 âmes au début du règne, nous en sommes en cette année 1815 à plus de 660 000. Et l’on prévoit d’atteindre le million dans moins d’un demi-siècle. Quant à Vienne, Madrid, Berlin ou ce qu’il reste de Moscou, ce ne sont que des bourgades provinciales à côté de notre capitale.

Après la Bourse, nous voici devant le passage du Perron qui nous a ouvert les portes du Palais-Royal. Ah, le Palais-Royal… Le cœur battant de la ville ! Le centre de la vie parisienne, rendez-vous du luxe, des divertissements et des plaisirs à toutes les heures du jour ou de la nuit. Avec deux faces si dissemblables qui se succèdent en un même lieu ! Dans la journée, c’est le royaume des boutiques chics, des épiceries fines et des cafés où l’on cause avec esprit. Les familles y sont les bienvenues pour se promener sous ses arcades illuminées de lanternes ou dans le jardin central (qui manque de fontaines, mais cela viendra bientôt) où on donne des spectacles de marionnettes.

Mais, dès que la nuit tombe, que les ombres s’allongent sous les colonnades, alors, c’est un autre monde qui peu à peu apparaît : prêteurs sur gages, boursicoteurs et affairistes en tous genres, joueurs ou tire-laine, et évidemment tout ce que la police secrète de M. Fouché compte de mouches et d’espions. On y croise des soldats, officiers ou sans-grades, des bourgeois qui s’encanaillent, des journalistes et des actrices… Et, bien sûr, des prostituées de haut ou bas étages, s’adonnant à tous les vices imaginables. C’est d’ailleurs ici que notre empereur lui-même, alors simple sous-lieutenant, aurait connu ses premiers émois en 1787. Tout ce beau monde se mélange, boit, danse et s’invective. Ainsi, il n’est pas rare qu’à une même adresse, le rez-de-chaussée soit un café, l’entresol le repaire d’un prêteur sur gages, le premier et le deuxième étage dédiés au jeu, et le troisième réservé aux dames de petite vertu…

On quitte le Palais-Royal à contrecœur et l’on débouche dans la rue de Rivoli, grande artère neuve longeant le palais des Tuileries et le musée Napoléon, au Louvre, désormais le plus grand musée du monde depuis que s’y entassent les butins des campagnes d’Italie, d’Egypte et d’ailleurs, complétées par les biens du clergé et des émigrés saisis sous la Révolution. Depuis 1801, les artistes et savants qui occupaient une partie des lieux ont laissé la place à de nouvelles salles. Toutes les pièces ont été repensées, divisées en époques et en style.

Détail de la colonne de la place Vendôme. Crédit: Paul Arps/ Flickr

Propreté. Côté Seine, un nouveau pont fait désormais le lien entre le Louvre et l’Institut de France, où loge dorénavant l’Académie : le pont des Arts. Une élégante passerelle en fonte, agrémentée d’arbustes et d’orangers, où les Parisiens aisés aiment à se promener (il en coûte 1 sou par personne, 2 par cavalier et 3 par carrosse). A l’Ouest, face au Champ-de-Mars, le pont d’Iéna et, à l’Est, celui d’Austerlitz facilitent la circulation entre les deux rives.

Autre fait marquant : la propreté. Auparavant les Parisiens pataugeaient dans la boue et l’excrément. Désormais, des égouts souterrains permettent d’évacuer les déchets, les abattoirs ont été expédiés aux portes de la ville : aux barrières de Miromesnil, de Montmartre ou de la Pitié-Salpêtrière. Le déménagement du cimetière des Innocents se poursuit et l’on enterre désormais au Père-Lachaise, dans les faubourgs. Quand au canal de l’Ourcq, une des grandes réalisations du règne, il permet d’alimenter en eau saine les fontaines bâties un peu partout.

Passons sur les autres réalisations mémorables (les arcs de triomphe, la rénovation du Luxembourg ou du Palais-Bourbon, les aménagements de la place de la Bastille avec cet étonnant éléphant de plâtre surmontant la fontaine, ou encore les travaux à l’église de la Madeleine, devenue temple à la gloire de nos soldats…) pour décrire la métamorphose de la place du Châtelet. Elle a été construite à l’emplacement du Grand Châtelet, l’ancienne et sinistre forteresse qui servit de prison et de morgue sous l’Ancien Régime. Désormais flanquée de bâtiments classiques, on y a érigé en son centre une fontaine surmontée d’une colonne. La statue dorée de la Victoire qui la surplombe tient une couronne dans chaque main, glorifiant nos succès militaires : Friedland, Ulm, Austerlitz, Rivoli, Lodi, Marengo. Espace, harmonie, perspectives… Tout réjouit le regard.

(1) Editions Parigramme, 224 pp., 45 €.

La France devrait arrêter d’admirer aveuglément Napoléon!

Manque de tact de la part des anglais! Après la pièce belge commémorative du bicentenaire de la défaite de Waterloo… (Personnellement, ils auraient pu en faire également une sur la dernière victoire de Napoléon, à Ligny!). Un certain journal anglais et un historien publient un article demandant aux français d’arrêter d’admirer aveuglément Napoléon! L’admiration aveugle dépasse et de loin un seul pays mais des milliers d’admirateurs de par le monde et il est trop simpliste que de lier Napoléon Le Grand à un seul pays… Il suffit de suivre l’actualité des commémorations pour se rendre compte que ce n’est pas tant la défaite qui relie les peuples à la personne, mais sa victoire sur le temps et l’immortalité de ses idées révolutionnaires, toujours actuelles dans une société où le mérite n’a plus de place et où les valeurs d’humanité se délitent pour tomber en une fine poussière dans le vide nauséabond d’une Europe financière qui n’a d’humanité, que ces lois qui creusent le fossé entre les peuples!

Jacques JANSSENS – Admirateur Aveugle de Napoléon Le Grand!

