Emissions consacrées à Napoléon en Belgique


A cinq reprises avant sa défaite à Waterloo, Napoléon est venu visiter les états « belgiques » devenus français en 1795. Cinq voyages menés tambours battants dans le but d’en découdre une fois pour toute avec l’ennemi de l’Europe toute puissante dont rêve Napoléon, l’Angleterre. Au travers d’un road movie sur les traces de Napoléon, Armelle et l’équipe de Ma Terre vont nous raconter cette période de l’histoire durant laquelle Napoléon avait fait de nous des Français.

A travers ce road-movie Ma Terre va nous éclairer sur l’ambition et la stratégie de Napoléon dans ces nouveaux et riches départements mais aussi sur le profit que la future Belgique en tirera avant même sa création en 1830.
En rase campagne à une frontière belgo-française, ARMELLE est au rendez-vous d’une histoire qui commence en 1803. En suivant les traces de la calèche de Napoléon, elle nous replongera dans cette époque où nous étions français, pour le meilleur et pour le pire.
Elle embarquera à ses côtés Constant, premier valet de chambre de Napoléon, un inconditionnel, incarné par le comédien Fabrice Rodriguez. Un duo inattendu et complice où chacun joue son propre rôle, convoquant tour à tour passé et présent, pour nous permettre de prendre conscience de la transformation des états « belgiques » sous l’impulsion de Napoléon. Le découpage administratif en départements (nos provinces), l’organisation de la justice (nos cours et tribunaux) ou de l’enseignement ( primaire, secondaire, supérieur,…), l’uniformisation des poids et mesures, le code civil (qui par exemple rendit possible le divorce), l’essor de l’industrie (du charbon, textile, sucrière,…), c’est sous l’impulsion de Napoléon fils de la révolution française que nous allons vivre ces avancées et les capitaliser, bien mieux que nos voisins français.
C’est sur les bases jetées par Napoléon que l’état Belgique est né en 1830. Et si Waterloo avait été pour nous une victoire en fin de compte ? Des historiens nous éclaireront sur l’héritage de cette période, en laissant à Charles Bonaparte le plaisir de s’y inviter.
A travers cette émission mêlant le langage du documentaire et de la fiction, Ma Terre, comme à son habitude nous propose aussi, des images spectaculaires et parfois même inédites de notre patrimoine d’hier et d’aujourd’hui.

Médias

Plaintes et vœux des départements toujours français composant l’ancienne Belgique, adressés à S.M. l’Empereur Napoléon-Paris. Avril 1815


carte belgique française

Éditeur : Vandermaclen (Bruxelles)

Sources : Gallica

Les plaintes et le voeu des départemens toujours français composant l’ancienne Belgique, adressés à S. M. l’empereur Napoléon

LES PLAINTES ET LE VOEU DES DÉPARTEMENS TOUJOURS FRANÇAIS COMPOSANT L’ANCIENNE BELGIQUE, ADRESSES A S. M. L’EMPEREUR NAPOLÉON. PARIS. AVRIL 1815.


DE L’IMPRIMERIE DE Mme Ve JEUNEHOMME, rue Hautefeuille , no 20.


Le texte qui suit est la reproduit exacte du document envoyé par “Les très-humbles et fidèles sujets des départemens français composant l’ancienne France”. Comme vous pourrez le constater dans l’original ou dans cette transcription, l’orthographe de l’époque est respéctée… Ce texte écrit le 27 mars 1815 fut publié à Paris en avril 1815. Dans les circonstances actuelles où notre pays semble de plus en plus divisé par des luttes communautaires, où certains souhaiteraient que nous, belges, quittions la francophonie http://www.levif.be/actualite/belgique/la-n-va-plaide-pour-une-sortie-de-la-francophonie/article-normal-115617.html, ce texte rappelle notre attachement indéfectible à la France. Jacques JANSSENS 

Bruxelles, le 27 mars 1815

SIRE,

Nous ne sommes pas moins sensibles à l’honneur que nos frères de l’ancienne France; vous venez de la délivrer, cette mère-patrie, d’un gouvernement qui la laissait avilie à la merci de l’étranger ; vous venez de rendre au Peuple français des droits pour lesquels il a combattu pendant vingt-cinq ans, et par vous, l’armée a reconquis l’honneur qu’on voulait lui ravir.

Nous, SIRE, qui depuis si long-temps faisons partie intégrante de la grande nation ; nous qui avons constamment suivi vos drapeaux, et mêlé notre sang à celui de nos frères pour soutenir dés intérêts communs; nous qui vous avons ouvert nos trésors, et vu vendre un tiers de notre territoire au profit de la France, serons-nous exclus de vos bienfaits , et notre récompense pour tant de sacrifices sera-t-elle l’abandon et l’esclavage ?

Jamais nos regards n’ont cessé de se tourner vers la France; écoutez nos vœux; écoutez nos plaintes; écoutez celles de nos frères les Liégeois et des départemens du Rhin , nos sentimens unanimes sont invariables.

La maison d’Autriche nous a vendus à l’Angleterre! Non seulement nous avons été le prix du remboursement des emprunts faits par elle à cette nation; mais encore il a fallu envoyer à Vienne , tous les mois, une grande partie de notre numéraire pour acquitter le prix des chaînes que nous portons.

Devenus province anglaise, sous le nom de royaume des Pays-Bas, notre ruine est consommée si vous ne venez promptement à notre secours.

Notre noblesse , entichée de ses vieux préjugés préjugés, d’accord avec nos tyvrans, qui lui ont donné toutes les places du gouvernement, voudrait nous rendre les droits féodaux , les dîmes, etc., faire renaître la représentation par ordres, et nous régir encore comme au quatorzième siècle.

Non seulement notre commerce est détruit, nos manufactures sont ruinées; mais nous restons restons accablés sous des impôts de tout genre; opprimés par les Hollandais, écrasés de logemens militaires par les Hanovriens, les Prussiens, vexés par les Anglais, nous allons être forcés de donner le reste de notre or et le sang de nos enfans pour soutenir leur cause impie. La landwehr nous menace.

Resserrés, garottés par des lignes de douanes, elles se ferment impitoyablement à l’aspect de nos produits, et s’ouvrent avec complaisance pour inonder nos villes et nos campagnes de marchandises anglaises.

 Nos belles manufactures, élevées avec tant de peine, à tant de frais, au milieu des vicissitudes de la guerre, languissent et tombent sans espoir que leurs produits descendent jamais au vil prix des marchandises de l’étranger que des primes indemnisent. Déjà nos ouvriers sont obligés de quitter le sol qui les vit naître, et qui ne leur offre plus ni travail ni ressources; nos fabriques n’emploient à peine que le quart des ouvriers , occupés dans les momens les plus malheureux de la guerre.

La ruine, la dépopulation de nos belles provinces s’avancent à grands pas, et ce que les fureurs du duc d’Albe et l’aspect hideux de l’inquisition n’ont pu faire, sera l’ouvrage de nos prétendus libérateurs.

Qui nous protégera dans cette décadence funeste, si ce n’est vous, SIRE ? L’Angleterre soutire notre numéraire, c’est elle qui ruine nos fabriques ; son œil jaloux a déjà vu à quel degré de perfection se sont élevés nos mécaniques et nos produits; elle a » compté avec rage les nombreux établissemens de manufactures que renferment nos cités, qui fleurissent dans nos campagnes; elle a calculé nos immenses capitaux; elle a vu notre population toute manufacturière et connaît notre amour pour le travail; elle n’ignore rien des sources précieuses de notre commerce… et l’Angleterre l’encouragerait ! Non; son intérêt est évidemment d’étouffer. tous les élémens de notre prospérité. »

Sera-ce la Hollande qui nous protégera? La Hollande n’est plus comme nous qu’une province anglaise, sa religion, son intérêt nous séparent; elle ne peut ni ne veut encourager l’industrie et le commerce des Belges: car, en ce cas, Anvers seule dépeuplerait Amsterdam.

Serons-nous protégés par la Prusse, qui doit chercher des secours contre nous-mêmes, contre la haine que nous a inspirée sa domination? Les Prussiens ont tout fait pour la mériter ; jamais on ne poussa si loin les vexations, l’abus de la force, la barbarie et les calamités de la guerre.

Devons-nous compter sur l’Autriche? Cette puissance nous a vendus aux Anglais pour tourner toutes ses vues vers l’Italie; d’ailleurs notre situation et nos priviléges la rendirent toujours indifférente à notre bien-être intérieur.

Nos craintes, justifiées par les événemens » présens, naissent de l’expérience des temps passés. Ce n’est point la première fois que le sort des armes a mis nos provinces sous la main des puissances qui nous gouvernent aujourd’hui; nous n’avons pas oublié « qu’après la belle campagne de Marlborough, en 1706, les Anglais et les Hollandais s’emparèrent du gouvernement des Pays-Bas au nom de Charles III, roi d’Espagne, et qu’à l’abri d’un conseil d’état national, mais qui leur était vendu ou soumis, leurs commissaires rendirent, sous le titre de réquisitions, des arrêts meurtriers pour notre prospérité à peine renaissante. C’est du 23 juin, de cette même année, que date la désastreuse réquisition qui annulla les belles ordonnances qu’avaient provoquées en 1698 et 1699 les chambres de commerce de nos principales villes en faveur des manufactures du pays, et A L’EXCLUSION DES PRODUITS DE FABRIQUE ÉTRANGÈRE. A cette époque le commerce belge venait de s’affranchir du tarif onéreux de 1680, et les commissaires des puissances maritimes s’empressèrent de le rétablir. Des canaux s’ouvraient pour faciliter nos relations dans l’intérieur, un arrêt des commissaires les faisait combler. L’Escaut fut rigoureusement fermé, ainsi que les canaux y aboutissans, et des droits excessifs pesèrent sur le commerce pour le décourager et l’anéantir.

C’est l’Angleterre et la Hollande qui firent confirmer tous ces actes destructeurs par le malheureux traité d’Anvers en 1715, connu sous le nom de la BARRIÈRE.

C’est l’Angleterre et la Hollande qui, jalouses de notre industrie , ennemies de notre prospérité,soulevèrent toute l’Europe contre une compagnie de négocians établie à Ostende, et la firent dissoudre par l’empereur lui-même qui l’avait encouragée.

C’est l’Angleterre et la Hollande qui, par l’article 5 du traité de Vienne, abolirent à jamais tout commerce et navigation des Pays-Bas, vers les Indes orientales et occidentales, etc., etc., etc. Et voilà les maîtres qu’on nous donne aujourd’hui !

» SIRE, écoutez les plaintes et les vœux d’un peuple fidèle, ils retentissent dans toute la Belgique; son salut est dans les lois de la France, dans sa réunion à la grande nation, dans la protection immédiate de son Empereur.

La France seule a intérêt à protéger notre commerce, et à conserver notre liberté en nous assimilant à la sienne, elle seule en a la force; nos cœurs sont à vous, SIRE, et , quand vous le voudrez, 100,000 Belges s’uniront au premier bataillon français qui viendra nous donner le titre de frères.

L’Autriche et le cabinet de Saint-James, a-t-il seul le droit de disposer de nous? Et, pour conserver la paix, devons- nous être sacrifiés sacrifiés l’Angleterre ?

Il faut la paix sans doute, mais il faut avant tout l’indépendance des Etats ; sans elle on n’aura rien gagné dans la lutte terrible dont nous ne sommes point sortis; sans elle l’Europe ne verra point finir les révolutions.

Il est temps de consulter l’opinion et l’intérêt des peuples : voilà le secret de les rendre heureux, et de consolider une paix qui aura coûté tant de sacrifices au monde. Son bonheur est aujourd’hui dans la modération et l’ énergie de la France qui vient de recouvrer son Empereur. Jamais circonstance ne fut plus favorable!

Quand la Russie étend sa domination sur la Pologne, qui n’en veut point ; quand l’Autriche l’Autriche s’empare de l’Italie, qui n’en veut point; quand la Prusse prétend réunir à son empire la Saxe, qui n’en veut point; la France, fière de cinq cent mille braves commandés par un héros, forte de l’opinion de tous ces peuples dont on trafique honteusement, rentrerait-elle dans des limites humiliantes, pourrait-elle se voir, en pleine paix, assiégée, pour ainsi dire, par une armée anglaise, banovrienne, hollandaise et prussienne, qui pèse sur notre malheureux pays, le dévore et menace menace territoire sacré.

Votre majesté, dont les principes de modération doivent rassurer aujourd’hui toute l’Europe, ajoutera à la nouvelle gloire qu’elle vient d’acquérir, celle de relever les destinées de notre patrie ; elle le peut à l’instant, si elle le veut : car l’Angleterre s’opposerait en vain à la réunion des Pays-Bas à votre couronne ; ils sont déjà réunis à la France depuis vingt ans par leur volonté, ils n’en ont été séparés que par la force, et ils se réuniront encore à vous spontanément.

Les énormes sacrifices que l’Angleterre a faits, et qu’elle fait encore tous les jours pour maintenir une domination au-dessus de ses forces et de ses moyens ; l’impossibilité où sont les puissances continentales d’agir sans son or; la difficulté toujours croissante que trouve son ministère de s’en procurer pour faire face à tous ses engagemens, difficulté bien prouvée par le besoin indispensable aujourd’hui d’une somme extraordinaire de 36 millions sterling, 864 millions de France, insuffisante encore pour combler seulement le déficit de l’année ; la difficulté de remplir ces emprunts, puisque le dernier perd aujourd’hui 10 pour cent, et que leur change, vraie boussole de la prospérité des peuples, perd 18 pour cent; tout prouve que si l’Angleterre, pour retenir la Belgique, provoquait une guerre nouvelle, elle pourrait aussi compromettre, dans une seule campagne, toutes les forces de sa monarchie, et consommer enfin la ruine de ce grand échafaudage politique et financier, qui ne repose que sur du papier, des marchandises et sur l’achat ou le loyer des soldats russes , prussiens et autrichiens: plus de crédit, plus d’armées. Et qu’il était prêt d’être anéanti ce crédit, sans les malheurs de l’année dernière ! ! !

Ou la Belgique sera réunie encore à la France, ou elle sera une province anglaise comme la Hollande. Mais quelles inquiétudes ne doit pas donner la politique artificieuse de l’Angleterre si notre beau pays reste en ses mains ? Vous pourrez peut-être , SIRE, lui pardonner sa domination exclusive et »» despotique sur les mers , elle est nécessaire à son indépendance politique, même à son existence comme nation ; mais l’Europe peut-elle souffrir ses envahissemens continuels sur le continent ? Les Anglais sont maîtres du cap de Bonne-Espérance, de l’île de France, du golfe Persique, de tous les points maritimes de l’Inde et d’une énorme étendue de territoire. IIs ont en leur possession Gibraltar, Messine, l’île de Malte, Corfou, etc. ; ils se sont approprié le commerce exclusif des deux mondes, et cependant leur ambition n’est pas satisfaite.

Il leur faut encore le royaume de Hanovre; et, sous le nom du prince d’Orange, il leur faut aussi le royaume des Pays-Bas.

Vous ne le souffrirez point, SIRE, nous ne le voulons pas, et la France entière marchera au secours de ses frères opprimés.

Si notre réunion à votre empire n’était pas maintenue , la Belgique serait constamment l’arêne où l’Angleterre, la Prusse et la Hollande viendraient disputer avec vos armées de leurs intérêts. Enveloppés dans cette lutte sanglante , il ne se tirerait pas un coup de canon en Europe que nous n’en soyons les victimes. Réunis à la Hollande, nous sommes perdus, ruinés à jamais; réunis à la France , comme elle nous sommes invincibles. invincibles.

Et qui pourrait nous ravir l’existence que notre volonté, le pacte social avec la mère-patrie et votre puissance nous avaient assurée? Certes le congrès de Vienne n’a pu rompre ces liens sacrés ; ces engagemens que vous, SIRE, et tous les Français, avez pris avec nous de défendre nos départemens et de nous protéger ; nous avons le même droit à ce secours , à cette protection , que l’Alsace , la Lorraine ou la Bretagne. Vous nous devez aide et assistance, comme nous vous l’avons donnée par notre or, par nos guerriers, et la France entière nous l’a jurée?

En quelle qualité Louis , le XVIIIéme du nom , ce roi anglais, a-t-il pu disposer de nous? Et de quel droit une chambre de députés sans pouvoirs, comme sans patriotisme, a-t-elle osé nous ôter le titre de citoyens français que nous avons acquis au prix de notre sang ? Nos assemblées, vraiment vraiment nationales ont reconnu , ont consacré notre réunion à votre empire. Et ces mêmes puissances qui veulent aujourd’hui trafiquer de notre patrie, comme elles le font de l’existence et de la liberté de tant d’autres peuples, l’ont reconnue par plusieurs traités solennels.

Votre majesté n’abandonnera pas sans retour des peuples qui, pendant des siècles; appelèrent la France leur mère-patrie, qui lui sont intimement réunis depuis vingt ans, qui vous ont reçu deux fois an milieu des acclamations de leur amour, et qui seront toujours glorieux de se dire les sujets fidèles fidèles du plus grand, du plus sage et du plus éclairé des monarques, d’un prince formé à l’école de l’expérience.

Dans cette nouvelle époque de votre règne, vous proclamez, SIRE, les éternels principes de la liberté des peuples, vous allez devenir leur appui contre l’oppression toujours croissante de ces souverains qui semblent ne s’être réunis que pour trafiquer des nations comme des troupeaux, qui se les vendent en détail et par têtes, tantôt pour de l’or ou en remboursement d’emprunts, tantôt en échange de territoire. L’Italie , la Belgique , la Saxe, la Pologne vous tendent les bras, vous demandent protection , écoutez leurs plaintes amères, écoutez leurs vœux ; et nous, SIRE, qui sommes Français depuis vingt ans, ne souffrez pas qu’on nous sépare de la grande famille à laquelle nous avons tout sacrifié, et dont vous préparez le bonheur.

Jadis nous faisions partie des assemblées du champ de mai; alors nous étions Français; votre voix vient de retentir dans nos cœurs, et le mois de mai verra encore les Belges, réunis à leurs frères, saluer leur Empereur, l’élever sur le pavois, et jouir enfin d’un bonheur constant sous son égide.

Nous sommes avec un profond respect,

SIRE,

DE VOTRE MAJESTÉ,

Bruxelles, le 27 mars 1815

Les très-humbles et fidèles sujets des départemens français composant l’ancienne Belgique (Ici suivrait un million de signatures si nos plaintes, si nos vœux n’étaient regardés comme des crimes par nos tyrans ombrageux. )

Napoléon et les légendes de Waterloo


Waterloo démythifié ! Yves Vander Cruysen…

Je précise que ces publications n’auraient pu être possibles sans l’autorisation de l’auteur que je remercie personnellement pour son affabilité et sa générosité ainsi que les Editions Jourdan.

Waterloo démythifié ! Yves Vander Cruysen

Waterloo-demythifie-Yves-Vander-CruysenRetrouvez les légendes dans le livre Waterloo Démythifié des éditions Jourdan! Il n’est pas une bataille, un événement historique qui n’ait suscité autant de rumeurs, d’analyses contradictoires, d’écrits savants ou anecdotiques, de légendes que le combat de Waterloo !Un travail inédit, préfacé par Thierry Lentz, directeur de la Fondation Napoléon.

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Napoléon et les légendes de Waterloo

95. Et si Napoléon avait gagné à Waterloo ?
94. Napoléon s’avoua-t-il vaincu ?
93. Wellington avait envisagé de perdre !
92. Waterloo, une victoire germanique ?
91. Buffalo Bill à l’assaut de la butte…
90. Un champ de bataille prisé des « people »
89. Waterloo, l’excursion favorite des têtes couronnées
88. Waterloo dans le vocabulaire
87. La « monumentologie » de Waterloo
86. L’omniprésence de Waterloo à travers le monde
85. Victor Hugo, héraut de Waterloo
84. Waterloo, inspiratrice des écrivains
83. Le phénomène des panoramas de Waterloo
82. Waterloo, le berceau du tourisme organisé
81. Le souvenir de Waterloo pour légitimer 1914
80. Une loi unique pour préserver le champ de bataille
79. Une rente qui n’existe plus…
78. Une principauté et une dotation pour Wellington
77. La dernière fille de l’Empereur, enterrée à Bruxelles ?
76. Des lions de Waterloo en Asie ?
75. Le Lion faillit être démoli
74. La patte sur un globe ou un boulet ?
73. Le Lion et les canons français
72. La butte, une sépulture ?
71.La butte du lion et les botteresses liégeoises : une légende !
70. Le tourisme de mémoire au secours de la butte
69. Le Lion, dit de Waterloo ne fut jamais inauguré !
68. La réelle blessure du Prince d’Orange
67. Les châtaigniers au moins tricentenaires d’Hougoumont
66. Qu’est devenu l’arbre de Wellington ?
65. L’incroyable destin de Basil Jackson
64. Le chirurgien Larrey, sauvé in extrémis du poteau d’exécution
63. Le général Duhesme, vraiment assassiné ?
62. Des médailles de Waterloo de tout acabit…
61. Les plus belles prises de guerre britanniques
60. Les ingénieux lits de l’Empereur
59. Où se trouve le chapeau de Napoléon?
58. Le magot de Genappe
57. Les pérégrinations des voitures de l’Empereur
56. Napoléon, à deux doigts d’être capturé?
55. Le corps perdu de von Schwerin
54. Un champion du monde de boxe, mort au combat
53. La mort de Gordon qui bouleversa tant Wellington
52. La fortune des Rotschield est-elle née à Waterloo?
51. La dépêche de Waterloo fut signée… à Bruxelles!
50. Deux drapeaux français seulement sont pris par l’ennemi!
49. Decoster, un guide couard?
48. Le destin des chevaux (qui n’étaient pas blancs) de Napoléon
47. L’énigme du squelette de Mont-Saint-Jean!
46. Le christ d’Hougoumont, immortalisé par Victor Hugo!
45. Une fillette au coeur des combats?
44. L’enfonceur et le petit tambour
43. Un château tremblant?
42. Le cheminement de la jambe de Lord Uxbridge
41. Cotton, Thénardier?
40. Les deux tombes du verger d’Hougoumont
39. Une naissance en pleine bataille?
38. Des femmes dans la bataille…
37. Les dents de Waterloo!
36. Les lendemains de la bataille
35. Les 300 morts du puits d’Hougoumont
34. Les réelles pertes de Waterloo
33. Picton et son haut de forme
32. Les mots de Cambronne
31. Joua-t-on au cricket, la veille de Waterloo ?
30. L’insomnie gantoise de Louis XVIII
29. L’imagination débordante de Chateaubriand
28. Le chemin creux :un gouffre légendaire?
27. La Morne Plaine de Victor Hugo. Pas si morne !
26. Les invités belges du bal de la duchesse de Richmond
25. Le bal non suspendu de la duchesse de Richmond
24. Le faux observatoire de Napoléon
23. Les fraises tant aimées de Grouchy
22. La trahison de Bourmont
21. La faute à Soult ou à Berthier ?
20. Un God save the king en l’honneur des Anglais ?
19. Où se sont réellement rencontrés Blücher et Wellington ?
18. La véritable histoire de la Belle-Alliance ?
17. Waterloo, Mont-Saint-Jean ou Belle-Alliance ?
16. Un chef d’état-major suisse pour les Hollando-belges
15. Napoléon a-t-il voulu négocier avec Blücher ?
14. Napoléon était-il malade à Waterloo ?
13. Où était le futur Léopold Ier ?
12. Les Belges dans les deux camps
11. Blücher, le maréchal Vorwärts !
10. Wellington, le Duc de Fer ?
9. La réelle heure des combats
8. Grognards les Français ? Pourquoi ?
7. Les forces réellement en présence à Waterloo !
6. La victoire du mari de Madame Sans Gêne
5. La bataille de Waterloo qui n’en fut pas une. Celle de Marlborough !
4. L’obstacle de la Sambre et la somnolence de l’Empereur
3. Contes et légendes sur la route vers Waterloo
2. Les Cent-Jours : un compte inexact !
1. Waterloo démythifié ! Yves Vander Cruysen…

 

L’étrange légion d’honneur de Marie-Jeanne Schellinck


Le grand ennemi de la vérité n’est pas très souvent le mensonge – délibéré, inventé et malhonnête – mais le mythe – persistant, persuasif et peu réaliste. Trop souvent nous nous tenons aux clichés de nos ancêtres. Nous soumettons tous les faits à un jeu préfabriqué d’interprétations. Nous aimons le confort d’opinion sans le malaise de la pensée…”  discours de Kennedy à Yale le 11 juin 1962

MC2Le lundi 10 septembre 1894 parait dans le petit journal ce tableau de Lionel Royer accompagné du texte ci-dessous :

La femme dont nous ajoutons le portrait à celui de nos héroïnes était Belge en réalité, puisqu’elle naquit près de Gand ; mais en somme, elle était “un soldat français”. Enrôlée dans notre armée, à Jemmapes, où elle est sergent, elle reçoit dix coups de sabre. A Iéna, sa conduite est si héroïque que Napoléon la nomme sous-lieutenant et lui donna la croix d’honneur en lui disant : “Madame, je vous fais 700 francs de pension et vous nomme chevalier de la Légion d’honneur ; recevez de ma main l’étoile des braves que vous avez si noblement conquise” ; puis il ajoute, s’adressant aux officiers qui l’entourent : “Messieurs, inclinez-vous respectueusement devant cette femme courageuse ; c’est une des gloires de l’Empire.” Marie Schellinck porta longtemps le ruban rouge puisqu’elle mourut octogénaire…

La légende était née et de nombreux historiens vont démontrer l’impossibilité de ce geste louable de l’Empereur… mais qui est colporté par des journaux d’époque et par la Société Belge Philanthropique des Anciens frères d’Armes de l’Empire Français à Gand 1841-1873, à tort.

marie-jeanne schellinck

Dans l’avis Nécrologique qui suit, daté du 09/09/1840, elle ne reçoit que six blessures à Jemmapes “au lieu des prétendues 10” et cet article donne une information importante sur un manuscrit allemand-hollandais et sur un lieu qui commencerait par véné… où elle aurait présenté une pétition à l’Empereur qui lui aurait accordé le grade de deuxième lieutenant, la légion d’honneur et en 1807, une pension de 675 francs. Donc, elle aurait reçu cette légion….vraisemblablement en Italie.

PRP-18400909-001 PRP-18400909-002Dans le Journal de l’Escaut du 27 novembre 1812, nous trouvons une confirmation de cette hypothèse :

Journal de l'escaut 27-11-1812 journal de l'escaut.bmpPensionnée en 1807, elle reçut à Venise le brevet et sa pension (Venedig en Allemand, Venetïe en Hollandais)… Le Journal ne parle pas de la légion d’honneur….

La légende a été reprise par la société Belge Philanthropique des Anciens frères d’Armes de l’Empire Français à Gand 1841-1873 et sera reprise dans de nombreux ouvrages avec des variantes. Marie-Jeanne Schellinck est décédée en 1840 et la société a été créée en 1841 donc ils ne possédaient vraisemblablement pas les informations susmentionnées et ont inventé une date fictive de 1808 sur lesquels les historiens trompés vont mettre en doute la véracité de cet “épisode” sous le juste prétexte que l’Empereur ne se trouvait pas à Gand en 1808 ; par contre, il se trouvait bien à Venise en 1807 ;  mais il n’empêche que le doute subsiste et que seuls les descendants de Guillaume Schellinck, marchand de draps et tailleur possèdent le brevet de lieutenant, la décoration de la Légion-d’Honneur et la robe de velours de Marie-Jeanne Schellinck…. Jacques JANSSENS

M1 M2Pour aller plus loin :

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Dos d’un cahier d’écolier

Les Départements belges de 1795 à 1814


FrançaisCet article a été publié avec l’accord de Bernard Coppens dont je vous invite à visiter son blog! http://www.1789-1815.com/

Je dois également remercier le blog  http://www.nithart.com/empire.htm

empirefr.jpg (575581 octets)

Carte des 130 départements

(suite…)

Les belges face à l’Empereur au secours des français-Les belges ont combattu des deux côtés


Excellent article de la défense sur la fin d’une époque de la conscription http://rha.revues.org/7449

http://archives.lesoir.be/les-belges-face-a-l-empereur-les-belges-au-secours-des-_t-19900615-Z02THM.html

MEUWISSEN,ERIC; GROULART,CLAUDE DE – Page 11 – LES BELGES FACE À L’EMPEREUR

Nos compatriotes étaient-ils pour ou contre Napoléon? Les historiens répondent.

UN DOSSIER d’Eric Meuwissen et de Claude de Groulart

Le succès éphémère de mes ennemis vous a détachés un moment de mon empire. Dans mon exil, sur un rocher, au milieu des mers, j’ai entendu vos plaintes. Le dieu des batailles a décidé du destin de vos belles provinces. Napoléon est parmi vous. Vous êtes dignes d’être français… Voilà la proclamation que l’Empereur comptait adresser aux Belges au soir de sa victoire de Waterloo. Car il ne doutait pas que sa première victoire les ramènerait tous à lui. Mais se trompait-il vraiment? Et quelle fut en définitive l’attitude de nos compatriotes à l’égard de l’«Ogre corse»?

Ici, bien entendu, les avis divergent selon les écoles historiques.

«Aucune émotion ne se manifesta quand l’armée française franchit la frontière. A Waterloo, les soldats belges firent leur devoir. Ils combattirent aussi bravement sous les ordres de Wellington qu’ils l’avaient fait sous ceux de Napoléon. Mais on ne peut s’étonner que la victoire n’ait pas causé dans le pays le moindre enthousiasme». Voilà ce qu’écrivait le célèbre historien Henri Pirenne. Louis Navez, auteur d’un «Les Belges à Waterloo» (Bruxelles 1908) abonde dans le même sens. «Ils restèrent indifférents à la cause de Napoléon, comme à celle des alliés». Et W. Scott dans sa «Vie de Napoléon» écrit: «Quoique alors unis de cœur et d’affection à la France… ils se montrèrent fidèles à leurs nouveaux serments et firent taire d’anciens et honorables sentiments de fraternité.»

«Ils combattirent», explique Jules Delhaize, auteur d’une «Histoire de la domination française en Belgique» la tristesse dans l’âme. Mais ils firent leur devoir de soldat. Les Belges se battaient pour des étrangers qu’ils sentaient leurs propres ennemis. Ils se battaient contre des frères et des amis».

Pour le général Couvreur, les Belges de l’armée anglo-batave n’avaient vraiment aucune raison de se battre avec enthousiasme contre des Belges, d’anciens compagnons d’armes, pour le compte des Anglais qui, après avoir promis l’indépendance, venaient de faire passer la Belgique sous la domination détestée de la maison d’Orange-Nassau». Aussi, considérait-on, à en croire le général Couvreur, «les bataillons belges de l’armée anglo-batave comme si peu sûrs qu’on les avait dispersés et noyés parmi les unités hollandaises et nassauviennes». Ceci dit, dans les provinces wallonnes régnait un fort sentiment francophile. Si l’on en croit Robert Margerit qui reprend dans son livre «Trente journées qui ont fait la France» (Gallimard) les témoignages d’époque, on prend conscience de l’enthousiasme que suscita le passage de Napoléon chez nous. Ainsi à Charleroi écrit-il: «Ce sont les mêmes sentiments qu’en Bourgogne. Tous les habitants faisaient la haie à l’Empereur d’un bout à l’autre de la principale rue de Charleroi».

Il faut dire, explique Margerit, «que nos populations détestaient les Prussiens dont les exactions leur laissaient le plus mauvais des souvenirs. Un sentiment certes non pas unanime mais très répandu parmi les populations du Brabant wallon notamment».

Ainsi, au soir du 18 juin, les débris de l’armée française furent accueillis par les habitants de Wallonie. Et en particulier ceux de Charleroi et de Namur. Ils furent ainsi soustraits par leurs soins aux recherches des troupes prussiennes et purent progressivement regagner la France. A cet égard, les témoignages abondent sur la chaleur de l’accueil que les populations wallonnes réservèrent aux soldats français en retraite.

Les Belges au secours des Français

A l’aube du 19 juin, le champ de bataille de Mont-Saint-Jean offre une véritable vision d’apocalypse: 45.000 tués et blessés jonchent une surface d’environ 550 ha. Quels furent dès lors les sentiments des Belges à l’égard des blessés? Une occasion pour les historiens de saisir le degré de sympathie qu’éveillait au sein des populations locales les différentes armées en présence.

Déjà après la bataille de Ligny, (la dernière victoire de Napoléon), les blessés français vont bénéficier de la générosité des populations locales. Et le général médecin Evrard note dans sa remarquable étude: «Celle-ci est très favorablement disposée à l’égard des blessés français. Elle les nourrit et les soigne…» (1). On peut déjà y voir plus qu’un signe du «capital de sympathie» qu’avaient accumulé les Français chez nous.

Au lendemain de la bataille de Waterloo, le général médecin note encore: «La population des villages autour du champ de bataille s’apitoie sur le sort des blessés français».

Quant aux blessés de l’armée de Grouchy, ils sont chaleureusement reçus par la population namuroise qui les soigne et les ravitaille. Et Delhaize d’abonder dans le même sens: «Les Belges, la douleur dans l’âme, voyaient tristement défiler les troupes françaises en retraite. Ils furent pour les blessés qui revenaient de Waterloo d’un dévouement admirable».

Ainsi au soir du 18 juin, les débris de l’armée française, accueillis par les habitants de Wallonie, en particulier de Charleroi et de Namur, et soustraits par leurs soins aux recherches prussiennes, purent progressivement regagner la France.

On peut lire dans le livre de Robert Margerit (Waterloo): «J’ai vu des femmes de Namur prendre les blessés français des mains des soldats valides qui les transportaient, et engager ces derniers à retourner au combat». Un autre note: «Il nous eût été impossible de sauver nos blessés sans l’aide et la sympathie des habitants de Namur».

Laissons le mot de la fin au médecin colonel J. Hassenforder, historien du service de santé militaire français qui écrit: «Les blessés français furent heureusement recueillis et soignés admirablement par les Belges dans les hôpitaux de Bruxelles et de Louvain». Voilà qui en dit long sur le sentiment de nos populations face à l’envahisseur français.

Est-ce pour cela que les Néerlandais et les Belges flamands semblent à peine s’intéresser à la bataille de Waterloo? Et est-ce pour cela aussi, remarque le professeur De Vos, qu’il n’existe en néerlandais aucun ouvrage digne de ce nom au sujet de la bataille? C’est bien là plus qu’un signe. Tout un symbole.

(1) Edgard Evrard: Les pertes humaines. In «Waterloo 1815. L’Europe face à Napoléon». Edition du Crédit Communal.

Les Belges ont combattu des deux côtés

Si à Waterloo, «d’un côté c’est l’Europe et de l’autre c’est la France», les Belges eux, étaient des deux côtés. Voilà bien ce qu’un général a qualifié de «drame belge». L’illustration même de la contradiction et de l’antagonisme immémorial qui a opposé si souvent nos deux peuples. Mais est-ce à dire que les Wallons étaient d’un bloc derrière les Français et les Flamands derrière les Anglo-Néerlandais? Malheureusement, c’eût été trop simple. Ceci dit, en schématisant quelque peu, des tendances très nettes apparaissent. Le 18 juin 1815, les officiers de Bruxelles et de Flandre sont plutôt du côté de la Légion belge au service des coalisés tandis que plus des deux tiers des officiers wallons étaient restés fidèles à l’Empereur.

Voila ce qui ressort en tout cas du livre du général H. Couvreur, «Le Drame belge de Waterloo» (1). Un livre dans lequel l’auteur a essayé de découvrir et d’analyser ce que les soldats belges écartelés territorialement et moralement avaient ressenti à l’heure tragique de la bataille de Waterloo. Il en ressort que les officiers belges étaient plus nombreux dans l’armée française que dans celle de Guillaume de Hollande. Mais qu’en était-il des sous-officiers et des soldats?

A cet égard, il semble explique le Lt-colonel Hre André Bikar, ancien chef de la section historique des forces armées belges (2), que d’après la tradition orale, en Wallonie surtout, nos ancêtres étaient nombreux dans les troupes de Napoléon à Waterloo. Malheureusement, il n’existe aucun ouvrage de nature à donner une idée de l’importance numérique des Belges ayant combattu, en 1815, pour Napoléon et la France. Quand à la zone de recrutement de la «Légion Belge», elle est principalement flamande. Alors que dans la partie wallonne, le recrutement ne donne pratiquement rien.

Pas d’unité belge à Waterloo

Nombreux sont les auteurs qui ont évoqué les unités «belges» ayant combattu dans les rangs des coalisés, c’est-à-dire en fait dans l’armée néerlandaise. Et ces auteurs estiment les effectifs de ces unités à près de 4.000 hommes.

Or pour Bikar: la vérité historique est un peu différente. Tout d’abord, il n’y avait pas d’unité «belge» à Waterloo. Les Belges combattant pour les alliés de l’époque faisaient partie de l’armée néerlandaise. Ils étaient commandés en néerlandais et portaient la cocarde orange. Ensuite, il faut noter que ces Belges ne constituaient nullement la totalité des effectifs des régiments ou bataillons en question, mais seulement une majorité… qui n’est d’ailleurs pas prouvée.

On ne peut donc, en aucun cas, prétendre que les Belges combattant dans les rangs néerlandais à Waterloo étaient environ 4.000: ils étaient beaucoup moins nombreux que cela. Combien étaient-ils? Seule une étude des registres-matricules de 1815 de l’armée néerlandaise – s’ils existent encore – pourrait permettre de répondre à cette question.

BEAUCOUP DE BELGES

DANS L’ARMÉE FRANÇAISE

Jusqu’à la première abdication de l’Empereur, en 1814, les Belges étaient fort nombreux dans la Grande Armée. Mais, dès le retour de Louis XVIII, tout fut mis en œuvre tant en France qu’aux Pays-Bas pour qu’ils changent de camp. Par ailleurs, dans les Pays-Bas, Prussiens puis Hollandais faisaient des efforts désespérés pour lever une «Légion belge» à leur service.

Compte tenu de tout cela, en 1815 il n’y eût plus dû se trouver, depuis longtemps, un seul soldat belge au service de la France.

Il en fut tout autrement… Beaucoup de Belges parvinrent à rester dans l’armée française. Certains accompagnèrent Napoléon à l’île d’Elbe. D’autres enfin, à la nouvelle du retour de l’Empereur, bravent toutes les difficultés – et courent se ranger sous le drapeau tricolore.

Napoléon crée pour eux le 5e régiment étranger, à Amiens. Il n’eut aucun succès. En effet, les Belges qui reviennent ne veulent pas être incorporés dans ce qu’ils appellent un régiment de déserteurs. Ce sont «leurs» anciens régiments qu’ils veulent rejoindre; et satisfaction leur est d’ailleurs accordée. Or, leurs anciens régiments… c’étaient tous les régiments de l’armée française.

Il semble qu’on puisse estimer à plus de 300, à l’époque de Waterloo, les officiers français natifs des provinces belges. Si on prend pour base la liste du général Couvreur, il devait y avoir parmi eux 21 % de Flamands, 10 % de Bruxellois et 69 % de Wallons.

Pour avoir une idée du nombre de Belges appartenant à la troupe, se trouvant dans les rangs français à Waterloo, il faut consulter, au château de Vincennes, où se trouvent les archives historiques de l’armée française, les documents administratifs de tous les régiments. Tâche énorme, qui semble n’avoir tenté personne jusqu’à présent.

Toujours est-il que selon les savantes extrapolations du Lt-colonel Bikar, qui a examiné 40 des 108 régiments d’infantrie de ligne, ils devaient être un gros millier, peut-être même dans les 1500. Il y aurait eu en tout 5 à 6000 Belges dans les troupes de Napoléon durant les Cent-Jours. Un chiffre à prendre bien entendu, explique Bikar, avec une grande circonspection. Mais quoi qu’il en soit: une chose est certaine, il y avait des Belges dans chacun des 39 régiments dont il consulté les matricules. Et tous ces Belges qui combattaient pour Napoléon le faisaient de leur plein gré.

1) Edit. Brepols. Bruxelles 1959

2) Les Belges à Waterloo. Revue internationale d’histoire militaire. 1965: N°24

La postérité wallonne

Le «drame belge de Waterloo» aura été, on l’a vu dans les chiffres, avant tout un drame wallon. Il vivra comme tel dans la mémoire des générations. Choqués de ne voir tout d’abord sur le site que des monuments et des témoignages commémoratifs à la gloire des Alliés, ce sont des Wallons qui érigeront le monument à l’Aigle blessé.

En 1936, lorsque la Belgique aura dénoncé le Pacte militaire franco-belge de 1922, l’abbé Mahieu réunira au pied de ce monument jusqu’à vingt mille personnes dans une sorte de contrepied au pèlerinage à la Tour de l’Yser où retentit le slogan «Los van Frankrijk» (rupture avec la France) mêlant pangermanisme francophobe et pacifisme. Dans des harangues enflammées, l’abbé dénoncera la politique de neutralité imaginée dans le dessein, combien illusoire, de se concilier la bienveillance de Hitler…

En 1940, l’histoire va se télescoper elle-même. C’est en effet le 18 juin que de Gaulle lance son fameux appel dont le hasard du calendrier renforcera encore la résonance. Les tout premiers à l’entendre – et à le suivre – seront quelques hommes de chez nous qui fonderont le tout premier mouvement de résistance qui s’appellera «Wallonie Libre».

En 1944, ces dirigeants enverront l’un des leurs, François Simon, à Alger pour plaider auprès du général le rattachement de la Wallonie à la France. De Gaulle, peu désireux de voir surgir là un motif supplémentaire de friction avec ses alliés anglo-saxons, éconduira le visiteur.

Mais en octobre 1945, c’est l’organisation tout entière, reconvertie en Mouvement au terme des hostilités, qui revient à la charge. Réunis en congrès, les adhérents de Wallonie Libre voteront leur fameuse motion de rattachement à la France avant, sur les conseils de leurs dirigeants, J-J. Merlot notamment, de se rabattre sur un texte plus réaliste qui réclame – déjà! – le fédéralisme. On sait la suite…

Les hussards de Croy

A la nouvelle du retour de Napoléon, les Zuid-Nederlanders, dont beaucoup sont des anciens de son armée, se posent des questions. Faut-il ou non déserter pour réjoindre les anciens régiments? A cet égard, l’histoire du régiment de hussards de Croy, devenu «Huzaren Nr 8» de la Koninglijk Nederlandsch Leger est édifiante.

Que n’a-t-on écrit sur ce fameux régiment, s’exclame le Lt-Colonel A. Bikar. Un régiment qui, selon certains, aurait perdu à Waterloo 132 tués sur un total de 439. D’où, bien longtemps après 1815, les velléités de certains historiens militaires de récupérer cette gloire au profit d’un régiment belge qui en tirerait ses traditions.

André Bikar a rétabli la vérité en dépouillant les archives de La Haye. Selon lui, du premier janvier au 17 juin 1815, il y eut 216 déserteurs. Quant aux tués, il y en eut quatre plus un officier. En ce qui concerne les blessés, le registre mentionne seulement dix blessés. L’absence de coups de sabre prouve que le régiment ne participa à aucune charge ou mêlée avec la cavalerie française.

La conduite de ce régiment néerlandais à Waterloo fut donc des plus quelconque. D’ailleurs, l’armée belge, née de la révolution de 1830, créa pour sa cavalerie légère des régiments de chasseurs à cheval, et se garda bien de former des hussards qui auraient par trop rappelé l’armée néerlandaise.

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Pour en savoir plus

On a beaucoup écrit sur la campagne de 1815. Voici les derniers ouvrages parus sur le sujet:

Professeur Luc De Vos: «Les 4 jours de Waterloo 15-16-17 et 18 juin 1815». Hatier 1990. Collection grands formats.

Jacques Logie: «Waterloo: l’évitable défaite». Document Duculot, 1984.

– «Waterloo 1815. L’Europe face à Napoléon» (ouvrage collectif). Edit. du Crédit Communal. Bruxelles 1990.

Qu’il nous soit ici permis de remercier Jacques Logie et le Crédit Communal pour leur aide précieuse.

Les Belges sont restés plus napoléoniens que les Français


22/04/15 à 00:00 – Mise à jour à 23/04/15 à 11:49

Source : Le Vif/l’express : http://www.levif.be/actualite/international/les-belges-sont-restes-plus-napoleoniens-que-les-francais/article-normal-390687.html

L’intégralité de l’entretien dans le hors-série du Vif/L’Express “Napoléon, le héros absolu” : 200 pages sur sa légende, son destin, son empreinte sur la Belgique, rédigées par une quinzaine d’historiens et d’experts napoléoniens français et belges.

Il y a 200 ans, nos régions prenaient brutalement et définitivement congé de Napoléon balayé à Waterloo. Mais la page est loin d’être tournée. Hervé Hasquin, historien à l’ULB et secrétaire perpétuel de l’Académie royale de Belgique, revient sur un héritage qui a façonné la Belgique d’aujourd’hui.

Les Belges sont restés plus napoléoniens que les Français

© DR

Le Vif/L’Express : Lorsque Bonaparte prend le pouvoir en novembre 1799, la France a fait sa Révolution depuis dix ans. Le général s’avance-t-il en Belgique comme en terrain déjà conquis ?

Hervé Hasquin : La victoire française de Fleurus, le 26 juin 1794, en mettant définitivement fin au régime autrichien, ancre nos régions au sein de la jeune République. Mais nous ne devenons officiellement citoyens français que le 1er octobre 1795, date de l’annexion des territoires belges à la France et de l’application de sa législation. Le régime napoléonien n’est qu’un chapitre de la domination française.

La Révolution française signifie-t-elle une vraie révolution pour nos régions?

 Oui. La France révolutionnaire fait table rase des anciennes frontières et réalise l’amalgame entre les anciens Pays-Bas autrichiens, les principautés de Liège et de Stavelot-Malmédy, le duché de Bouillon, d’autres entités disparates de l’Ancien régime. Les territoires conquis sont divisés en neuf départements nommés “belgiques” ou “réunis”, qui sont les ancêtres de nos actuelles provinces. C’est la Révolution française qui crée la future Belgique, en lui donnant sa structure administrative.

Et en lui imposant bien d’autres bouleversements ?

Cette période enregistre de nombreuses avancées peu banales : les lois françaises de 1792 créent le mariage civil, instaurent le divorce, fondent l’état civil. Autre acquis révolutionnaire, cette invention géniale qu’est le système métrique décimal, qui met fin au chaos qui régnait dans les poids et mesures. Imagine-t-on la révolution conceptuelle fabuleuse qu’une telle réforme a dû représenter ? C’est comme si on décidait aujourd’hui de supprimer les kilos et les grammes et de passer subitement aux mesures anglaises : les livres, les miles, etc.

Si Napoléon n’est pour rien dans ces bouleversements, où se situent son apport et son empreinte ?

D’abord dans l’ordre et la stabilité politique qu’il apporte, favorables au développement économique. La période française est florissante pour nos régions industrielles à partir de la fin des années 1790. L’annexion à la France, puis l’extension de l’Empire napoléonien, ouvrent d’énormes débouchés à la sidérurgie, à l’industrie charbonnière, à la verrerie. Le seul marché français absorbe des quantités gigantesques de production de notre industrie lourde. Mais la grande oeuvre de Napoléon, c’est le Code civil de 1804 et ses nouveaux acquis comme les droits reconnus à la femme. Napoléon poursuit la réforme de la Justice amorcée sous le régime révolutionnaire. On lui doit toute l’organisation des tribunaux: justice de paix, première instance, degré d’appel, Cour de cassation. Notre pouvoir judiciaire est essentiellement une création napoléonienne.

L’héritage français, en particulier napoléonien, a-t-il laissé des traces durables ?

De toutes les régions conquises totalement ou partiellement par la République française en Europe, la Belgique est certainement celle où l’empreinte de la France révolutionnaire puis napoléonienne a signifié à ce point la fin de l’Ancien Régime et l’entrée dans le monde contemporain. La Belgique est le seul pays qui ait véritablement conservé l’héritage administratif et judiciaire français. Elle est même restée, au cours de son histoire, plus marquée par l’héritage de la Révolution française que la France elle-même. Plusieurs de ses lois sont restées en vigueur sous le régime hollandais puis au sein de la Belgique indépendante, alors qu’elles disparaissaient en France, victimes des soubresauts politiques aux XIXe et XXe siècles. C’est le cas du divorce : un temps interdit en France, le mariage civil et le droit au divorce feront à jamais partie de la législation belge. La prise en charge par l’Etat du traitement des membres du clergé constitue toujours une caractéristique du système belge, alors qu’en France il ne subsiste plus qu’en Alsace-Lorraine. On doit aussi à la France la tolérance religieuse, avec la reconnaissance des grandes religions, le protestantisme et le judaïsme à côté du catholicisme. Elle n’a jamais disparu dans notre législation, à la différence de ce qui se passera dans d’autres pays jadis conquis par les Français. Enfin, la défense de la “patrie”, qui devient l’affaire des citoyens, se traduit par l’instauration de la conscription ou du service militaire obligatoire : le concept sera repris par l’Etat belge. A maints égards, nous sommes restés beaucoup plus napoléoniens que les Français !

L’intégralité de l’entretien dans le hors-série du Vif/L’Express “Napoléon, le héros absolu” : 200 pages sur sa légende, son destin, son empreinte sur la Belgique, rédigées par une quinzaine d’historiens et d’experts napoléoniens français et belges.

Un comité napoléoniste à Verviers en 1834


L’article qui suit m’a été envoyé par Elisabeth Brose, fille de Jean Brose, écrivain Liégeois qui obtint la médaille d’or de l’académie française et qui écrivit de nombreux livres et articles contribuant notamment à la légende Napoléonienne (voir bibliographie sommaire en fin d’article). Mes hommages vont à cet homme et à ce récit qui non seulement perpétue sa mémoire, mais qui permet également au lecteur de découvrir un épisode méconnu de l’histoire belge. Mes remerciements les plus respectueux à Elisabeth…

DSC05394La revue qui contient l’article ainsi que d’autres ouvrages peuvent être commandés en prêt à votre bibliothèque sur le lien suivant :

http://www.samarcande-bibliotheques.be/resultat.php?q=idbib%3A%22303%22%20AND%20auteurs_tous:%22Brose,%20Jean%22&sort_define=auteur_as,titre_as,typedoc,anpub&sort_order=0&rows=100

  • L’influence de la révolution polonaise de 1830 sur la jeunesse liégeoise
  • Les Liégeois et la guerre franco-allemande de 1870
  • Les Rosières et les mariages dotés par Napoléon dans le département de l’Ourthe
  • Un comité napoléoniste à Verviers en 1834

Le Comité Napoléoniste de 1834 est plutôt “révolutionnaire”, et ne peut être comparé au Mouvement Bonapartiste de Belgique actuel qui respecte la Monarchie Constitutionnelle et le Bonapartisme!  L’un se référant à l’identité Nationale et au respect des Lois belges; l’autre à l’idéologie et au respect des valeurs du Mouvement Bonapartiste, de ses traditions s’y afférentes. http://napoleonbonaparte.be/mouvement-bonapartiste/

DSC05389 DSC05390 DSC05391 DSC05393 Bibliographie de Jean BROSE : http://www.pallas.be/pls/opac/opac.search?lan=E&seop=3&sele=102&sepa=1&doty=___&sest=brose&chna=jean&senu=1&rqdb=36&dbnu=36

Talleyrand et Napoléon


talleyrand2           Talleyrand, un acteur de l’Histoire, mais aussi un personnage de l’Histoire! Pour ces détracteurs, Talleyrand est évidemment coupable de “trahison” vis-à-vis de Napoléon, un crime de “lèse-majesté” impardonnable à leurs yeux. Pour ses apologistes, il est simplement resté fidèle aux intérêts supérieurs de son pays (Le Prince immobile – Emmanuel de Waresquiel – éd. Texto – p441). Un personnage tout en esprit dont il est difficile de cerner ses qualités tant il montre ostensiblement ses défauts. Il n’en reste pas moins redoutable d’intelligence et de bons mots qui en font un maître de la diplomatie ;  un excellent négociateur. Derrière ce personnage tant controversé et condamné se cache un être supérieur d’une autre époque qui ne pouvait rester indifférent aux enjeux de son époque dans laquelle il gravera son nom.

               Dans ses mémoires, il écrira : “J’aimais Napoléon, je m’étais attaché même à sa personne, malgré ses défauts ; à son début, je m’étais senti entraîné vers lui par cet attrait irrésistible qu’un grand génie porte en lui ; ses bienfaits avaient provoqué en moi une reconnaissance sincère. Pourquoi craindrais-je de le dire? J’avais joui de sa gloire et des reflets qui en rejaillissaient sur ceux qui l’aidaient dans sa noble tâche”.

Jacques JANSSENS

Talleyrand et Napoléon   (Claude Jambart, le 24 septembre 2016)

Après d’intenses correspondances, Talleyrand et Bonaparte se rencontrèrent pour la première fois le 6 décembre 1797 à Paris, au retour d’Italie de ce dernier. Talleyrand présente Bonaparte au Directoire. L’Egypte est évoquée. Instantanément Talleyrand est séduit («Vingt batailles gagnées vont si bien à la jeunesse, à un beau regard, à de la pâleur, et à une sorte d’épuisement. », Mémoires). Bonaparte a 28 ans, Talleyrand 44, un âge respectable pour  l’époque.

Charles-Maurice Talleyrand de Périgord, ministre des Relations extérieures du Directoire, a derrière lui une longue carrière ecclésiastique et politique.

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Portrait of Talleyrand by François Gérard, 1808.

Né en 1754 d’une grande famille, il est conduit, sans vocation (« Voilà ma vocation à moi ! » aurait-il dit en frappant son pied de sa canne») vers le clergé. Des pieds estropiés (syndrome dit de Marfan) lui interdisent en effet la carrière militaire. Il est ordonné prêtre en décembre 1779. Pendant 5 ans, de mai 1780 à septembre 1785, il est agent général du clergé, avec l’appui de son oncle Alexandre-Angélique, évêque  de Reims, et cela malgré son jeune âge. Ce poste fort important consiste à gérer les biens du clergé et à défendre ses intérêts. Il conseille Calonne sur les finances et pendant l’Assemblée des notables, dont l’échec sonne le glas de la royauté. Il est consacré évêque d’Autun en novembre 1788.

Elu aux Etats généraux autoproclamés Assemblée Nationale Constituante ensuite, il s’engage résolument dans la Révolution : participation à la rédaction des Droits de l’homme et du citoyen, proposition de nationalisation des biens du clergé, interventions sur les finances, très important rapport sur l’Instruction publique … Son idéal : une monarchie parlementaire … qu’il installera en 1814 !

Il quitte Paris pendant les massacres de septembre 1792, pour Londres puis, chassé d’Angleterre, les Etats-Unis. Il ne rentrera en France qu’en septembre 1796. A Londres, il rédige un rapport : « Mémoire sur les rapports actuels de la France avec les autres états de l’Europe ». Il y développe des idées auxquelles il sera fidèle toute sa vie («La véritable primatie est d’être maître chez soi, et de n’avoir pas la ridicule prétention de l’être chez les autres ….») et qui peuvent expliquer ses difficultés ultérieures avec Napoléon.

De retour en France, il devient ministre des Relations extérieures avec l’appui de Mme de Staël et surtout de Barras, homme fort du Directoire. Le Directoire étant à bout de souffle, Sieyès cherche « une épée » pour y mettre fin. Ce sera Bonaparte.

On ne reviendra pas ici sur la carrière de Bonaparte, bien connue, pendant ces mêmes années.

En octobre 1799, Talleyrand appuie le coup d’Etat du 18 brumaire an VIII qui instaure le Consulat. Bonaparte est porté au pouvoir. Talleyrand, après une courte interruption, est confirmé dans son ministère.

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Napoléon présente le code civil à ses ministres.Le code civil des français appelé “Code Napoléon” a été rédigé sous l’impulsion du premier Consul Bonaparte et promulgué le 21 mars 1804 – Les étains du Prince

Il y restera 7 ans. Suit alors une période de véritable « lune de miel » entre Bonaparte/Napoléon et Talleyrand  («J’aimais Napoléon …  Je m’étais entrainé vers lui par cet attrait irrésistible qu’un grand génie porte en lui. », Mémoires). Talleyrand apporte à Bonaparte sa connaissance du personnel  politique et des arcanes du pouvoir. Talleyrand obtient de le voir quotidiennement et en particulier. Il joue un rôle de mentor (« Il est consulté sur tout. », Mme de Rémusat). L’entente est parfaite. (« Talleyrand est presque pendant 8 ans … le second rôle du régime. », François Furet)

Dès 1803 Bonaparte aide Talleyrand à acheter le château de Valençay et son vaste domaine (12 000 hectares !) pour y recevoir des invités de prestige. Napoléon y logera la famille royale d’Espagne pendant 7 ans.

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Charles Maurice de Talleyrand-Périgord, homme politique français. Dessin de J. Bailly.Ph. Coll. Archives Larousse

Cette entente entre Talleyrand et Bonaparte/Napoléon se maintient pendant plusieurs années. Talleyrand soutient l’enlèvement du duc d’Enghien (1804), milite pour le passage à l’Empire (décembre 1804) et devient grand chambellan. Talleyrand parcourt l’Europe avec Napoléon dans sa campagne contre la 3ème coalition (1805). Il visite le champ de bataille d’Austerlitz et veut la paix : « Nous avons fait assez de grande choses, de miraculeuses choses, il faut finir par s’arranger. ».  Il contribue à la création de la Confédération du Rhin, et conclut le traité de Presbourg sous le contrôle étroit de l’Empereur. Les « douceurs diplomatiques » qu’il se fait octroyer à ces occasions l’enrichissent considérablement. La 4ème coalition (1806-1807) le verra à Coblence, Mayence, Berlin, Varsovie, Dantzig, Tilsit.  Il est gouverneur civil de la Pologne en 1807. Napoléon l’écartera de la négociation de Tilsitt.

Dès le temps de ces victoires, Talleyrand s’oppose à la « diplomatie de l’épée ». Il appelle à la paix et à éviter les excès des conquêtes, en particulier pour l’Autriche qu’il voudrait épargner. Napoléon l’écoute, mais sans tenir compte de ses conseils. Les divergences de Talleyrand avec Napoléon s’exacerbent donc, en particulier à propos de sa politique familiale (frères portés sur des trônes) et de sa politique d’extension territoriale. En août 1807, Talleyrand démissionne, en conséquence, de son ministère (« Je ne veux pas être le boucher de l’Europe. », expression rapportée par Sainte-Beuve). Napoléon le nomme aussitôt vice-Grand Electeur de l’Empire.

Avec les guerres d’Espagne (1808-1814) et de Russie (1812-1813), l’Empire entreprend des guerres hégémoniques.

Toujours dans l’entourage de l’Empereur, Napoléon emmènera Talleyrand à Erfurt, en septembre 1808, pour de délicates négociations avec le Tsar. Napoléon veut obtenir du Tsar qu’il « contrôle » l’Autriche pour éviter qu’elle n’entre en guerre pendant qu’il est  en Espagne. Talleyrand vise, lui, à affaiblir l’Empire pour « sauver l’Europe » et l’Autriche, et  éviter un désastre final qu’il pressent. « Le Rhin, les Pyrénées sont les conquêtes de la France ; le reste est la conquête de l’Empereur, la France n’y tient pas. », déclara-t-il au Tsar. Talleyrand conseillera donc l’un la nuit, l’autre le jour, et rédigera un traité qui déplaira à Napoléon. Erfurt est le premier clivage concret entre Talleyrand et Napoléon, qualifié de « trahison d’Erfurt » par certains historiens.

Le 29 janvier 1809 a lieu la fameuse scène (« De la m… dans un bas de soie.») : Napoléon reproche  à Fouché et Talleyrand de comploter contre lui pendant qu’il guerroie en Espagne. Talleyrand ne pardonnera pas cette scène à Napoléon. Il se rapprochera encore davantage de l’Autriche.

Les relations avec Napoléon sont ensuite chaotiques, mais jamais rompues. Napoléon est en effet toujours impressionné par Talleyrand (« Il est pour Napoléon insupportable, indispensable et irremplaçable », J. Orieux).

Talleyrand incite Napoléon à négocier pendant la retraite de Russie (« Vous avez maintenant en mains des gages que vous pouvez abandonner, demain vous pouvez les avoir perdus, et alors la possibilité de négocier avantageusement sera perdue aussi. »), mais celui-ci s’y refuse.

 Le 6 avril 1814 Napoléon abdique. Talleyrand, après son « 18 Brumaire à l’envers », installe les Bourbons sur le trône au motif qu’eux seuls pourront défendre les intérêts de la France défaite. Dans le même temps Napoléon reconnait tardivement les mérites de Talleyrand : « Mes affaires ont été bien tant que Talleyrand les a faites. ».

Talleyrand conclut la paix de Paris, modérée pour la France, et représente Louis XVIII au congrès de Vienne où il fait des merveilles pour éviter le pire à son pays (« Le meilleur diplomate de tous les temps … », Goethe). La Prusse réclamait déjà l’Alsace-Lorraine ! Talleyrand est toujours à Vienne pendant les « Cents jours ». Il fait signer par les alliés une déclaration mettant Napoléon « hors des relations civiles et sociales » et « perturbateur du repos du monde ». Il s’agit pour Talleyrand de bien dissocier la cause de la France de celle de Napoléon.

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Elderly Talleyrand, 1828.

La seconde Restauration voit le retour de Louis XVIII.  Talleyrand est nommé président du Conseil des ministres. Les relations entre Talleyrand et Louis XVIII sont difficiles (Talleyrand de Louis XVIII : « Il n’a rien oublié. »). Très vite Talleyrand sera congédié.

Napoléon rendra grâce à Talleyrand dans ses mémoires : « Le plus capable des ministres que j’aie eus. ».  A l’annonce de la mort de Napoléon à Sainte Hélène en mai  1821 Talleyrand aura cette répartie : « Ce n’est pas un événement, c’est seulement une nouvelle. »

Claude Jambart.

 

Claude Jambart (claude.jambart@live.fr)

Membre du CA de l’Association Les Amis de Talleyrand (adresse : château de Valençay, 36600 Valençay ; site : www.amis-talleyrand.fr, en cours de refonte)

Créateur et animateur du groupe Facebook « Les Amis de Talleyrand ».

Saint Napoléon


15 août nbb

Après le coup d’Etat du 2 décembre 1851, Louis-Napoléon Bonaparte impose de nouveau le 15 août comme fête nationale en hommage à son grand oncle et comme ciment unificateur du Second Empire.

Ce 15 août est traditionnellement  la fête nationale choisie par l’Empereur pour laquelle cette date est, jour de son anniversaire et de la signature du Concordat, symbole d’un retour à l’ordre civil et religieux. Ce jour devint la saint Napoléon, du nom d’un obscur martyr du IVsiècle, Santo Neopolis (ou Neapolis), exhumé fort opportunément par le cardinal Légat Giovanni Battista Caprara à la grande satisfaction de l’empereur. La Saint Napoléon et la religion impériale (tel est le titre d’un article très complet écrit par

saint+napoleonEpitre de Saint-Napoléon 🙁Épître selon saint Napoléon – Éditeur : impr. de Moronval (Paris)Date d’édition : 1815

(suite…)

O’Meara – Premier témoignage de l’exil de Napoléon!


http://fr.wikipedia.org/wiki/Barry_Edward_O%27Meara

https://i2.wp.com/napoleoneeilsuotempo.files.wordpress.com/2014/08/19-agosto-ritratto-di-omeara.jpg?resize=235%2C321&ssl=1

Barry Edward O’Meara accompagne Napoléon Ier à l’Île Sainte-Hélène et devient son premier médecin, en ayant été son chirurgien à bord du Bellerophon lors de la reddition de l’empereur. Il est connu comme l’auteur de Napoleon in Exile, or A Voice From St. Helena (1822), un livre où il accuse Hudson Lowe d’avoir maltraité l’empereur et d’avoir fait preuve d’inhumanité envers lui. Il raconte également avoir diagnostiqué une maladie chronique du foie de Napoléon Ier.

Préalablement à sa publication de 1822, O’Meara avait maintes fois prévenu les autorités à Londres, par l’intermédiaire d’un ami travaillant à l’Amirauté, de la situation sur place à Longwood et des traitements de Lowe envers le prisonnier Napoléon. Mais ces lettres privées n’ont pas été suivies d’effet, autre que l’expulsion d’O’Meara du corps de la Marine après son retour en Angleterre en 1818. Ces lettres ont été publiées pour la première fois en 20121.

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http://www.lautresaintehelene.com/autre-sainte-helene-chronologie-1818.html

Barry Edward O’Meara est accusé (à raison) d’avoir joué double jeu : en renseignant Napoléon et le gouverneur Hudson Lowe. Il renseigne aussi, secrètement, l’un de ses amis, clerc à l’Amirauté à Londres. Ayant besoin de ses services, quoique n’appréciant guère le caractère trop indépendant du docteur, le gouverneur Hudson Lowe résiste longtemps au désir ardent d’expulser le médecin de Napoléon. Finalement l’ordre lui vient du ministre Bathurst lui-même, et Hudson Lowe doit obtempérer, non sans satisfaction, en juillet 1818. Napoléon n’a alors plus de médecin personnel jusqu’à l’arrivée du docteur Antommarchi, envoyé d’Italie par sa famille à Rome, en septembre 1819.

“Le but de Napoléon poursuivi dans sa transmission à O’Meara est de donner sa vision à lui de ce qu’il s’est passé selon son regard, ses jugements personnels avec un recul sur cette défaite de Waterloo qui le hante et le poursuit. Il veut également faire une mise au point avec ses accusateurs qui publient des versions qu’il réussit à obtenir par les journaux qu’il reçoit à Sainte-Hélène. Il souhaite dans ces mémoires laisser un image positive parce qu’il sait que son avenir demeure composé de sinistres nuages. Il  se reproche d’avoir participé aux vieux démons français, aux luttes intestines. Il s’agit d’une analyse dépassionnée. Le texte qu’il dicte ne se départit de sa dignité. Napoléon se défend et attaque :  “Appel de la nation! Le gouvernement sous son égide a rétabli l’ordre avec le soutien de la population. La coalition n’a pas tenu compte de ses Intentions pacifiques. Il attaque ses Maréchaux qui n’ont pas tenu compte de ses ordres! Les trahisons se sont accumulées. Il donne des conseils à distance”. C’est un flagrant délit d’interprétations qui ne vont que dans son sens. Pas d’auto-critique. Le merveilleux de sa carrière est entamée. “A Waterloo, j’avais l’instinct d’un destin malheureux“. Fouché et les puissances sont contre lui. Il est cohérent dans ses paroles, concomitant, et postérieur. Le moment Napoléonien des Cent-jours contribue à la légende.  Il aboutit a des conclusions qui le blessent. Les Cent-jours sont dispersé. Le vaincu fini par dicter son histoire. Napoléon devient le dictateur des historiens . (Propos de Thierry Lentz recueillis lors de la conférence du 07/03/2015 à Waterloo ).”

La défaite de Waterloo met un terme à l’idéal du Napoléon révolutionnaire et donne gain de cause à l’ancien système et “l’aristocratie”! Il y a eu beaucoup de rajoutes, de modifications et d’altérations des propos édités par O’Meara et l’histoire ne retient que ces derniers livres qui ne tiennent pas compte de cet instantané unique dans l’histoire puisqu’il avait obtenu la confiance de son désormais ami O’Meara qui, au péril de poursuites en Angleterre a publié le texte comme promis! Ce qui en fait un ouvrage de référence pour l’amateur de l’Histoire. Ci-dessous, vous trouverez les liens vers les ouvrages que j’ai pu collationner dans mes recherches sur internet.

Jacques JANSSENS

Un ouvrage a été publié en 2010 sous le titre (le texte introductif de wikipédia en est issu):

 

Sur le site  http://www.napoleon.org/fr/magazine/plaisirs_napoleoniens/litterature_poesie/index.asp

“Il est bien précisé qu’ Il s’agit du premier témoignage du docteur O’Meara (1786-1836) après son expulsion de Sainte-Hélène le 25 juillet 1818 sur ordre du gouverneur anglais, Hudson Lowe, avec qui il était en désaccord”. ….

Aux éditions Tallendier (préface de Thierry Lentz): http://www.tallandier.com/auteur-467.htm (trois volumes)

© Tallandier 2010

© Tallandier 2010

Plusieurs autres ouvrages :

@ tallandier 2011

@ Tallandier 2011

@ Tallandier 2012

@ Tallandier 2012

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Notes et références

  1. voir texte originel dans ouvrage en anglais Inside Longwood [archive]

Sources

Astérix ou le mythe de Napoléon


Napoléon le Grand était passionné par les arts et l’histoire. En dictant à Sainte-Hélène ou en écrivant son “Précis des guerres de Jules César“, il ne pouvait prévoir que deux irréductibles Gaulois allaient contribuer à sa légende à travers le 9ème art : René Goscinny et Albert Uderzo créent après de longues réflexions, de nombreuses réunions et conférences de spécialistes, des reconstitutions historiques,… le légendaire petit village d’irréductibles Gaulois qui traverse le temps pour pouvoir nous offrir ces instants décapants à coups de bulles et de savants mélanges de grenailles et de boulets dont ils ont le secret des redoutables mots dont l’Empereur se serait régalé; une version de l’histoire des Gaules qui n’a sont pareil que dans les meilleurs livres d’histoire!

« Un livre curieux serait celui dans lequel on ne trouverait pas de mensonge. »Napoléon Bonaparte ; Maximes et pensées (1769-1821) Jacques JANSSENS

Autres articles

Article publié avec l’aimable autorisation de son auteur*, Emmanuelle Mury – Sur son Blog Personnel (*le mot auteur(e) n’étant pas autorisé actuellement dans la langue française…): auteurehttps://hominusblogus.wordpress.com/2013/11/10/asterix-ou-le-mythe-de-napoleon/

Blog que je recommande pour les amateurs “de bons mots sur la culture fourre-tout”.. Merci pour vos délectables articles! Je n’ai pas modifié le texte de l’auteur afin de respecter sa curieuse “histoire” dans laquelle on ne trouverait pas de mensonges! J’y ai ajouté les bulles s’y référent et quelques clins d’oeil et anecdotes pour  pimenter la sauce! Les personnes amatrices de vérités historiques trouveront de nombreuses informations dans les 4.450.000 ouvrages répertoriés ce jour….

Astérix ou le mythe de Napoléon

téléchargement…Au delà de références historiques, culturelles et de plaisanteries latines dont les opus sont truffés, quelques-uns sortent encore plus du lot et font une relecture des guerres Napoléoniennes. A l’heure où ces dernières sont de moins en moins étudiées, “bien-pensantisme” et ignorance allant de pair, je vois mal les écoliers actuels y comprendre quoi que ce soit si ce n’est les bagarres et les sangliers. Il est donc temps de remettre les pendules à l’heure pour les retardataires.

Si on ne devait prendre que deux albums pour illustrer mon discours ce serait Astérix en Corse qui fait une relecture d’Austerlitz et Astérix chez les Belges qui retrace Waterloo.

CorseAstérix en Corse est le vingtième album de la série de bande dessinée Astérix de René Goscinny (scénario) et Albert Uderzo (dessin), publié en 1973. Situé en Corse, Goscinny ne se prive pas de faire une référence explicite à Napoléon tout le long de l’oeuvre, en voici quelques exemples :

Les « groinnk » qu’utilisent les chefs corses pour se reconnaître entre eux fait référence aux Grognards de Napoléon. D’ailleurs, peu après le chef de clan Corse appelle ses hommes des grognards. Grognards est le nom donné aux soldats de la Vieille Garde de Napoléon Bonaparte.

c1Ils étaient les plus expérimentés de la Grande Armée, mais aussi les plus fidèles à l’empereur, qui les avait surnommés ainsi car ils se plaignaient de leurs conditions de vie. Histoire de la Garde Impériale-1847

La Garde impériale constituée en jeune, moyenne et vieille Garde; unité prestigieuse, sert de réserve dans les batailles : elle n’est engagée qu’au moment décisif, ou même mieux, ne combat pas. Ainsi, de nombreux bulletins de victoire se terminent par les mots « La Garde n’a pas donné ».  Et quand elle donna, on peut dire qu’elle fait la différence. Les exemples de leur valeur sont nombreux mais citons à titre d’exemple le comportement héroïque des deux carrés du 1er Grenadiers de la vieille garde à Waterloo chargés de couvrir la retraite de l’empereur et qui firent face à 2 armées en maintenant les rangs. Taille moyenne des soldats : 1m90, ancienneté moyenne dans un corps d’élite sur des combats assez acharnés = 10 ans.  4 grenadiers sur 10 y sont récipiendaires de la légion d’honneur. A cette époque, la légion d’honneur récompensait les actes de bravoures extrêmes. 

c2Lorsque le chef du clan Corse voit les différents clans s’acheminer vers le lieu de bataille, il s’exclame : »C’est une grande armée » en référence à la Grande Armée Impériale. Un chef de clan arrive en retard au rendez-vous, le précédent s’exclame « Il est célèbre le sommeil d’Osterlix » pour faire référence au soleil d’Austerlitz. Le 2 décembre 1805, un an jour pour jour après son sacre, l’empereur Napoléon 1er remporte à Austerlitz la victoire. En quelques heures, sous un soleil hors saison, il vainc deux autres empereurs, Alexandre 1er, tsar de Russie, et François II de Habsbourg, empereur romain germanique (ou empereur d’Allemagne). Austerlitz est appelée pour cela : bataille des Trois empereurs.

asterix

L’album se conclut sur « Pour que les corses acceptent un empereur, il faudrait qu’il soit corse lui-même! ».

c3

aigle et papillon
la gaule avant César

HS – GéoHistoire – N°11 – page 53 – octobre- Novembre 2013

La Gaule Celtique et la Gaule de Belgique peuvent surprendre par leurs proportions de l’époque!