1. L’Article en français – En bleu (mes ajouts)
2. Plaidoyer d’un ami en réponse aux commentaires qui ont suivis la publication de cet “article”…
3. Duel face au telegraph
4. Réponse de Napoléon Le Grand retranscrite par son médecin anglais
5. Bibliographie intéressante

Napoléon retour de l'île d'Elbehttp://www.slate.fr/story/99065/napoleon

1.L’Article en français – En bleu (mes ajouts)

Les Français (et tous les autres Admirateurs) devraient mettre fin à leur histoire d’amour avec Napoléon. C’était un dictateur (Empereur) brutal et absolument impitoyable Bon, évidemment, c’est un site de la «Perfide Albion» qui écrit cela, The Telegraph. Mais les arguments développés par l’historien et présentateur de la BBC Dan Snow mettent une nouvelle fois en lumière la difficulté qu’a la France de regarder objectivement sa propre histoire (existe-t-il de l’objectivité dans l’Histoire?).

http://www.telegraph.co.uk/news/worldnews/europe/france/11472205/The-French-should-end-their-love-affair-with-Napoleon-he-was-an-utterly-brutal-and-callous-dictator.html

Ce texte est une réaction à l’opposition de la France de la mise en circulation d’une pièce de deux euros commémorant la bataille de Waterloo(http://napoleonbonaparte.be/2015/03/bataille-de-waterloo-la-france-tente-de-bloquer-une-piece-commemorative-creee-par-la-belgique-2/)

Pour rappel (Nous sommes vraiment aveugle?), la bataille de Waterloo est la dernière menée par Napoléon Ier, et sa défaite, le 18 juin 1815, face aux armées britanniques, allemandes, néerlandaises et prussiennes signe la fin de l’Empire.

Dan Snow le dit en préambule:

«Toutes les nations ont leurs squelettes. L'Histoire est une série d'atrocités, de jeunes hommes génocidaires ayant donné libre cours à leurs pulsions les plus sombres. Comme notre roi “Coeur de Lion”.»
«Cette année, l'Allemagne doit encore faire face à ses gigantesques crimes avec une série de commémorations, de la libération d'Auschwitz à sa défaite finale.»

Et en France (Et dans tous les autres pays) aussi, nous nous retrouvons selon lui dans cette position inconfortable avec l’anniversaire de la bataille de Waterloo.

L’idée est de regarder Napoléon d’un point de vue européen (L’Europe continentale?). Dan Snow reconnaît que l’Empereur a mené en France une politique qui a fait entrer les idées des Lumières.

«Mais il est aussi responsable de la mort de millions d'hommes, de femmes et d'enfants à travers l'Europe et au-delà. Il était un dictateur militaire. Brillant, tout à fait brutal et impitoyable. Cas unique dans l'histoire européenne, il a conquis un empire qui s'étendait du Portugal à Moscou. (...) Ses hommes ont parcouru les lieux à la recherche de provisions comme des sauterelles qui ne laissent que la famine derrière leur passage. Les villes ont été pillées, les femmes violées, les trésors volés.»
2.Plaidoyer d’un ami en réponse aux commentaires qui ont suivis la publication de cet “article”…

Qu’il est agréable de voir un tel avatar de l’objectivité subjectivisée, se faire le fossoyeur du passé glorieux de la France triomphante… Quelle mouche a bien pu piquer cet historien et présentateur de la très sérieuse et impartiale chaine anglaise BBC ? Les Trois Lions se seraient-il mués en hyènes cupides bien décidées à hurler aux quatre vents que Waterloo fût le salut de l’Europe et la fin de ce « dictateur militaire » certes reconnu comme « Brillant », mais « tout à fait brutal et impitoyable » ? Le Ciel nous préserve qu’un tel vautour bicéphale puisse être salué… Lui dont l’une des têtes se repaissait sur les cadavres de milliers de ses victimes, et dont l’autre fourbissait ses armes contre la grande construction commune qui se profilait à l’horizon… Merci beaucoup à Monsieur SNOW et à Madame ou Mademoiselle CHALANCON de nous éclairer de leur auguste lumière, nous les perfides ignares, arrière-garde éternelle du déroulé de l’histoire et des faits qui la composent… N’est-il pas lassant de conspuer, une nouvelle fois, la fierté des Français, des Belges et de tous les admirateurs disséminés dans le monde, de s’émouvoir de leurs icônes passées, lorsque l’avenir leur paraît si incertain ? Il n’est aucunement question d’y voir un repli de ces derniers sur eux-mêmes, fruit d’une vision manichéenne et partiale des faits du passé… Force est de constater que vous ignorez ce qui fait le caractère de ces hommes et femmes qui se sont émus « de la mise en circulation d’une pièce de deux euros commémorant la bataille de Waterloo »… ou plutôt de l’opposition des “admirateurs” la concernant. Car en circonvenant cette relative opposition à un simple caprice de peuples en déclins, il est notable qu’une fois encore, tout semble être ignoré des aspirations populaires, qui dépassent largement de simples instincts individuels… Une vertu anglo-saxonne, il semblerait, serait de considérer que l’intérêt général n’est que l’addition des particularismes… Alors que nous, fous d’Admirations, nous pensons l’idéal transcendantal comme catalyseur des intérêts de chacun… Il semblerait que « Les hommes de génie sont des météores destinés à brûler pour éclairer leur siècle »… Napoléon Ier devait être au-delà de ce constat pour susciter de telles réactions de haine viscérale de la part de ses ennemis de jadis, et de telles déclarations de passion du peuple qu’il a tant aimé… Alors Mesdemoiselles, Mesdames et Messieurs, vous pouvez dorénavant aiguiser vos pointes verbales immatérielles, et vous apprêter à lacérer avec l’aisance que vous voudrez ces quelques mots…

Un admirateur Aveugle  Anonyme

TheTelegraph

3.Duel face au Telegraph

http://www.carreimperial.fr/duel-face-au-telegraph/Le bicentenaire de la bataille de Waterloo arrive à grands pas et il y a déjà du bifteck au menu. Les Messieurs du ‪#‎Telegraph‬ ont tiré les premiers… Comme au « bon vieux temps », un quotidien conservateur anglais s’est permis, récemment, d’insulter l’Empereur Napoléon 1er. Historien spécialiste de l’Histoire napoléonienne et allié du Carré Impérial, Jean-Claude Damamme répond, ci-dessous, à ces invectives qui salissent une fois de plus la mémoire de Napoléon. Attention, ça dessoude !

4.Réponse de Napoléon Le Grand retranscrite par son médecin anglais : O’Meara, qui est un des premiers et des plus efficaces créateurs de la légende Napoléonienne!  (Napoléon Prisonnier – Joseph Mougins-Roquefort – Edition Tallandier – Grand prix du Souvenir Napoléonien – page 153

https://napoleonstark.files.wordpress.com/2010/04/adieu-to-omeara.jpg

“J’ai toujours marché avec l’opinion de cinq à six millions d’hommes. Malgré tous les libelles, je ne crains rien à ma renommée : La postérité me rendra justice; la vérité sera connue,

et l’on comparera le bien que j’ai fait avec les fautes que j’ai commises; je ne redoute pas le résultat de l’examen. Si j’eusse réussi, je serais mort avec la réputation du plus grand homme qui eût existé. Dans l’état où sont les choses, quoique j’ai échoué, je serai encore considéré comme un homme extraordinaire. M

on élévation est unique dans l’histoire, parce qu’elle n’est le résultat d’aucun crime. J’ai combattu dans cinquante batailles, que j’ai presque toutes gagnées; j’ai tracé et fait mettre à exécution un code de lois qui portera mon nom à la postérité la plus reculée. De rien, je suis devenu par moi-même le monar

que le plus puissant du monde : j’ai vu l’Europe à mes pieds. Mon ambition était grande, je l’avoue; mais elle était froide et causée par les événements et l’opinion des grandes masses : j’ai toujours pensé que la souveraineté repose dans le peuple. En effet, le gouvernement impérial était une espèce de république : appelé à sa tête par la voix de la nation, ma maxime fut : carrière ouverte aux talents sans distinction de naissance ou de fortune; c’est pour ce système d’égalité que l’oligarchie anglaise me déteste tant.”… Napoleon en exil: relation contenant les opinions et les refléxions de … Par Barry Edward O’Meara Tome II page 5-6

Et plus loin : ” Dans douze cents ans on citera mon nom avec respect, tandis que celui de mes oppresseurs sera oublié ou ne sera connu que pour être chargé d’opprobre et d’infamie.” Napoleon en exil: relation contenant les opinions et les refléxions de … Par Barry Edward O’Meara Tome II page 138

Napoléon Le Grand, Empereur des Français, île Sainte-Hélène

5.Bibliographie intéressante

couverture du livre : Napoléon prisonnier vu par les Anglais

La plupart des historiens français qui travaillent sur la vie de Napoléon à Sainte-Hélène ont souvent ignoré les sources anglaises, se contentant des récits produits par les proches de l’Empereur. Cet ouvrage est le premier à prendre en compte et à traduire des témoignages des geôliers et d’autres habitants de l’île pour affiner le portrait de l’empereur lors de son exil. Joseph de Mougins-Roquefort s’est livré à un travail minutieux et approfondi de recherche. Une étude totalement originale, fondée sur vingt-sept sources inédites jusqu’ici. Hostiles ou favorables, émanant de personnalités de premier plan ou d’acteurs secondaires de ce drame insulaire, les témoignages présentés dans ce livre apportent chacun quelque chose de nouveau à la compréhension du sujet. Leur comparaison avec les autres sources déjà connues permet enfin au lecteur de disposer d’un tableau plus juste, plus réaliste et plus émouvant des dernières années de Napoléon.

Aux éditions Tallendier (préface de Thierry Lentz): http://www.tallandier.com/auteur-467.htm (trois volumes)

© Tallandier 2010 @ tallandier 2011 @ Tallandier 2012

http://www.lautresaintehelene.com/

L'autre Sainte-Hélène - The other St Helena

http://www.napoleon.org/fr/magazine/vient_de_paraitre/files/477899.asp

Résumé / Avis : Cet ouvrage permet au lecteur de se plonger dans l’histoire de la captivité de Napoléon à l’île de Sainte-Hélène, période qui a été “la dernière phase” d’une vie extraordinaire.
Des médecins se sont, tout à tour, trouvés à son chevet et ont été les instruments de la politique du prisonnier et de celle de son geôlier, le gouverneur Hudson Lowe. Tantôt agents, informateurs, intermédiaires, et éventuellement médecins, quoique sans grand succès, ils ont été les témoins de l’univers en vase clos que représentait Longwood, la demeure sous haute surveillance de Napoléon. Les causes de sa maladie et de sa mort ne cessent de soulever des interrogations. Quand on songe au peu d’égard qu’il portait lui-même à la médecine, on ne peut manquer de noter l’ironie de ces polémiques.
Puisant ses sources parmi les manuscrits de l’époque, qui constrastent souvent avec les récits et mémoires publiés ultérieurement, cet ouvrage montre l’autre Sainte-Hélène, celle des vérités et des mensonges, moins connus du public avec, pour fil conducteur, ces médecins qui ont été les acteurs, volontaires ou non, des controverses au milieu desquelles ils se sont trouvés. (note de l’éd.)

Thierry Lentz, Chevalier dans l’Ordre de la Légion d’honneur

Première distribution officielle des décorations de la Légion d’honneur (Jean-Baptiste Debret) dans l’église des Invalides le 14/07/1804

M. Lentz (Thierry, Christian, Marie), directeur d’une fondation culturelle pour ne pas la citer ; 32 ans de services a été décoré au grade de Chevalier de la Légion d’Honneur – Mes félicitations personnelles à Thierry Lentz qui a su par ses écrits rendre accessible au plus grand nombre certains épisodes de la vie de Napoléon Bonaparte! En cette période du bicentenaire de la dernière bataille gagnée par l’Empereur, celle de l’immortalité, je me dois de rendre honneur à la Fondation Napoléon qui contribue également à perpétuer le souvenir et à nourrir notre mémoire! – Jacques JANSSENS

Thierry Lentz, Chevalier dans l’Ordre de la Légion d’honneur
Ce 30 mars 2015, au cours d’une cérémonie au Musée de la Légion d’honneur, le professeur Jean Tulard, de l’Institut, a remis les insignes de chevalier de la Légion d’honneur à Thierry Lentz, directeur de la Fondation Napoléon.

Son discours :

Thierry Lentz, discours de réception dans l’Ordre national de la Légion d’honneur.