  • Astérix chez les Belges C’est plutôt une paraphrase de son poème L’Expiation et de ses vers célèbres : « Waterloo ; Waterloo, Waterloo, morne plaine… » (« Waterzooi, waterzooi, morne plat ! »). D’où la petite note sur la page de garde de l’album remerciant ses confrères, Brueghel l’Ancien et Victor Hugo. Enfin, quand César prend Astérix pour son subordonné Wolfgangamadeus, c’est une allusion au fait que durant la bataille de Waterloo, Napoléon a pris le Prussien Blücher pour son maréchal Grouchy.

les belges selon NapoléonPrécis des guerres de César par Napoléon (que je conseille vivement)

belgesAstérix chez les Belges est publié en 1979. C’est le dernier publié par Goscinny et ironie du sort, il fait référence à Waterloo ou le crépuscule Napoléonien. Goscinny aura donc pu clore son rendez-vous avec l’empereur. Outre les références belges et les jeux de mot propres aux albums d’Asterix, La bataille finale p35-45 paraphrase le déroulement de la bataille de Waterloo (en Belgique) telle que la raconte Victor Hugo dans dans son poème L’Expiation (Les Châtiments ). D’où la petite note de Goscinny sur la page de garde de l’album remerciant ses confrères, Brueghel l’Ancien et Victor Hugo. 

Les châtiments
livre V – L’autorité est sacrée
13 – L’Expiation II

1/ Waterloo ! Waterloo ! Waterloo ! morne plaine ! (…)  

Le chef Belge propose une bataille à César : Alors, tu proposes à César une entrevue dans la morne plaine voisine.
A propos d’un plat local pris juste avant la bataille: Waterzooi, waterzooi, morne plat !

2Pour préparer la bataille, César/Napoléon prévoit le même plan qu’à chaque fois : artillerie d’abord, garde en réserve : « Je te confie les légionnaires de ma Garde personnelle. Il n’interviendront qu’en dernier recours. Nous ouvrirons le combat avec les catapultes. »

1

2/ Le soir tombait : la lutte était ardente et noire.

Il avait l’offensive et presque la victoire ;
Il tenait Wellington acculé sur un bois. (…)

Version Astérix cela donne : « Le soir tombait : la lutte était ardente et noire.
César avait l’offensive et presque la victoire ;
Il tenait les Belges acculé sur un bois. »(..)

3

3/ Soudain. joyeux, il dit : Grouchy ! – C’était Blucher
L’espoir changea de camp, le combat changea d’âme, (…)

Version Astérix cela donne : Soudain. joyeux, il dit : Wolfgang Amadeus ! – C’était Astérix

4

4/ L’espoir changea de camp, le combat changea d’âme, (…)

Pompé tel quel par Goscinny.

5

5/ Allons ! faites donner la garde, cria-t-il ! (…)

Pompé tel quel par Goscinny.

6

6/ Et Lanciers, Grenadiers aux guêtres de coutil,
Dragons que Rome eût pris pour des légionnaires, 
Cuirassiers, Canonniers qui traînaient des tonnerres, 
Portant le noir colback ou le casque poli,
Tous, ceux de Friedland et ceux de Rivoli, (…)

8

Et, triarii, principes aux caligae de cuir,
Hastati dont Rome faisait des légionnaires,
Vélites, sagitarii qui trainaient leut crinnière
Portant des clipeus et jambières de métal,
Tous ceux d’Alésia et ceux de Pharsale …

 7/ Comprenant qu’ils allaient mourir dans cette fête, 
Saluèrent leur dieu, debout dans la tempête.
Leur bouche, d’un seul cri, dit : vive l’empereur ! (…)

9

Comprenant qu’ils allaient drôlement déguster,
Leur bouche, d’un seul cri, dit :
– C’est pas un peu fini ? arrêtez !!!

8/ La Déroute apparut au soldat qui s’émeut,
Et, se tordant les bras, cria : Sauve qui peut! (…)

10La déroute apparut au légionnaire qui s’émeut,
Et, se tordant les bras, cria :
– Sauve qui peut ! Sauve qui peut !

9/ Le mot de Cambronne (…)
On sort du poème pour ensuite faire allusion à la célèbre phrase attribuée à Cambronne que les Anglais sommaient7 incessamment de se rendre : « La Garde meurt et ne se rend pas ». Apparemment, en réalité, il leur aurait plutôt suggéré d’aller se faire foutre. Donc l’une et l’autre des citations historiques qui lui furent attribuées (« La garde meurt et ne se rend pas », ou bien « merde ») seraient inexactes.

 

11

Astérix rétablit toutefois une certaine vérité historique puisque quelques vignettes plus loin, il fait dire à un soldat : « Tu sais ce qu’elle te dit la Garde?! »

Brueghel l’Ancien : Repas de Noces, 1568, l’artiste nous montre au premier plan le service de ce repas (soupe et service du vin). La mariée est devant le rideau vert sombre. On voit ici, la survivance du Moyen-Âge avec  les bancs disposés autour de la table.

brueghel

Le repas de noce par Pieter Brueghel l’Ancien.

12

aigle et papillon

Clins d’oeil : http://fr.wikipedia.org/wiki/Ast%C3%A9rix_chez_les_Belges

  • La réplique du chef belge « Après des semaines et des semaines d’esclavage, on a décidé qu’on ne savait plus supporter ! » (p10-c6) est une allusion à une version des paroles de La Brabançonne, l’hymne national belge (« Après des siècles d’esclavage […] »).

b1

  • Quand Astérix, Obélix et le chef de clan Abraracourcix marchent à travers « le Plat Pays », Abraracourcix fait un commentaire sur le paysage. Le chef belge répond : « Dans ce plat pays qui est le mien, nous n’avons que des oppidums pour uniques montagnes. » (p16-c3) Ceci est une référence à la chanson Le Plat Pays dans laquelle Jacques Brel chante « Avec des cathédrales pour uniques montagnes. ». Ce détail n’apparaît pas dans les traductions de l’album en langues étrangères.

b2

  • Les villageois belges ont deux chefs issus de deux tribus différentes, ce qui est un clin d’œil au problème de langue entre néerlandophones et francophones. Ainsi, lors d’un banquet les deux chefs belges se disputent un morceau de langue de sanglier. Ce qui fait dire à Nicotine : « Il y a toujours un problème de langue entre ces deux castars là! ». (p17-c9)

b3

  • Dupond et Dupont apparaissent dans l’album, vêtus de tenues gauloises belges et annonçant l’arrivée de Jules César dans leur style propre : « Jules César est arrivé en Belgique. — Je dirais même plus : Cules Jésar est arrivé en Gelbique ». (p27-c7-8) À noter que leurs phylactères sont faites dans le style des albums de Tintin et non dans le style des albums d’Astérix.

b4

  • Le grand dessin du banquet au village belge à la fin de l’album est fortement inspiré du célèbre tableau de Pieter Brueghel l’Ancien (qui est d’ailleurs remercié) le Mariage paysan, qui se trouve au Musée d’Art et d’Histoire de Vienne.
  • La bataille finale parodie le déroulement de la bataille de Waterloo (en Belgique) telle que la raconte Victor Hugo dans Les Châtiments
  • Quand Jules César décide de se rendre en Belgique, il quitte le Sénat en disant : « J’irai, je verrai, et je vaincrai. ». Ceci est une version au futur de la citation latine « Veni, vidi, vici. ». (p30-c8)
  • De nombreux belgicismes apparaissent dans les répliques de la version française : « Faites blinquer les cuivres. », « Donne une baise et tire ton plan… » ; On peut aussi noter le remplacement systématique du verbe pouvoir par le verbe savoir qui est un clin d’œil à l’emploi occasionnel de savoir pour exprimer une capacité par les Belges francophones ; Ex : p10-c6 « Après des semaines et des semaines d’esclavage, on a décidé qu’on ne savait plus supporter. », p28-c1 « ça tu ne sais pas savoir pourquoi il est venu », p41-c8 « Nous avons vaincu ! C’est le sauve qui sait général. ».

b5

  • Quand Astérix propose à Geuselambix, le premier chef du village belge, qu’Obélix et lui aillent voir Jules César pour lui proposer d’arbitrer le concours entre Gaulois et Belges, Gueuselambix répond : « D’accord. D’après les renseignements qu’on vient de me donner, César a établi son quartier général à septante milles d’ici, environ. ». (p32-c3) Ceci est un clin d’œil au fait que, contrairement aux Français, les Belges ne disent pas soixante-dix, quatre-vingt et quatre-vingt-dix mais septante, quatre-vingt et nonante2.

b6

  • Page 9 case 7 : Obélix rigole en se remémorant le moment où il a attaqué les Romains qui voulaient leur faire payer un péage pour utiliser la voie romaine. Il conclut son histoire en disant « Je crois que ça va leur prendre des siècles avant de recommencer un coup comme celui-là ». Il s’agit d’une allusion au péage autoroutier français.
  • Lorsqu’Astérix et Obélix partent de la maison du Belge qui leur a offert le drapeau blanc, un jeune garçon sort de la maison pour se « soulager ». Le père dit alors : « Je me demande si notre fils Manneken ne boit pas de la bière en cachette ». C’est une allusion au célèbre monument belge : le Manneken-Pis

b9

aigle et papillon

Anecdotes : http://www.lefigaro.fr/bd/2009/10/23/03014-20091023ARTFIG00544-les-50-secrets-d-asterix-.php

  • Vive le Général de Gaule ! Incroyable ! Lors d’un conseil des ministres, au début des années 60, le général de Gaulle se met à appeler ses ministres en les appelant chacun d’un nom gaulois, emprunté aux aventures d’Astérix.
  • Astérix dans les étoiles :Ce n’est pas une blague : le premier satellite français envoyé dans l’espace, le 26 novembre 1965, porte le nom du vaillant guerrier gaulois ! Comme un signe de résistance et d’autonomie en pleine guerre froide. «Quand je l’ai appris, j’ai prié pour qu’il ne se casse pas la gueule », commentera Goscinny. En vérité, c’est l’un des responsables du programme spatial français qui a donné à l’appareil ce surnom, aussitôt plébiscité. Et quand le scénariste remerciera Alain Peyrefitte de cet hommage, la grimace du ministre parlera d’elle-même : officiellement, le satellite était baptisé A-1…
  • Pom-Pom-pi-dou ! C’est Georges Pompidou lui-même qui souffle aux auteurs l’idée d’envoyer Astérix en Suisse. «Nous n’avons pas réalisé Astérix chez les Helvètes tout de suite, se souvient Uderzo. On a sa dignité !»
  • Cousins Germains : Astérix chez les Goths est le premier album traduit à l’étranger (1964). Un carton… en Allemagne, malgré la caricature grinçante que font les auteurs des Goths (casque à pointe et esprit martial). En 1990, Le Figaro Magazine relaie à sa manière cette réconciliation franco-allemande via Astérix en publiant chaque semaine des planches du Devin (Der Seher) «pour vous aider à devenir bilingue».
  • Pom-Pom-pi-dou ! C’est Georges Pompidou lui-même qui souffle aux auteurs l’idée d’envoyer Astérix en Suisse. «Nous n’avons pas réalisé Astérix chez les Helvètes tout de suite, se souvient Uderzo. On a sa dignité !»

 

 

 

 

 

HISTOIRE MERVEILLEUSE DE L’HOMME ROUGE – dans Bonapartiana page 151…


HISTOIRE MERVEILLEUSE DE L’HOMME ROUGE.

(Bonapartiana, ou Recueil choisi d’anecdotes, de traits sublimes, de bons mots, de saillies, de pensées ingénieuses, de réflexions profondes de Napoléon Bonaparte, avec un aperçu des actions les plus belles et les plus éclatantes de sa vie, par Cousin, d’Avallon)

Au commencement du mois de mars 1814, on racontait dans les sociétés les plus distinguées de la capitale l’histoire merveilleuse de l’Homme rouge; la voici telle qu’elle a été rapportée.

l’Homme rouge apparut pour la première fois à Napoléon, alors général, en Egypte, la veille de la bataille des Pyramides. Suivi de quelques officiers, il passait à cheval près de l’un de ces antiques monuments, lorsqu’un homme enveloppé d’un manteau rouge sortit de cette pyramide, lui fit signe de descendre de cheval et de le suivre.

DSC04987-1Bonaparte n’hésita pas ; ils pénétrèrent ensemble dans l’intérieur de la pyramide: déjà plus d’une heure s’était écoulée, et la suite du général, inquiète de cette longue absence, se disposait à entrer dans le monument, lorsqu’il en sortit seul, avec un air très-satisfait. Avant cette rencontre, il refusait de livrer la bataille ; il ordonna sur-le-champ qu’on s’y préparât , et le lendemain il remporta la victoire des Pyramides.

Bataille des Pyramides

On a prétendu que l’homme rouge n’était autre qu’un génie infernal avec lequel le vainqueur avait fait un pacte qui lui assurait sa puissante protection.

Wikipédia :(La couleur rouge (decher) est le symbole de la violence, du désert, du feu, du sang et de la mort, mais aussi de la victoire. C’est notamment la couleur du dieu Seth, le destructeur, dont on disait qu’il avait les cheveux roux. La couronne de Basse-Égypte, le desheret, est de couleur rouge (bien que le nord, notamment le delta du Nil, soit très riche en végétation).

https://i2.wp.com/upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/8/88/Seth.JPG?resize=261%2C583Dix ans s’étaient écoulés, et tout en effet lui avait réussi ; mais le marché approchait de son terme ; il expirait quelques jours avant la bataille de Wagram. Cependant l’homme rouge voulut bien céder aux instances de son protégé , et conclure avec lui un nouveau marché pour cinq ans. Le premier avril 1813 était le jour fatal où ce nouveau pacte expirait ; or, dans le mois de janvier 1814, quelques jours avant le départ de Napoléon, l’homme rouge, très-ponctuel, se présente aux Tuileries, et demande à parler à l’empereur. Un factionnaire voulut l’empêcher de passer, il étendit la main sur lui, et le soldat fut condamné à l’immobilité.

Un chambellan , à qui s’adressa l’homme rouge , lui demanda s’il avait une lettre qui autorisât sa demande.

« —Non, lui répondit-il, mais allez » annoncer à votre maître qu’un homme vêtu de rouge veut lui parler » sur-le-champ. »

Le chambellan alla sur-le-champ prévenir Napoléon de la visite. Celui-ci ordonna que l’homme rouge fût aussitôt introduit, et s’enferma avec lui dans son cabinet.

Le chambellan appliqua tour à tour l’oeil et l’oreille au trou de la serrure ; il vit , il entendit le monarque et l’homme mystérieux discuter ensemble avec beaucoup de chaleur:

“Songez-y  bien, disait ce dernier, au 1er avril,  je ne me mêle plus de vos affaires. C’est une chose convenue depuis » longtemps , et à laquelle je suis irrévocablement décidé. Ainsi, avant ce  jour, ayez repoussé vos ennemis ou conclu la paix avec eux ; car, je vous le répète, le 1er avril je vous abandonne , et vous savez ce qui en résultera.” En vain l’empereur objecta l’impossibilité d’avoir, dans un si court espace, terminé, d’une manière ou d’autre, ses affaires avec l’Europe entière ; en vain il sollicita une prolongation. L’homme rouge fut inflexible , et disparut.

https://i0.wp.com/upload.wikimedia.org/wikisource/fr/2/25/Jaures-Histoire_Socialiste-6-p541.jpg?w=640

Jamais prédiction ne fut plus exactement vérifiée. Le 31 mars 1814, les alliés entrèrent dans Paris!On a révoqué en doute l’histoire de l’homme rouge. En dernier résultat, on peut dire , que si le fait n’est pas vrai, ni même vraisemblable , il est bien imaginé. Se non è vero, è bene trovato. « si ce n’est pas vrai, c’est bien trouvé »!

Napoléon : Je te sacrifie tout cela! La Mort : Tu y viendras aussi!

Le théorème de Napoléon!


Le théorème Napoléon

Le théorème Napoléon

http://fr.wikipedia.org/wiki/Th%C3%A9or%C3%A8me_de_Napol%C3%A9on

Théorème de Napoléon — Si nous construisons trois triangles équilatéraux à partir des côtés d’un triangle quelconque, tous à l’extérieur ou tous à l’intérieur, les centres de ces triangles équilatéraux forment eux-mêmes un triangle équilatéral. Ce qui donne ceci :


http://www.maths-et-tiques.fr/index.php/detentes/le-theoreme-de-napoleon

Télécharger la figure dynamique au format GeoGebra.
Cliquer sur l’image pour ouvrir la figure dynamique dans le navigateur :

(il faut activer le plug-in pour le voir sous linux)
(suite…)

Site dédié à la cartographie de la Campagne de Belgique en Juin 1815


JunIBIS.be

J’ai été particulièrement sensibilisé par le projet de cartographie de la campagne 1815. En effet, outre le fait qu’il s’agit de l’oeuvre d’un passionné et que l’accès est gratuit, ces cartes peuvent servir à une meilleure compréhension du déroulement des batailles en juin 1815. Pouvoir comparer les mouvements de troupes des “ouvrages” consacrés aux batailles et pouvoir suivre en direct la situation des différentes troupes sur le terrain de l’époque est en soi le rêve de tout amateur d’histoire et de reconstitution. Ces cartes sont un soutien précieux pour une meilleure compréhension des batailles en juin 1815. Merci à André Heughebaert et Eric Iven, initiateurs du projet! Jacques JANSSENS

Juin 1815 – Cartographie de la campagne de Belgique

Le projet de cartographie est désormais accessible sur http://www.junibis.be – Il est traduit en quatre langues: DE, EN, FR, NL.

JunIBIS est un site dédié à la cartographie de la Campagne de Belgique en Juin 1815.

Le site reprend quatre  types de cartes:

  • des cartes statiques pour chaque heure du 15, 16 et 17 Juin
  • une carte dynamique montrant le mouvements des unités
  • une carte des lieux extraits de la littérature (plus de 700 à ce jour)
  • une carte des notes de W.B. Craan
  • Les notes historiques de W.B. Craan

Le site donne également accès à l’ordre de bataille très détaillé de Jean-Pierre De Potter “1815 Mise à mort de l’Empire par Napoléon” 1981 Editions Graffiti.

Féru d’histoire napoléonienne, plus particulièrement passionné des batailles de l’Empire, et versé dans le domaine de la cartographie numérique, j’ai eu envie de créer des cartes interactives retraçant la Campagne de Belgique en 1815. Afin de m’aider dans cette tâche, j’ai rapidement reçu l’aide d’un ami de longue date dont les connaissances livresques complètent judicieusement mes compétences informatiques. L’abondante littérature sur le sujet nous a permis de compiler les déplacements troupes durant les premiers jour de la campagne.

Les trois principes fondateurs de notre projet sont:l’ouverture des données, la gratuité, et le référencement des sources.
Nos cartes sont d’ailleurs accessibles sous licence CC-BY-3.0 qui autorise quiconque «à copier, distribuer et communiquer le matériel par tous moyens et sous tous formats, à remixer, transformer et créer à partir du matériel moyennant l’attribution c-à-d de créditer les auteurs et indiquer les éventuels changements».

Les cartes interactives sont le résutlat d’un travail minutieux d’analyse et de compilation de nombreuses sources.

Les couleurs indiquent la nationalité, les symboles représentent le type des troupes.

Nationalité Etat-major Artillerie Cavalerie Infanterie
Français FEB FAB FCB FIB
Anglais BEB BAB BCB BIB
Prussiens PEB PAB PCB PIB
Hollando-Belges DEB DAB DCB DIB
Hanovre HEB HAB HCB HIB
Brunswick REB RAB RCB RIB

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Méthodologie

La littérature sur la Campagne de Belgique est vraiment très abondante. Nous n’avons compilé qu’une petite partie de celle-çi. Les positions des unités proviennent des références littéraires suivantes:

  • William Tomkinson, The diary of a cavalry Officerin the Peninsular and Waterloo Campaign 1809, Swan Sonnenschsien (1894);
  • Tradition magazine hors série n°20 ,1815 Le retour de l’aigle et la dernière victoire
  • Jean-Philippe Tondeur, Les carnets de la campagne n°13 ,Editions de la Belle-Alliance
  • Jean-Philippe Tondeur, Les carnets de la campagne n°12 ,Editions de la Belle-Alliance
  • Siborne, The Waterloo Campaign 1815,Edward Arber (1848 T. & W.Boone London)
  • Scott Bowden, Armies at Waterloo, Empire press
  • Richard Humble, Famous land battles,St Michael
  • Plane der Schlachten und Treffen, welche von der preussischen Armee in den Feldzügen der Jahre 1813, 14 und 15 geliefert worden,Reimer, 1825
  • Pierre de Wit, The campaign of 1815 a study
  • Peter Young, Blucher’s army,Osprey
  • Peter Hofschroer, Waterloo 1815: Quatre Bras and Ligny ,Pen & Sword Books Ltd
  • Peter Hofschroer, 1815: The Waterloo Campaign – Wellington,his German allies and the battles of Ligny and QuatreBras, Greenhill Books
  • Peter Hofschroer, 1815: The Waterloo Campaign – The German Victory, Greenhill Books
  • Paul Desoil, La chute de l’aigle éditions du marais
  • Patrick Maes, Plan de la bataille de Ligny ,Société Belge Napoléonienne trough Ed Wimble Clash of Arms games
  • Michel Damien, Napoléon au cabaret Belle Vue, 2011
  • Michel Damien, Napoléon à Gilly, 2011
  • Michel Damien, La question des Quatres Bras
  • Max Gallo, Napoléon (tome 4), Robert Laffont
  • Marbot, Mémoires du général baron de Marbot, 1983 Mercure de France
  • Magazine Napoleon 1er hors serie n°7,18 juin 1815 Waterloo,Napoléon 1er SOTECA
  • Kurz, Le procès du maréchal Ney ,Sélection des amis du livre de Strasbourg
  • John Macdonald, Grandes batailles de l’histoire moderne,Albin Michel
  • John Franklin, Waterloo 1815 (2), Osprey
  • John Franklin, Waterloo 1815 (1), Osprey
  • John Fortescue, The Campaign of Waterloo, Greenhill books
  • J.P. de Potter, 1815 Mise à mort de l’Empire par Napoléon, Editions Graffiti, 1981.
  • Institut cartographique militaire janvier 1907
  • Hourtoulle, Ney le brave des braves,Lavauzelle
  • Henry Lachouque, Waterloo,Arms and armour press
  • Henry Houssaye, 1815 Waterloo,Librairie académique Perrin 1914
  • Gloire & Empire magazine n° 17 Dans l’ombre de Waterloo
  • Georges Blond, La grande armée, Robert Laffont
  • Ferraris,J.(1777), Carte de Cabinet des Pays-Bas autrichiens et de la principauté de Liège,IGN
  • Evelyn Wood, Cavalry in the Waterloo Campaign,Worley publication
  • de Bas & t’Serclaes, La campagne de 1815 I,1908
  • David Hamilton-Williams, Waterloo new perspectives,Arms and armour press
  • Conreur, 15 juin 1815,1993
  • Collège d’auteurs, Waterloo 1815 l’Europe face à Napoléon,Credit Communal
  • Christopher Hibbert, Waterloo,Wordsworth editions
  • Castelot, Napoléon,librairie académique Perrin
  • Bob Putigny, Le grognard Putigny Baron d’Empire,Copernic
  • Andrew Uffindel, The eagle’s last triumph,Greenhill books
  • Albert Nofi, The Waterloo Campaign,Combined books
  • Alain Arcq, Ligny 16 juin 1815,Historic’one edition
  • Alain Arcq, Les quatre-Bras 16 juin 1815, Historic’one edition
  • Alain Arcq, Beaumont 1815,Historic’one edition

Les positions successives des troupes ont ensuite été complétées par simple interpolation linéaire.

Contact : andrejjh

NBB


Les gens ne lisent plus, ils survolent et du haut du ciel, ils pensent savoir comme si cet éloignement de la réalité pouvait les rapprocher de la sapience connaissance. Comme si le présent pouvait comprendre le passé sans passer par l’écoute des anciens. De cette réflexion est née la page NBB qui compose et qui crée avec les techniques du présent des images qui se racontent ou qui racontent selon le temps que la personne prendra le soin d’y consacrer. Il n’est point nécessaire d’en rajouter de peur de lasser… Jacques JANSSENS

http://napoleonbonaparte.be/nbb-3/

Le retour des cendres

Le retour des cendres

“Je désire que mes cendres reposent sur les bords de la Seine, au milieu de ce peuple français que j’ai tant aimé.” (Testament de Napoléon le Grand)

l'ombre de napoléon

Nietzsche et Napoléon : la fiction dans l’Histoire


https://hal-univ-lyon3.archives-ouvertes.fr/hal-00947068/document

Nietzsche et Napoleon : la Fi ction dans l’Histoire – Laurent Mattiussi
To cite this version:Laurent Mattiussi. Nietzsche et Napoleon : la fiction dans l’Histoire. Bruno Bethouart.Napoleon, l’Europe et Boulogne, May 1998, France. 2 (1), pp.117-128, Les Cahiers du Littoral.

Napoléon a exercé sur la pensée de Nietzsche un charme puissant. Malgré les résistances du rationalisme, la marque de la fiction est nette dans le portrait fragmentaire que Nietzsche dresse de la grande figure historique au fil de ses livres. Bien que Nietzsche n’ait pas fait de Napoléon un absolu — au mieux une lointaine approximation du surhomme –, en tant que fiction, symbole, fantasme ou symptôme, la figure de Napoléon est dans l’œuvre de Nietzsche un signe surdéterminé : elle concentre en elle un réseau de motifs que l’on examine sous l’angle double de la cruauté et du nomadisme : Napoléon paraît sur le grand théâtre nietzschéen comme le type viril suprême, l’aventurier et le conquérant, promoteur du sentiment européen, par delà les particularismes étriqués des nations.

Napoléon a exercé sur la pensée de Nietzsche un charme puissant

S’interroger sur cette emprise oblige à s’aventurer dans la proximité du mythe. Ernst Bertram, dont le livre sur Nietzsche porte le sous-titre : Essai de mythologie, consacre un chapitre à lafigure de Napoléon dans l’oeuvre du philosophe. Jean Tulard situe dans un contexte général la contribution apportée par Nietzsche au mythe de Napoléon. Le souci de l’objectivité n’est pas de mise quand il s’agit d’entrouvrir les arcanes de l’imaginaire et du rêve : ici, Napoléon s’estompe en tant que personnage historique et se révèle sous un jour qui manifeste son suprême empire, celui de l’imagination, ainsi que le suggère Paul Valéry. « Napoléon savait mieux que personne que son pouvoir, plus encore que tous les pouvoirs du monde ne le sont, était un pouvoir rigoureusement magique, — un pouvoir de l’esprit sur des esprits, — un prestige. »  Valéry entend le terme au sens du latin praestigiae : les fantasmagories, les illusions, les mirages de l’imagination et il rejoint Pascal faisant observer que « cette superbe puissance […] remplit ses hôtes d’une satisfaction bien autrement pleine et entière que la raison » . Nietzsche a été comblé par Napoléon, fût-ce au prix de le réinventer, de substituer à la réalité un fantasme ou plutôt une fiction. « La tâche de l’histoire », affirme-t-il, a fortiori celle du philosophe et du poète de premier ordre qu’il fut lui-même, n’est pas de traquer les faits, mais de « constamment susciter et soutenir l’éveil de la grandeur » . Mécontent de l’Allemagne moderne, qui exhibe à ses yeux le spectacle public de sa petitesse, Nietzsche célèbre a posteriori la miraculeuse grandeur qui avait surgi avant sa naissance en la personne de Napoléon.

Entre scepticisme et fascination : Napoléon, un signe surdéterminé.

La voie est tracée dès les premiers livres. « Ma tâche consiste à mettre en lumière ce que nous serons obligés d’aimer et de vénérer toujours […] : le grand homme », les individus d’exception, « les grands héros d’une époque, ceux qui marchent seuls » , les « fortes natures exemplaires, dans lesquelles les fantasmes s’engendrent à nouveau » , pour la création de valeurs neuves. En Napoléon, un fragment posthume découvre « la passion des nouvelles virtualités de l’âme,l’élargissement de l’âme » . Dans la lignée du romantisme, Nietzsche a le souci de l’individualité supérieure, apte à entraîner derrière elle l’humanité en vue d’un destin digne d’elle. S’attachant au héros tragique, le jeune philosophe évoque « l’élan titanesque, ce besoin de se faire en quelque sorte l’Atlas de tous les individus et de lesporter toujours plus haut et plus loin sur ses vastes épaules » . Napoléon n’est pas encore mentionné mais il viendra occuper, dans les ouvrages ultérieurs, la place qui lui est ici assignée d’avance, en compagnie du génie et du saint, de tous les précurseurs sur la voie d’un dépassement. Le saint est aux yeux de Nietzsche un idéal périmé, condamné par le déclin du christianisme, mais le philosophe est sensible au prestige de cette figure qui a indiqué pendant des siècles la direction des sommets vers lesquels l’humanité était conviée à tendre. « Ce qui donne sa valeur au saint dans l’histoire universelle, ce n’est pas ce qu’il est, mais ce qu’il signifie aux yeux des autres, les non-saints.» La réalité, le fait ne comptent pas au regard du sens, de la valeur posés par l’individu supérieur et qui s’adressent secrètement en tout homme à ses aspirations les plus élevées. Le saint « signifiait quelque chose qui était censé dépasser la mesure humaine ». Ce fut une erreur de lui attribuer une « nature étrangère, surhumaine : maisc’est justement ce qui lui a valu cette force extraordinaire avec laquelle il a pu s’emparer de l’imagination d’époques et de peuples entiers. » Il importe peu que le modèle soit le produit d’une illusion, pourvu qu’il ouvre la voie d’une avancée décisive.
Étendue au grand homme et transposée au cas de Napoléon, cette réflexion peut justifier la constitution du mythe. Même si ou parce que la figure grandiose de Napoléon telle qu’elle hante les imaginations est une fiction, elle agit sur les esprits comme un moteur du vrai progrès humain, aux antipodes de la caricature dérisoire qu’en offre la civilisation européenne moderne, vouée à la médiocrité de la sécurité et du bien-être, engloutie dans la « vulgarité utilitariste » par la préoccupation quasi exclusive de l’enrichissement . Devenue par là incapable de donner à poursuivre le moindre rêve, elle ne saurait plus communiquer le courage de « mourir pour quelque chose de grand et d’impossible ». Que pouvait lire un romantique dans le regard du chef militaire en partance pour quelque vaine bataille sinon, selon le mot de Baudelaire dans Bohémiens en voyage, « le morne regret des chimères absentes », l’aspiration à ce que peut-être l’on trouvera ailleurs, toujours plus loin, dans un combat improbable ? En fut-il ainsi de Nietzsche ? Il a proclamé avec toujours davantage de vigueur son rejet du romantisme mais il n’est pas sûr qu’il ne soit pas resté jusqu’au bout, malgré qu’il en eût, marqué par l’imaginaire romantique, comme en témoignent les ambiguïtés, voire les contradictions parfois perceptibles à quelques paragraphes d’intervalle dans le même livre. Peut-être n’est-il pas excessif d’interpréter la persistance de sa fascination pour Napoléon comme le signe que Nietzsche n’est jamais parvenu à quitter définitivement l’espace romantique. Quoi qu’il en soit, ses dernières pages publiées récusent avec insistance toute complaisance envers quelque forme d’idéalisme que ce soit, notamment le « culte du héros » . L’homme supérieur, le surhomme ne sont pas des idéaux qu’il faudrait s’efforcer d’atteindre. Il s’agit d’être et de vivre intensément, de donner lieu en soi à une manifestation supérieure de la vie, et non de se soumettre à l’on ne sait quel devoir de tendre vers un but extérieur. Nietzsche connaît un seul impératif catégorique, emprunté à Pindare : « deviens ce que tu es ». Il s’agit de coïncider avec l’effusion de la vie et de la force en soi, non de se conformer à la représentation idéale d’un modèle lointain. Présentant Goethe comme « un réaliste convaincu », Nietzsche rappelle que « le grand événement de sa vie fut la rencontre de cet ensrealissimum qui s’appelait Napoléon. L’expression latine, empruntée à Spinoza, pourrait désigner une manifestation de l’absolu mais il faut d’abord la prendre au sens littéral : l’être le plus réel et le plus réaliste, le plus éloigné de toute idéalité. Un des derniers écrits mentionnera Napoléon comme le « plus grand des “réalistes” » . Aussi bien Nietzsche prend-il d’emblée ses distances vis-à-vis de la rhétorique et de l’hagiographie romantiques qui, à la suite de Goethe, érigent Napoléon en demi-dieu. Il conteste « la superstition du génie », le quasi délire qui dote le grand homme d’une « origine surhumaine ». Alors l’intéressé lui-même finit par « se prendre pour on ne sait quoi de surhumain », jusqu’au point où, sujet à l’illusion de ses dévots, il « croit à sa divinité ». Pour illustrer ce travers, Nietzsche évoque justement l’exemple de l’idolâtrie dont Napoléon a été l’objet . Il y revient dans un paragraphe d’Aurore, intitulé de façon significative Le culte des héros et ses fanatiques, où Napoléon est soupçonné d’avoir rendu possible au XIXe siècle la fabrication d’« un idéal fait de chair et de sang », quasi divinisé : « oui, peut-être est-ce même précisément lui qui a suscité dans l’âme de nos contemporains cette prostration romantique devant le “génie” et le “héros”, si étrangère à l’esprit du siècle des Lumières » . Il convient de ne pas négliger cette perspective critique quand on examine la signification que revêt la figure deNapoléon dans l’oeuvre du philosophe. La volonté de démystification va si loin dans Aurore que Napoléon y est classé parmi les « épileptiques », au même titre que quelques autres « représentants suprêmes du besoin d’action » . Nietzsche ne reconnaît en lui que des « qualités purement humaines », précisant toutefois qu’elles ont été capables de « s’élever à cette puissante unité qui le distingue de toutes les personnalités modernes » . La puissance, la force intérieure et spontanée qui rayonne dans la création de valeurs nouvelles, l’affirmation de soi, voilà ce qui fascine Nietzsche, alors que le thème de la volonté de puissance n’a pas encore paru sous sa plume. Napoléon sait tirer parti même de ce qui le dessert, ainsi le défaut de « parler mal ». En lui, « l’alliance de la puissance et de la génialité » éclate lorsque, avec un certain goût de la provocation, il exagère délibérément son travers au point de « parler plus mal encore qu’il ne le pouvait ». Il transmute ainsi, il sublime une infirmité en puissance supérieure : il montre par là « son goût de la domination » et « son esprit subtil ». Par son mépris des convenances sociales, il domine « sa propre exaspération » à se sentir inférieur aux autres sur ce point et la retourne en supériorité à l’égard des contingences extérieures : de la sorte, « il jouissait de son bon plaisir autocratique » . Le mot est lourd de sens mais ne doit pas être entendu comme une allusion au pouvoir de l’homme d’État. Nietzsche rêve l’avènement « d’une aristocratie nouvelle » , fondée non sur les privilèges de la naissance mais sur les qualités éminentes de l’individualité, sur l’affranchissement radical à l’égard de ce qui amoindrit l’homme, notamment les bons sentiments et la morale ordinaire, recours ultime du faible et de l’impuissant. Napoléon préfigure cette aristocratie. « Comme une dernière flèche indiquant l’autre chemin apparut Napoléon, le plus singulier, le plus tardif des hommes, et avec lui le problème incarné de l’idéal aristocratique en soi » . Son « origine plébéienne »  ne l’empêche pas de rester à part, au-dessus, singulier, ne fût-ce que parce que « l’art de commander » a surmonté chez lui « l’instinct grégaire de l’obéissance ». Aussi s’est-il montré apte à imposer sa volonté sans cette « mauvaise conscience » qui ronge les chefs modernes et les pousse à justifier par divers biais une autorité ressentie comme une entorse à l’égalité. Avec Napoléon s’est produite « l’apparition d’un maître absolu », le « plus haut bonheur auquel ce siècle ait pu atteindre », conclut Nietzsche, dans un élan qui ne laisse pas de donner à penser . Malgré les résistances du rationalisme, la marque de la fiction est nette dans le portrait fragmentaire que Nietzsche dresse de la grande figure historique au fil des livres. Il n’a cependant jamais fait de Napoléon un absolu, au mieux une très lointaine approximation du surhomme, que le Zarathoustra renvoie à un avenir inassignable. « Mais quant à être l’homme d’une exaltation unique, l’incarnation d’un état d’âme sublime — ce ne fut jusqu’à maintenant qu’un rêve, qu’une exaltante possibilité : l’histoire ne nous en donne point d’exemple certain. »  Napoléon est d’abord le signe indiquant que ce rêve, cette fiction, a effleuré furtivement la réalité avant de s’imprimer dans les esprits demeurés idéalistes comme une éventuelle direction à suivre. En tant que fiction, symbole, fantasme ou symptôme, la figure de Napoléon est dans l’oeuvre de Nietzsche un signe surdéterminé : elle rassemble, superpose et concentre en elle un réseau complexe de motifs et d’enjeux. Deleuze souligne que Nietzsche envisage la nature et l’histoire comme le lieu d’un conflit entre des forces qui s’affrontent pour conférer aux choses leur sens et leur valeur. On peut ajouter que ce champ de bataille est un théâtre où chaque force est incarnée par des personnages concrets. Sur cette scène, Napoléon est une figure centrale parce qu’il représente la puissance positive, l’antidote au « déclin », à « l’épuisement », à « l’affaiblissement des instincts » qu’il observe « chez nous, les hommes “modernes”, les Européens ». Dans un paragraphe du Gai Savoir, la figure de Napoléon est le point stratégique où viennent s’entrelacer quelques motifs essentiels de la pensée nietzschéenne. Il s’intitule Notre croyance à une virilisation de l’Europe . Nietzsche commence par dissocier Napoléon de la Révolution française. Plus qu’une distinction, il dessine une opposition. La Révolution incarne le sentimentalisme douceâtre de la fraternité, Napoléon la grandeur héroïque de la guerre. Si la Révolution inaugure le règne du bourgeois, Napoléon le renverse. « Ce sera donc à lui qu’un jour on reconnaîtra le mérite d’avoir restitué à l’homme en Europe la supériorité sur l’homme d’affaires et le philistin », qui ont besoin de la paix pour exercer leur négoce. Cette vigoureuse affirmation virile est dirigée contre les « idées modernes » en général, contre le christianisme, accusé de leur avoir donné naissance et d’en avoir assuré la propagation, contre tout ce qui, aux yeux de Nietzsche, est entaché d’une complaisante mollesse féminine . « Le mouvement démocratique est l’héritier du mouvement chrétien. »  L’accusation sera réitérée. « Le poison de la doctrine des “droits égaux pour tous”, — c’est le christianisme qui l’a répandu le plus systématiquement. »  Nietzsche reproche à l’égalitarisme démocratique, fondé sur « le dogme de l’“égalité des hommes” »  d’entraîner « un affaiblissement et une suppression de l’individu » . Il réduit l’homme au statut d’« animal grégaire » . Contre « la civilisation avec ses idées modernes » Nietzsche dresse Napoléon, qui « s’est affirmé par cette hostilité comme l’un des plus grands continuateurs de la Renaissance; c’est lui qui a ramené au jour tout un morceau de nature antique ». La Renaissance sera définie plus tard comme « l’inversion des valeurs chrétiennes; une tentative […] pour faire triompher les valeurs contraires, les valeurs aristocratiques. »  Contrairement à ce que pourrait laisser croire une lecture trop hâtive, Nietzsche exclut le « retour à la nature » romantique, qui supposerait « une marche en arrière »; il envisage à l’inverse « une montée vers la haute, la libre, la terrible nature, vers le terrible naturel, qui accomplit, comme en s’en jouant, d’immenses tâches, et qui a le droit de s’en jouer… Pour prendre un symbole :Napoléon » . Le philosophe confie après coup au chef militaire la direction de la guerre contre tout ce qu’il déteste dans l’Europe moderne. « Je suis belliqueux de nature, avoue Nietzsche. L’agression fait partie de mes instincts. »  Le lecteur s’en aperçoit : il a affaire à un polémiste auquel il arrive de s’abandonner à une violence extrême. Dans son oeuvre abondent les pages dirigées contre des opinions et des valeurs si communément reçues qu’elles en sont devenues quasi obligatoires. Insensible au scandale que ne peuvent manquer de susciter ses attaques contre les bien-pensants, Nietzsche use de la provocation, voire de l’inconvenance pour flétrir les idées modernes au regard d’un idéal d’affirmation de soi puisé surtout aux sources antiques. Sans se garder de l’outrance ni de la caricature, il glorifie Napoléon, de plus en plus souvent mentionné dans les derniers écrits, comme figure du grand combat, provisoirement différé mais toujours à venir, contre la dénaturation de l’homme occidental, victime de ses illusions religieuses, philosophiques et politiques.