Sa biographie sur Wikipédia : Thierry Lentz

Les belges et la légion d’honneur :

« Les Belges ont fourni à Napoléon vingt généraux, 175.000 conscrits et 50.000 morts sur tous les champs de bataille. » (Napoléon, empereur des belges p9-Jo Gérard)
« Ils avaient, en général, porté les armes pendant 5 ans et 2069 d’entre eux, en 1814, étaient décorés de la Légion d’honneur…Plus tard, en 1858, Léopold 1er autorisera 13.500 vétérans des campagnes napoléoniennes à accepter la médaille de Sainte-Hélène créée par Napoléon III pour honorer les anciens combattants. »(Napoléon, empereur des belges p348-Jo Gérard).

Comme me le rappelle un ami de “l’escadron sacré”, la légion d’Honneur n’était pas seulement donnée aux soldats mais également aux hommes de mérite, ainsi le liégeois Hubert Goffin (17711821), mineur belge. Il sauva de nombreux ouvriers mineurs lors d’une inondation du charbonnage de Beaujonc du 28 février 1812. Cet acte de courageux dévouement lui valut d’être fait Chevalier de la Légion d’honneur avec une pension annuelle de six cents francs d’un décret signé le 12 mars 1812 par l’empereur Napoléon Bonaparte. La décoration lui est remise, sous les vivats, le  22 mars 1814 à l’Hôtel de ville. http://fr.wikipedia.org/wiki/Hubert_Goffin

Y avait-il des belges à Waterloo? http://www.afew.be/Bataille/belges.html

Ce qu’il faut savoir sur la Légion d’honneur

https://carinejallamion.files.wordpress.com/2012/07/blog-napoleon-createur-des-lois1.jpg
Napoléon Ier, créateur des lois, Jean-Baptiste Mauzaisse, 1833. « Ma vraie victoire n’est pas d’avoir gagné quarante batailles, Waterloo effacera tout cela. Ce qui vivra éternellement, c’est mon Code civil », Napoléon Bonaparte.-https://carinejallamion.wordpress.com/2012/07/20/napoleon-bonaparte/

http://www.lavoixdunord.fr/france-monde/ce-qu-il-faut-savoir-sur-la-legion-d-honneur-ia0b0n2755206

« La récompense des mérites éminents »

L’attribution de la Légion d’honneur est aujourd’hui encadrée par un code précis, rédigé sous la houlette du général De Gaulle en 1962. Dans son premier article, il est écrit que la Légion est « la récompense de mérites éminents acquis au service de la nation soit à titre civil, soit sous les armes. » Cette distinction se veut donc universelle et doit être attribuée aux représentants de tous les secteurs d’activité de la société française. Les « mérites » récompensés sont évidemment appréciés de manière relativement subjective. Il faut cependant qu’ils bénéficient d’une certaine « notoriété » et que l’individu décoré ait œuvré pendant au moins vingt ans dans son domaine. Les étrangers peuvent être nommés à la Légion d’honneur, mais ils ne font pas partie de l’Ordre à part entière.

À la création de l’ordre par Napoléon Bonaparte en 1802, la Légion était en général attribuée à des militaires ; mais on comptait déjà des peintres et des scientifiques dans ses rangs. Dans la promotion du 5 avril 2014, plus de 25 % des promus viennent du monde de l’économie et de l’entreprise, comme Tom Enders le président exécutif du groupe Airbus. Près de 20 % des élus proviennent de l’enseignement et de la recherche tandis que 23,4 % sont issus plus globalement de la fonction publique. La Légion récompense aussi ceux qui participent au rayonnement de la France à l’étranger. On y retrouve donc des représentants de la culture, du sport, ou encore des élus politiques. Il faut toutefois préciser que les élus et les sénateurs ne peuvent pas recevoir cette décoration pendant leur mandat.

Une procédure très codifiée

À l’image de la constitution de la Ve République, la procédure de nomination créée par De Gaulle repose sur le principe de la séparation des pouvoirs. Seuls les ministres en exercice peuvent proposer des candidats au grand chancelier de la Légion d’honneur. Le conseil de l’ordre de la Légion d’honneur se réunit alors pour examiner les candidatures avant de les transmettre au président de la République, en sa qualité de « Grand maître de l’ordre. »

Le chef de l’État peut retirer des nominations mais il ne peut pas en rajouter. Lorsqu’il les valide, les noms des promus sont alors publiés au Journal officiel comme pour ce dimanche 5 avril. Chaque année, environ 15 % des candidatures sont écartées au cours de cette procédure.

Pour que la Légion d’honneur respecte les principes démocratiques, il existe une procédure d’initiative citoyenne pour proposer des candidats dans le code de 1962. N’importe qui peut proposer un candidat qu’il estime méritant. Cette demande doit cependant être appuyée par cinquante signataires issus du même département que le citoyen à l’origine de la démarche avant que le dossier ne soit déposé à la préfecture.

Plusieurs promotions par an

La promotion du dimanche 5 avril, dite « promotion de Pâques », est la première des promotions civiles avec celle du 1er janvier (qui est paradoxalement la dernière de l’année précédente.). Il existe aussi deux promotions réservées aux militaires tous les ans : en mai pour les réservistes et en juillet pour les militaires en activités. Chaque année, environ 3000 personnes sont promues,dont deux tiers issus de la société civile.

On compte environ 92 000 membres de la Légion d’honneur actuellement, un nombre stable depuis quelques années. La Légion d’honneur est un titre que le porteur conserve à vie, à moins d’avoir eu un comportement contraire à « l’honneur ». Ainsi le cycliste Lance Armstrong s’est vu retirer son titre de chevalier de la Légion d’honneur en 2014, lorsqu’il a perdu ses sept victoires au Tour de France pour s’être dopé régulièrement.

La Déroute Napoléon!

Le titre a peut-être dérouté plus d’un internaute mais il s’agissait bien d’un poisson d’avril du Journal Vers l’Avenir….parmi d’autres….. que certains n’ont pas lus?