Méchant

Napoléon en enfer -Antoine Wiertz

Il arrive que la silhouette martiale de Napoléon se profile à l’arrière-plan même s’il n’est pas nommé, ainsi dans une page sur les « institutions libérales ». Contre le « nivellement » et l’« abêtissement grégaire » qu’elles entraînent, Nietzsche avance que « la guerre est une école de liberté » parce que, dans ces circonstances terribles, on est « prêt à sacrifier des hommes à sa cause, sans s’en excepter soi-même » et que « les instincts virils, les instincts belliqueux et victorieux, ont le pas sur les autres instincts, par exemple, celui du “bonheur”. » Le danger surmonté et la destruction sont les conditions nécessaires au dépassement des limites. Alors peut se lever librement la puissance d’affirmation de l’individu souverain. La charge qui suit oppose implicitement la figure de Napoléon à ses adversaires fictifs. « L’homme affranchi, et à plus forte raison, l’esprit affranchi, foule aux pieds l’espèce de bien-être dont rêvent les boutiquiers, les chrétiens, les ruminants, les femmes, les Anglais et autres démocrates.L’homme libre est un guerrier. »  Sans s’arrêter à la provocation, on comprendra cet amalgame caustique dans la perspective de la dramatisation nietzschéenne : ce ne sont pas des individus réels qui sont rassemblés sur la scène mais les masques derrière lesquels se dissimulent les facteurs délétères à l’oeuvre dans le déclin de la civilisation européenne. La misogynie chronique de Nietzsche ne lui interdit pas de rendre hommage à telle femme admirable : lorsqu’il évoque « les femmes les plus puissantes, celles qui ont exercé la plus forte influence », le premier exemple qui lui vient à l’esprit est… « la mère de Napoléon » . Toutefois, il vise d’ordinaire à travers les femmes ce qu’elles symbolisent à ses yeux sans en détenir l’exclusivité : « le sentiment » , la compassion, cet « état d’attendrissement sentimental » auquel il oppose la « virilité » , cet « instinct de dévouement et de sollicitude envers les autres » , pernicieuse « sensiblerie »  qui, au lieu de délivrer autrui de ses faiblesses, l’y abandonne sans recours. Nietzsche ne cesse ainsi de reprocher à ses contemporains leur « manque de virilité » . Une formule résume ce qu’il condamne dans la culture moderne : « le féminisme européen », à savoir la généralisation d’un sentimentalisme inhérent à la nature féminine et dont il aurait souhaité que les hommes ne l’imitassent point. On comprend dès lors qu’il approuve Napoléon lorsque ce dernier exige de la femme qu’elle renonce à s’exprimer sur les matières politiques et qu’il cite Mme de Rémusat rapportant dans ses Mémoires comment Napoléon justifiait ses infidélités devant son épouse : « Je suis à part de tout le monde » . Nietzsche ne pouvait manquer d’être enchanté par cette parole dénotant l’affirmation virile contre le sentiment féminin et la supériorité de celui qui se place spontanément au-dessus de la morale ordinaire, « par-delà bien et mal ». Napoléon paraît ainsi sur le grand théâtre nietzschéen comme le type viril suprême, aux antipodes du dangereux modèle féminin qui s’est imposé en Europe au point que l’« on répugne à présent à la douleur », que l’époque moderne est paralysée par son « hypersensibilité », que « l’on adore aujourd’hui la sécurité comme la divinité suprême ». À quel avenir une société qui subordonnerait ses pensées et ses actes à la recherche exclusive du bien-être serait-elle promise ? « Nos “bienfaiteurs”, répond Nietzsche, plus que nos ennemis sont les rapetisseurs de notre valeur et de notre volonté. » La « religion de la pitié » chrétienne s’achève dans « la religion du confort », qui est désormais celle d’une Europe amoindrie. « Car bonheur et malheur sont deux frères jumeaux qui ou bien grandissent ensemble ou bien, comme c’est le cas chez vous, — demeurent petits ensemble ! »  Nietzsche en appelle
donc à une dureté supérieure et créatrice comme antidote à l’« amollissement douillet »  car prétendre éliminer le risque et la souffrance sans perdre l’essentiel est une illusion funeste. « Examinez la vie des hommes et des peuples les meilleurs et les plus féconds, et voyez si un arbre qui doit croître vers le haut peut être dispensé des intempéries, des tempêtes » . Une société se condamne à la médiocrité en évitant à l’homme ce qui le force à grandir par le combat et en feignant d’ignorer que la vie jaillit dans sa plénitude quand on sacrifie sans pitié ce qui fait obstacle à son épanouissement. « Vivre — cela veut dire : être cruel et inexorable pour tout ce qui en nous n’est que faible et vieilli, et pas seulement en nous. » Zarathoustra n’envisage pas de sollicitude qui ne soit subordonnée à des buts plus élevés. « Malheur à tous ceux qui aiment et au-dessus de leur compassion encore n’ont une cime ! ». La pensée de Nietzsche n’a pas varié sur ce point : « les grands moments de la lutte des individus forment […] une ligne de crête de l’humanité » . De ce fait, l’existence de Napoléon était une nécessité : « les hommes héroïques » sont « les forces primordiales de la conservation et du développement de l’espèce, ne serait-ce que par le fait qu’ils résistent au confort et que pour cette sorte de bonheur ils ne dissimulent point leur dégoût. » L’existence de Napoléon relève aussi du miracle car il lui a fallu une force exceptionnelle pour ne pas se laisser étouffer par « nos concepts débiles, efféminés et sociaux du bien et du mal », qui ont pour effet de « briser les individus autonomes, indépendants et sans préjugés, piliers d’une civilisation forte » . La civilisation n’a d’autre fin aux yeux de Nietzsche que de culminer en des sommets tels que Napoléon. On n’atteint pas les sommets sans affronter héroïquement la rigueur des circonstances ni braver les valeurs morales d’une société dont la fonction principale est de perpétuer la faiblesse en protégeant les faibles. La guerre est ce moment où les contraintes sociales se dissolvent et où se forgent les énergies nouvelles. C’est pourquoi « une humanité aussi supérieurement civilisée, et par suite aussi fatalement exténuée que celle des Européens d’aujourd’hui, a besoin, non seulement de guerres, mais des plus grandes et des plus terribles qui soient […] pour éviter de se voir frustrée par les moyens de la civilisation de sa civilisation et de son existence mêmes. »  La politique du faible conduit au dépérissement. Aussi Nietzsche attend-il « l’avènement d’une époque plus virile et plus belliqueuse qui saura avant tout remettre en honneur le courage ! Car elle préparera la voie d’une époque […] qui portera l’héroïsme dans le domaine de la connaissance et qui livrera des guerres pour l’amour de la pensée ». La restriction est capitale. Nietzsche est belliqueux, polémiste, il n’est pas belliciste. « Il n’y a pas de perte sans la compensation la plus élevée »  : la guerre est peut-être un mal nécessaire pour secouer de leur torpeur les peuples modernes mais les plus hauts combats sont ceux qui se livrent dans le champ de l’esprit. « Presque tout ce que nous nommons “civilisation supérieure” repose sur la spiritualisation et l’approfondissement de la cruauté » . Il n’y a pas un mot dans l’oeuvre de Nietzsche sur Napoléon, homme de guerre alors qu’il est donné en exemple par un passage sur la maîtrise de soi : il est le type de celui qui est capable de « tyranniser l’instinct ». Si Nietzsche glorifie l’instinct en général comme puissance de jaillissement spontanée et originaire, il n’ignore pas le péril que constituerait la libération sans ligue bonapartiste-2discernement de tous les instincts. Peut-être a-t-il admiré en Napoléon « la force qu’un génie applique non à des oeuvres mais à soi-même en tant qu’oeuvre, c’est-à-dire à son propre domptage » . La seule grande guerre qui vaille est intérieure. La guerre extérieure n’est au mieux qu’une occasion de livrer combat contre soi-même, l’exercice du pouvoir celle de se tyranniser soi-même avant les autres. Il reste que la méchanceté est nécessaire. Le fort ose faire mal, risque le mal dans l’intérêt de ce qui est destiné à croître. Il n’est pas de grande éducation sans brutalité, n’en déplaise aux petites morales. La vie et l’histoire n’enseignent rien d’autre, qui n’épargnent pas les souffrances : « le devenir n’est pas un phénomène moral mais un phénomène artistique »  et l’on ne saurait méconnaître sans aveuglement « l’effrayante impulsion destructrice de ce qu’on appelle l’histoire universelle ». Le monde est l’oeuvre d’un enfant qui joue, selon l’image que Nietzsche emprunte à Héraclite et qu’il commente en ces termes : « le jeu de l’artiste et de l’enfant connaît un devenir et une mort, bâtit et détruit, sans aucune imputation morale, au sein d’une innocence éternellement intacte. »  Ainsi, ce qui oeuvre en l’individu supérieur sourd directement de la nature et de la vie mêmes : « l’homme d’action est toujours […] dénué de scrupules », il « ne connaît qu’un droit, le droit de ce qui doit maintenant naître ». Dans le même esprit, il est aisé de transposer à Napoléon le propos sur l’OEdipe de Sophocle. « L’homme noble ne pèche pas […] : toute loi, tout ordre naturel, le monde moral lui-même, peuvent bien sombrer par ses actes, ce sont justement eux qui tracent le cercle magique de cette action supérieure, capable d’édifier un nouveau monde sur les ruines et les décombres de l’ancien. »  La morale ordinaire condamne de tels gestes grandioses de destruction comme action mauvaise parce qu’elle est inapte à y reconnaître l’innocence esthétique de la vie qui par là passe outre, plus loin, plus haut, et se surmonte, quel qu’en soit le prix. Toute croissance exige un combat contre l’adversité et justifie la méchanceté. « L’être le plus riche en abondance vitale » peut se permettre « de commettre même une action terrible et de se livrer à tout le luxe de destruction, de décomposition, de négation […] en vertu d’un excédent de forces génératrices et fécondantes ». Deleuze évoque dans cet esprit « la méchanceté divine sans laquelle on ne saurait imaginer de perfection ». La pensée de Nietzsche apparaît d’emblée prédisposée à glorifier en Napoléon un exemplaire supérieur de méchant. Le silence est complet sur les meurtrières campagnes napoléoniennes mais les premières oeuvres en donnent une justification implicite en tant que facteur d’élévation. Les fruits qu’elles portent pour l’avenir, leur invisible fécondité se mesure à ce qu’elles ont suscité d’effroi et de destruction, à leur épouvantable brutalité, à leur atrocité, à leur cruauté. « Ce que l’humanité peut s’octroyer en partage de meilleur et de plus haut, il faut qu’elle l’arrache par un sacrilège » ou par « quelque monstrueuse transgression de la nature » . Plus tard, Nietzsche fait observer que « le tyran ou César conçoit le droit de l’individu aussi dans ses transgressions » . La violation délibérée d’un code moral et social, dont la fin est de protéger les faibles, par l’individu supérieur en qui la vie se manifeste dans toute sa puissance, est une voie ouverte pour l’avènement d’une collectivité plus vigoureuse à tous égards et que viendront couronner de nouveaux grands hommes. C’est pourquoi « les esprits les plus méchants sont de ceux qui jusqu’à maintenant ont le plus contribué au progrès de l’humanité »  parce qu’ils n’ont pas hésité à bousculer les normes établies, à enfreindre les règles qui limitent la libre expansion de la vie dans ses manifestations les plus hautes. Les hommes ont besoin de malfaiteurs et non d’aveugles et dangereux bienfaiteurs qui travaillent en toute inconscience à la perte de leur couvée. Ainsi s’explique la proximité de l’homme supérieur et du criminel. « C’est la société, notre société policée, médiocre, castrée, qui fatalement fait dégénérer en criminel un homme proche de la nature » mais « il est des cas où un tel homme se révèle plus fort que la société. Le Corse Napoléon en est l’exemple le plus fameux ». Par sa victoire sur les contraintes sociales qui auraient pu l’étouffer, le criminel potentiel est devenu un grand homme mais il n’en continue pas moins d’appartenir à un « type dont le criminel est l’expression la plus parfaite » (CRID 90), le type du méchant qui commet le mal pour le plus grand bien de la collectivité.

Nomade

Une conséquence indirecte et lointaine des guerres napoléoniennes, au-delà du « mouvement national » qu’elles ont suscité sur le moment, est selon Nietzsche l’apparition et le renforcement d’un sentiment européen . Il cite Napoléon au premier rang des « hommes vastes et profonds » que n’a pas atteint « la folie nationaliste », en qui au contraire s’est éveillé « le désir d’unité de l’Europe », qui « voulurent incarner, par anticipation, l’Européen de l’avenir » . Le philosophe appelle de ses voeux une humanité qui se sente « au-dessus des civilisations nationales, originales et fermées ». Avec le discrédit qui frappe l’idée d’un Dieu maître du monde et de l’histoire, « c’est aux hommes eux-mêmes à se fixer des buts oecuméniques englobant toute la terre. » Napoléon a incarné un tel  dessein, « lui qui voulait une seule Europe, […] en tant que maîtresse de la terre. »Nietzsche tient l’élargissement du champ individuel et national aux dimensions de l’Europe pour inéluctable et y voit la promesse d’une ère radicalement nouvelle. « Un haut niveau d’humanité sera possible quand l’Europe des nations sera un sombre passé oublié ». Le nationalisme est une attitude périmée. La fin du XIXe siècle, caractérisée par la diversification et la multiplication des échanges, laisse entrevoir « un affaiblissement fatal des nations » et l’avènement d’« une race mêlée, celle de l’homme européen ». Dans ces conditions, « il ne reste plus qu’à  se proclamer sans crainte bon Européen et à travailler par ses actes à la fusion des nations ». En tant que promoteur de ce mouvement historique de première grandeur, Napoléon apparaît une fois de plus comme une figure centrale dans la pensée de Nietzsche; davantage encore : il cristallise un imaginaire de l’explorateur et du conquérant nomade qui anime en profondeur toute l’oeuvre du philosophe-poète. Nietzsche voit surgir avec une certaine bienveillance dans l’Europe moderne « un type d’humanité essentiellement supranationale et nomade »  et il dédie Le Gai Savoir aux « Européens d’aujourd’hui […] qui ont le droit de se nommer sans patrie en un sens qui les distingue et qui les honore ». En cette page se devine la présence invisible de Napoléon : « nous nous réjouissons de tous ceux qui, pareils à nous, aiment le danger, la guerre, l’aventure, […] nous nous comptons nous-mêmes parmi les conquérants ».  Annulant d’avance les falsifications de sa pensée et les ignobles défigurations à venir, Nietzsche dénonce le danger d’un « nationalisme artificiel » qui refuse d’entériner les acquis irréversibles de l’histoire et fait obstacle à  la naissance d’une Europe nouvelle en interdisant qu’y prennent leur part toutes les forces vives qui la constituent. Aussi s’en prend-il à « cette odieuse littérature qui entend mener les Juifs à l’abattoir, en boucs émissaires de tout ce qui peut aller mal dans les affaires publiques et intérieures ». Il conviendrait au contraire de faire fi des préjugés et d’accueillir « leur énergie et leur intelligence supérieures, ce capital d’esprit et de volonté longuement accumulé de génération en génération à l’école du malheur », qui serait un élément essentiel dans la « production d’une race européenne mêlée et aussi forte que possible » . Cet éloge vibrant des Juifs peut surprendre, quand on sait les mots très durs qui viennent par ailleurs à Nietzsche pour flétrir le judaïsme. Sur la scène de sa pensée, tout semble opposer Napoléon aux Juifs. On peut cependant se demander si l’imaginaire du poète ne les tient pas dans une étonnante proximité. En tant que figures de l’errance et du nomadisme, du « sans-patrie », ils sont l’antidote au nationalisme, les instruments d’un grand métissage européen, dont les sources remonteraient à une antiquité grecque étrangère à l’idée de nation : « revenons aux Grecs, pour nous dire combien le moderne concept de nationalité est ridicule ». Nietzsche souligne que la culture juive a prolongé en Occident la culture antique, « ce qui équivaut en un certain sens à faire de la mission et de l’histoire de l’Europe la continuation de celles de la Grèce. » De son côté, « Napoléon, en tant que type parfaitement et totalement voulu et réalisé d’un unique instinct, appartient à l’humanité antique » . Ici et là, on a affaire à des médiateurs qui, rattachant l’Europe moderne à ses origines historiques, sont aptes à lui restituer l’intégrité de son énergie première. « J’aime à considérer les hommes rares d’une époque comme autant de rejetons tardifs de civilisations révolues, issus de leurs forces et qui surgissent brusquement ». Cette remarque, qui s’applique si évidemment à Napoléon comme irruption miraculeuse de l’antiquité dans la modernité, concerne aussi les Juifs, auxquels Nietzsche en appelle pour régénérer de leurs forces accumulées les peuples d’une Europe exténuée . L’imagination de Nietzsche est fascinée par « la vie nomade propre actuellement à tous ceux qui ne possèdent pas de terres » . Le juif errant est le modèle du philosophe : « à l’opposé des intelligences asservies et enracinées, nous voyons quasiment notre idéal dans un nomadisme intellectuel ». Dans une envolée aussi magnifique qu’irréaliste, Nietzsche convie les ouvriers européens à s’affranchir de la servitude à laquelle les voue le mercantilisme moderne en allant chercher la liberté ailleurs, « dans des régions du monde sauvages et intactes » et à « protester par cet acte de nomadisme de grand style contre la machine, le capital ». Un chapitre du Zarathoustra s’intitule « Le voyageur ». Le héros, dans lequel on reconnaît aisément l’auteur, a connu « mainte pérégrination depuis sa jeunesse […]. Je suis, dit-il à son coeur, un homme qui voyage et qui gravit des montagnes » . Nietzsche a mené une vie errante, multipliant les lieux de résidence où il passe de quelques jours à plusieurs mois, en Suisse, en Italie, dans le sud de la France. Il se plaît à opposer les contrées méridionales à la septentrionale Allemagne rejetée parce qu’elle incarne à ses yeux « l’infection nationaliste » ,le « chauvinisme », bref la « petite politique » résumée dans le Deutschland überalles, de sinistre mémoire, qu’il tourne en dérision  comme toute politique de clocher. Il ne serait pas étonnant que l’origine corse de Napoléon ait joué un rôle dans le mythe que Nietzsche s’est construit de l’homme supérieur plongeant ses racines dans l’antiquité gréco-romaine et la Renaissance italienne, deux manifestations éblouissantes de la culture méditerranéenne. « Paris, la Provence, Florence, Jérusalem, Athènes, tous ces noms prouvent la même chose : le génie dépend d’un air sec, d’un ciel pur » . Que l’un des derniers textes de Nietzsche mentionne Jérusalem comme antidote au climat malsain de l’Allemagne, parmi les lieux propres au génie, entre la capitale de Napoléon, la ville symbole de l’antiquité grecque et celle de la Renaissance italienne, voilà qui mérite d’être longuement médité. De tous les Juifs, le Christ fut le plus errant, qui dit de lui-même : « le Fils de l’Homme, lui, n’a pas où reposer la tête ». Que l’on songe aux superbes images de Pasolini : L’Évangile selon saint Matthieu montre un Christ en marche inlassable dans le désert, un Christ sans feu ni lieu, grand transgresseur de préceptes pharisiens, qui n’est « pas venu apporter la paix, mais le glaive » et dont la geste et la prédication prennent quelques libertés avec la morale bien-pensante : payer l’ouvrier de la onzième heure autant que celui de la première, arracher des épis dans le champ d’autrui un jour de sabbat, chasser du temple, avec une brutalité non tempérée, « les vendeurs et les acheteurs », traités de « brigands ». Oui, les Juifs ont conduit l’humanité jusqu’à l’un de ses points culminants. C’est « un peuple […] auquel nous devons l’homme le plus noble (le Christ) ». Il ne semble pas que ce jugement qui érige le Christ, au même titre que Napoléon, en type aristocratique, ait jamais été désavoué par Nietzsche. Dans la religion de l’Europe, avec laquelle il est si sévère, il attaque moins ce qu’elle est que ce qu’elle est devenue : « le christianisme a évolué vers un doux moralisme ». Excepté dans sa version sentimentale moderne, il n’y pas lieu de penser qu’il fasse exception à cette loi : « toutes les religions sont au plus profond d’elles-mêmes des systèmes de cruautés » . En tant que « discipline doublement millénaire de l’esprit de vérité », le christianisme a joué un rôle historique capital : « c’est bien en vertu de pareille rigueur […] que nous sommes en effet de bons Européens, les héritiers de la domination de soi la plus durable et la plus courageuse dont l’Europe ait fait preuve. » Napoléon, le bon Européen, serait l’héritier du Christ : le philosophe de la mort de Dieu reconnaît ce qu’il doit à la source judaïque. Nietzsche n’a eu d’autre dessein que « d’exercer une influence inactuelle, c’est-à-dire d’agir contre le temps, donc sur le temps, et, espérons-le, au bénéfice d’un temps à venir. »  Le « sans-patrie » répond à l’appel de ce qui le devance; il ne s’abandonne pas au « romantisme du retour en arrière et de la désertion » . Le hors-la-loi est cependant un hors-le-temps-présent. « Nous autres enfants de

l’avenir, comment pourrions-nous être chez nous dans pareil aujourd’hui ! ». Le nomade est partout et nulle part, toujours et jamais, il est sans lieu et sans époque. Il appartient au champ inassignable de la fiction : « nous préférons de beaucoup vivre sur les montagnes, à l’écart, “inactuels”, dans des siècles passés ou à venir » . Tel est Napoléon, enraciné à la fois dans un passé et un avenir inassignables : « avec une magnificence jusqu’alors inconnue, l’idéal antique lui-même se présenta en chair et en os au regard et à la conscience de l’humanité » . L’exemple de Napoléon illustre une loi générale. « Les grand hommes sont, comme les grandes époques, des explosifs où s’accumule une énorme force retenue. » . Ils concentrent en eux l’énergie accumulée d’un long passé mais ils proviennent aussi de l’avenir. « Le siècle prochain marchera sur les brisées de Napoléon, le premier en date et le plus moderne des hommes des temps nouveaux ». Le héros nomade est le frère jumeau du penseur : « le philosophe, qui est nécessairement l’homme de demain et d’après-demain, s’est trouvé et devait se trouver à n’importe quelle époque en contradiction avec le présent. » Sa tâche est de « connaître une nouvelle grandeur de l’homme », de « découvrir un chemin non frayé vers son accroissement ». En conséquence, ses qualités seront celles-là mêmes du grand chef militaire ou religieux, explorateur et conquérant : « l’énergie de la volonté, la dureté, l’aptitude à former des résolutions à longue échéance » ou encore le « goût des grandes responsabilités, […] la majesté du regard dominateur, […] l’art de commander » . Le goût du combat et de la conquête culminent dans le champ de la connaissance. En vilipendant ce qui n’est qu’« humain, trop humain » et en dépit de sa dénégation — « je suis l’opposé d’une nature héroïque »  —, Nietzsche a voulu fixer « ce qu’il y a de dur, d’effrayant, de cruel, de problématique dans l’existence », maintenir cet « irrésistible courage du regard le plus aigu qui requiert le terrible comme l’ennemi, le digne ennemi contre qui éprouver sa force. »  Demeure ce qui fut peut-être son unique question : « la grandeur est-elle aujourd’hui possible ? » Son imaginaire tragique et héroïque a projeté la grandeur en « Napoléon, cette synthèse de l’inhumain et du surhumain » , il l’a constitué en type de l’individu supérieur, fiction surgie dans l’histoire pour illustrer cette loi : dans certaines conditions de grandeur, ce qui paraît blesser l’homme, l’amputer, le nier, est ce qui augmente son être et lui permet de se surmonter. Paul Valéry, ce sceptique notoire, est visité par une semblable intuition : « tout ce qui agrandit l’homme est inhumain ou surhumain ». S’il advenait que l’Europe se fît sourde à cette parole, se trouverait-il encore quelqu’un pour lui accorder le moindre rêve ?

Bibliographie :
1. Ernst Bertram, Nietzsche : Essai de mythologie, trad. R. Pitrou (1932), Éd. du Félin, 1990. Les analyses de Bertram, malgré leur richesse et leur grand intérêt, doivent être doublement nuancées : elles ne tiennent pas compte de tous les textes de Nietzsche sur Napoléon, tant s’en faut; elles s’inscrivent explicitement dans une perspective que Nietzsche eût qualifiée d’« idéaliste », celle de Goethe, à l’égard de laquelle le philosophe prend nettement ses distances  dès Humain, trop humain, même si le terme d’« idéal » revient encore très tardivement sous sa plume. Cette question complexe nécessiterait à elle seule un long développement, exclu ici. Nous y reviendrons brièvement dans ce qui suit.
2. Jean Tulard, Le mythe de Napoléon, Armand Colin, 1971. Les développements concernant Nietzsche reprennent les éléments fournis par le chapitre de Bertram sur Napoléon.
3. Paul Valéry, Discours en l’honneur de Goethe, OEuvres, Gallimard, Bibliothèque de la Pléiade,1957, t. I, p. 549.
4. Pascal, Pensées, éd. Brunschvicg, n° 82, Hachette, 1976, p. 363.
5. Les références aux livres publiés par Nietzsche de son vivant sont données dans la traduction des oeuvres complètes parue chez Gallimard et reprise dans la collection « Folio essais ». Les références aux écrits posthumes sont données dans le recueil en deux volumes de La volonté de puissance, trad. G. Bianquis, Gallimard, coll. Tel, 1995.
6.La naissance de la tragédie : NT
7. La philosophie à l’époque tragique des Grecs : PÉTG
8. Considérations inactuelles : COIN
9. Humain, trop humain : HTH
10. Aurore : AU
11. Le gai savoir : GS
12. Ainsi parlait Zarathoustra : APZ
13. Par-delà bien et mal : PBM
14. La généalogie de la morale : GM
15. Crépuscule des Idoles : CRID
16.L’Antéchrist : AC
17. Ecce homo : EH
18.La volonté de puissance : VP.
19. La constitution de Napoléon, personnage historique, en mythe ou en fiction est d’ailleurs déjà très ambiguë chez certains romantiques, comme le suggère par exemple à propos de Pouchkine Jean-Louis Backès (Pouchkine, Hachette, 1996, p. 59-62).
20. Voir sur ce point, par exemple, les remarques d’Ernst Bertram, Nietzsche, op. cit., p. 267-8.
21. Gilles Deleuze, Nietzsche et la philosophie, PUF, 1962, p. 4-5.
NIETZSCHE ET NAPOLEON : LA FICTION DANS L’HISTOIRE 13
22. Allusion au fragment d’Héraclite : « Si le bonheur résidait dans les plaisirs corporels, on dirait que les boeufs sont heureux lorsqu’ils trouvent du pois chiche à manger. » (Jean-Paul Dumont [ed.], Les écoles présocratiques, Gallimard, coll. « Folio essais », 1991, p. 67).
23. Il faudrait nuancer. « Il n’y a pas de misogynie nietzschéenne », écrit Gilles Deleuze, qui
oppose Ariane, « la première puissance féminine, l’Anima, la fiancée inséparable de l’affirmation dionysiaque » à « la puissance féminine infernale, négative et moralisante » (Nietzsche et laphilosophie, op. cit., p. 24).
24. Gilles Deleuze, Nietzsche et la philosophie, op. cit., p. 3.
25. Matthieu VIII, 20; XV, 1; X, 34; XX, 1-16; XII, 1; XI, 15-17 (trad. de la Bible de Jérusalem).
26. Ce passage du Gai Savoir est cité dans La généalogie de la morale (GM 193) : c’est dire toute l’importance que Nietzsche accorde { la fonction éducative du christianisme.
27. Paul Valéry, Cahiers, éd. Judith Robinson, Gallimard, Bibliothèque de la Pléiade, t. II, 1974, p. 1125. Cette pensée paraît sous une forme un peu différente dans « Fragments des mémoires d’un poème » : « Je ne savais pourquoi on loue un auteur d’être humain, quand tout ce qui relève l’homme est inhumain ou surhumain » (OEuvres, t. I, op. cit., p. 1485).

Avec Napoléon à l’île d’Aix par Claudine Clabots


Claudine et F.SamsonJ’ai eu la chance de rencontrer Claudine Clabots à travers son livre « Napoléon, Marie et Alexandre, la « famille » polonaise »; la Bourse Napoléonienne organisée par le Bataillon Napoléon (voir agenda pour la prochaine le 08/11/2015) fut un court moment d’échanges mais nous continuons à nous écrire régulièrement et je trouvais intéressant de partager son voyage à l’île d’Aix qui nous donne envie de voyager sans devoir faire la traversée vers le “zoo humain” que devient l’île Sainte-hélène. J’en profite pour signaler qu’il y a actuellement une exposition à Verviers sur Napoléon, sa vie à travers les femmesDans le monde Napoléonien d’aujourd’hui, les femmes ne sont que trop rarement mises en avant et pourtant ce n’est pas faute d’écriture! Place au verbe et aux émotions….Merci Claudine pour ce partage…Jacques JANSSENS

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Waterloo 2015 – La Commémoration!


ACMNPhoto de Dominique Timmermans : Aucune couronne officielle française, nous avons donc déposé la nôtre….

Association pour la conservation des monuments Napoléoniens

                                                                                                  ACMN

Documentaires : Les reportages de l’émission Retour aux sources

  1. Revoir la reconstitution du Bicentenaire de la bataille de Waterloo

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Uniforms by Louis Lepic


 http://napoleonbonaparte.be/uniforms-by-lepic-2/

Grenadiers à pied et à cheval de la vielle garde, Garde impériale 1809,

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Les bibliographies thématiques de la Fondation Napoléon


BnF – FONDATION NAPOLÉON : BIBLIOGRAPHIES NUMÉRIQUES NAPOLÉONIENNES

http://www.napoleon.org/fr/napoleonica/bibliotheque/index.asp

Je tiens à partager le travail de qualité de la Fondation Napoléon en partenariat avec la Bibliothèque Nationale de France! Il serait utile que les ouvrages soient répertoriés régulièrement par thématique pour les passionnés. En effet, il est plus aisé de choisir le document et de le télécharger que de le consulter en ligne… Les bibliographies thématiques sont un creuset d’ingrédients pertinents pour l’alchimiste Napoléonien! Merci à la Fondation Napoléon. Jacques JANSSENS

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© Fondation Napoléon Dans la cadre du partenariat entre la Bibliothèque nationale de France et la Fondation Napoléon, retrouvez nos bibliographies napoléoniennes thématiques réalisées à partir du fonds Gallica : l’alliance de la puissance de numérisation de la BnF, et de l’expertise historique de la Fondation Napoléon.

Napoléon à l’île d’Elbe

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Bonapartiana VIII : Bulletin du Dimanche du Octidi 28 Messidor 223


france frontières ulraBonapartiana  VIII : Bulletin du Dimanche du Octidi 28 Messidor 223

“L’actualité” de Napoléon le Grandjacques JANSSENS

Mouvement Bonapartiste Belgique

Création : Antoine Richard

“Un livre curieux serait celui dans lequel on ne trouverait pas de mensonge.”
Napoléon Bonaparte ; Maximes et pensées (1769-1821)

J’ai fait le choix de partager gratuitement des livres qui relèvent du “domaine public” sur Napoléon Le Grand dont la liste se trouve sur la page suivante : http://napoleonbonaparte.be/lectures/livres-sur-napoleon-le-grand-format-pdf/  pour la recherche historique ou pour la simple curiosité. En effet, les sites traditionnels de recherches de livres proposent des outils qui ne sont plus adaptés aux technologies actuelles. Il est impossible de lire confortablement et de traiter un ouvrage sans le télécharger, ce qui est une démarche lente et laborieuse dans certains cas. J’invite donc les responsables d’ouvrages qui relève du domaine public  à partager les ouvrages en leur possessions dans un dossier distinct de façon à ce que les chercheurs puissent directement accéder aux ouvrages qui traitent de près ou de loin de la “thèse Napoléonienne” dans la mesure du possible qui est “Français”.   JACQUES JANSSENS

aigle et papillon

SUR LE NORTHUMBERLAND :

Mardi 15 août 1815.

FAVEUR BIZARRE DE LA FORTUNE

Dans la matinée nous avons demandé à être admis près de l’Empereur ; nous sommes entrés tous à la fois chez lui ; il n’en devinait pas la cause : c’était sa fête, il n’y avait pas pensé. Nous avions l’habitude de le voir ce jour-là dans des lieux plus vastes et tout remplis de sa puissance ; mais nous n’avions jamais apporté de vœux plus sincères et des cœurs plus pleins de lui.