Liens directs vers les poissons d’avril :

poisson

Cette tradition trouverait son origine en France, en 1564. La légende veut que jusqu’alors, l’année aurait commencé au er avril (en fait le 25 mars correspondait selon le calendrier julien au Jour de l’an), à la fête de l’Annonciation à Marie avec la tradition de s’échanger des cadeaux. Mais le roi de France Charles IX décida, par l’Édit de Roussillon, que l’année débuterait désormais le er janvier, marque du rallongement des journées, au lieu de fin mars, arrivée du printemps. En fait, l’année civile débutait à différentes dates selon les régions1. Le culte marial est si fort à Florence à la Renaissance que le 25 mars, fête de l’Annonciation, marque le début de l’année et ceci jusqu’en 1750. Si l’origine exacte de l’utilisation des poissons reste obscure (peut-être l’ichthus chrétien), il semble que beaucoup de personnes eurent des difficultés à s’adapter au nouveau calendrier, d’autres n’étaient pas au courant du changement et continuèrent à célébrer le er avril selon l’ancienne tradition. Pour se moquer d’elles, certains profitèrent de l’occasion pour leur remettre de faux cadeaux et leur jouer des tours. Les cadeaux que l’on s’offrait en avril étaient le plus souvent alimentaires. Cette date étant à la fin du Carême, période de jeûne durant laquelle la consommation de viande est interdite chez les Chrétiens, le poisson était le présent le plus fréquent. Lorsque les blagues se développèrent, l’un des pièges les plus courants était l’offrande de faux poissons. Ainsi naquit le fameux poisson d’avril, le jour des fous, le jour de ceux qui n’acceptent pas la réalité ou la voient autrement2. Une autre origine vient du fait que le 1er avril était le jour où la pêche devenait interdite, afin de respecter la période de reproduction. Pour faire un cadeau aux pêcheurs, et pour se moquer un peu d’eux, on leur offrait un hareng. C’est alors qu’une habitude populaire s’installa : on accrochait subrepticement un vrai poisson dans le dos des gens. Comme les habits étaient plus larges, les victimes ne s’en apercevaient pas tout de suite, de sorte que le poisson devenait de plus en plus gluant et puant. Ainsi naquit le goût de faire ce jour-là des petits cadeaux pour rire, des plaisanteries ou des mystifications.” http://fr.wikipedia.org/wiki/Poisson_d%27avril

“Une légende Napoléoniènne du 1er avril : En 1799, pendant la campagne d’Égypte, au siège de Saint-Jean d’Acre, le 31 mars au soir, après un nouvel assaut malheureux, Bonaparte veillait dans sa tente, pour une fois nerveux, plein d’inquiétude et d’indécision. On sait l’importance extrême qu’il attachait à la prise de Saint-Jean-d’Acre. Si cette ville fût tombée, dira-t-il à Sainte-Hélène, je changeais la face du monde. Un peu après minuit, parut soudain devant la tente du général, un petit homme vêtu de rouge, au visage noir, portant turban et barbe blanche.Bonaparte montra un visage aux traits creusés par la fatigue. Le petit homme, croisant les mains sur sa poitrine, s’inclina profondément, sortit vivement de sa manche un poisson d’argent ciselé qu’il tendit à son hôte. A sa vue, le général pâlit, fit deux pas vers son visiteur nocturne et proféra une légère exclamation, puis, d’un geste vif, lui fit signe d’entrer. La toile de la tente retomba sur eux. On ne sait ce que les deux hommes se sont dits cette-nuit-là. Napoléon était superstitieux et on était un premier avril. Bonaparte décida de lever le siège de Saint-Jean-d’Acre sans perdre la face. Quelques semaines après, il repartait pour la France. Le 1er avril 1810, onze ans plus tard, Napoléon Ier épousa civilement Marie-Louise d’Autriche à Saint-Cloud http://www.napoleon.org/fr/salle_lecture/articles/files/476465.asp. On dit que le petit Homme rouge réapparut à la veille du mariage mais que l’Empereur refusa de le recevoir. Le mystère de ce “petit homme rouge” qui apparut à plusieurs reprises dans notre histoire reste entier. A la fin de la Monarchie on l’appelait Le Petit Homme Rouge des Tuileries. Dulaur rapporte à son sujet la légende qui prétendait que l’on trouva ce “petit Homme Rouge” couché dans le lit du roi aux Tuileries la matin qui suivit son départ pour Varennes.” http://www.apophtegme.com/ALBUM/poisson.htm

voir aussi l’article Histoire merveilleuse de l’homme rouge.

Par contre, le texte qui suit est celui d’Alain Reyniers, chargé de cours à l’Université de Louvain et est intéressant par son analyse et son contenu (17 pages)

Concordat de 1801 et Lundi de Pâques

http://actu.ados.fr/news/culture-generale-origine-lundi-de-paques-ferie-2015_article8772.html

http://www.wikiberal.org/images/6/6a/617px-Gerard_-_Signature_du_Concordat_entre_la_France_et_le_Saint-Siege%2C_le_15_juillet_1801.jpg
Gerard – Signature du Concordat entre la France et le Saint-Siege, le 15 juillet 1801

Lundi de Pâques

Ce week-end, est un week-end de trois jours. En effet, lundi c’est le lundi de Pâques, c’est férié. Bonne nouvelle, il n’y a pas école (ni travail), on va pouvoir se coucher tard le dimanche et faire la grasse matinée le matin. Mais savez-vous pourquoi ?

Lundi prochain, le 6 avril 2015, pas de réveil ! C’est les vacances ? Non c’est tout simplement férié. Il s’agit du premier jour non travaillé de l’année, il y en aura entre autres trois nouveaux au mois de mai. Ce week-end de trois jours est le week-end de Pâques. Beaucoup de monde en profite pour partir, cependant, peut de gens savent ce que l’on fête.

Pâques est une fête chrétienne célébrant la résurrection de Jésus-Christ. Contrairement à la naissance du fils de Dieu, le 25 décembre, la date de Pâques est variable. En effet, si elle se déroule toujours un dimanche, c’est un peu une galère pour trouver lequel… Pour calculer cette date, il faut tout d’abord se placer à l’équinoxe de Printemps le 21 mars. Ensuite, il faut trouver la pleine lune qui suit puis le dimanche qui succède à cette même pleine lune ! On t’a perdu ? C’est vrai que ce n’est pas simple… Pour t’aider, le dimanche de Pâques tombe toujours entre le 21 mars et le 23 avril. Ainsi, cette année il s’agit du dimanche 5 avril et l’an prochain ce sera le dimanche 28 mars 2016.