Nos journées se ressemblaient toutes : le soir nous jouions constamment au vingt-et-un ; l’amiral et quelques Anglais étaient parfois de la partie. L’Empereur se retirait après avoir perdu d’habitude ses dix ou douze napoléons ; cela lui était arrivé tous les jours, parce qu’il s’obstinait à laisser son napoléon jusqu’à ce qu’il en eût produit un grand nombre. Aujourd’hui il en avait produit jusqu’à quatre-vingts ou cent ; l’amiral tenait la main, l’Empereur voulait laisser encore pour connaître jusqu’à quel point il pourrait atteindre ; mais il crut voir qu’il serait tout aussi agréable à l’amiral qu’il n’en fit rien : il eût gagné seize fois, et eût pu atteindre au-delà de soixante mille napoléons. Comme on s’extasiait sur cette faveur singulière de la fortune en faveur de l’Empereur, un des Anglais fit la remarque qu’aujourd’hui c’était le 15 août, jour de sa naissance et de sa fête….

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Titre : Napoléon à bord du “Northumberland” : témoignages réunis et traduits par Henry Borjane…
Auteur : Warden, William (médecin)  – Auteur : Lyttelton, William Henry Lord – Auteur : Glover, John R
Auteur : Ross, C B H (Captain)
Éditeur : Impr.-édit. Plon (Paris)
Date d’édition : 1936
Contributeur : Borjane, Henry. Éditeur scientifique. Traducteur
Droits : domaine public

Je vous invite également à lire le témoignage du journal  DE DENZIL IBBETSON

aigle et papillon

 ACTUALITES

Lors de sa première visite en 1798, Napoléon se serait longuement arrêté devant la statue de Manneken-Pis. Lors de son dernier voyage en 1810, l’Empereur est une fois de plus séduit par le petit pisseur. L’histoire raconte qu’il l’aurait fait chambellan et l’aurait doté dans la foulée d’une somme de 2000 francs or. Le lendemain, notre petit Julien portait les plumes et l’uniforme coloré des chambellans de l’Empire.

  1. 15 août 1769 : naissance de Napoléon Bonaparte
  2. Une exposition d’objets pour l’anniversaire de Napoléon
  3. La banque où fut célébré le mariage de Napoléon et Joséphine de Beauharnais
  4. A Ajaccio, les touristes se passionnent pour Napoléon
  5. “Le Sacre de Napoléon” : Une exposition de Dumé Susini à Ajaccio
  6. Empereur des Français et prince du marketing
  7. ” Napoléon ” repose à Courçay
  8. Le coup de feu salvateur de Napoléon à Gap
  9. Mouscron: Serge a une impressionnante collection de figurines sur l’époque napoléonienne
  10. A Fouchères, le domaine de Vaux invite à enquêter pendant tout l’été
  11. 8 août 1815 : Napoléon part pour Sainte-Hélène
  12. Le Bivouac de Napoléon à la Galerie des Gobelins
  13. L’Homme providentiel, une figure de la vie politique française
  14. En avril 1814, Napoléon 1er fait une halte savoureuse au Pin Bouchain
  15. Insolite. Michel, passionné par Napoléon
  16. Banque de France, banque de l’empereur | Contrepoints

Bilan général de l’opération « Sauver la Maison de Napoléon à Sainte Hélène »

Débutée à la fin de l’année 2010, l’opération « Sauver la Maison de Napoléon à Sainte-Hélène », touche presque à sa fin, après presque cinq ans de travaux. La souscription internationale a rencontré un très grand succès et les travaux sur place ont été réalisés dans les délais et le respect du devis. La générosité du public nous a permis d’élargir notre intervention à d’autres besoins d’urgence des Domaines nationaux de Sainte-Hélène. Une délégation comptant un représentant de M. le ministre des Affaires étrangères, participera à l’inauguration des Domaines restaurés, en octobre prochain. Pour clôturer cet immense projet, s’ouvrira en avril 2016, au Musée de l’Armée une exposition « Napoléon à Sainte-Hélène » qui permettra de faire découvrir au public les meubles de Longwood restaurés ainsi que d’autres souvenirs, rarement montrés, de l’exil de l’Empereur. Cette opération est une franche réussite, dont nous pouvons tous être satisfait. Voir le Bilan complet de l’opération « Sauver la Maison de Napoléon à Sainte-Hélène », établi par l’équipe de suivi.

Cette opération a été conduite par le ministère des Affaires étrangères et la Fondation Napoléon:

 http://fondationnapoleon.org/activites-et-services/patrimoine/operation-sainte-helene/

Répartition géographique des dons
Les dons sont venus de 28 pays différents.
Les plus gros contributeurs ont été la Belgique, avec 703 988 €, suivie de la France (675 944 €), de l’île de Sainte -Hélène (81 122 €),du Canada (11 889 €) et de la Suisse (11 481 €).

donation

LIVRES

Au début des années 1850, le 15 août devient la fête nationale en France. Cette célébration permet au président Louis-Napoléon d’amorcer la transition vers le second Empire, et d’imposer avec succès un modèle de fête nationale populaire qui sera largement repris par la République. S’appuyant sur une documentation inédite aux Archives nationales et départementales, Sudhir Hazareesingh fait revivre cette fête riche et multiforme. Moment d’exaltation de la mémoire napoléonienne, la fête impériale est aussi le théâtre de tensions créatives : entre la solennité pieuse des croyants et la jubilation carnavalesque du peuple, entre la glorification de la Nation et le culte des traditions locales, et entre la célébration du soutien populaire au régime et la peur de la foule. L’ouvrage renouvelle notre vision de la tradition napoléonienne sous le second Empire. Hazareesingh insiste particulièrement sur la dimension locale des fêtes, qui permet aux notables de célébrer les travaux publics et l’action caritative des associations, et donne l’occasion aux municipalités de se mettre en valeur. La Saint-Napoléon met également en scène des moments de liesse collective, comme lors des remises des médailles de Sainte-Hélène aux anciens vétérans des guerres de l’Empire. Mais cette harmonie fragile peut aussi prendre une fâcheuse tournure : au sein même de l’État bonapartiste, entre le clergé et les autorités civiles, et entre les représentants de l’État et les forces de l’opposition républicaine, qui utilisent sciemment le décor de la fête nationale pour subvertir l’ordre bonapartiste. Écrit avec humour et humanité, et fourmillant d’anecdotes savoureuses, cette étude originale apporte des éclairages nouveaux sur la sociabilité et la culture politique française, et souligne le poids de la tradition napoléonienne dans la mémoire collective nationale. Traduit de l’anglais par Guillaume Villeneuve.

  • Uniformes napoléoniens Carle Vernet

Des lointaines steppes de Russie où il s’était imprudemment aventuré, Napoléon envoya l’ordre à Paris en 1812 d’étudier de nouveaux uniformes pour la Grande Armée dont on espérait un retour victorieux, et voulait remettre à neuf les parements usés par tant de campagnes : c’est le colonel Bardin qui en fut chargé. Bardin se mit promptement au travail et commença par choisir, en la personne du peintre Carle Vernet, le collaborateur qui devait dessiner les nouveaux costumes. Napoléon revint des steppes, seul, porteur d’une tragédie inattendue : la Grande Armée s’était évanouie dans les neiges. Les élégants uniformes peints par Vernet ne furent réalisés qu’en partie pour habiller les conscrits de 1813. Les planches d’uniformes reproduites ici sont extraites d’un recueil de deux cent quarante cinq aquarelles originales peintes par Carle Vernet. La qualité du dessin et de l’aquarelle, la fraîcheur des couleurs, parfaitement conservées en font la plus belle source de documentation sur l’uniforme du premier empire.

  • Waterloo : La Chute de l’Aigle – Une étude originale sur une des plus grandes batailles (Kees Schulten)

Pour la première fois, un ouvrage présente une analyse des différentes stratégies des protagonistes de cette terrible bataille, aspect jusqu’ici négligé. Il va de l’étude des personnages et des stratèges que furent Wellington, Napoléon et Blücher, jusqu’à la révélation d’un élément que les Anglais ont longtemps occulté par chauvinisme : c’est l’armée des Pays-Bas et le prince d’Orange qui décidèrent réellement du sort de la bataille. Kees Schulten étudie les événements les plus marquants d’une partie du front, qui fut certainement la plus importante. Il nous explique pourquoi ces épisodes, sans les Belgo-Hollandais, auraient pu précipiter les Anglais, en nombre insuffisant, dans la défaite. La plupart du temps, les unités belgo-hollandaises sont englobées dans celles des Britanniques. Ce qui était loin d’être le cas lors de la bataille de Waterloo. Ce livre présente une étude totalement originale d’un historien spécialisé en stratégie militaire, membre du Comité d’accompagnement scientifique international de Waterloo, dont les écrits font référence. 

  • « Sacré Napoléon » de Jean Pierre Colignon paru aux éditions Guy Trédanielhttps://i1.wp.com/www.francenetinfos.com/wp-content/uploads/2015/08/978_2_8132_0838_5_UNE_494_594_1434025077.jpg?resize=192%2C231

Nous connaissons tous l’illustre personne qu’est Napoléon Bonaparte. Cet homme politique hors du commun et administrateur remarquable devenu empereur était un être complexe. Mais le connaissons-nous réellement si bien ? Dans le livre « Sacré Napoléon » de Jean Pierre Colignon paru aux éditions Guy Trédaniel, vous connaitrez ainsi 101 anecdotes, énigmes et facéties de Napoléon Bonaparte. Vous voulez un petit échantillon ? Allez, parce que je suis sympa je vais vous en donner quelques unes et vous allez voir, Napoléon n’a pas fini de vous étonner !Savez-vous que Napoléon pouvait être très sarcastique (ou alors ingénu, à vous de donner votre avis sur cette petite anecdote) :

« Aristocrate piémontais, sénateur, le marquis de Barolle profita d’un passage de Napoléon Bonaparte à Turin pour exprimer vivement son ressentiment au sujet des impots qu’on lui faisait payer : 120 000 francs !– vraiment, fit l’empereur, vous payez 120 000 francs ? – Oui, sire. Pas un sol de moins, et je suis en mesure de le prouver à votre Majesté, en lui montrant tous les papiers ! – Non, non : c’est inutile. Je vous crois… et je vous en fais bien mon compliment » 

Vous voulez une petite boutade de Napoléon ? Un jour, un soldat mécontent montra à Napoléon son uniforme usé, dont les lambeaux le recouvraient à peine, il lui en réclama un neuf. Savez-vous ce que Napoléon lui a répondu ? « Un habit neuf, tu n’y songes même pas, on ne verrait pas tes blessures ! » Quel comique ! Non ? Savez-vous aussi que Napoléon Bonaparte était très fort en mathématiques (réputé le plus fort en mathématique de son école) ou encore qu’il emportait systématiquement en campagne sa bibliothèque portative (seulement constituée de 1000 livres … je n’aimerais pas partir avec lui et tout cet attirail littéraire) ou savez vous qu’il prenait très grand soin de ses dents (oui je sais cela change votre journée de le savoir, mais tout fait est intéressant !) ou encore que c’était un ami très fidèle, une de ses grandes qualités ! Vous découvrirez aussi quelques jeux dans ce livre (anagramme, charade, anaphrase …) afin de vous divertir un peu avec Napo ! Au travers du livre « Sacré Napoléon » vous découvrirez ainsi plusieurs facettes de Napoléon Bonaparte jusque là bien cachées. Ce livre n’aura pas fini de vous étonner mais aussi de vous faire sourire. Vous découvrirez un Napoléon comme jamais vous ne l’avez vu ! Un livre riche d’anecdotes !

Qui était Schulmeister, l’espion de l’empereur Napoléon 1er ? Fut-il un James Gérald Arboit - Schulmeister, l'espion de Napoléon - Le renseignement en Allemagne et en Autriche sous Napoléon.Bond avant l’heure ? Fort des avancées bibliographiques, qui ont permis d’exhumer des documents méconnus plutôt qu’inconnus, parfois inédits sur l’homme, l’objet de ce livre est de faire apparaître Schulmeister comme un homme de réseau, l’organisateur, parmi d’autres, de l’espionnage de Napoléon en Allemagne. Du coup, la renommée dont il jouissait, tant dans le camp français que dans celui de l’ennemi, devenait l’illustration du danger qu’il représentait.

  • Mon oncle Napoléon – Iradj PEZECHKZAD

« Et si Napoléon n’était pas mort à Sainte Hélène… », dit la chanson… assurément, la face du monde en aurait été changée ! Mais pas uniquement sur les mornes plaines de Waterloo. Le mythe « Napo » transcende les siècles et les cultures. Au Moyen Orient, on garde une trace persistante du grand homme, comme l’ombre inconvenante d’un mégalomane immortel. Si les asiles occidentaux sont peuplés de fous qui portent le tricorne et gardent une main dans le gilet, l’oncle Napoléon hante en Iran comme en Turquie les bureaux des hautes sphères politiques…Les présentations ne sont plus à faire : tout le monde, en Europe, peut se targuer d’avoir un grand-oncle un peu gâteux et passionné d’histoire qui, à chaque repas de famille, refait les campagnes napoléoniennes comme s’il y avait fait son service militaire. De là est né « l’oncle Napoléon », devenu pilier de la culture… iranienne. Cet oncle conquérant est invoqué toute les fois que se présente l’occasion de crier au complot international, fomenté de préférence par les Anglais, à l’origine bien sûr de toute la misère du monde. Une sorte « d’oncle Sam » revisité dont la face sombre présiderait aux manigances politiques les plus basses. Du mythe populaire est née la littérature : en 1973, Iraj Pezeshkzad s’est emparé du personnage pour cristalliser cette peur satirique en un roman burlesque. La paranoïa devient une fiction dont on rit lorsque l’on apprend à connaître, au fil d’une grande fresque de plus de 500 pages, l’oncle tyrannique et fou, qui se prend pour Napoléon et impose ce modèle impérial à toute sa famille. Un véritable carton en Iran : bien que la satire demeure un genre littéraire mineur, le livre s’est vendu à plusieurs millions d’exemplaires, et a donné lieu à une série télévisée, avant que la révolution islamique n’interdise de rire de tout. Malgré le silence qui étouffe le tonton tabou, la pathologie décrite continue de frapper sournoisement – et pas seulement en Iran. En Turquie, où persiste un sentiment anti-américain et antibritannique assez prononcé, le syndrome du tonton est récurrent et fait de nombreuses victimes inavouées. Les complots secrets abondent, et les médias de tous bords ne manquent jamais de faire appel aux théories de la conspiration pour éclairer ces sombres secrets. Sachez-le : le tonton Napoléon est à la direction de bons nombre de postes de haut rang des pays du Moyen-Orient. napoleon_3Le roman est ponctué d’exagérations grotesques, narrées sur un ton burlesque. Les actions dispersées et confuses se recentrent autour d’une histoire d’amour, décrivant les efforts désespérés du narrateur pour séduire la fille de son oncle, Layli. Dans la plus pure tradition romantique, la romance prend fin dans l’amertume et le regret. Le roman connait quelques longueurs, et l’on peine parfois au long des quelques 500 pages, mais le tout est relevé par ces scènes où le génie du rire l’emporte. Jalonnée de trahisons, manipulations et intimidations, la bataille homérique rappelle les meilleurs passages d’un Molière à l’oriental. L’oncle Napoléon est derrière toute la trame d’amour déçu entre le narrateur et Layli, mais il n’est pas toujours au cœur du roman. Il apparait toujours comme un personnage pathétique : un patriarche étroit d’esprit et incompétent, qui répond aux échecs et aux lacunes de la vie réelle par le fantasme d’être Napoléon. Il se rend indispensable, s’affirmant tout-puissant : plus grand est son ennemi, plus forte est sa propre importance. Despotique et absurde, l’oncle Napoléon apparait aussi vulnérable et un brin tragique, ce qui le rend, comme toute figure emblématique d’une bonne satire, poignant et attachant. Une sorte d’histoire drôle du fou occidental, dont l’action aurait dépassé les hauts murs de l’asile pour accaparer au grand jour la scène politique internationale. Certes, toutes ces accusations ne sont pas sans fondements : depuis le début du XIXe siècle, l’Iran a été une zone de conflit ouvert entre Anglais et Russes et, depuis la fin du siècle, la Grande Bretagne a établi un contrôle sur de larges domaines de l’économie iranienne. En 1907, les Anglais et les Russes concluaient un accord selon lequel l’Iran serait divisé en trois « sphères d’influence », et le XXe siècle n’aura pas manqué d’exemples de la défiance envers Grande-Bretagne et Etats-Unis. Cependant, en Iran comme en Turquie, la paranoïa à propos des complots britanniques implique des conséquences exagérées. Le traumatisme historique est tenace, persistant bien au-delà de la blessure infligée, alors que tout pourrait déjà être oublié. Cette année marque le 200e anniversaire de la bataille de Waterloo, et les hostilités ouvertes qui régnaient entre Napoléon Bonaparte et le Duc de Wellington sont maintenant de l’histoire passée. Pour l’Iran, il faudra plus de temps… En cette période troublée, n’hésitons pas à nous laisser porter par les effets bénéfiques d’un humour décapant : à travers le regard un peu fou du tonton Napoléon, ce sont des siècles de satire qui nous contemplent et appellent à se rire des grandeurs et décadences des relations géopolitiques. Relisons L’oncle Napoléon : ça ne peut pas faire grand mal. Et comme le burlesque goldonien transcende les cultures pour le plaisir de tous, vous trouverez la traduction française chez Acte Sud. Elisabeth Raynal

Napoléon a parlé, écrit, dicté, tout au long de sa vie, abordant tous les sujets de son temps. Ses jugements et ses opinions ont été soigneusement recueillis par les contemporains. Ils conservent encore une brûlante actualité : le droit du sol, la femme, Dieu, l’emprunt, la guerre, le Coran…Il lui arrive même de se contredire, notamment sur l’esclavage. Ce recueil fournit une masse de citations dont l’origine a été soigneusement contrôlée et dont l’authenticité ne semble pas douteuse. On ne sera pas étonné par la hauteur de vue et par le bon sens dont fait preuve Napoléon.Ses réflexions pourraient inspirer stratèges et hommes politiques d’aujourd’hui.

 

 aigle et papillon
 
  • CHARLES BELL, CHIRURGIEN À WATERLOO – Martine Devillers-Argouarc’h
Waterloo est une bataille perdue. Waterloo est une bataille achevée. Waterloo, croit-on savoir – on croit toujours savoir tant de choses et avec tellement de certitude plus ou moins franche – est une bataille terminée par une défaite pour Napoléon. Les spécialistes des chiffres et des faits assurent depuis deux siècles que tout s’est tragiquement joué au terme d’une journée et d’une soirée entamées à coups de sabre et de fusil, puis dans des charges ardentes et dans d’ultimes canonnades et dans un frémissement affolé, un « finale » peuplé de chevaux nus et de soldats hébétés par l’effort et par la poudre. Tout fut fini, nous assène-t-on, le 18 juin 1815, par une soirée sinistre. Laquelle fut liquidée par les Prussiens, l’Empereur des Français n’ayant pu lui entamer, casser, rompre et faire plier ou liquider totalement les carrés défensifs peuplés d’hommes massifs et formés, sans génie mais efficacement, par l’Anglais Wellington. Tout cela est vrai, tout cela est beau et terrible, tout cela, aussi : « est triste, comme la grandeur ! »
Waterloo, un drame fini, à cette date-là ? On peut en fait en douter, largement. Réussir à faire comprendre le prix valable de ce doute-là, c’est le mérite plein et vibrant, qui revient à un livre sensible et grave, rempli d’intelligence tragique et forte. Ce récit, qui se lit comme le meilleur des romans stendhaliens, vient d’être publié chez l’éditeur Michalon. Ne croyez pas, cependant, qu’il s’agisse d’un roman ; ou bien considérez le roman comme étant forcément rempli et tissé de petits faits vrais, et voyez-le comme un galop libre mais exact, comme un trot profond et inspiré, comme un Te Deum équestre et aussi dédié aux hommes, ceux qui tombent, blessés et mourants, abandonnés avec leur effroi ou leur ferveur, avec leurs plaies et leurs brisures, sur la morne plaine. Ce récit de mort et de vie, d’élan scientifique dévoué et de guérisons, cet éloge des « gueules cassées » de 1815 prouve avec mesure, avec clarté, avec sûreté, que Waterloo restait une bataille inachevée. Et c’est aussi le portrait d’un Anglais, en fait Ecossais, et de grand cœur, sir Charles Bell. Ce livre discret et énergique à la fois est dû au talent net de Martine Devillers-Argouarc’h. Son héros fut un homme véritable, ambitieux chirurgien et anatomiste, presque exact contemporain du peintre Turner et qui mourut la même année que Stendhal. Il faut lire avec le respect et la tendresse que mérite cette tragédie vieille de deux siècles mais universelle, il faut lire sans hâte et avec sérieux, avec le sens de sentiments clairs mais délicats, ce récit passionné où les hommes hurlent et qu’un médecin écoutait, comprenait et dessinait. Ce livre fabuleux, tendre, lucide et précis, ce livre ému et plein de justice, c’est donc ‘Charles Bell, chirurgien à Waterloo. Dévoué aux blessés français, qui furent les derniers ramassés sur le champ de bataille, Charles Bell se mit à la besogne en Belgique, dix jours après la bataille de Waterloo, devenue, avec lui et quelques autres, une lutte médicale constante, inachevée et courageuse…Charles Bell, chirurgien à Waterloo, c’est une course contre l’horreur, une course pour la survie et la sauvegarde, c’est une valse triste et vaillante, aux instruments aigus, et livrée entre la mort et la vie… Le récit est aussi vrai et précis, lucide et âpre qu’il est absolu, résolu et simple. Charles Bell, que nous présente avec enthousiasme et franchise Martine Devillers-Argouarc’h, ne s’est pas intéressé qu’aux pathologies. Avec la rencontre qu’il fit du médecin-baron Larrey, l’Anglais trouvant que son illustre confrère français ressemblait à Cromwellla cruauté en moins, un homme neuf, différent, va surgir : et cet homme-là va s’efforcer de comprendre les blessés français, leur pensée, en guettant leurs paroles, en scrutant les expressions de leurs visages. On sort de ce récit magistral et fin, rapide et hanté par les êtres et les dessins qu’ils inspiraient à Charles Bell, avec une sorte de fascination qui inquiète un peu. On s’en dégage difficilement, et l’on y mesure qu’entre fin juin et une grosse dizaine de jours et de nuits de juillet 1815, une bataille totale s’est jouée, entre Charles Bell et ses patients, ses opérés, ses amputés. Cette bataille eut au moins une conclusion heureuse : elle fit de Charles Bell, tel qu’il est vu avec vérité par Martine Devillers-Argouarc’h, au gré de ses conversations, de ses dessins et de ses confidences ou confessions épistolaires, un être non plus seulement ambitieux mais devenu définitivement d’une grande compassion. D’un homme à principes et à scalpel, elle fit un être vivant aux sentiments chaleureux et nuancés, pétri de bonté pour tant d’autres hommes brisés, ceux si seuls dont il rafistolait les corps, voulait comprendre l’esprit pour le soulager, voire même, avec son scalpel ou sa scie, donc, aussi avec sa science des nerfs et des chairs rompus, pour guérir les âmes. Oubliez Wellington et Blücher, mais saluez la mémoire retrouvée, dans des pages superbes et de belle justice, chez l’éditeur Michalon donc, de Charles Bell, chirurgien à Waterloo. C’est un homme inoubliable, que Martine Devillers-Argouarc’h, décidément, a bien fait de faire revenir parmi nous et revivre, avec son sang d’encre mais généreux et son caractère bien imprimé : et c’est toujours ce qui fait l’offrande d’un livre réussi!
Raphael Lahlou

La route Napoléon en Wallonie ou 150 monuments, stèles, musées!


http://www.belgique-tourisme.be/contenus/villes-et-sites-a-decouvrir-sur-la-route-napoleon-en-wallonie/fr/7615.html#Waterloo

La route Napoléon en Wallonie, c’est près de 90 kilomètres chargés d’histoire, parsemés de quelque 150 monuments, stèles, musées évoquant le passage de l’Empereur des Français sur la route menant à Waterloo.

Dotée d’une signalisation adéquate et d’applications pour GPS et Smartphones, elle vous invite à vivre la campagne de 1815, dite de Belgique, du début à la fin, et de ressentir, à chaque étape, la montée en puissance d’une bataille qui marquera l’histoire de l’Europe.

Consultez, ci-dessous, la carte interactive, vous y trouverez les villes et villages qui ont marqué cette fabuleuse épopée (points rouges), ainsi que des sites incontournables à visiter en Wallonie (points verts).

Une route Napoléon en Wallonie – Le Vif.be

http://www.levif.be/actualite/belgique/une-route-napoleon-en-wallonie/article-normal-65279.html

Le balisage de “La Route Napoléon en Wallonie”, un parcours touristique retraçant celui de l’Empereur en Belgique dans le cadre de la campagne des 100 jours en 1815, a été
présenté lundi par le cabinet du ministre wallon du Tourisme, Paul Furlan. Le circuit est
accompagné d’un guide Michelin, qui détaille entre autres les lieux à visiter et les différentes anecdotes historiques.

Le parcours de la route Napoléon, qui s’étend sur 94 kilomètres de Beaumont à Waterloo, a été élaboré avec l’aide d’historiens et reprend l’itinéraire emprunté par l’Empereur en 1815.

La route sera balisée dès lundi à l’aide de 200 panneaux indiquant les points d’intérêts du parcours, “comme un lieu de bataille, l’endroit où Napoléon a dormi ou des anecdotes”, précise Jean Fassiaux, attaché de presse de Paul Furlan.

Un circuit GPS pour voitures et vélos est également en phase de finalisation, qui permettra aux visiteurs de suivre l’itinéraire sur le GPS ou sur smartphones et tablettes, grâce à des applications. Le guide Michelin “Route Napoléon en Wallonie et Waterloo 2015”, co-écrit avec l’historien belge Philippe Raxhon, reprend dans ses 96 pages des éléments historiques, des événements, des circuits à parcourir en vélo ainsi qu’une sélection de lieux où se restaurer et d’hébergements. L’ouvrage est en vente depuis lundi.

Parallèlement à cette route Napoléon, sept capsules vidéo ont été réalisées et un documentaire d’une quinzaine de minutes est en cours de doublage http://www.belgique-tourisme.be/contenus/videos-de-la-route-napoleon-en-wallonie/fr/7716.html#menu

Le but de ce dispositif, lancé pour commémorer le bicentenaire de la bataille de Waterloo en 2015, “est aussi d’inciter les visiteurs à venir en Wallonie” et leur offrir “de nouvelles manières de découvrir notre patrimoine”.

Sainte-Hélène : Dans les pas de Napoléon, une série sur TF1 (5/5)


Pour ceux et celles qui n’auraient pas eu l’opportunité ou le temps de visionner la série de cette semaine sur TF1, voici donc la série et quelques livres :

Dans les pas de Napoléon à Sainte-Hélène

Sainte-Hélène

Gravure de Miguel Moutoy

Un document exceptionnel dans le Journal de 13 Heures et sur Mytf1news. Un voyage vers un lieu mythique que nous connaissons tous depuis l’enfance : Sainte-Hélène. Nous l’avons appris sur les bancs de l’école: Napoléon est mort à Sainte-Hélène. Mais qui peut dire où elle se trouve et à quoi elle ressemble? C’est ce que nous allons découvrir un Carnet de Route de Michel Izard et Bertrand Lachat.

Livre : Complément du Mémorial de Sainte-Hélène : Napoléon en exil : relation contenant les opinions et les réflexions de Napoléon sur les événements les plus importants de sa vie, durant trois ans de sa captivité (1897)1
Livre : omplément du Mémorial de Saint-Hélene : Napoléon en exil : relation contenant les opinions et les réflexions de Napoléon sur les évènemens les plus importans de sa vie, durant trois ans de sa captivité (1897)2
Une façon de célébrer 1815-2015. Bicentenaire napoléonien par excellence avec Waterloo et arrivée à Sainte-Hélène. Sainte-Hélène est une toute petite île perdue dans l’Atlantique Sud. Un des endroits les plus isolés du monde où aujourd’hui encore on ne peut aller qu’en bateau après 5 jours de mer. L’équipe de TF1 est partie du Cap en Afrique du Sud le 24 janvier en bateau sur le RMS Saint Helena. Le seul moyen d’aller à Sainte-Hélène. 2700 kilomètres de navigation. 5 jours de mer.
Nous avons fait le voyage avec Michel Dancoisne-Martineau, le consul de France, directeur des domaines nationaux de Sainte-Hélène qui rentre chez lui. Depuis 1857 la France a acheté la maison et la tombe de Napoléon et maintient une présence officielle sur cette île anglaise. Très peu d’équipes de la télévision française y sont allées. C‘est une première pour TF1.

Un caillou au milieu de l’eau. Un caillou qui demande cinq jours de bateau pour être atteint. Pour rejoindre l’île qui a accueilli l’exil de Napoléon, il faut passer par l’Afrique du Sud, puis prendre le bateau, afin de prétendre à la douceur des tropiques.

Livre : Relation concernant l’embarquement et le séjour de Napoléon sur le Bellerophon

A Jamestown, ville composée de deux rues seulement, Napoléon n’est pas mort. “Je veux que l’on reconnaisse toute son importance dans l’histoire de l’île”, explique une hôtelière dont les portraits de l’empereur tapissent les murs de son établissement.

Le journal de 13h – Série (3/5) : Que reste-t-il de Napoléon à Sainte-Hélène ?

Sur l’île de Sainte-Hélène, le lit de camp dans lequel Napoléon est mort, en 1821, est toujours en place. La chambre a été conservée en l’état, comme l’ensemble de la maison où l’Empereur en exil a passé les dernières années de sa vie. Il y a notamment dicté ses mémoires.

Sur l’île de Sainte-Hélène, Jonathan a la belle vie. Cette tortue reçoit chaque jour un petit complément alimentaire, et beaucoup d’attention. Normal, puisque c’est le plus vieil animal sur Terre. La tortue a été offerte au gouverneur de l’île en 1882. Il avait déjà sa taille adulte, donc au moins 50 ans.

Sur Sainte-Hélène, la communauté française se résume à trois personnes, dont Rémi, un “gentleman farmer”. Il travaille sur un chantier qui va révolutionner la vie des habitants de Sainte-Hélène : l’aéroport. “Une bonne chose pour l’emploi”, convient-il. Mais les touristes ne risquent-ils pas de troubler le calme ambiant sur l’île qui a accueilli l’exil de Napoléon ?

HS – “Godaille et Godasse – L’Empire de Sandron et Cauvin”


HS. L’Empire de Sandron et Cauvin -Un ouvrage sur la Bande dessinée “Godaille et Godasse” de Raoul Cauvin et Jacques Sandron chez Bibliothèque centrale du Brabant wallon2015 – 10 euros

La Bande dessinée a la cote! Il suffit de rechercher sur les sites de “seconde main” une bande dessinée de la série “Godaille et Godasse” pour s’en rendre compte! Ce qui parait bien paradoxal parce que cette série fut arrêtée faute de rentabilité. Une édition complète en 1 volume fut rééditée en 2012 et obtint un tel succès qu’il n’est plus possible de le commander sauf à des prix inabordables!
Godaille et Godasse -L’Empire de Sandron et Cauvin” est une opportunité pour mieux comprendre les personnages de ce 9ème art et sensibiliser notre entourage à notre passion!  L’humour et la bonne humeur transforment vite le passionné d’histoires Napoléoniennes en lecteur avide de découvrir l’univers si particulier de  Jacques Sandron et Raoul Cauvin…. Espérons que la sortie de ce Livre Hors-Série à petit prix sera l’occasion d’une réédition des albums! La bande dessinée étant un moyen de transmettre aux plus jeunes notre passion avec une touche d’humour en plus! En attendant la réédition, il est toujours possible de les emprunter à votre Bibliothèque…Un petit concours est organisé en fin d’article en partenariat avec Walking Waterloo sur Godaille et Godasse –  Bon amusement et bonnes lectures !Jacques JANSSENS

Christian JasmesUne double exposition consacrée, d’une part à Napoléon dans la bande dessinée, et d’autre part à la série humoristique napoléonienne de Jacques Sandron et Raoul Cauvin parue dans l’hebdomadaire Spirou entre 1975 et 1986 : « Godaille et Godasse » tournera bientôt dans toutes les bibliothèques publiques belges ou autres institutions qui en feront la demande. A cette occasion,la Bibliothèque centrale du Brabant wallon, en collaboration avec les éditions Dupuis, vient d’éditer un ouvrage de 80 pages en couleurs, vendu au prix de 10 € et intitulé :

Godasse et Godaille“Godaille et Godasse – L’Empire de Sandron et Cauvin”par Christian Jasmes

Les personnes ou associations intéressées par ce livre non diffusé en librairie, peuvent le commander directement chez l’éditeur, auprès de la personne suivante :
M. Jean-Luc CAPELLE – Bibliothécaire
 
Bibliothèque publique Centrale du Brabant wallon (FWB)
Place Albert 1er, 1
1400 – Nivelles
Tél. : 067/89.35.94
Fax : 067/21.35.03
 

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  1. Madame Sans-Gêne (1er trimestre 1982, ISBN 2-8001-0881-9)
  2. Sacré Sacre (1er trimestre 1983, ISBN 2-8001-0957-2)
  3. Hussard à la mer (2e trimestre 1985, ISBN 2-8001-1132-1)
  4. Révolte en Espagne (1er trimestre 1986, ISBN 2-8001-1261-1)
  5. Des chariots dans la steppe (, ISBN 2-90714-307-7)

“La série se passe à l’époque de Napoléon Bonaparte. La grande armée combat les Prussiens. Un hussard, Godaille, aime raconter ses exploits militaires (imaginaires). Le sort (ou la jalousie ou le ras le bol) s’acharne sur lui car il est toujours choisi comme volontaire pour les missions les plus périlleuses (tout en étant, généralement, les plus futiles). En fait de héros, “c‘est au départ un soldat qui rêve de se couvrir de gloire, mais qui se fait piéger par sa vantardise, qui en fait le volontaire désigné pour toutes les missions dangereuses. Il râle, mais quand il est mis devant le fait accompli, il assume et se révèle redoutable et courageux au combat. Le goût du panache, bien dans la mentalité de l’époque,  reprend vite le dessus“. Christian Jasmes

Publiée dans Spirou entre 1975 et 1986, « Godaille et Godasse » est une série humoristique ayant pour cadre l’époque napoléonienne. Ancrée dans un contexte précis, mais dégagée de toute préoccupation réaliste, elle ne se prive pas d’emprunter à l’Histoire tout ce qui peut servir l’action et susciter le rire….lire la suite…..

Pour donner le ton :

godailleetgodasseplGilles Ratier : C’est aussi un autre établissement appartenant à une collectivité locale (la bibliothèque publique centrale du Brabant wallon) qui est l’éditeur d’un très intéressant opus sur les auteurs de « Godaille et Godasse » (Jacques Sandron et Raoul Cauvin), bande dessinée d’aventures humoristiques qui fit les beaux jours du journal Spirou, entre 1975 et 1990 : « L’Empire de Sandron et Cauvin » par Christian Jasmes, bibliothécaire très actif qui multiplie, depuis des années, les actions pour valoriser la bande dessinée dans les milieux dits respectables.En quatre-vingts pages proposant une introduction érudite de l’encyclopédiste Patrick Gaumer, une étude sur le cadre historique de ces amusantes histoires situées sous le règne de Napoléon 1er, un petit dictionnaire des personnages et, surtout,des entretiens passionnants avec le dessinateur et le scénariste, Christian Jasmes fait le tour de cette série dont l’intégralité a été rééditée en 2012 par les éditions Hématine : malgré son prix élevé, cet album a été épuisé au bout de quelques mois, à peine !Les éditions Dupuis seraient donc bien inspirées de nous en proposer une nouvelle version, en confiant, par exemple, le dossier de présentation de cette intégrale à Christian Jasmes.

« Godaille et Godasse : l’empire de Sandron et Cauvin » par Christian Jasmes

Éditions Bibliothèque publique centrale du Brabant wallon (10 €)

Concours en partenariat avec Walking waterloo qui offre les tickets d’entrée: http://www.walkingwaterloo.com/

A gagner : 6 places pour le spectacle 3D du 13/06/2015 + 2 places pour la reconstitution du14/06/2015 à Ligny.

Capture d'écran - 090515 - 22:14:07Capture d'écran - 090515 - 22:18:27Godaille et Godasse, Sacré Sacre, Cauvin et Sandron

  1. Retrouver :l’empereur,sa femme,sa mère,le pape et les généraux de son armée
  2.  Napoléon est caricaturé, on se moque de lui. Comment le voit-on ?
  3. Envoyez les réponses à napoleonbonapartebe@gmail.com
  4. Les gagnants seront avertis par courrier électroniquele sacre de l'empereur

Les bandes dessinées sur cette page : http://napoleonbonaparte.be/lectures/napoleon-bonaparte-et-la-bande-dessinee/

Napoléon, protecteur des arts – Musée François Duesberg -7000 Mons


mons muséeL’Exposition  a un tel succès qu’elle sera prolongée jusqu’à la fin de l’année 2015! Cette institution culturelle de premier plan détient très probablement le record pour une collection privée: 3 x 2 = 6 étoiles ! Un musée incontournable! il est le seul lieu touristique de la ville à compter 3 X 2 étoiles au prestigieux Guide Michelin(

Musée François Duesberg – Square F. Roosevelt, 12 – 7000 Mons

Ouvert ma., jeu., sam. et dim., 14h > 19h

Visites guidées sur demande auprès du baron F. Duesberg

Contacter par mail  T. 0032(0)65.36.31.64

Une invitation au voyage et à l’exotisme

  • Un lieu unique !

Face à la collégiale Sainte-Waudru, découvrez un exceptionnel musée d’arts décoratifs (1775-1825) à vocation multiculturelle, humaniste et didactique avec non seulement une prestigieuse collection de pendules, unique au monde, mais également de majestueux bronzes dorés français, superbes porcelaines (surtout de Paris et Bruxelles), somptueuses orfèvreries (dont le réputé poinçon montois), rares bijoux (dont un précieux ensemble de camées) et innombrables objets de haute curiosité.

Un écrin de la vie de la haute société française à la fin du XVIIIe et au début du XIXe siècle, au départ de la célèbre thématique du “Bon Sauvage”, illustrée notamment par le roman “Paul et Virginie” de Bernardin de Saint-Pierre (1788) et par celui d'”Atala” (1801) de René de Chateaubriand.

Le Musée François Duesberg est incontestablement l’un des fleurons touristiques montois. Pour preuve, il est le seul lieu touristique de la ville à compter 3 X 2 étoiles au prestigieux Guide Michelin, LA référence en la matière. Deux 2 étoiles lui ont été décernées pour l’extraordinaire collection de pendules, deux autres étoiles pour la qualité du musée, et les deux nouvelles pour sa merveilleuse collection de porcelaines.

Cette institution culturelle de premier plan détient très probablement le record pour une collection privée: 3 x 2 = 6 étoiles !

http://www.duesberg.mons.be/galerie-photos

  •  Les Arts décoratifs dans toutes leurs splendeurs

A l’instar du célèbre roman « Paul et Virginie », c’est une invitation au voyage vers un ailleurs idyllique nimbé d’exotisme que nous lance le baron François Duesberg lorsqu’il nous ouvre les lourdes portes de son musée. Derrière les grilles massives et ouvragées – vestiges de l’ancienne Banque Nationale de Belgique qu’abritait d’abord le superbe immeuble situé Square Roosevelt – s’offre aux visiteurs l’instantané fugace et précieux d’un aménagement délicat et parfait, subtilement agencé par les époux Duesberg.

Photos : C. Carpentier

Le Musée François Duesberg, musée d’arts décoratifs à Mons, vient de voir son importance encore une fois soulignée, puisqu’il a été très récemment auréolé d’une nouvelle série d’étoiles dans l’édition 2013 de l’incontournable « Guide vert Michelin ». En effet, le musée s’y voit gratifié de deux étoiles. Mais, fait rarissime, la célèbre collection de pendules anciennes, que nous envient et convoitent les plus grands musées du monde, reçoit spécifiquement deux étoiles également.

Cette collection de pendules anciennes forme le cœur d’une exposition permanente, unique et inédite, mélangeant objets de bronze dorés, d’argent et de porcelaine, où s’allient, dans un raffinement feutré et subtil, l’art d’un temps révolu et l’art de la table.

Accessibles à tous types de publics

Ces deux thèmes s’égrènent au gré des nombreuses vitrines conçues par le couple Duesberg à la manière d’un cabinet de curiosité… ou plutôt d’un cabinet des merveilles, où chaque objet ravit la vue et stimule l’imagination.
L’intelligence de la muséographie appliquée par François et Betty Duesberg rend chaque visite variée et passionnante : littérature française de l’époque des Lumières, histoire sociale et des mœurs, histoire des techniques et de leurs inventions, création artistique, muséologie et décoration intérieure, etc.  Leur approche muséale s’adapte d’ailleurs à tous les publics, notamment aux plus jeunes.

« C’est la passion le seul moteur qui donne un sens à l’existence »

La collection qu’il nous présente, François Duesberg la qualifie de presque pathologique: « C’est la passion, le seul moteur qui donne un sens à l’existence. La passion, qui marie en son sein la joie la plus vive et l’angoisse la plus terrible ». Que cette collection soit l’œuvre d’une vie d’un seul couple lui ajoute une plus-value importante. Et celle-ci, particulièrement, est indissociable de l’âme de ses auteurs.

Baron F. Duesberg et son épouse

Pour toutes ces raisons, la collection rassemblée par Betty et François Duesberg fait référence: les plus grands experts, les plus grands musées étrangers et les représentants du marché de l’art la considèrent en effet comme tout à fait avant-gardiste et originale, de par sa conception et par le fil rouge qui la sous-tend.

En ce qui concerne plus particulièrement les pendules, la plupart des musées d’autres pays européens ne parviennent d’ailleurs pas à exposer des pièces d’une variété et d’une qualité comparables. Cela n’est d’ailleurs pas étonnant au vu de la perfection de la collection d’horlogerie, principalement parisienne, au même niveau que celles du Musée du Louvre, du Musée des Arts Décoratifs et du Mobilier National à Paris.
C’est dire l’importance de ce lieu qui incarne la réflexion sur les liens intimes entre culture et technologie, tels que conçus au Siècle des Lumières dans le cadre d’un évènement tel que Mons 2015.

Des pendules, des orfèvreries, des porcelaines…

Les collections du Musée François Duesberg s’inscrivent magnifiquement dans une mise en valeur d’une des époques de gloire de la ville de Mons, le XVIIIe siècle, au même titre que son patrimoine immobilier riche, varié et étonnamment bien conservé.

Le Musée François Duesberg présente de façon détaillée un aspect vivifiant du Siècle des Lumières, sur la base de collections rassemblées par un couple de mécènes, qui vous invite à découvrir ou à redécouvrir les pendules, les bronzes dorés et/ou patinés, les porcelaines, les orfèvreries et les camées dans ce temple sublime de l’Art néo-classique.

Monumentale pendule de Paul et Virginie entourée de bustes de Bonaparte et Napoléon
Photo : C. Carpentier

Napoléon et le jeu d’échecs….


france frontières ulradu Primidi 11 Floréal 223

Napoléon était ” infiniment peu fort [aux échecs] ” mais son prestige semblait restreindre les velléités offensives de ses adversaires. Parmi les témoignages des acteurs, nous avons sélectionné celui de Bourrienne : ” Bonaparte jouait aussi aux échecs, mais très rarement, et cela parce qu’il n’était que de troisième force et qu’il n’aimait point à être battu à ce jeu (…). Il aimait bien à jouer avec moi parce que, bien qu’un peu plus fort que lui, je ne l’étais pas assez pour le gagner toujours. Dès qu’une partie était à lui, il cessait le jeu pour rester sur ses lauriers ” .
Maret précise la ” stratégie ” impériale : ” L’Empereur ne commençait pas adroitement une partie d’échecs ; dès le début il perdait souvent pièces et pions, désavantages dont n’osaient profiter ses adversaires. Ce n’était qu’au milieu de la partie que la bonne inspiration arrivait. La mêlée des pièces illuminait son intelligence ; il voyait au-delà de 3 à 4 coups et mettait en oeuvre de belles et savantes combinaisons “.
Et Jean-Paul Kauffmann de conclure : ” Le stratège d’Austerlitz et de Friedland qui tenait le champ de bataille pour un échiquier était un médiocre joueur d’échecs. Il se ruait naïvement sur l’adversaire et se faisait facilement capturer ce qui ne l’empêchait pas de tricher effrontément “. C’est seulement après la création des fédérations nationales de jeux d’échecs et la généralisation des tournois à la fin du XIXe siècle que la notation des parties se répandit. Il n’est guère étonnant que seules trois parties de Napoléon soient connues. :

La première partie date du 20 mars 1804 et fut jouée à la Malmaison contre Mme de Rémusat

La partie a été largement publiée et notamment en France dans le Bréviaire des Echecs de Xavier Tartacover, l’un des plus forts grands maîtres de l’entre-deux-guerres. L’auteur ne peut s’empêcher de terminer son commentaire de la partie par une remarque personnelle : ” Les échecs se glorifient de l’intérêt que leur porta l’empereur “

http://www.napoleon.org/fr/salle_lecture/articles/files/napoleonjeuechecs_libaert_SN424_sept1999.asp#notes

  • La seconde partie eut lieu à Schönbrunn et opposa Napoléon à l’automate de Kempelen.

l’automate imaginé par Kempelen (1734-1804) eut un succès considérable lors de ses tournées en France, aux Pays-Bas ou en Allemagne. Si un grand scepticisme entourait cet automate, ce n’est qu’en 1834 qu’un de ses opérateurs, Mouret, révéla la supercherie et le jeu de glaces et de bras articulés permettant à un joueur de petite taille de jouer de manière invisible à la place de la machine. Faux ancêtre de nos ordinateurs d’échecs, l’automate a néanmoins laissé une trace importante dans l’histoire, il a également défait l’empereur.
Napoléon perd après avoir voulu employer la démarche précédente : un assaut ultrarapide sur le roi noir. Malheureusement pour lui, l’automate repousse facilement l’attaque non coordonnée, développe rapidement ses pièces avant de se lancer vers le monarque blanc. L’absence de réelle défense blanche aura tôt fait de détruire les maigres remparts. Napoléon aurait pu capituler au 15e coup, mais préfère poursuivre son supplice en escomptant une erreur adverse. Son jeu manque totalement de coordination et surtout d’un plan cohérent de développement.

http://www.axolot.info/?p=917

  • La troisième partie qui nous soit parvenue fut jouée lors de l’exil à Sainte-Hélène.

De nombreux témoignages  indiquent que l’Empereur s’adonnait fréquemment aux échecs. Un superbe échiquier lui fut envoyé de Canton par John Elphinstone . Paul Ganière décrit ainsi l’ambiance : ” Au retour de promenade, on s’installe dans le salon. On bavarde, mais plus souvent on joue aux échecs. Mauvais joueur, Napoléon triche sans vergogne, tout en protestant de sa bonne foi ” .
Cette dernière partie fut jouée en 1820 contre le grand-maréchal Bertrand. Elle est la plus intéressante des trois répertoriées. La prise de risque est plus limitée, l’ouverture est orthodoxe (ouverture écossaise, l’une des plus utilisées durant la première moitié du XIXe siècle), le développement plus harmonieux. Un coup comme est excellent en ce qu’il traduit une parfait compréhension du jeu et la nécessité de jouer de simples coups positionnels sans menace directe. Dès le 10e coup, la plupart des pièces blanches sont développées. Quelques constantes se retrouvent, notamment la volonté de sacrifice afin d’ouvrir les lignes, l’absence de tout intérêt porté aux pions, l’effet de surprise permanent au long des parties.

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  • Titre : Les soirées amusantes ; recueil nouveau et varié d’historiettes curieuses, piquantes anecdotes…Éditeur : C. Dillet (Paris) Date d’édition : 1874

Alors que l’empereur Napoléon Ier séjournait au château de Rambouillet, et qu’il n’y avait le soir ni concert ni spectacle, on jouait à différents jeux dans le grand salon carré. Neuf tables, garnies de bougies, de cartes, de dés et de jetons, étaient dressées à droite et à gauche ; au centre, était la table destinée à l’empereur.
Un soir il alla droit à une table sur laquelle était posé un jeu d’échecs, et s’adressant au maréchal Duroc, qui avait le titre de “grand maréchal du palais” :
“Vous devez savoir jouer aux échecs ? demanda-t-il.
– Non, Sire, répondit Duroc.
– Voyez donc, reprit l’empereur, si, parmi ces messieurs, il en est un qui veuille bien faire ma partie.”
Le grand maréchal se mit aussitôt en quête d’un joueur d’échecs ; mais, de toutes les personnes présentes, pas une n’avait la moindre notion de ce jeu difficile.
L’empereur, toujours obstiné dans ses volontés, s’adressa alors au maire de Rambouillet, son hôte, ce soir-là :
“Monsieur le Maire, n’auriez-vous pas dans votre ville, un joueur d’échecs ?
– Je n’en vois qu’un, Sire, c’est le curé de notre église paroissiale. Et encore, je ne sais s’il est un joueur bien habile.
– N’importe : voilà mon affaire !”
Et, sur-le-champ, il donna l’ordre au grand maréchal d’envoyer chercher ce prêtre.
Un quart d’heure après, on vit entrer dans le salon un vieillard à cheveux blanc, à la figure franche et épanouie : c’était le curé de Rambouillet. Présenté aussitôt à l’empereur, qui lui fit le meilleur accueil, il lui répondit par un petit compliment fort bien tourné.
“Monsieur le Curé, dit Napoléon, j’ai appris que vous étiez bon joueur d’échecs, et je ne serais pas fâché d’essayer ma force contre la vôtre. Voyons, mettez-vous là, et conduisez-vous en brave champion ; ne me ménagez pas, si je fais quelque école.”
Le curé prit place vis-à-vis de l’empereur. Napoléon fouilla dans la poche de sa veste, en tira quelques pièces de vingt francs, et en jeta une sur la table en disant :
“Il faut intéresser un peu le jeu… Nous allons seulement jouer vingt francs.”
Le vieux prêtre s’était mis aussi en devoir de tirer de la poche de sa soutane une bourse assez maigre ; mais, quand il vit la pièce de l’empereur, il ouvrit de grands yeux, et dit, sans doute pour s’excuser, car il n’était ni joueur ni riche :Num_riser0021
“Sire, il me semble que c’est beaucoup d’argent ?”
Mais Napoléon alla au-devant des scrupules du vieillard, et lui répondit, de sa voix la plus affectueuse :
“Monsieur le Cué, votre argent est le patrimoine des pauvres, et je ne voudrais pas vous voir en risquer la plus légère partie au jeu. Vous allez, continua-t-il en indiquant du doigt le grand maréchal, vous mettre de moitié avec Duroc, et votre mise sociale sera parfaitement égale, puisque vous apporterez, vous votre talent, votre science, -puisque science il y a,- et lui son argent.
– Mais, Sire, repartit le prêtre, Monseigneur le grand maréchal n’a peut-être pas de mon talent ou de ma science une aussi bonne opinion que Votre Majesté ; lui qui a l’honneur d’être votre compagnon de périls doit savoir mieux que personne que vos adversaires ne triomphent jamais.”
Cette louange, amenée naturellement et débitée avec une bonhomie parfaite, flatta plus Napoléon que tous les éloges possibles.
“Monsieur le Curé, répondit-il en souriant, vous nous gâtez, Duroc et moi.”
Le jeu commença. Le puissant empereur en vint aux mains avec le modeste curé, et ce fut un curieux spectacle de voir le grand capitaine, alors dans tout l’éclat de sa gloire que rien ne semblait obscurcir, en tête-à-tête devant un échiquier, avec un pauvre prêtre. Celui qui pouvait à un signe de son épée, faire marcher un demi-million d’hommes d’une extrémité de l’Europe à l’autre, méditait profondément la marche de quelques pions d’ivoire, et il avait pour rival, sur cet innocent champ de bataille, un humble et respectable vieillard.
Il fut complètement battu par le curé, qui gagna cinq parties de suite, avec une dextérité et un bonheur qui ne laissèrent pas à Napoléon le temps de respirer.
Quand le moment de se séparer fut venu, quand minuit eut sonné à la grosse horloge de Rambouillet, Napoléon, qui venait de perdre sa cinquième partie, se leva en riant et dit à son adversaire :
“Monsieur le Curé, vous venez de me donner une leçon ; j’en profiterai. J’ai plus appris ce soir à jouer ce jeu-là, que depuis vingt ans que je joue. Vous m’avez battu à plate couture.
– Votre Majesté est invincible partout ailleurs, répondit le prêtre, et c’est bien le moins qu’elle soit battue aux échecs. Au surplus, Sire, votre défaite tient à la rapidité de votre manière de jouer ; ce mode réussit quelquefois, mais il n’est pas toujours heureux, surtout quand on a affaire à un ennemi lent et patient.”
Le vieillard, sans s’en douter, donnait encore à Napoléon une leçon de stratégie.
Les hauts personnages qui avaient constamment entouré la table de l’empereur pour le voir jouer avec M. le curé, gardaient le silence.
Le prêtre prit délicatement les cinq pièces d’or que son adversaire avait perdues, et, s’approchant du grand maréchal, lui dit à voix basse :
“Monseigneur, puisque nous étions de compte à demi, il vous revient sur cette somme cinquante francs.
– Gardez-les, je vous en prie, Monsieur le Curé, répliqua le grand maréchal ; vous les distribuerez aux pauvres.
– Votre voeu sera exactement rempli, Monseigneur.”
Cependant Napoléon, qui tâchait d’expliquer à son entourage les causes de sa défaite, revint auprès du vieillard, et lui dit :
“Vous m’avez fait passer une soirée charmante, Monsieur le Curé, je vous en remercie. Mais j’espère bien que vous me ferez l’amitié de venir me revoir ? D’ailleurs, ajouta-t-il gaîment, vous me devez, sinon une visite, du moins une revanche que, mettant à profit vos conseils, j’espère bien prendre la prochaine fois.”
Le curé s’étant incliné en signe de remerciement s’apprêtait à se retirer, quand l’empereur, lui tendant la main, lui répéta :
“Nous nous reverrons bientôt, n’est-ce pas, Monsieur le Curé ?
– Sire, bientôt est le mot, répondit le vieux prêtre ; car, si Votre Majesté daigne me faire l’honneur de m’admettre à sa partie, je n’ai pas de temps à perdre : à mon âge, à soixante-quinze ans, les points sont comptés d’avance, même au jeu d’échecs.”
Ces cinq parties d’échecs furent les seules que jouèrent ensemble l’illustre capitaine et le vieux prêtre. Ils ne devaient plus se revoir.

Napoléon était-il franc-maçon ?


Rien ne prouve à ce jour que Napoléon Bonaparte était un Franc-Maçon mais néanmoins le sujet semble avoir passionné un grand nombre de personnalités. Est-ce pour autant important d’être Franc-Maçon sous l’Empire? De nombreux témoignages permettent d’établir que nombre de soldats ou d’officiers furent sauvés par leur appartenance à la Franc-Maçonnerie de là à en déduire que l’Empereur lui-même en faisait partie, il n’y a qu’un pas que certains se permettent de franchir… Personnellement,  j’en doute étant donné qu’il n’y a pas de traces écrites dans ce qui contribuera à sa légende… Ses mémoires de Saint-Hélène. Néanmoins, si vous disposez d’une preuve irréfutable de son appartenance à ce mouvement… Je suis preneur! napolepnbonapartebe@gmail.com Jacques JANSSENS

Napoléon était-il franc-maçon ? par Jean Boisson (Ed. J. Boisson, 10 rue Delambre, Paris XIVe, 12 F).
L’auteur d’une histoire monumentale de la Franc-Maçonnerie, Géard Serbanesco, soutient que Bonaparte, en route pour l’Égypte, s’arrêta à Malte en juillet 1798, et se fit initier à cet ordre, auquel seraient dus, en partie tout au moins, ses succès et son élévation au rang suprême. Jean Boisson, devant déclaration si audacieuse : Napoléon « ne pouvait pas ne pas être maçon », a pris sa loupe, examiné cette théorie, plus fragile que toile d’araignée, et en a dispersé tous les fils. Bien des témoignages feraient croire en effet que Napoléon appartint à la Franc-Maçonnerie, mais les auteurs se bornent à des affirmations sans apporter aucune preuve, se référer à aucun document. Or, il faudrait savoir avant tout s’il y eut, dans le cas de Napoléon, initiation aux rites, aux secrets, aux devoirs de cette société fort exigeante envers ses membres. Si l’on peut tenir pour à peu près établi que l’Empereur n’a pas appartenu à la Franc-Maçonnerie, il est impossible de soutenir qu’il fût effectivement franc-maçon. C’est avec beaucoup de talent, une louable économie de mots, une logique imperturbable que l’auteur arrive à sa conclusion.

Napoléon franc-maçon ? La terreur d’une chroniqueuse de Franck Ferrand ! Napoleon était il Franc-Maçon – L’ombre d’un doute

Napoléon franc-maçon ?

Françcouverture du livre : Napoléon franc-maçon ?ois COLLAVERINapoléon était-il franc-maçon ? La question semble avoir moins intéressé les contemporains de l’Empereur que la postérité. Pour certains historiens, l’initiation de Napoléon à la loge du Grand Orient ne fait aucun doute. Pour d’autres, en revanche, il ne s’agit que d’une hypothèse invérifiée car aucun document officiel ne prouve formellement son appartenance à la société secrète. Il est vrai que l’Empereur n’y a jamais fait allusion, même dans sa correspondance, et a toujours semblé éloigné des questions maçonniques, comme il pouvait l’être avec les  … Alors ? Pour trancher cette épineuse question qui divise le monde des napoléoniens, François Collaveri présente et analyse dans Napoléon franc-maçon ? un grand nombre de documents inédits, dont certains sont d’une importance capitale. Fruit de dizaines d’années de recherches dans les archives des principales loges françaises et étrangères, cet ouvrage s’affirme aujourd’hui comme la plus sûre contribution qui puisse être fournie pour éclairer ce débat houleux et prouver que l’initiation maçonnique de Napoléon n’est pas une légende.

Réaction de lecteurs de l’article :

  • Bert de Jong Il n’y a aucune preuve officielle que Napoléon était un franc-maçon. Néanmoins, ses frères Joseph, Louis, Lucien et peut-être Jérôme étaient franc-maçon. On dit aussi que Robespierre, Marat et Danton étaient franc-maçon. Joseph Fouché, duc d’Otrante également!
  • Dom Paul Comme tout grand homme,cet hypothèse ne serai pas a négliger
  • Dominique Timmermans Une preuve irréfutable. Je ne crois pas que vous l’aurez, cela fait des années que des gens la cherchent…
  • Bernard Desablens Durant la Révolution nombre de loges se sont mises en sommeil et le réveil n’aura lieu qu’avec le Directoire et surtout l’Empire. Certains prétendent que si Napoléon a permis la renaissance de la FM c’était pour mieux la contrôler, mais fait est que l’Empire fût une période florissante pour la FM Française. Il y a de nombreux FM parmi les membres de la famille de l’empereur : Jérôme, Joseph, Louis et sa soeur Caroline mais également Joséphine de Beauharnais. CAMBACERES – le numéro 2 du régime – fut Grand Maître et parmi les 26 Maréchaux d’Empire, 16 au moins étaient frères (AUGEREAU, BERNADOTTE – futur Grand Maître de la FM Suédoise -, BESSIERES ?, BRUNE, GROUCHY, KELLERMANN, LANNES, LEFEBVRE, MAC DONALD, MASSENA, MONCEY, MURAT – fondateur du Grand Orient d’Italie -,OUDINOT, PERIGNON, PERRIN dit VICTOR, SERURIER, SOULT et SUCHET ?). Parmi les “puissants” de cette époque, notons également FOUCHÉ et TALLEYRAND !
    Pour Napoléon lui-même, les avis sont partagés … mais on ne peut nier qu’il est plus que baigner dans la FM. Lisez le “” Napoléon Franc-Maçon ? ” de François Collaveri.

Commémoration du cent-cinquantième anniversaire de la bataille de Waterloo


Document publié en 1965 par la :

La Société Belge d’Études Napoléoniennes
http://www.sben.be/

Télécharger le document : 1965 Commémoration des 150 ans de la bataille de Waterloo

Petite anecdote intéressante rapportée par Gordon Corrigan dans son livre sur Waterloo. Le 18 Juin 1965, l’armée Anglaise a réalisé une spectaculaire parade dans la Ferme d’Hougoumont pour le 150° anniversaire de la Bataille de Waterloo. Les nombreux alliés des Anglais en 1815 avaient été également invités. Des contingents d’Autriche, d’Allemagne de l’Ouest, de Hollande, de Belgique, d’Espagne et du Portugal participaient à la parade. Même les Russes étaient également présents malgré la crise aïgue de la Guerre Froide. Cette occasion étant plus une commémoration qu’une célébration les Français avaient été également invités mais ils avaient décliné l’invitation.  Ils avaient fait savoir que leur président, le Général De Gaulle avait refusé en raison du fait qu’il était trop occupé à préparer le 900° anniversaire de la Bataille de Hastings l’année suivante! (Waterloo: A New History of the Battle and its Armies Gordon Corrigan Atlantic Books)

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Et si Napoléon avait gagné à Waterloo? pièce commémorative Waterloo 2015


 

Pierre Kroll

Mieux vaut en rire que 05de médire! Il n’est déjà pas facile d’être belge dans ce petit pays qui sera le théâtre d’une  victoire et d’une défaite! Où seule la commémoration sera à l’honneur et au respect  de nos valeurs respectives…

Jacques JANSSENS

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Voici la pièce commémorative Waterloo 2015 http://www.monnaieroyaledebelgique.be/

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Aigle blesséL’Aigle blessé prend son dernier envol et tel l’albatros se rit de l’archer! “Exilé sur le sol au milieu des huées, ses ailes de géant l’empêchait de marcher”… Tel le phénix, il renaît de ses cendres et porté par sa légende et ses idées, il marche à nouveau tel un vainqueur parmi ceux qui n’avaient plus espérer!

Un mot de trop, des maux en moins… Dommage que les hommes d’actions ne lisent plus… Dommage que les penseurs ne soient plus des hommes d’actions… Des mots perdus sur une page qui ne sera pas porteuse de “création” ne servent finalement que l’Ego démesuré de la plume… A quoi sert la conquête si les plumes ne sont conquises! Acquises! La plume est un élément d’un ensemble qui doit se créer, se souder, s’harmoniser pour former un plumage qui puisse permettre à l’humanité de prendre son envol!

L’impératif n’est plus de mise, le conditionnel ou l’imparfait voire le conditionnel passé…Mais le présent, le “Je” créatif, imaginatif qui se concrétise dans des actes est plus important à mes yeux qui prennent en compte les inégalités factuelles et le mérite pour tendre vers un équilibre imparfait mais possible! Je suis partisan du possible, du concret, de l’acte, dans le respect des lois et des valeurs identitaires, culturelles, religieuses,….

Belge et Bonapartiste! J’estime pour ma part qu’il est possible d’être belge dans une Monarchie Constitutionnelle et Bonapartiste! Ce n’est pas incompatible. L’un se référant à l’identité Nationale,et au respect des Lois belges; l’autre à l’idéologie et aux respect des valeurs du Mouvement Bonapartiste, de ses traditions s’y afférentes. Les résidents de  Belgique (toute nationalités confondues et sympatisants externes) qui désirent réfléchir ensemble sur les idées et valeurs du Mouvement Bonapartiste en Belgique peuvent me rejoindre sur le groupe facebook : Mouvement Bonapartiste Belgique – Jacques JANSSENS

aigle et papillonNous y sommes enfin arrivés, voici le Bicentenaire de notre Défaite totale, celle qui signa la relegation diplomatique de la France dans le giron impérial de son ennemi constant depuis nos glorieux rois & sainte Jeanne, j’ai nommé la perfide Albion.

La France avait perdu le Monde sous Louis XV avec le traité de Paris actant notre défaite thalassocratique, Waterloo est son match retour continental.

La France a été terrassé, contre toute attente, l’Empereur abdiqua laissant ainsi le Peuple livré aux mains de l’ennemi et des intrigants pour partir vers l’Amérique et accessoirement fuir les assassins appâtés par sa renonciation au pouvoir et donc à la protection de sa personne, et il a surtout faillit, certes malgré lui, à son Serment au Peuple Français:

l’Intégrité du Territoire National a bien été violée par la perte des Frontières Naturelles de la France, outre la perte de la Souveraineté, l’Indépendance politico-militaire du à la défaite, ce sont des territoires du Sol de France qui ont été arrachés à la Patrie, et à ce jour, depuis ce terrible Diktat de Vienne où participèrent les corrompus autrefois enrichis par les Guerres gagnées par le sang du Peuple, ces régions, encore souvent francophones par résistance culturelle, par idéal aussi peut être sont toujours attentives à la possible réunification le jour où se produira le miracle d’un pouvoir fort, stable & démocratique en France.

Aigles de France, sachez que vous n’êtes pas morts pour rien dans cette terrible “Morne Plaine” qui n’a rien d’une plaine bien sur, c’est l’image d’Epinal nécessaire au roman national tissé par Hugo.

Vous n’êtes pas mort pour rien, vous ne vous êtes pas battus pour rien car même si la France s’est écroulée derrière vos charges dantesques lors de cette défaite cuisante, votre rage au combat à mourir pour la Patrie lave le déshonneur d’une Nation certes fatiguée mais qui s’est livrée à l’ennemi via les intrigants oligarques de Paris et d’autres places aristo-financières.

Personne n’a oublié votre Gloire & votre Honneur dans l’adversité, d’ailleurs ce souffle vous l’avez transmis, car si c’est aujourd’hui les 200 ans de la Bataille ‪#‎Waterloo‬ ou plutôt du Mont Saint-Jean, c’est aussi les 75 ans de l’Appel du 18 juin 1940 en pleine obscurité, dans la nuit de la terreur nazie qui venait de s’abbatre sur la France..

C’est aussi a titre personnel, aujourd’hui le 32ème anniversaire du jour où je me suis levé sur mes deux jambes pour marcher sur ce Sol de France.
Il n’y a jamais de hasard dans cette date et je suis sur que je ne suis pas le seul prêt à se lever pour rendre à la France sa Dignité Nationale.

C’est pourquoi nous vous proposons cette date, le 18 juin 2015, comme le Départ d’une Nouvelle ère française, celle où la Nation ne disparaît pas dans l’Empire qui nous a battus, mais au contraire renaît de ces cendres pluri-millénaires pour faire ce qu’aucune civilisation n’a jamais réalisé, renaître pour aller encore plus haut dans son développement au lieu de sombrer de façon classique et terrifiante dans la chute inexorable.

Ty Civis – Fondateur de France Frontières Naturelles Projet 1815-2015

Voir aussi :

Petite anecdote intéressante rapportée par Gordon Corrigan dans son livre sur Waterloo. Le 18 Juin 1965, l’armée Anglaise a réalisé une spectaculaire parade dans la Ferme d’Hougoumont pour le 150° anniversaire de la Bataille de Waterloo. Les nombreux alliés des Anglais en 1815 avaient été également invités. Des contingents d’Autriche, d’Allemagne de l’Ouest, de Hollande, de Belgique, d’Espagne et du Portugal participaient à la parade. Même les Russes étaient également présents malgré la crise aïgue de la Guerre Froide. Cette occasion étant plus une commémoration qu’une célébration les Français avaient été également invités mais ils avaient décliné l’invitation.  Ils avaient fait savoir que leur président, le Général De Gaulle avait refusé en raison du fait qu’il était trop occupé à préparer le 900° anniversaire de la Bataille de Hastings l’année suivante! (Waterloo: A New History of the Battle and its Armies Gordon Corrigan Atlantic Books)

  • Et si Napoléon avait gagné à Waterloo ?
Et si Napoléon avait gagné à Waterloo ? 7sur7

Mais admettons que Bonaparte ait fini par vaincre ses ennemis directs. “Si Napoléon avait réalisé ses projets originaux de 1810, il aurait encore une …
Et si Napoléon avait gagné à Waterloo ? Une Route Napoléon en Belgique! L’Empereur débarque à dos d’homme! Napoléon, empereur du business! Toutes les places pour assister aux reconstitutions de la bataille de Waterloo ont été vendues! Sur les traces de Napoléon: La chambre rouge où Joséphine est morte ! À Waterloo, des soldats de 2015 cherchent ceux de 1815!

Le 18 juin 1815, Napoléon a été battu à Waterloo et a perdu définitivement le pouvoir! Mais s’il avait gagné, aurait-il bâti un empire s’étendant jusqu’à la Chine? La Seconde guerre mondiale aurait-elle eu lieu ? Ces questions fascinent de longue date les romanciers, mais aussi les historiens les plus sérieux.
Départements de Chine
S’il avait renversé les Anglais de Wellington et les Prussiens de Blücher sur la plaine de Waterloo, au sud de Bruxelles, l’empereur aurait sans doute repris sa marche jusqu’au nord de l’Allemagne, estime l’historien Helmut Stubbe da Luz. “Brême, Hambourg et Lübeck seraient devenues françaises à nouveau”, soutient l’historien de Hambourg, la puissante ville portuaire incorporée dans l’empire français fin 1810. Le scénario est toutefois à prendre avec des réserves, reconnaît Helmut Stubbe da Luz. Car même si Napoléon avait battu la coalition le soir du 18 juin, les monarchies européennes ne se seraient sans doute pas avouées vaincues.

Waterloo “fut une victoire totale pour les Alliés, mais ça n’aurait pas été une victoire totale pour Napoléon”, abonde l’historien belge Philippe Raxhon, spécialiste de la bataille de Waterloo. Mais admettons que Bonaparte ait fini par vaincre ses ennemis directs. “Si Napoléon avait réalisé ses projets originaux de 1810, il aurait encore une fois envahi la Russie et potentiellement étendu son empire jusqu’aux frontières de la Chine”, avance Helmut Stubbe da Luz.

Dès le XIXe siècle, un scénario encore plus radical a été imaginé par l’écrivain français Louis Geoffroy. Dans son roman “Napoléon et la conquête du monde, 1812-1832”, il décrit comment Napoléon parvient, entre autres, à assujettir la Chine, ramenée au rang de simple “province de l’Asie”. Dans son roman uchronique — genre littéraire qui imagine ce qu’il serait arrivé si un événement historique ne s’était pas passé comme le racontent les livres d’histoire — écrit en 1836, Geoffroy remonte le temps jusqu’à trois années avant Waterloo. “J’ai écrit l’histoire de Napoléon depuis 1812 jusqu’en 1832, depuis Moscou en flammes jusqu’à sa monarchie universelle et sa mort. Vingt années d’une grandeur incessamment grandissante et qui l’éleva au faîte d’une toute-puissance au-dessus de laquelle il n’y plus que Dieu”, écrit en introduction à son roman l’auteur, Louis-Napoléon Geoffroy-Château de son vrai nom.

Toute-puissance, vraiment? Pour M. Stubbe da Luz, “Napoléon était un dictateur, mais pas un dictateur réactionnaire comme le tsar de Russie”. Un règne napoléonien sur l’Europe continentale, équilibré par la suprématie maritime anglaise, n’aurait pas forcément signifié un recul pour l’humanité, estime l’historien.
Une Allemagne moins forte

“La dictature de développement que Napoléon a exportée aux pays sous sa domination a été une régression en comparaison aux progrès de la Révolution française, mais n’a pas été un mal pour les nouveaux sujets en Allemagne, en Hollande, en Italie et en Espagne”, estime-t-il. Et de citer “l’égalité de droits pour les minorités religieuses et la population rurale, le droit de vote pour les hommes, un système juridique hors pair ou encore un espace économique étendu”.

Avec beaucoup de prudence, l’historien va plus loin, imaginant une “Europe continentale dominée par la France” pendant tout le XIXe siècle. L’Allemagne ne serait pas devenue aussi forte. Et donc “l’Allemagne n’aurait probablement pas été en mesure de provoquer une Première et une Seconde guerre mondiale”.

Imaginer une histoire parallèle est, pour les historiens, un exercice de haut vol. “Les causes des événements sont innombrables”, rappelle Philippe Raxhon, de l’Université de Liège. Qui se limite à élaborer des scénarios en lien direct avec les projets des protagonistes. Par exemple, Wellington, battu à Waterloo, aurait sans doute repris la mer à Ostende pour rallier l’Angleterre, — parce que Wellington avait lui-même “envisagé d’éventuellement perdre la bataille”, juge-t-il.