On fête donc Pâques le dimanche, mais alors pourquoi le lundi est-il férié ?

Tous les ans, le lundi qui suit le dimanche de Pâques est un jour chômé. Cela date du Moyen Âge. En effet, à cette époque, toute la semaine qui suivait le dimanche de Pâques était fériée. On appelait cela l’Octave de Pâques, et ainsi 8 jours non travaillés se succédaient.  On est d’accord cela faisait beaucoup. Du coup, depuis le concordat de 1801, un accord religieux entre le pape et Napoléon Bonaparte, il ne reste plus que le lundi de férié. La tradition veut que le lundi de Pâques, les enfants cherchent les œufs en chocolat. Dans le sud, une autre coutume donnait lieu autrefois à la recherche de vrais œufs, avec lesquelles on faisait une omelette.

http://www.wikiberal.org/images/9/90/200px-Signature_du_Concordat.jpg
Pie VII et Consalvi

Le lundi de Pâques est férié dans tous les pays d’Europe hormis la Russie, l’Ecosse, le Portugal et de nombreuses régions autonomes d’Espagne. Il l’est également dans de nombreux pays d’Afrique, au Canada ou encore à Hong Kong.

  • Le Concordat n’est publié que le 18 avril 1802 : à l’occasion de Pâque, Bonaparte est accueilli à Notre-Dame où les nouveaux évêques prêtent serment. Les élites issus de la Révolution sont très hostiles, notamment dans l’armée : le général Brune s’écrie : « nos épées n’ont triomphé que pour nous replacer dans la servitude religieuse. » Fouché considère le Concordat comme une « erreur politique ».(wikipédia)

Lectures :

http://www.planetepetitsloups.com/origine-histoire-des-jours-feries.php#paques

Le lundi de Pâques tombe à une date variable qui est en fonction du calendrier et pouvant avoir lieu entre le 23 mars et le 26 avril. Il en est ainsi parce que la date est fixée le dimanche après la première pleine lune survenant pendant ou après l’équinoxe de printemps. C’est bien sûr une fête Chrétienne et les chrétiens célèbrent ce jour là la résurrection de Jésus trois jours après sa mort, et le « passage » vers la vie éternelle. Elle emprunte son nom à la fête juive, la Pâque, qui se déroule à la même période. Les deux fêtes n’ont toutefois pas la même signification dans ces deux religions. C’est une fête commune aux catholiques et aux protestants et sa célèbration dure 2 jours, le jour de Pâques, le dimanche, et le lendemain, « le lundi de Pâques ».Le jour précédent Pâques est celui qui marque la fin du jeûne de la Carême qui dure huit jours. Le mot Pâques vient d’ailleurs du latin « pascua » qui signifie « nourriture ».
En France, la tradition veut que les cloches passent le jour de Pâques et apportent des œufs en chocolat qu’elles déposent dans les jardins. Cette tradition des œufs remonte à plusieurs siècles et vient de l’Antiquité quand les Romains offraient des oeufs au printemps comme symbole de la renaissance. Pour les Chrétiens il était interdit de manger des oeufs pendant la Carême et pendant cette période ils étaient décorés et offerts au lieu d’être mangés.
De là nous avons conservé cette tradition qui plait tant aux enfants d’offrir des œufs, souvent en chocolat.Dans les églises les cloches cessent de sonner depuis le jour qui précède Pâques en signe de deuil pour la mort du Christ. On dit aux enfants qu’elles partent à Rome pour revenir le jour de pâques. Célébrée depuis le 11ème siècle, Pâques faisait l’objet d’une semaine complète fériée, qui fut réduite au seul lundi depuis le concordat (accord religieux) entre Napoléon Bonaparte et le pape en 1801.

http://www.histoire-image.org/site/etude_comp/etude_comp_detail.php?i=489

Concordat de 1801

Le règlement de la question religieuse après la Révolution

Au lendemain du coup d’État du 18 Brumaire, Bonaparte, Premier consul, sait que pour se maintenir, il doit régler la crise religieuse qui agite la France depuis dix ans. L’alliance avec l’Église catholique est nécessaire : pour dissocier la cause de la monarchie de celle d’une religion à laquelle les Français restent généralement attachés ; pour réguler, par ses ministres et son enseignement, l’ordre moral et social ; pour assumer les tâches d’éducation et d’assistance que l’État ne peut prendre en charge.

De son côté, Pie VII, élu en mars 1800, veut restaurer l’unité de l’Église, gravement menacée par la situation en France, première puissance catholique du temps. En 1789, elle y avait perdu tous ses biens. En 1790, la constitution civile du clergé, votée par l’Assemblée constituante, avait provoqué un schisme intolérable : celui d’une église nationale (l’Église constitutionnelle) dont tous les ministres, même les évêques, étaient élus par les fidèles sans que Rome ait son mot à dire. La laïcité de l’État, instituée en 1794, et l’interdiction de toute manifestation extérieure du culte avaient confiné le catholicisme dans la sphère privée. Abolir le schisme en France, y rendre à l’Église ses moyens d’action, telles sont ses priorités.

Convention du 26 messidor an IX

Après la victoire de Marengo (14 juin 1800) qui renforce sa position, Bonaparte informe Pie VII de son désir de réconciliation. En novembre 1800, Mgr Joseph Spina, archevêque de Corinthe, et le P. servite Charles Caselli arrivent à Paris pour négocier. Leur interlocuteur est l’abbé Etienne Bernier, curé de Saint-Laud d’Angers, grâce à qui la paix s’était faite en Vendée. Le Concordat de Bologne, appliqué en France de 1516 à 1789, sert de référence, et la constitution civile du clergé de contre-exemple. Jusqu’en juillet 1801, vingt et un projets se succèdent. La question des biens d’Église nationalisés est vite réglée : Rome y renonce contre la mise à disposition des biens non aliénés et contre un traitement pour les évêques et les curés (art.  12 à 15). Fin janvier 1801, on bloque sur le statut du catholicisme et sur la reconstitution de l’épiscopat. Bonaparte, indifférent en matière religieuse, menace d’envahir les États pontificaux, de convertir la France au protestantisme, de perpétuer le schisme constitutionnel. François Cacault, ministre plénipotentiaire de France à Rome, convainc Pie VII d’envoyer à Paris son secrétaire d’État, le cardinal Hercule Consalvi, qui y arrive fin juin.