Les romanciers, eux, n’ont pas ces contraintes. Dans son best-seller “Fatherland”, paru en 1992, le Britannique Robert Harris imagine une Allemagne se préparant, en 1964, à une visite du “président américain Joseph Peter Kennedy” (le père de “JFK”) à Adolf Hitler, vainqueur de la Seconde guerre mondiale. Une guerre, qui selon d’autres scénarios, n’aurait pas eu lieu si Napoléon avait gagné à Waterloo.
Paul-Napoléon Pierre Calland – Président du Mouvement Bonapartiste 

Manque de tact de la part des anglais! Après la pièce belge commémorative du bicentenaire de la défaite de Waterloo… (Personnellement, ils auraient pu en faire également une sur la dernière victoire de Napoléon, à Ligny!). Un certain journal anglais et un historien publient un article demandant aux français d’arrêter d’admirer aveuglément Napoléon! L’admiration aveugle dépasse et de loin un seul pays mais des milliers d’admirateurs de par le monde et il est trop simpliste que de lier Napoléon Le Grand à un seul pays… Il suffit de suivre l’actualité des commémorations pour se rendre compte que ce n’est pas tant la défaite qui relie les peuples à la personne, mais sa victoire sur le temps et l’immortalité de ses idées révolutionnaires, toujours actuelles dans une société où le mérite n’a plus de place et où les valeurs d’humanité se délitent pour tomber en une fine poussière dans le vide nauséabond d’une Europe financière qui n’a d’humanité, que ces lois qui creusent le fossé entre les peuples! Jacques JANSSENS

Qu’ils fêtent Waterloo, nous fêterons Austerlitz!

http://renouveaubonapartiste.blogspot.fr/2015/03/quils-fetent-waterloo-nous-feterons.html

L’anecdote a fait le tour du continent, révélée par des journaux anglais toujours amusés de se moquer de leurs cousins français et de leur patriotisme. La Belgique avait pour projet d’émettre une pièce commémorative de 2€ figurant le bicentenaire de la bataille de Waterloo. La France s’est opposée au projet et celui-ci a avorté.On entend déjà certains tomber en pâmoison d’horreur et d’indignation, accusant l’Europe d’un complot anti-français et l’Angleterre (enfin, pour eux, toujours la “Perfide Albion”) de nourrir des rêves d’abaissement de notre Nation.Personnellement, nous ne sommes sûrs que d’une chose : l’affaire n’est pas le scandale du siècle. Et surtout,nous ne sommes plus en 1815 (et ce, depuis belle lurette).Si la mémoire de l’Empereur mérite d’être défendue avec vigueur, ce n’est pas en niant la liberté des autres Nations qu’il faut le faire ou en sombrant dans l’outrance anglophobe, mais bel et bien en affirmant plus que nous ne l’avons fait par le passé notre liberté, si ce n’est notre devoir, de commémorer la mémoire impériale.En effet, dans un premier temps, ne peut-on pas, avec dignité, reconnaître que le monde entier n’est pas forcément obligé de révérer l’Empereur ? Peut-on accepter la pluralité des opinions ? Les défenseurs des libertés françaises ne devraient-ils pas reconnaitre les libertés des autres Nations ?
Mais surtout, est-ce si grave ? Ne peut-on pas être bonapartiste et admirer Trafalgar Square? Nous est-il interdit de prendre le train à Waterloo Station ? Dans ses projets, Napoléon s’est heurté à des Nations pour qui il ne fut qu’un adversaire et un ennemi. C’est ainsi que se fait l’Histoire.Les autres Nations sont libres et souveraines. On doit d’autant le reconnaître quand on est soi-même attaché à la souveraineté française. Dans cette liberté souveraine réside l’attachement à son Histoire. Alors que la Belgique fête la victoire de Waterloo si telle est sa volonté. Nous, nous fêterons Austerlitz, Iéna, Wagram.Quelle incroyable incohérence que ces adversaires de l’euro qui se retrouvent bien heureux que les mécanismes européens permettent à la France de retirer à la Belgique le droit souverain (sacré à leurs yeux) de battre librement monnaie …Plutôt que de chercher “discrètement” à faire avorter les volontés “monétaires” de ses voisins, la France ferait mieux de reconnaître et de promouvoir son héritage napoléonien. La Belgique commémore la bataille de Waterloo ? Commémorons le retour de l’Aigle. Ou, avec plus de noblesse, commémorons le souvenir de la fin de l’épopée impériale. Waterloo a deux siècles d’âge, ne peut-on pas envisager cette époque avec un peu de recul?Laissons les autres Nations libres de leur rapport à leur Histoire. Le seul et unique scandale qui soit c’est que la France ait toujours tant de réticence à célébrer la sienne, où, au rayon de nos gloires nationales, Napoléon occupe une place de premier choix.

http://www.lesechos.fr/monde/europe/0204221999978-ca-se-passe-en-europe-a-waterloo-la-france-perd-la-bataille-du-ridicule-pour-une-piece-de-deux-euros-1101759.php

Anne Bauer / Correspondante à Bruxelles |

https://i1.wp.com/waterloo.1410.be/wp-content/uploads/Waterloo-1815-2015-piece-commemorative-coin.jpg?resize=239%2C212Deux cents ans après la défaite de Waterloo, Paris perd cette fois-ci la bataille du ridicule face à la Belgique.

L’affaire est savoureuse et déchaîne l’hilarité de la presse britannique. Deux cent ans après la défaite de Waterloo, la « grande nation » française vient d’empêcher la Belgique d’émettre une jolie pièce commémorative pour le bicentenaire de cette illustre bataille, qui s’est déroulée sur une colline située dans la banlieue sud de Bruxelles.

Chaque année, la Monnaie Royale de Belgique en charge de frapper les monnaies officielles du Royaume, émet deux pièces commémoratives de deux euros. Celles-ci sont très prisées par les collectionneurs. En 2014, une pièce de 2 euros avait ainsi célébré le bicentenaire de la Croix Rouge. Cette année, la Monnaie pensait tout à fait logique d’honorer le bicentenaire de la bataille de Waterloo, en illustrant une face de la pièce par la statue du lion qui domine la colline de Waterloo où 12.000 soldats sont morts le 18 juin 1815. « Cette bataille appartient à l’histoire mondiale », explique-t-on à la Monnaie, où l’on n’avait pas imaginé un instant qu’après 200 ans, la France pleurait toujours la défaite de Napoléon.

Or, toute pièce mise en circulation, même si elle n’est éditée que pour les accrocs de la numismatique, doit obtenir un feu vert des pays membres de l’euro. Une simple procédure entre administrateurs du « Comité des pièces métalliques ». Cette fois, pourtant, et à la surprise générale, la France a déposé un recours contre la pièce « Waterloo 1815-2015 » ! « La bataille de Waterloo est un événement avec une résonance particulière dans la conscience collective, qui va au-delà du simple conflit militaire. La circulation de pièces portant des symboles négatifs pour une fraction de la population européenne nous semble préjudiciable, dans un contexte où les gouvernements de l’Eurozone tentent de renforcer l’unité et la coopération au sein de l’union monétaire », explique l’argumentaire français.

Craignant que le ridicule d’un vote en conseil des ministres des Finances, où du fait de son poids, la France avait toutes les chances de remporter une majorité qualifiée contre cette pièce, la Belgique a renoncé à l’éditer. Mais comme elle n’aime pas non plus se faire marcher sur les pieds, elle éditera un « Waterloo 1815-2015 » de trois ou cinq euros, chaque émetteur de monnaie nationale étant libre de faire ce qu’il veut pour des valeurs qui ne sont pas en circulation.

Le ministre belge des Finances, Johan Van Overtveldt, s’est déclaré « quelque peu surpris par toute cette agitation. L’Europe a bien d’autres dossiers à traiter et de défis importants à relever pour perdre son temps et son énergie dans cette affaire ».

L’affaire ne serait cependant jamais sortie du « comité des pièces métalliques » sans les « fuites » organisées par la perfide Albion, qui se réjouit de transformer la « victoire » du ministères des Finances français en une ridicule défaite.

Commémoration de la bataille de Waterloo : la Belgique fait un pied de nez à la France

La France, soutenue par un certain nombre de grands pays européens, avait marqué son opposition à la création d’une pièce de deux euros frappée par la Monnaie royale de Belgique à l’occasion du bicentenaire de la bataille de Waterloo. Notre pays a décidé de frapper une pièce spéciale de… 2,50 euros.

Les Français voyaient en fait d’un mauvais œil la création de cette pièce ayant cours légal qui permettrait de se souvenir d’une défaite française face à une coalition européenne, précipitant dans la mort 55.000 personnes en une journée. “La bataille de Waterloo est un événement avec une résonance particulière dans la conscience collective, qui va au-delà du simple conflit militaire. La circulation de pièces portant des symboles négatifs pour une fraction de la population européenne nous semble préjudiciable, dans un contexte où les gouvernements de l’Eurozone tentent de renforcer l’unité et la coopération au sein de l’union monétaire”, défend la France.

Quelque 175.000 pièces commémoratives de deux euros avaient déjà été frappées par la Monnaie royale de Belgique, selon le SPF Finances. Le coût pour le budget fédéral est estimé à 50.000 euros.

En frappant des pièces de 2,50 euros, la Belgique peut se passer de l’aval des autres pays membres de l’Union européenne. “Je suis quelque peu surpris de toute cette agitation. L’Europe a bien d’autres dossiers à traiter et des défis importants à relever pour perdre son temps et son énergie dans cette affaire”, a réagi jeudi le ministre belge des Finances, Johan Van Overtveldt, qui précise que ce dossier date déjà de la législature précédente.

La commémoration de la bataille de Waterloo est prévue durant quatre jours à partir du 18 juin prochain et devrait attirer environ 200.000 personnes, d’après les organisateurs.

La Belgique a annoncé aujourd’hui qu’elle retirait son projet”, nous a déclaré le service de presse du Conseil européen dans :

Le Huffington Post

NAPOLON BONAPARTE

http://www.huffingtonpost.fr/2015/03/11/euro-napoleon-waterloo-france_n_6845184.html

EURO – Selon une information du journal anglais The Telegraph, la France se démène pour empêcher la création d’une pièce de deux euros imaginée pour commémorer les 200 ans de la bataille de Waterloo.

Waterloo ? Cela ne vous dit rien ? La dernière bataille à laquelle Napoléon Bonaparte a participé, le 18 juin 1815 dans l’actuelle Belgique. Elle s’est soldée par une défaite française face à une coalition européenne et la mort de 55.000 personnes en une journée. Bref, la fin d’une des plus grandes épopées de l’histoire de France doublée d’une véritable boucherie.

Alors quand la Belgique a soumis en février un projet de pièce de deux euros pour marquer le coup, la France a vu rouge. Dans les jours qui ont suivi, elle a même déposé un recours. Selon le Telegraph, qui s’est procuré le document, elle argumente en craignant des “réactions hostiles en France”. “La Belgique avait présenté son projet et les Etats membre en ont été informés le 26 février dernier. (…) La Belgique a annoncé aujourd’hui qu’elle retirait son projet”, nous a déclaré le service de presse du Conseil européen.

“La bataille de Waterloo est un événement avec une résonance particulière dans la conscience collective, qui va au-delà du simple conflit militaire. (…) La circulation de pièces portant des symboles négatifs pour une fraction de la population européenne nous semble préjudiciable, dans un contexte où les gouvernements de l’Eurozone tentent de renforcer l’unité et la coopération au sein de l’union monétaire.”

Ce genre de recours est prévu par les règlements, mais rares. En tout cas, l’affaire fait bien rire les Anglais. Pas en tant que membre de la zone euro, mais comme grand artisan de la chute de Napoléon.

“Je suis ravi que la zone euro veuille célébrer l’échec de la France à créer un super-état européen”, a déclaré au Telegraph Sir Peter Luff, membre du parlement britannique. La sensibilité des Français est décevante et ils devraient vraiment reconnaître qu’il s’agit d’un grand moment dans l’histoire de l’Europe de la liberté et de la démocratie.”

A quand une pièce commémorative pour la bataille d’Hastings en 1066? Et pourquoi pas aussi pour le 8 mai 1945?

http://waterloo.1410.be/bataille-de-waterloo-la-france-tente-de-bloquer-une-piece-commemorative-creee-par-la-belgique/

La-bataille-de-Waterloo-1815Selon une information du journal anglais The Telegraph, la France se démène pour empêcher la création d’une pièce de deux euros imaginée pour commémorer les 200 ans de la bataille de Waterloo.

La dernière bataille à laquelle Napoléon Bonaparte a participé, le 18 juin 1815 dans l’actuelle Belgique s’est soldée par une défaite française face à une coalition européenne et la mort de 55.000 personnes en une journée. Bref, la fin d’une des plus grandes épopées de l’histoire de France doublée d’une véritable boucherie.

Alors quand la Belgique a soumis en février un projet de pièce de deux euros pour marquer le coup, la France a vu rouge. Dans les jours qui ont suivi, elle a même déposé un recours. Selon le Telegraph, qui s’est procuré le document, elle argumente en craignant des « réactions hostiles en France ».

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« La bataille de Waterloo est un événement avec une résonance particulière dans la conscience collective, qui va au-delà du simple conflit militaire. (…) La circulation de pièces portant des symboles négatifs pour une fraction de la population européenne nous semble préjudiciable, dans un contexte où les gouvernements de l’Eurozone tentent de renforcer l’unité et la coopération au sein de l’union monétaire. »

La demande officielle a été déposée le 5 mars. Un recours prévu par les règlements, mais rares. Et cela a bien fait rire les Anglais. Pas en tant que membre de la zone euro, mais comme grand artisan de la chute de Napoléon.

« Je suis ravi que la zone euro veuille célébrer l’échec de la France à créer un super-état européen », a déclaré au Telegraph Sir Peter Luff, membre du parlement britannique. La sensibilité des Français est décevante et ils devraient vraiment reconnaître qu’il s’agit d’un grand moment,dans l’histoire de l’Europe de la liberté et de la démocratie. »

Article de Jean-Baptiste Duval pour le Huffington Post

http://www.lavenir.net/cnt/dmf20150311_00614759

La France ne veut pas d’une pièce de deux euros pour commémorer Waterloo.

La France ne veut pas d’une pièce de deux euros pour commémorer Waterloo.

La dernière défaite de Napoléon divise la France et la Belgique. Selon une information du journal anglais The Telegraph, relayée par le Huffington Post, la France se démène pour empêcher la création d’une pièce de deux euros imaginée par la Belgique pour commémorer les 200 ans de la bataille de Waterloo.

La commémoration des 200 ans de la bataille de Waterloo approche. La Belgique a soumis un projet de pièce de deux euros pour marquer le coup, mais la France a vu rouge. Dans les jours qui ont suivi, elle a même déposé un recours, chose assez rare. Selon le Telegraph, qui s’est procuré le document, elle argumente en craignant des «réactions hostiles en France».

Pensez, la dernière bataille livrée par Napoléon Bonaparte, le 18 juin 1815, s’est soldée par une cuisante défaite de la République face à une coalition européenne et la mort de 55 000 personnes en une journée. Une boucherie. Pour la France: la fin d’une des plus glorieuses périodes de son histoire. Mais pour l’Angleterre et les nations alliées, Waterloo reste synonyme d’une grande victoire. Tout dépend du côté où l’on se situe, même deux siècles plus tard.

Une pièce «préjudiciable»

«La bataille de Waterloo est un événement avec une résonance particulière dans la conscience collective, qui va au-delà du simple conflit militaire. La circulation de pièces portant des symboles négatifs pour une fraction de la population européenne nous semble préjudiciable, dans un contexte où les gouvernements de l’Eurozone tentent de renforcer l’unité et la coopération au sein de l’union monétaire», explique l’argumentaire français pour s’opposer à la création de cette pièce avant tout commémorative (mais souvent frappées à 1 million d’exemplaires).

Etienne Claude, le directeur général de l’ASBL Bataille de Waterloo 1815, en charge des commémorations sur le site, s’étonne de la réaction française. «Je vois mal le gouvernement français réagir ainsi», réagit-il. «Waterloo n’est pas une défaite française, c’est la défaite de Napoléon, c’est différent.» L’ABSL n’est pas à l’origine de cette demande de pièce commémorative de 2 euros, qui relève du gouvernement fédéral, tout pays européen ayant le droit de frapper deux pièces par an (l’autre thème choisi pour 2015 étant l’année européenne du développement). La demande doit être adressée six mois à l’avance auprès du comité d’avis de la Comission européenne. Pour Waterloo, ce fut fait en novembre dernier. Mais le dossier traîne. Alors que la pièce 2015 de la France (consacrée aux 70 ans de la paix en Eupope) est, comme la plupart des pièces de 2 euros commémoratives des autres pays d’Europe, déjà tout à fait officielle.

Etienne Claude ignorait même l’existence du projet de pièce. Son ABSL travaille, de son côté, au layout d’une médaille qui fera partie du marchandising de l’événement. Mais l’homme se dit consterné par l’argumentaire cité par le The Telegraph. «La volonté de la Belgique, au travers des commémorations du bicentenaire de Waterloo, c’est justement de porter cette image d’unité et de coopération. On commémore la paix des peuples, et non d’une bataille», dit-il, rappelant que l’asbl travaille en parfaite collaboration avec la Fondation Napoléon, «une association officielle, qui a pignon sur rue» et que «près de soixante événements relatifs à la bataille de Waterloo se tiendront en France». «Franchement, cela fait des années que nous préparons la commémoration, même avec les ambassadeurs, et il n’y a eu aucun problème de ce côté-là. Je n’ai jamais rencontré une telle réaction.»

Côté anglais, on ricane. Déjà que qu’ils ne sont pas membres de la zone euro, mais qu’en plus l’Europe puisse les célébrer pour avoir causé la chute de Napoléon. «Je suis ravi que la zone euro veuille célébrer l’échec de la France à créer un super-état européen», a ainsi déclaré au Telegraph Sir Peter Luff, membre du parlement britannique. «La sensibilité des Français est décevante et ils devraient vraiment reconnaître qu’il s’agit d’un grand moment dans l’histoire de l’Europe de la liberté et de la démocratie.»

 

Bataille de Ligny : Relation officielle et ordre du Jour d’Avesnes


16062015

Fleurus – XVI – VI – MDCCCXV

pipeCeci n’est pas une pipe! Mais bien la représentation d’une pipe ! Les reconstitutions de batailles ne peuvent rendre qu’une approximation très relative de ce qui était une bataille en 1815. Du point de vue selon l’endroit où l’on se trouve, les perspectives sont erronées et les relations tronquées par la vision restreinte de ce qu’il se passe sous nos yeux. Ainsi donc, il me paraît intéressant de lire les éditions originales officielles de la bataille de Ligny telle qu’elle sera publiée dans le Moniteur Universel du 19/06/1815. Ces bulletins d’époque étaient de grandes affiches qui étaient placardées sur les murs des grandes villes et se lisaient donc par colonne. Vous comprendrez en ouvrant les images ou les pdf. Jacques JANSSENS

Monit.1806 page 1 Monit.1806 page 2

Voir également http://napoleonbonaparte.be/2015/06/proclamation-a-larmee-du-nord-le-14-juin-1815-avesnes-2/

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Dialogue entre Napoléon le Grand et Asmodée…, dit le Diable Boiteux.


L’histoire qui suit date de 1831 et est signée d’un certain Guillon…dont je ne trouve pas d’autres traces…Etant écrit en 1831, ce dialogue entre Napoléon et Asmodée est intéressant à plus d’un titre, ne fusse-ce que pour la contribution à la légende. L’auteur y dépeint en 10 pages les pensées de l’Empereur qui découvre Paris transformée.Dans la mythologie grecque, les champs Élysées ou simplement l’Élysée sont le lieu des Enfers grecs où les héros et les gens vertueux goûtent le repos après leur mort…

Jacques JANSSENS.

https://i1.wp.com/upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/6/62/The_Garden_of_Earthly_Delights_by_Bosch_High_Resolution_2.jpg?resize=600%2C340

Jérôme Bosch – Le jardin des délices

Bien que l’emplacement n’en soit pas connu avec précision, les auteurs s’accordent à dire que les Champs Elysées (appelés aussi « îles des Bienheureux ») représentent le lieu des Enfers (le royaume des morts) où les héros et les vertueux goûtent le repos après leur mort.

L’Arrivée de Napoléon à Paris sous la conduite d’Asmodée, dit le Diable Boiteux. – Dialogue entre Napoléon le Grand et Asmodée

Asmodée dépeint dans le Dictionnaire Infernal de Collin de Plancy.

SOMMAIRE.

Les Champs-Elysées. — Le Diable Boîteux. —La Béquille. — Napoléon en croupe. —La queue du diable.— 1500 lieues en dix minutes. —L’Arc de triomphe. —Le nouveau roi et le bonheur. —La garde nationale. — La colonne. — Une belle tête et rien dedans. — Le Musée et les cagots. — Le tombeau des braves de juillet. —La sainte kirielle. — Trois religions à Paris. — Le cholera-sanctus. — Les invalides. — La Pologne et la Belgique. — La gloire et la victoire. — Le départ. — Tout disparaît.

PARIS,MALDAN, EDITEUR-LIBRAIRE, Passage Brady, n. 75, Entrée par les faubourgs Saint-Martin et Saint-Denis. 1831.

L’ARRIVEE DE NAPOLEON A PARIS.

Napoléon se promenant tranquillement les bras croisés derrière le dos, dans les bosquets des Champs-Elysées, aperçut le Diable-Boiteux qui s’était arrêté auprès d’un arbre , appuyé sur sa béquille. Il avait l’air de réfléchir en souriant d’un air malin. Le grand homme s’aborde et lui dit : Le seigneur Asmodée rêve sans doute à quelque malice.

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Faïence fine – Bataillon Napoléon – Exposition Nivelles

Asmodée. —Non, grand empereur, lui répondit le diable, depuis sept à huit jours je me suis mis en vacances et je laisse reposer les humains en attendant que je travaille sur nouveaux frais, et je leur en garde de bonnes. J’ai l’esprit créateur.

Napoléon. — Je le sais, cependant vous êtes quelquefois un très-bon diable, vous l’avez prouvé clans plus d’une circonstance, et j’ai souvent envié le sort de l’écolier don Cléophas, Léandro , Pérès, Zambulo auquel vous fîtes voir pendant une belle nuit tout ce qui se passait dans les diverses maisons publiques ou particulières de Madrid, en le transportant sur les toits qui s’élevaient à votre volonté et d’après votre ordre: car vous autres diables vous commandez à tout, même aux éléments.

Asmodée. — Sire, si vous désirez jouir du même plaisir, je puis vous le procurer. Il n’est rien que, je ne fasse pour vous, et en montant à califourchon sur ma béquille , je vais vous transporter dans un instant où vous voudrez. Parlez et vous allez être obéi. Je trouve une douce jouissance à vous être soumis. Nous nous entretenions souvent de vous, tandis que vous vous couvriez de gloire sur la terre, et si nous n’eussions pas été retenus par une puissance supérieure, plus d’un diable vous eut secondé et le destin eut été obligé de s’enchaîner au char de la victoire. Nous nous serions même relevés les uns après les autres pour prendre tous part à la fête, car les diables aiment la gloire. Mais, sire, permettez-moi de vous observer que nous perdons du temps, que le jour va bientôt cesser sur la terre et que si vous voulez accepter ma proposition il est temps de partir.

Napoléon. —J’y consens. Mettons-nous en route.

Asmodée.—Où allons-nous?

Napoléon. — A Paris. Je veux revoir mes bons Français-, la capitale du grand empire, le chef-lieu de la grande nation !

Asmodée. — En ce cas, sire, à cheval: pardonnez si je vous prends en croupe , mais vous ne sauriez diriger ma béquille. Elle est plus difficile à gouverner que les hommes. Je sonne le bout-selle ( il allonge sa béquille; l’enjambe). Sire, prenez place derrière moi et tenez vous ferme sur les étriers.

Napoléon. — M’y voilà. Vous pouvez donner le coup de fouet du départ.

Asmodée, — Et vous, sire, tirer le diable par la queue, c’est un peu violent pour un empereur comme le grand Napoléon. Et les voilà qui s’enlèvent dans les airs avec la rapidité de l’éclair et parcourent l’immensité sur les ailes du dieu des vents.

Napoléon. — Nous allons ma foi plus vite que le télégraphe.

Asmodée. — Sire, lorsque le diable se mêle de quelque chose vous savez ce qu’il en arrive, soit en bien soit en mal. Nous avions quinze cents lieues à faire, nous touchons au terme de notre voyage ; j’aperçois la lanterne du Panthéon. Où voulez-vous arrêter.

Napoléon. — Aux Tuileries, sur l’arc de triomphe.

Asmodée. — Nous y voilà ( ils arrivent, descendent sur la plate forme). Nous pouvons mettre pied à terre.

Napoléon.— C’est à faire à vous , seigneur Asmodée

Asmodée. — Sire, si vous êtes content de ma voiture, vous vous en servirez.

Napoléon. — Je ne dis pas non…. Que vois-je ? le drapeau tricolore. Les Français sont revenus à ces glorieuses couleurs, je les en félicite; c’est avec elles qu’ils se sont immortalisés dans les quatre parties du monde. Elles ressemblent au phénix et renaissent de leurs cendres, qu’ils sachent les conserver, qu’ils soient unis, ils seront invincibles. Il n’y a personne dans le palais.

Asmodée. — Non , lorsque la trahison vous en fit sortir, d’autres y vinrent, ils ont eu leur tour. Le nouveau roi est au Palais-Royal.

Napoléon. — Je le félicite d’être à la tête des Français; il en est digne, il les rendra heureux. Mais qu’il sache profiter des fautes des autres et des leçons de l’expérience.

Asmodée. — Il voyage maintenant, ainsi nous n’irons point voir ce qui se passe chez lui. Jetons donc un coup-d’oeil sur cet Arc dé triomphe. On y a replace les bas reliefs qui le décoraient à sa naissance.

Napoléon, — Oui, on rend justice aux hommes lorsqu’ils sont dans la tombe ; mais je pardonne aux Français, je les aime toujours et je sais que ma mémoire leur est chère.

Asmodée. — Vous êtes immortel et votre statue brillera sur cet Arc de triomphe.

Napoléon — C’était celle de la paix qui devait y figurer. Je l’avais décidé, et cette auguste inauguration aurait eu lieu pour rendre hommage à la France, lorsque j’aurais eu réduit tous ses ennemis ou l’impossibilité de reprendre les armes. Cette gloire est réservée à l’un de mes successeurs, pourvu qu’il soit fidèle au drapeau tricolore et qu’il maintienne la garde nationale; elle est et sera toujours le palladium et l’honneur de la France. Allons à la place Vendôme.

Asmodée. — Sire, vous êtes obéi.

Napoléon. — Noble colonne, combien tu es chère à mon coeur, je revois tous mes braves, je me retrouve au milieu d’eux.

Asmodée. — C’est le cas de dire que vous êtes en famille et je ne suis pas flatteur.

Napoléon, — Et cet Alexandre qui voulait faire le pointilleux et qui disait que la tête lui eut tournée s’il se fut trouvé en haut à ma place.

Asmodée. — Je le crois bien, les cajoleries de cour l’avaient gâté. Une belle figure est un don du hasard, mais une grande âme , un noble coeur, c’est autre chose.

Napoléon. — Asmodée, voilà de la philosophie. Asmodée. — Les diables la connaissent. D’ailleurs c’est un bon mot de Voltaire.

Napoléon. —Oui, pour bien exprimer une pensée il faut avoir le diable au corps. Continuons notre course.

Asmodée. — Voilà le Musée.

Napoléon —Les Vandales y ont passé. Les cagots ont fait le reste. Ces gens là n’aimaient pas les arts.

Asmodée. — Nous passons devant les colonnades du Louvre. J’aperçois le tombeau des braves de juillet.

Napoléon. — Honneur au courage malheureux , ce sont encore des héros morts pour la Liberté !

Asmodée. — Marchons , je veux que vous voyez ce qui s’est passé du côté de Notre-Dame.

Napoléon. — Telles sont les suites de l’intolérance et d’un zèle aveugle qui dirige l’esprit de parti quoiqu’on mette le ciel de la partie.

Asmodée.— Oui, ces Messieurs lui font jouer un très-grand rôle pouf servir leurs petites passions , et nous y figurons aussi nous autres diables, et ce n’est pas sous le costume le plus brillant.

Napoléon. — Une telle scène ne se fut passée sous Maury, encore moins sous le vertueux Dubelloy.

Asmodée. — A coup sûr celui qui en a été la cause n’était pas même possédé de notre esprit. C’était quelque chose de pis

Napoléon. — Mon cher Asmodée, plus j’ai fait pour ces gens-là , tandis que j’étais au fait de la puissance sur la terre, plus j’ai eu à m’en plaindre, et ses hommes, dont le plus audacieux n’eut pas osé tenir tête au plus jeune de mes conscrits, osait lutter contre moi, lorsque je faisais trembler l’Europe et que je l’avais vaincue.

Asmodée.— Voilà le cagotisme, le fanatisme, le jensinisme, le molinisme, le quiétisme, le papisme, etc., etc. Je vous fais grâce du reste de la kirielle.

Napoléon. — Ils me devaient leurs emplois, leurs dignités, leurs rangs, leurs fortunes. Eh bien ! ils obéissaient à un autre homme qu’ils regardaient comme infaillible, et qui le faisait journellement mille et une bévues et même qui détruisait ce qu’avaient fait ses prédécesseurs) et le tout pour prouver leur infaillibilité et la sienne. Cela fait pitié.

Asmodée. — Que voulez-vous, sire, les hommes sont fait ainsi.

Napoléon. — Ce sont toutes ces diverses sectes qui ont désolé la terre et l’ont abreuvée de sang au nom d’un dieu de paix et de bonté.

Asmodée. — Les diables n’eussent fait pis : cependant nous allons assez bien lorsque nous nous en mêlons. Mais les hommes et surtout ces messieurs dont nous parlons, mériteraient,souvent un Brevet d’invention.

Napoléon. — (Souriant. ) Pas mal , Asmodée. Bravissimo , l’idée est heureuse. On devrait établir une promenade à la place de ces ruines.

Asmodée. — Cela purifiera le terrain… Mais un instant, nous avons deux nouveaux temples et deux nouvelles sectes en France.

Napoléon. — Qui sont ? Répondez,

Asmodée. — Nous voilà rue Taitbout, jetez les yeux en bas. Voyez ces hommes, ces femmes, ces jeunes gens, ces vieillards, ces niais de toutes les couleurs qui déraisonnent à qui mieux mieux pour faire des dupes, attraper de l’argent aux gens trop crédules, le tout pour s’amuser, donner des soirées. et (il lui parle bas à l’oreille) vous m’entendez. Napoléon. — Parbleu, certainement.

Asmodée. — Eh bien ! ce sont les Saints-Simoniens. Leur patron, leur fondateur s’est brûlé la cervelle. Ne désespérons de rien on fera un martyr.

Napoléon. — Et même un saint ; il ne faut que de l’argent, ensuite on allongera le calendrier ou l’on mettra en retraite un de ceux dont le crédit est usé. Allons plus loin , cela me fait mal (il hausse les épaules ).

Asmodée. — J’ai encore à vous conduire dans un autre temple. Nous sommes rue de Cléry. Baisses les yeux sur ce vitrage ; reconnaissez-vous cet emplacement.

Napoléon. — Oui, on y donnait des bals, des concerts, on y vendait des tableaux.

Asmodée. — Eh bien ! c’est maintenant l’Eglise Catholique Française ; l’office se dit dans la langue des Racine, des Molière et des Voltaire, maison y radote comme si on parlait latin.

Napoléon. — Encore une folie , ces sont les variétés amusantes. Ce que j’y trouve de mieux, ce sont les draperies et l’ensemble des couleurs. Un de ces jours on verra dans cette enceinte se réaliser les tableaux si bien décrits par l’aimable Parny, les anciens et les modernes donneront une soirée..

Asmodée, — L’autre jour la veuve d’un de vos anciens tribuns récalcitrant est venue y montrer sa face surannée. Elle voulait peut-être y tenir lieu de Notre Dame de Lorette.

Napoléon. —Mon cher Asmodée, nous allons répandre une odeur de beauté une lieue à la ronde. Changeons d’air, je vous en supplie, je crains le cholerasanctus. Manoeuvrons du côte des invalides; une visite à mes vieux camarades, à mes vieux grognards.

Asmodée. — Sire, vous êtes obéi, j’exécute comme vous voyez à la parole les ordres de mon général. Regardez… écoutez… et jouissez!.,.

Napoléon. — Oui, je suis heureux, les larmes m’en viennent aux yeux. Que ne puis-je presser sur mon coeur tous ces braves ! Tous ces monuments illustres de la gloire française. En voilà de Rivoli, d’Arcole, du Pont-de-Lodi, d’Aboukir , de Wagram, d’Essling, d’Iéna, de Friedland , de Smolensk, de la Moskova, de l’Eipsig, de Waterloo, et sans les traîtres, ô mes vieux amis, mes vieux amis….

Asmodée. — Sire, rappelez-vous que vous êtes toujours pour eux le Grand Napoléon. . Consolez vous, vous vivrez éternellement d’âge en âge dans le coeur des braves. C’est l’héritage que les vieux lèguent à leurs enfants, lorsqu’ils descendent dans la tombe.

Napoléon. — Asmodée, vos paroles sont pour moi un baume salutaire… mais que disent-ils de la Pologne et de la Belgique ?

Asmodée. — Que ces deux contrées ont combattu depuis peu pour la liberté, et qu’ils ont repoussé leurs oppresseurs

Napoléon. — Ces peuples ont bien fait, si le ciel est juste ils triompheront

Asmodée. — Oui, mais il faudrait que…

Napoléon — Asmodée, silence, ne cherchez point a pénétrer des secrets qui doivent vous être inconnus, il serait imprudent d’en parler. Si je vivais encore, je réfléchirais à ce qu’il faudrait faire, et si la grande nation devait prendre fait et cause dans la lutte qui a eu lieu, je dirais à ceux de mes sujets qui s’y opposeraient, dans le cas d’une injuste agression :Français , n’êtes vous plus les enfants de la gloire. Eh quoi! de vos exploits perdez vous la mémoire; Les barbares du nord vous donneraient des fers., A vous les conquérants de ce vaste Univers, guerriers, ne restez point au sein de vos murailles, Teniez au champ d’honneur le destin des batailles. Que vos fiers ennemis retrouvent leurs vainqueurs , Le triomphe toujours suivit les trois couleurs. La sainte Liberté, cette vierge immortelle , Ouvre à votre votre valeur une route nouvelle. Elle veut vous guider, se plaît sous vos drapeaux ; Vous le savez , Soldats, elle aime les héros! Laissez-donc avancer ces hordes hyper bornées , Que leur chef orgueilleux appelle des armées? Et vous pourrez compter leurs nombreux bataillons Lorsque leurs corps sanglants couvriront nos sillons. La paix, présent du ciel, descendra sur la terre Pour lui faire oublier les horreurs de la guerre, Et cent peuples divers répéteront en choeur : Aux enfants des héros nous devons ce bonheur! ! !

Asmodée — Sire, je reconnais le Grand Napoléon à cet élan généreux, à ces nobles sentiments……Mais le jour va paraitre, il ne faut pas qu’il nous retrouve sur la terre.

Napoléon — Je vous entends , remontons sur notre coursier , et fouette postillon.

( Les deux voyageurs disparurent. On rechercha en vain leurs traces. )

GUILLON.

Le lendemain de la Bataille dite de “Waterloo”


waterloo el lendemainWaterloo après la Bataille, National Army Museum, London.