Mgr Consalvi admet que le catholicisme ne soit pas déclaré religion de l’État, mais seulement « religion de la grande majorité des Français […] professée par les Consuls » (préambule). Il accepte aussi la démission générale des évêques français, y compris ceux demeurés fidèles à Rome (art. 3). Ce sacrifice sera, en fait, la première occasion pour Pie VII de manifester son autorité restaurée sur l’Église de France. Le 13 juillet, Bonaparte désigne son frère Joseph et le conseiller d’État Emmanuel Cretet pour signer, avec Bernier, le Concordat jugé prêt. L’annonce du traité est prévue pour le grand dîner du 14 juillet aux Tuileries. Mais le document présenté à la signature n’est pas celui prévu. Durant dix-neuf heures, les signataires retravaillent le texte. Un obstacle demeure, sur la liberté d’exercice public du culte. Malgré la colère de Bonaparte au dîner du 14, les négociations reprennent le 15 juillet, de midi à minuit. Joseph Bonaparte trouve la formule acceptable par tous : « Son culte sera public, en se conformant au règlement de police que le gouvernement jugera nécessaire pour la tranquillité publique » (art.  1er). Le Concordat est signé.

Bulle de publication du Concordat

Ratifié par le pape le 15 août 1801 le Concordat est annoncé le jour même par une bulle. Cette bulle en latin est encore datée en référence au calendrier antique (ides, nones, calendes). Il s’agit d’une lettre solennelle (grande bulle), dont l’usage est réservé aux actes les plus importants. Sont caractéristiques l’écriture du nom du pape en grandes lettres, son initiale encore plus allongée, l’ornement de certaines lettres ainsi que la « formule de perpétuité » (ad perpetuam rei memoriam). Le sceau de plomb qui donne son nom aux documents pontificaux qu’il authentifie porte, à l’avers, les effigies des saints Pierre et Paul, séparées par une croix, et, au revers, le nom du pape sur trois lignes (Pius / papa / VII).

Bonaparte ratifie le Concordat le 8 septembre 1801, mais ce traité ne devient effectif en France qu’après son adoption le 18 germinal an X (8 avril 1802) par les Assemblées (Corps législatif et Tribunat) qu’il a fallu épurer, les représentants de « l’irréligiosité » y demeurant nombreux. Rome connaît néanmoins une forte déception : la loi du 8 avril qui valide le Concordat comporte en effet 77 « articles organiques » qui en précisent l’application. Ceux-ci ont été rédigés sans son assentiment par Jean-Étienne Portalis, conseiller d’État chargé des cultes depuis octobre 1801. Le Saint-Siège en contestera en vain la validité. La bulle d’annonce du Concordat porte la marque de ces articles. Selon ce qu’ils imposent, elle n’est publiée par le gouvernement français qu’après réception en Conseil d’État, d’où la mention[1] qu’elle porte en bas à droite.

Le régime concordataire

Le Concordat est bien accueilli par les Français. Tandis que l’élite fait un triomphe au Génie du christianisme de Chateaubriand, paru au printemps 1802, la population retrouve avec joie les cérémonies religieuses traditionnelles.

Durant trois quarts de siècle, la législation concordataire permet des relations équilibrées entre l’Église catholique et l’État. Elle permet aussi, après les bouleversements révolutionnaires, l’essor d’une vie religieuse renouvelée. Cependant, dès leur arrivée au pouvoir en 1879, les républicains, majoritairement anticléricaux, entreprennent de combattre la place du catholicisme dans la société. Ils utilisent Concordat et articles organiques comme des outils contre l’Église, les interprétant dans le sens le plus coercitif. A l’initiative du gouvernement français, les crises se multiplient, malgré le ralliement de l’Église à la République[2]. Elles conduisent à la rupture finale : la loi de Séparation du 9 décembre 1905[3], dénonciation unilatérale du Concordat de 1801. Il en résulte, jusqu’aux accords Briand-Ceretti de 1923, un grave conflit diplomatique entre la France et le Saint-Siège, et une vie d’incertitude pour l’Église catholique française, privée d’existence légale.

Auteur : Nadine GASTALDI

Notes

1.« transcrit en Conseil d’État, folio 80, volume 10, conformément à l’article 2 de l’arrêté des Consuls du 29 germinal an 10 ».
2.Toast d’Alger, 1890 ; encyclique de Léon XIII Au milieu des sollicitudes, 1892.
3.La loi de 1905 qui proclame la laïcité de la République (art. 2) est aujourd’hui toujours en vigueur, mais il faut noter, comme une exception, que le Concordat de 1801 a encore cours dans le Haut-Rhin, le Bas-Rhin et la Moselle, qui choisirent de retrouver l’ancienne législation cultuelle lors de leur retour à la France en 1918.

Bibliographie

  • Bernard ARDURA, Le Concordat entre Pie VII et Bonaparte, 15 juillet 1801, Paris, Le Cerf, 2001.
  • Alfred BOULAY DE LA MEURTHE, Histoire de la négociation du Concordat de 1801, Tours, Mame et Fils, 1920.
  • De la concorde à la rupture, un siècle de vie religieuse en France (1801-1905), catalogue de l’exposition, musée de l’Histoire de France, Paris, Centre historique des archives nationales, 2002.

TURIN- Le musée égyptien renaît après des travaux pharaoniques

http://www.ledevoir.com/culture/arts-visuels/436061/turin-le-musee-egyptien-de-renait-apres-des-travaux-pharaoniques
Statues de pierre, stèles, momies, sarcophages et papyrus s’alignent, soigneusement mis en valeur.
Photo: Marco Bertorello Agence France-Presse Statues de pierre, stèles, momies, sarcophages et papyrus s’alignent, soigneusement mis en valeur.

Visite des pièces du musée en photo : http://www.bubastis.be/art/musee/musee.html

Le musée égyptien de Turin, quasi-bicentenaire et détenteur d’une des principales collections de ce type au monde, a dévoilé mardi ses locaux agrandis et rénovés à l’issue de cinq années de travaux « pharaoniques ». Resté ouvert tout au long des travaux, le bâtiment, conçu au XVIIe siècle pour abriter une école jésuite, a vu sa surface d’exposition quasi doublée à 12 000 mètres carrés, son bâtiment mis aux normes et assaini et sa présentation interne remaniée de fond en comble, le tout pour un budget de quelque 50 millions d’euros. Statues de pierre, stèles, momies, sarcophages et papyrus s’alignent, soigneusement mis en valeur. Les vieilles devantures de bois ont cédé la place à des vitrines de verre éclairées par des lampes led.

« Le travail a vraiment été pharaonique. [Ces travaux] ne sont pas un point d’arrivée mais un point de départ, le musée égyptien redevient un grand musée international », se réjouit le directeur du musée Christian Greco.

« Il avait besoin de tourner la page, non parce qu’il était mal fait, mais parce qu’il était dépassé. […] Un musée doit vivre avec la société de son temps », renchérit Beppe Moiso, l’un des huit commissaires de salles du musée.

Le musée, l’un des 10 plus visités d’Italie (plus d’un demi-million de visiteurs en 2014), ouvrira gratuitement au public pour la journée de mercredi, a indiqué la présidente de la Fondation du musée, Evelina Christillin. Cette date a été choisie dans la perspective de l’Exposition universelle qui s’ouvrira dans la ville voisine de Milan à partir du 1er mai et devrait attirer des millions de curieux sur une période de six mois.  La visite se déroule désormais sur quatre étages, couvrant une période allant de 4000 avant J.-C. à 700 après. Elle comporte entre autres nouveautés une galerie de sarcophages anciens et elle permettra aux visiteurs de se promener virtuellement en 3D dans les tombes de hauts dignitaires égyptiens découvertes au début du XXè siècle. Unique site au monde avec celui du Caire à être entièrement dédié à l’art et à la culture de l’Égypte ancienne, le musée, fondé en 1824, compte environ 32 500 pièces, dont seule une petite partie est exposée. Une grande partie de son fonds (environ 5300 objets dont 100 statues, 170 papyrus, des sarcophages et des momies) provient de l’acquisition en 1824 par le roi de Sardaigne Charles-Félix de Savoie d’une partie de la collection d’un compagnon d’armes de Napoléon Bonaparte, le Piémontais Bernardino Drovetti. Refusée par la France, elle fut achetée à grands frais par le roi pour des raisons essentiellement de prestige.

Drovetti accompagna le futur empereur durant sa campagne d’Égypte et il fut promu consul de France dans ce pays. Il se mit à réunir des milliers de pièces antiques égyptiennes, qu’il réussit à transférer en Europe pour les vendre. Une autre partie de sa collection se trouve aujourd’hui au musée du Louvre à Paris.

Image illustrative de l'article Bernardino Drovetti
Bernardino Drovetti

http://fr.wikipedia.org/wiki/Bernardino_Drovetti

(Barbania 4 janvier 1776Turin 1852) est un diplomate, aventurier et antiquaire italien, consul de France en Égypte. Pillard, aventurier sans scrupule ou défenseur acharné des trésors égyptiens, il est certainement un peu de tout.

À dix-huit ans, il rejoint l’armée de Bonaparte et se signale par sa fougue et son courage. En 1798, il fait partie de la Campagne d’Égypte comme simple soldat ; prenant part à de nombreux combats, à la campagne d’Italie, à Marengo, il est rapidement promu colonel.

Quand le gouvernement français envisage l’installation d’un consul permanent en Égypte, Talleyrand pense à lui. Dès les premiers mois après son retour sur le sol égyptien en 1802, il se constitue une collection d’antiquités de première valeur. À son arrivée en 1815, Henry Salt, consul du Royaume-Uni, devient vite l’adversaire de Drovetti dans la course aux antiquités égyptiennes, où tout est à trouver et où tous les moyens sont bons ; c’est la loi de la jungle. Chacun s’entoure de gens passionnés, Drovetti recrute le dessinateur Frédéric Cailliaud et le sculpteur Jean-Jacques Rifaud, tandis que Salt engage Giovanni Battista Belzoni. Le 18 août 1828, il accueille Jean-François Champollion à Alexandrie, avant de regagner l’Italie, malade, où il s’éteindra en 1852. Auparavant, il avait vendu une partie de sa collection en 1824 au prince de Piémont, Victor-Emmanuel (après que le roi Louis XVIII l’ai refusée nettement en 1818), pour le musée de Turin (dont le Canon royal de Turin), une autre au roi Charles X, pour le Louvre et le reste au roi de Prusse pour le musée de Berlin.

 

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/2/2e/TurinKingList.png
Le Canon royal de Turin, qui de par son importance est appelé couramment papyrus de Turin, est un papyrus écrit en hiératique. Il est exposé au musée égyptologique de Turin

À l’époque, l’égyptologie faisait fureur : « C’était une mode. Le grand public découvrait ces objets tellement nouveaux, qui racontaient une histoire lointaine, illisible », explique le commissaire Moiso.

« Bonaparte, au-delà de ses succès militaires, qui certes n’ont pas été terribles en Égypte, a deux grands mérites : d’avoir amené avec lui des savants, des personnages extraordinaires, qui raconteront pour la première fois en Occident l’histoire de l’Égypte de manière scientifique. […] Et de l’autre il y a cette pierre bénie », la pierre de Rosette, dont la découverte permettra le déchiffrement des hiéroglyphes par le savant français Jean-François Champollion, souligne-t-il.

Champollion lui-même ne put résister à l’attraction que représentaient ces pièces encore inconnues et se présenta de sa propre initiative en Italie.Il passera plusieurs mois à étudier les pièces et à en dresser le catalogue. « La route pour Memphis et Thèbes passe par Turin », a-t-il écrit à leur propos. Le musée fondé en 1824 compte environ 32 500 pièces.

Lire aussi : http://napoleonbonaparte.be/?s=l%27homme+en+rouge

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