“Toute trace des moissons avait disparu. Le sol apparaissait comme une vaste friche recouverte des épaves d’une puissante armée. (…) Les cadavres des tués furent dépouillés en un temps incroyablement court, et devinrent, au bout de quelques jours, des objets d’horreur ; ceux qui étaient exposés aux rayons du soleil étaient devenus presque noirs, et de plus, ils s’enflèrent rapidement ; tandis que ceux qui gisaient aux environs d’Hougoumont, abrités en partie sous les arbres, ils conservèrent leur blancheur naturelle.” Et de raconter : “il fallut dix ou douze jours pour déblayer le sol des cadavres  d’hommes et de chevaux, besogne répugnante qui fut accomplie par les paysans. On jeta les corps humains dans de grandes fosses, de quinze  à vingt pieds carrés (4,5 à 6m²), tandis que ceux des animaux eurent les honneurs d’un bûcher funèbre et furent brûlés ; les carcasses, la plupart démesurément gonflées, furent traînées avec de grands efforts jusqu’aux monceaux de fagots.” D’une rare humilité, Basil Jackson avoue avoir dû privilégier les blessés alliés aux blessés français. “Même si certains récits racontent que  les victimes furent ramassées indistinctement, je crains, écrit-il, que nous ne puissions réclamer un tel trait d’humanité.” …Le soin de recueillir les blessés français fut abandonné aux charrettes des campagnards,…ce ne fut que le quatrième jour après la bataille que le dernier fut relevé…Nombre d’entre eux ont du périr, qui auraient vécu, s’ils avaient reçu des soins et le secours immédiat des chirurgiens… (De Waterloo à Sainte-Hélène, par le Lieutenant -colonel Basil Jackson – p11 et p68)

aigle et papillonPourquoi est-il si peu de peintres d’époque qui osaient montrer les horreurs des lendemains de batailles? Dans le film Les lignes de Wellington réalisé en 2012 par Valeria Sarmiento compagne du cinéaste franco-chilien Raùl Ruiz (décédé avant peu avant la fin de l’écriture du film) , La question du “comment l’Histoire s’est-elle faite?” trouve plusieurs réponses : la première est que l’Histoire dans le film se réalise à travers la vision du peintre Lévêque auquel Wellington commande des tableaux retraçant la bataille. Mais cette vision là est faussée car Wellington ne veut pas “trop de cadavres”; la deuxième réponse et véritable enjeu du film est une vision de l’Histoire à travers le peuple: “l’histoire se vit avec les toutes petites gens, les petites histoires. On n’a guère de contact avec les grandes figures de l’Histoire”. C’est dans le chemin de l’enfer vécu par le peuple portugais contre les troupes napoléoniennes que l’histoire trouve son véritable sujet.  De même, c’est dans le même chemin de l’enfer subit par les petites gens, ces soldats de l’Empire et des Alliés, morts ou blessés, que l’Histoire donne un véritable sens aux commémorations et dans les populations qui leur ont apporté leurs aides et soutiens, leurs soins, par humanité ou malgré eux! Comme le disait Dimitri Casali (Auteur de “Qui a gagné Waterloo“) face à Claude Ribbe (Auteur de “Le crime de Napoléon“)… : “l’histoire est avant tout une longue suite de crimes contre l’humanité (Pierre Nora) “Jacques JANSSENS

Je viens d’apprendre que Le monument des belges n’a pas été fleuri lors des commémorations du 18/06/2015 !!! (information reçue ce 19/06/2015 à 12h04)

Monument_aux_Belges_(Quatre_Bras)_01“Comme le rappelle l’historien Pierre Nora, “l’histoire est pavée de crimes contre l’humanité”. La mémoire collective, médiatiquement titillée, s’avère quant à elle forcément fragmentaire, simplifiant les enjeux jusqu’au manichéisme, l’hystérique prenant dans certains cas le pas sur l’historique. A l’instar d’une société de consommation qui consume ses fêtes (désamorcées de leurs charges dévotes par une aseptisation marchande), la médiasphère produirait de la mémoire en mode low-cost (à faible coût cognitif). L’Histoire s’efface au profit du Bicentenaire, du chiffre rond, prétexte aux conscientisations cycliques et aux éditions spéciales et autres JT pastiches. Il s’agit de réinvoquer – sans péril – les blessures du précédent siècle et d’endosser un costume souvent bien trop grand. Se prendre pour Napoléon, le temps d’un laïus – rejouer l’histoire à défaut d’encore pouvoir la faire. Comme l’écrivait Philippe Muray : “Les célébrations et commémorations […] ont aussi pour but d’assurer les transitions les plus douces possible entre ce qu’on peut encore savoir du monde d’hier et les désastres actuels.” Ainsi, commémorer permet également au politique de moraliser le présent, de se doter d’arguments symboliques difficilement réfutables, au risque de projeter des jugements de valeurs contemporains sur le passé -Nicolas Baygert – (Nicolas Baygert).http://www.levif.be/actualite/belgique/l-histoire-est-pavee-de-crimes-contre-l-humanite/article-opinion-350517.html

aigle et papillonWATERLOO, OU LA DEROUTE DE L’AIGLE EST GLOIRE POSTHUME DU LION (Alain Reyniers)

….En fin de journée, le spectacle offert par le champ de bataille est terrifiant : plusieurs dizaines de milliers de morts et de blessés jonchent le sol. Les vainqueurs n’avaient pas prévu cela et mettront du temps pour organiser les secours comme le nettoyage du site. Il faudra plusieurs jours pour relever les combattants qui pouvaient encore l’être et pour enterrer les très nombreux cadavres. Plusieurs centaines de corps furent incinérés ; les autres allaient être inhumés dans de vastes fosses communes, parfois même simplement jetés dans les dépressions du terrain et sommairement recouverts….

…Assurément, nous n’en sommes plus au lendemain de la bataille, ni dans les mois qui la suivirent. A cette époque-là, on pouvait encore presque tout voir, des cadavres, des blessés, les destructions. L’odeur pestilentielle qui régna longtemps sur la “morne plaine” rappelait aux passants l’horrible atmosphère des combats qui venaient de s’y dérouler. Il était dès lors forcément difficile de rester insensible au spectacle de la souffrance et de la misère humaine. Mais, près de deux siècles plus tard, on n’en est évidemment plus là. Le site a-t-il pour autant perdu de son pouvoir évocateur ; s’est-il transformé en un gigantesque parc d’attraction ou réduit à un bunker contemporain empli de gadgets électroniques?…

aigle et papillonBrève histoire de l’organisation des soins dispensés aux blessés militaires dans les hôpitaux belges, après la dernière campagne napoléonienne (juin 1815) – par Edgard EVRARD

…Pendant six mois au moins, une partie importante du territoire belge actuel fut le siège d’une activité médicale intense. Dans le langage du droit humanitaire d’aujourd’hui, certaines villes, notamment Bruxelles et Louvain, auraient mérité l’appellation de “ville sanitaire”. Dans la rhétorique ampoulée de l’époque, la Belgique fut même appe­lée “la sœur de charité de l’Europe guerrière”. Selon quels principes, fut résolue, en 1815, une situation critique liée à l’afflux mas­sif de blessés ? Dès le 19 juin, les convois organisés par les Britanniques et les Hollando-belges déversent dans les hôpitaux de Bruxelles le flot incessant des blessés amenés des Quatre-Bras et de Waterloo. Les Prussiens diri­gent vers Louvain et Namur les blessés de Ligny, de Plancenoit et de Wavre. Les hôpitaux et casernes sont immédiatement saturés. La plupart des édifices publics et établissements religieux sont transformés en hôpitaux temporaires et sont rapidement encombrés. A Bruxelles, l’élan charitable gagne tous les milieux. De nombreux bourgeois et même des gens de condition modeste transforment leurs maisons, leurs propriétés et leurs ateliers en ambulances. Des milliers de blessés sont ainsi hébergés par les habi­tants. Parmi eux, de nombreux blessés britanniques se font conduire directement dans les familles où ils ont été logés dans les semaines précédant le 16 juin. Bruxelles est véritablement devenue une “ville sanitaire”…

…A la fin de la première semaine de l’après-Waterloo, en raison de l’insuffisance du charroi, de nombreux blessés transportables sont encore hébergés dans des conditions très précaires dans les bourgades et villages avoisinant les champs de bataille. Dans leur majorité, il s’agit de blessés français. Fleury de Chaboulon, secrétaire de Napoléon pendant la campagne de juin 1815, a sou­ligné les innombrables actes de dévouement de la population civile à l’égard des Français, en des termes qui méritent d’être rappelés :“La perte des Français eût été plus considérable sans la généreuse sollicitude que leur témoi­gnèrent les habitants de la Belgique. Après la victoire de Fleurus et de Ligny, ils accoururent sur le champ de bataille consoler les blessés et leur prodiguer des secours . (…). Ils enlevèrent nos pauvres Français des champs de bataille et leur offrirent un asile et tous les soins qui leur étaient nécessaires”(11)...

…Il en fut de même à Quatre-Bras, à Wavre et à Waterlo… A mesure que les jours passent, les maires et les intendants signalent aux autorités des situa­tions de plus en plus dramatiques dans les régions de Charleroi, Nivelles, Wavre et Genappe…Les blessés français furent, pour la plupart, concentrés dans les hôpitaux de Bruxelles et de Louvain. Certains, principalement des officiers, furent envoyés en Angleterre : ce ne fut qu’une minorité. D’autres purent rejoindre directement la France au cours de l’automne 1815. Beaucoup suivirent la ligne d’évacuation prussienne vers la Rhénanie, mais ne dépassèrent pas les hôpitaux militaires de Liège et de Maastricht. Le couvent Sainte-Agathe à Liège fut transformé en hôpital des Français. Les derniers blessés français quittèrent Liège le 17 novembre 1815 pour regagner leur patrie….

…Guthrie, qui a joué, à Bruxelles, un rôle que nous pourrions assimiler à celui d’un consultant en chirurgie d’armée, écrit qu’il est horrifié de constater combien les tech­niques chirurgicales de la traumatologie de guerre ont été oubliées depuis les leçons des campagnes du Portugal et d’Espagne, encore toutes proches. Le jugement qu’il porte sur certains de ses collègues qu’il vit à l’œuvre à Bruxelles n’est guère flatteur. “Rien ne pourrait effacer les méfaits irréparables que l’insuffisance de soins médicaux a provo­qués dans les quelques premiers jours après la bataille”(3). Un tel jugement n’a rien perdu de son actualité. “Nil novi sub sole” (rien de nouveau sous le soleil)

…Les chirurgiens britanniques louent la propreté et l’aération des hôpitaux militaires de Bruxelles. Larrey, dans ses mémoires, est très élogieux sur la qualité du travail effectué par les chirurgiens militaires belges qu’il côtoya, au cours de sa captivité, dans les hôpitaux de Bruxelles et Louvain (12). Notre collègue historien, le médecin colonel J. Hassenforder, dans un de ses ouvrages sur l’histoire du service de santé militaire fran­çais, conclut ainsi le chapitre sur Waterloo : “Les blessés français de cette terrible bataille furent heureusement recueillis et soignés admirablement par les Belges, dans les hôpitaux de Bruxelles et Louvain” (13)….

…On a beaucoup écrit sur la bataille de Waterloo, mais très peu sur les médecins et chirurgiens militaires qui organisèrent et prodiguèrent les soins pendant les quelques
mois extrêmement difficiles qui suivirent la campagne. Les rares historiens militaires qui consacrent quelques alinéas ou, tout au plus, quelques pages aux blessés soignés dans les hôpitaux, soulignent surtout la générosité de la population civile et le zèle des comités de dames. Les journaux de l’époque évo­quent longuement les paroles aimables, les boissons, les friandises, les fruits, le linge que distribuent ces dévouées personnes de la haute société bruxelloise. Ils rapportent aussi les remerciements conventionnels hyperboliques que leur adressent Wellington et des ambassadeurs, émus par la sollicitude de Bruxelles vis-à-vis des victimes de Waterloo. Ces historiens et journalistes demeurent très discrets ou muets sur les activi­tés des services de santé militaires. Ils contribuent ainsi à l’émergence d’une vision radi­calement fausse sur le rôle des acteurs véritables dans l’organisation et la dispensation des soins aux blessés. De nos jours, on parlerait de désinformation!…

aigle et papillonwaterloo

Quelques témoignages :

“En prenant possession de notre nouveau bivouac, nous aperçûmes au bord de la route un jeune soldat, ou plutôt un tronçon d’homme, car l’infortuné avait eu les deux jambes emportées par un boulet! Sa blessure n’avait pas encore été pansée, on avait seulement cherché à arrêter l’hémorragie en bandant les plaies avec une chemise. Ce malheureux portait en outre les traces récentes de blessures au visage et à la poitrine. Il devait être d’une force extraordinaire pour avoir survécu à ses blessures et à la perte de sang qui en était résultée. En nous voyant défiler devant lui, il se souleva sur les mains par un mouvement nerveux et s’écria d’une voix énergique : “Vive l’Empereur! J’ai perdu mes deux jambes mais je m’en f…..! La victoire est à nous! Vive l’Empereur!” (Waterloo, les combattants racontent – Bernard COPPENS – p52) 

  • “Il nous eut été impossible de sauver nos blessés… sans l’aide et la sympathie des habitants de Namur. Par leurs soins, nos camarades furent placés dans des barques et purent remonter la Meuse…. Leur humanité et leurs soins touchants dans un moment aussi critique donnent des droits éternels  à la reconnaissance de tous les Français (Général Berthézène)”.
  • “Dans chaque maison on relevait nos blessés, des provisions étaient livrées à profusion aux soldats comme aux officiers. C’était à qui nous apporterait son offrande en vivres, en vin, en linge pour les pansements… Je ne saurais exprimer ce qu’il y avait de fraternel et de touchant dans cette manifestation si générale. Oh! Souvenons-nous-en si, plus heureux un jour, nous reportons nos armes en Belgique”. (Général Fantin des Odsarts : journal, p. 439)
  • …”J’ai vu des femmes de Namur prendre les blessés des mains de soldats valides qui les transportaient et engager ces derniers à retourner au combat”. (Colonel Biot : souvenirs, p. 263)
  • …”La perte des Français eut été plus considérable sans la généreuse sollicitude  que leur témoignèrent les habitants de la Belgique….Bravant la colère des féroces Prussiens, ils quittèrent leurs foyers pour nous enseigner les issues propices à notre fuite”…(Fleury de Chaboulon : Mémoires)
  • “Après la désolation des champs de bataille…. Un hommage unanime sera rendu par les belligérants  au dévouement de la grande majorité des populations belges pour secourir les blessés et les transporter avec les médiocres moyens de l’époque vers les centres hospitaliers des villes  ou  les maisons des communes environnantes”. (Mémoires du Général Lamarque, Bruxelles, 1838)
  • …”Seutin, ancien chirurgien-major de la grande armée, puis des Pays-Bas, se dévoua nuit et jour non seulement pour opérer les blessés, mais encore pour mettre de l’ordre dans les secours improvisés, notamment  à Wavre, Nivelles, Charleroi et surtout Bruxelles ou il sera secondé par son maître fait prisonnier, le baron Larrey”…. http://napoleonbonaparte.be/2015/03/wellington-a-nivelles/
  • …”C’est à nos blessés de waterloo et de Ligny,…que la reconnaissance impose surtout le devoir sacré de faire à leurs concitoyens le récit des soins touchants, de la noble hospitalité des Belges; aucun Français ne peut jamais en perdre le souvenir!” (Général de Vaudoncourt : Histoire des campagnes de 1814 et 1815 TIII, p.73, Paris)

aigle et papillonRéférences des textes sources :

(11) FLEURY DE CHABOULON , Mémoire pour servir à l’histoire de la vie privée, du retour et du règne de Napoléon en mars 1815, tome II, p 630-631

Chaboulon1 Chaboulon2

(3) CANTLIE, H., A history of the Army Médical Department, Edimbourg,Londres, vol.I, 1974

(12) LARREY, D., Relation médicale de campagnes et voyages de 1815 à 1840, Paris, 1841, pp. 15-16.

larrey1 Larrey2 Larrey3

aigle et papillon

(13) HASSENFORDER, J., Le service de santé militaire pendant la Révolution et l’Empire, p 170, in :Le Service de Santé militaire, de ses origines à nos jours, par J. des Cilleuls, J. Pesme, J.Hassenforder et G. Hugonot, Edition SPEI, Paris, 19

Andenne 1810-1813 : les obligations protocolaires dʼune petite ville du Namurois sous lʼEmpire français. Quand la grande et la petite histoires s’interpénètrent.


logo-musee29, rue Charles Lapierre |B-5300 Andenne – +32(0)85/844.181 – +32(0)488/660.827 musee@ceramandenne.be | www.ceramandenne.be Suivez-nous ! Inscription à la Newsletter du Musée

Suite à un contact chaleureux avec Monsieur Cédric Piechowski, Conservateur – Directeur du Musée de la céramique de la ville d’Andenne, je publie un article qui paraîtra prochainement dans la revue Les Cahiers nouveaux de septembre 2015″ Quand la grande et la petite histoires s’interpénètrent… Il ne faut pas de grands musées pour découvrir l’histoire et dans le musée d’Andenne se trouvent également quelques pièces napoléoniennes qui valent le détour et l’une d’elle est actuellement prêtée à la ville de Liège pour une autre exposition…Napoléonienne, bien entendu! Le texte, les photos des pièces du musée ainsi qu’une invitation à visiter le Musée de Liège figurent dans cet article et dans le cas ou votre chemin vous conduirait à Andenne, je vous invite à vous arrêter au Musée de la Céramique pour y dévorer les oeuvres exposées. Bonne lecture.

En primeur, un article de Jacques Vandenbroucke, Docteur en histoire qui paraîtra prochainement dans Les Cahiers nouveaux de septembre 2015 de la DGO4, SPW/Editions. (Pour agrandir le texte, il suffit de sélectionner l’image): Andenne 1810-1813 : les obligations protocolaires dʼune petite ville du Namurois sous lʼEmpire français. Quand la grande et la petite histoires s’interpénètrent.

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Andenne et l’ancien Département de Sambre et Meuse

Dep-sambre-et-meuseSambre et Meuse (département de), formé de la partie de la Flandre–Autrichienne* comprise dans le comté de Namur, Namur, chef-lieu de préfecture ; 4 arrondissements ou sous-préfectures : Namur, Dinant, Marche, St.Hubert ; 21 cantons ou justices de paix ; de l’évêché de Namur ; de la cour d’appel de Liége ; il a 240 lieues carrées et 156.000 habitants. Il y a des mines de fer, étain, cuivre, charbon de terre ; des bois de charpente et de construction ; on y cultive le tabac, la garance, le houblon, la racine de chicorée sauvage pour mêler avec le café. L’industrie consiste en manufactures de savon, colle-forte et faïences ; en brasseries, tanneries, coutellerie, distillerie de grains, filatures de chanvres et lins, et fabrique d’huile à brûler. http://napoleonbonaparte.be/2015/05/les-departements-belges-de-1795-a-1814/

http://www.bibliotheca-andana.be/?page_id=20365

Le décret du 20 septembre 1792 porte que « les municipalités recevront et conserveront à l’avenir les actes destinés à constater les naissances, mariages et décès » ; il traite en son titre VI du sort des anciens registres paroissiaux :

  • « …  dans la huitaine à compter de la publication du présent décret, le maire ou un officier municipal … sera tenu … de se transporter avec le secrétaire greffier aux églises paroissiales, presbytères et aux dépôts des registres de tous les cultes ; ils y dresseront un inventaire de tous les registres existants entre les mains des curés et autres dépositaires.  Les registres courants seront clos et arrêtés par le maire ou officier municipal » ;
  • suivant l’article 2 « tous les registres, tant anciens que nouveaux, seront portés et déposés à la maison communale » ;
  • enfin, suivant l’article 4 : « … dans deux mois, à compter de la publication du présent décret, il sera dressé un inventaire de tous les registres de baptêmes, mariages, et sépultures existants dans les greffes des tribunaux. Dans le mois suivant, les registres et une exposition de l’inventaire seront, à la diligence des procureurs généraux … transportés et déposés aux archives des départements ».
  • Les « mariages de la Rosière » dans le département de Sambre-et-Meuse
  • Les mariages à Andenne en 1810
MCA.306

Statue en pied de Napoléon en faïence fine, attribuée à Jacques Richardot et à la seconde grande manufacture de faïence d’Andenne, période Joseph Wouters, vers 1804. ht. 79 cm, diam. à la base 29 cm. Musée de la céramique d’Andenne, Inv. MCA.306 – APC.21713.

Napoléon est représenté en uniforme de Premier Consul, tenant un parchemin dans la main droite, à ses pieds, la couronne impériale, à l’arrière, drapeaux, armures et trophées militaires. La statue de couleur blanche est posée sur un socle cylindrique non attenant marbré brun, orné de trois trophées militaires.

MCA.312.

Buste de Napoléon en biscuit de porcelaine blanc, attribué à Jacques Richardot, 19ème siècle. Andenne (attr), ht. 12 cm, Musée de la céramique d’Andenne, Inv. MCA.312 – APC.21719.

coll. L 1 Napoléon à Ste Hélène, assis sur un rocher, tenant un livre de la main gauche, la droite dans son gilet, son bicorne posé sur le sol, porcelaine polychrome, origine indéterminée, ht. 28 cm, larg. 21,5 cm, prof. 14,5 cm, Musée de la céramique d’Andenne, Inv. en cours. (Dépôt)
coll. L 2 marque - coll. L 2
Napoléon debout, vêtu d’une redingote et coiffé d’un bicorne, la main droite glissée dans son gilet, le bras gauche replié derrière le dos, biscuit polychrome, marquée en bleu, origine en cours d’identification. ht. 34, 5 cm, larg. 12,5 cm, prof. 10,5 cm. Musée de la céramique d’Andenne, Inv. en cours. (Dépôt).
MCA.5028
Assiette décorée à l’impression noire dite « Au Roi de Rome », un enfant agenouillé joignant les mains, en médaillon dans un cadre carré ouvragé et garni d’une palmette sur chacun de ses côtés ; sur l’aile, un ruban s’enroule autour d’un filet fleuri. Andenne, Période Bernard Lammens & Cie, vers 1807-1823. D 22,2 cm. Musée de la céramique d’Andenne, Inv. MCA.5028
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Pot de pharmacie en porcelaine, sans couvercle, décoré de l’aigle impérial, dans un cartel composé d’une branche de chêne et d’une branche de laurier reliées par un ruban, et d’abeilles. Paris, début du 19ème siècle. Marqué. H 18 cm – Diam 11 cm. Musée de la céramique d’Andenne, Inv. en cours. Dépôt Coll. privée – Actuellement en prêt à l’Archéoforum de Liège

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Ourthe (le département de), formé d’une portion de l’évêché de Liège, des comtés de OurtheLimbourg et des principautés de Stavelot et Malmédy, est borné N. par les départements de la Meuse-Inférieure et de la Roër, E. par ce dernier, S. par celui des Forêts, O. par ceux de la Dyle et de Sambre-et-Meuse, a 640.000 arpents en forêts ; 325.300 habitants. liège, chef-lieu ; 3 sous-préfectures, Liège, Malmédy, Huy ; 30 justices de paix ; évêché et cour d’appel de Liège ; 26e division militaire. Il produit grains, légumes, fruits, houblon, vin médiocre, bestiaux, moutons, laines pour les serges ; mines de fer, houille et alun ; au N. landes et bruyères ; carrières de pierres à chaux, à bâtir, calamine, ardoises, marbre noir ; fabriques de clous, armes à feu ; manufactures de drap ; tanneries ; tôle, poterie en fer, quincailleries, savonneries, colle, fabriques d’acides, de forces à tondre ; toiles peintes, dentelles, eaux de vie de grains, bière, gaze, bijouterie, horlogerie, sel, tabac, papeteries, verreries. Les manufactures de drap de Limbourg, de Verviers, d’Eupen et d’Ensival, sont très riches et très actives.

Liège au temps de la France  1795-1814

Exposition 29 avril 2015 – 3 octobre 2015

Archéoforum de Liège

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En partenariat avec les Archives de l’État et d’autres institutions prêteuses, l’Archéoforum de Liège accueille une exposition temporaire consacrée à Liège en tant que chef-lieu du département de l’Ourthe du 1er octobre 1795 (date de la réunion à la France après quelques mois d’occupation) au 21 janvier 1814 (jour où le préfet abandonne officiellement la préfecture). Deux siècles plus tard, en province de Liège comme partout en Belgique, les traces du « régime français » sont en effet toujours visibles. Même si elles ont connu des adaptations, certaines dispositions sont toujours d’application et influencent encore notre quotidien : qu’il s’agisse de l’organisation administrative et judiciaire, du code civil, du mariage civil et du droit au divorce, du système métrique ou encore de l’état civil… Cette exposition est une invitation à partir sur les traces de ce passé fondateur, richement illustré grâce à de nombreux documents de cette époque, souvent totalement inédits.

Vous pourrez également découvrir la mise en place de QR-Code intégrés à l’exposition afin de permettre au public de prolonger en ville l’expérience de leur visite.

En marge de cette exposition, dans le cadre du 12e festival de promenades de Liège, une animation Quand Liège était française aura lieu à l’Archéoforum de Liège le vendredi 21 août et du 25 au 28 août 2015 à 14h (réservation obligatoire).

L’exposition Liège au temps de la France (1795-1814) ouvre ses portes du 29 avril au 3 octobre 2015

  • Du mardi au vendredi de 9h à 17h et le samedi à partir de 10h durant les périodes scolaires.
  • Du mardi au samedi de 10h à 17h durant les périodes non scolaires.

Tarif individuel : 6 €. Tarif réduit : 5 €. Scolaires : 3 €. Groupe à partir de 10 personnes,

visite guidée comprise sur réservation uniquement : 6 €. Forfait famille : 13 €.

Renseignements et réservations : 04/250.93.70 ou infoarcheo@idpw.be

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Fleuriot – mémoires de Vidocq


S’il est un personnage “plein de rosée” qui traverse l’Empire et nous laisse des traces importantes et non-négligeables sur la vie quotidienne de cette période qu’il a enjambé à pas de géant et qu’il dépeint avec un réalisme que peu de livres d’histoire écrit à l’époque peuvent se targuer d’en posséder ; c’est Vidocq qu’il ne m’est pas utile de présenter….(bibliographie en fin d’article). Afin de vous donner l’envie de pénétrer dans son univers réel ou romanesque, je vous invite à consulter la page qui y est consacrée : http://napoleonbonaparte.be/vidocq/ ainsi que l’excellent site de Defosse Philippe

Le témoignage de Fleuriot repris par Vidocq nous donne de précieuses informations sur la “condition” du soldat de l’époque… Bonne découverte….

             Site de Defosse Philippe

BIOGRAPHIE
VERITE-FICTION
DIVERS
MULTIMEDIA
SOURCES
Jeunesse Livres Repères Histo. Goodies Archives
Aventures Séries Le Saviez-vous ? images Liens
La Sureté Films A l’époque…   Crédits
Après la Sureté Théatre      

…Le lieutenant de Paulet était un des êtres les plus singuliers que j’eusse rencontrés: doué d’une constitution des plus robustes, très jeune encore, il l’avait usée dans des excès de tous genres; c’était un de ces libertins qui, à force de prendre par anticipation des à-compte sur la vie, dévorent leur capital en herbe. Une tête ardente, des passions vives, une imagination exaltée l’avaient de bonne heure poussé en avant. Il ne touchait pas à sa vingtième année et le délabrement de sa poitrine, accompagné d’un dépérissement général, l’avaient contraint de quitter l’arme de l’artillerie dans laquelle il était entré à dix-huit ans; maintenant, ce pauvre garçon n’avait plus que le souffle, il était effrayant de maigreur; deux grands yeux, dont la noirceur faisait ressortir la pâleur mélancolique de son teint, étaient en apparence tout ce qui avait survécu dans ce cadavre, où respirait cependant une âme de feu. Fleuriot n’ignorait pas que ses jours étaient comptés. Les oracles de la faculté lui avaient annoncé son arrêt de mort, et la certitude de sa fin prochaine lui avait suggéré une étrange résolution: voici ce qu’il me conta à ce sujet:

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Vidocq

…. «Je servais, me dit-il, dans le cinquième d’artillerie légère, où j’étais entré comme enrôlé volontaire. Le régiment tenait garnison à Metz: les femmes, le manège, les travaux de nuit au polygone m’avaient mis sur les dents; j’étais sec comme un parchemin. Un matin on sonne le bouteselle; nous partons; je tombe malade en route, on me donne un billet d’hôpital, et, peu de jours après, les médecins voyant que je crache le sang en abondance, déclarant que mes poumons sont hors d’état de s’accommoder plus longtemps des mouvements du cheval: en conséquence, on décide que je serai envoyé dans l’artillerie à pied; et à peine suis-je rétabli, que la mutation proposée par les docteurs est effectuée. Je quitte un calibre pour l’autre, le petit pour le gros, le six pour le douze, l’éperon pour la guêtre; je n’avais plus à panser le poulet dinde, mais il fallait faire valser la demoiselle sur la plate-forme, embarrer, débarrer à la chèvre, rouler la brouette, piocher à l’épaulement, endosser la bricole, et, pis que cela, me coller sur l’échine la valise de La Ramée, cette éternelle peau de veau, qui a tué à elle seule plus de conscrits que le canon de Marengo. La peau de veau me donna comme on dit, le coup de bas; il n’y avait plus moyen d’y résister. Je me présente à la réforme, je suis admis; il ne s’agissait plus que de passer l’inspection du général; c’était ce gueusard de Sarrazin; il vint à moi:—je parie qu’il est encore poitrinaire celui-là, n’est-ce pas que tu es poitrinaire?—Phtysiaque du second degré, répond le major.—c’est ça, je m’en doutais; je le disais, ils le seront tous, épaules rapprochées, poitrine étroite, taille effilée, visage émacié. Voyons tes jambes; il y a quatre campagnes là dedans, continua le général, en me frappant sur le mollet: maintenant que veux-tu? Ton congé? Tu ne l’auras pas. D’ailleurs, ajouta-t-il, il n’y a de mort que celui qui s’arrête: vas ton train… à un autre… Je voulus parler… À un autre, répéta le général, et tais-toi.

»L’inspection terminée, j’allai me jeter sur le lit de camp. Pendant que j’étais étendu sur la plume de cinq pieds, réfléchissant à la dureté du général, il me vint à la pensée que peut-être je le trouverais plus traitable, si je lui étais recommandé par un de ses confrères. Mon père avait été lié avec le général Legrand; ce dernier était au camp d’Ambleteuse; je songeai à m’en faire un protecteur. Je le vis. Il me reçut comme le fils d’un ancien ami, et me donna une lettre pour Sarrazin, chez qui il me fit accompagner par un de ses aides de camp. La recommandation était pressante; je me croyais certain du succès. Nous arrivons ensemble au camp de gauche, nous nous informons de la demeure du général, un soldat nous l’enseigne, et nous voici à la porte d’une baraque délabrée, que rien ne signale comme la résidence du chef; point de sentinelle, point d’inscription, pas même de guérite. Je heurte avec la monture de mon sabre: entrez, nous crie-t-on, avec l’accent et le ton de la mauvaise humeur; une ficelle que je tire soulève un loquet de bois, et le premier objet qui frappe nos regards en pénétrant dans cet asile, c’est une couverture de laine dans laquelle, couchés côte à côte sur un peu de paille, sont enveloppés le général et son nègre. Ce fut dans cette situation qu’ils nous donnèrent audience. Sarrazin prit la lettre, et, après l’avoir lue sans se déranger, il dit à l’aide de camp:—le général Legrand s’intéresse à ce jeune homme, eh bien! que désire-t-il? Que je le réforme? Il n’y pense pas.—puis, s’adressant à moi:—Tu en seras bien plus gras quand je t’aurai réformé! oh! tu as une belle perspective dans tes foyers: si tu es riche, mourir à petit feu par le supplice des petits soins; si tu es pauvre, ajouter à la misère de tes parents, et finir dans un hospice: je suis médecin, moi, c’est un boulet qu’il te faut, la guérison au bout; si tu ne l’attrapes pas, le sac sera ton affaire, ou bien la marche et l’exercice te remettront, c’est encore une chance. Au surplus, fait comme moi, bois du chenic, cela vaut mieux que des juleps ou du petit-lait. En même temps il étendit le bras, saisit par le cou une énorme dame-jeanne qui était auprès de lui, et emplit une canette qu’il me présenta; j’eus beau m’en défendre, il me fallut avaler une grande partie du liquide qu’elle contenait; l’aide de camp ne put pas non plus se dérober à cette étrange politesse: le général but après nous, son nègre, à qui il passa la canette, acheva ce qui restait.

»Il n’y avait plus d’espoir de faire révoquer la décision de laquelle j’avais appelé; nous nous retirâmes très mécontents. L’aide de camp regagna Ambleteuse, et moi le fort Châtillon, où je rentrai plus mort que vif. Dès ce moment, je fus en proie à cette tristesse apathique qui absorbe toutes les facultés; alors j’obtins une exemption de service; nuit et jour je restais couché sur le ventre, indifférent à tout ce qui se passait autour de moi, et je crois que je serais encore dans cette position, si, par une nuit d’hiver, les Anglais ne se fussent avisés de vouloir incendier la flottille. Une fatigue inconcevable, quoique je ne fisse rien, m’avait conduit à un pénible sommeil. Tout à coup je suis réveillé en sursaut par une détonation; je me lève, et, à travers les carreaux d’une petite fenêtre, j’aperçois mille feux qui se croisent dans les airs. Ici ce sont des traînées immenses comme l’arc-en-ciel; ailleurs des étoiles qui semblent bondir en rugissant: l’idée qui me vint d’abord fut celle d’un feu d’artifice. Cependant un bruit pareil à celui des torrents qui se précipitent en cascades du haut des rochers, me causa une sorte de frémissement; par intervalles, les ténèbres faisaient place à cette lumière rougeâtre, qui doit être le jour des enfers; la terre était comme embrasée. J’étais déjà agité par la fièvre, je m’imagine que mon cerveau grossit. On bat la générale; j’entends crier aux armes! et de la plante des pieds aux cheveux, la terreur me galope; un véritable délire s’empare de moi. Je saute sur mes bottes, j’essaie de les mettre; impossible, elles sont trop étroites; mes jambes sont engagées dans les tiges, je veux les retirer, je ne puis pas en venir à bout. Durant ces efforts, chaque seconde accroît ma peur: enfin tous les camarades sont habillés; le silence qui règne autour de moi m’avertit que je suis seul, et tandis que de toutes parts on court aux pièces, sans m’inquiéter de l’incommodité de ma chaussure, je fuis en toute hâte à travers la campagne, emportant mes vêtements sous mon bras.

»Le lendemain, je reparus au milieu de tout mon monde, que je retrouvai vivant. Honteux d’une poltronnerie dont je m’étonnais moi-même, j’avais fabriqué un conte qui, si on eût pu le croire, m’aurait fait la réputation d’un intrépide. Malheureusement on ne donna pas dans le paquet aussi facilement que je l’avais imaginé; personne ne fut la dupe de mon mensonge; c’était à qui me lancerait des sarcasmes et des brocards; je crevais dans ma peau, de dépit et de rage; dans toute autre circonstance, je me serais battu contre toute la compagnie; mais j’étais dans l’abattement, et ce ne fut que la nuit suivante que je recouvrai un peu d’énergie.

»Les Anglais avaient recommencé à bombarder la ville; ils étaient très près de terre, leurs paroles venaient jusqu’à nous, et les projectiles des mille bouches de la côte, lancés de trop haut, ne pouvaient plus que les dépasser. On envoya sur la grève des batteries mobiles, qui, pour se rapprocher d’eux le plus possible, devaient suivre le flux et reflux. J’étais premier servant d’une pièce de douze; parvenus à la dernière limite des flots, nous nous arrêtons. Au même instant, on dirige sur nous une grêle de boulets; des obus éclatent sous nos caissons, d’autres sous le ventre des chevaux. Il est évident que malgré l’obscurité, nous sommes devenus un point de mire des Anglais. Il s’agit de riposter, on ordonne de changer d’encastrement, la manœuvre s’exécute; le caporal de ma pièce, presque aussi troublé que je l’étais la veille, veut s’assurer si les tourillons sont passés dans l’encastrement de tir, il y pose une main; soudain il jette un cri de douleur que répètent tous les échos du rivage; ses doigts se sont aplatis sous vingt quintaux de bronze; on s’efforce de les dégager, la masse qui les comprime ne pèse plus sur eux, qu’il se sent encore retenu; il s’évanouit, quelques gouttes de chenaps me servent à le ranimer, et je m’offre à le ramener au camp; sans doute on crut que c’était un prétexte pour m’éloigner.

»Le caporal et moi nous cheminions ensemble: au moment d’entrer dans le parc, que nous devions traverser, une fusée incendiaire tombe entre deux caissons pleins de poudre; le péril est imminent; quelques secondes encore, le parc va sauter. En gagnant au large, je puis trouver un abri; mais je ne sais quel changement s’est opéré en moi, la mort n’a plus rien qui m’effraie; plus prompt que l’éclair, je m’élance sur le tube de métal, d’où s’échappent le bitume et la roche enflammés: je veux étouffer le projectile, mais, ne pouvant y parvenir, je le saisis, l’emporte au loin, et le dépose à terre, dans l’instant même où les grenades qu’il renferme éclatent et déchirent la tôle avec fracas.

»Il existait un témoin de cette action: mes mains, mon visage, mes vêtements brûlés, les flancs déjà charbonnés d’un caisson, tout déposait de mon courage. J’aurais été fier sans un souvenir; je n’étais que satisfait: mes camarades ne m’accableraient plus de leurs grossières plaisanteries. Nous nous remettons en route. À peine avons-nous fait quelques pas, l’atmosphère est en feu, sept incendies sont allumés à la fois, le foyer de cette vive et terrible lumière est sur le port; les ardoises pétillent à mesure que les toits sont embrasés; on croirait entendre la fusillade; des détachements, trompés par cet effet, dont ils ignorent la cause, circulent dans tous les sens pour chercher l’ennemi. Plus près de nous, à quelque distance des chantiers de la marine, des tourbillons de fumée et de flamme s’élèvent d’un chaume, dont les ardents débris se dispersent au gré des vents; des cris plaintifs viennent jusqu’à nous, c’est la voix d’un enfant; je frémis; il n’est plus temps peut-être; je me dévoue, l’enfant est sauvé, et je le rends à sa mère, qui, s’étant écartée un moment, accourait éplorée pour le secourir.

»Mon honneur était suffisamment réparé: on n’eût plus osé me taxer de lâcheté; je revins à la batterie, où je reçus les félicitations de tout le monde. Un chef de bataillon qui nous commandait alla jusqu’à me promettre la croix, qu’il n’avait pu obtenir pour lui-même, parce que, depuis trente ans qu’il servait, il avait eu le malheur de se trouver toujours derrière le canon, et jamais en face. Je me doutais bien que je ne serais pas décoré avant lui, et grâce à ses recommandations, je ne le fus pas non plus. Quoi qu’il en soit, j’étais en train de m’illustrer, toutes les occasions étaient pour moi. Il y avait entre la France et l’Angleterre des pourparlers pour la paix. Lord Lauderdale était à Paris en qualité de plénipotentiaire, quand le télégraphe y annonça le bombardement de Boulogne; c’était le second acte de celui de Copenhague. À cette nouvelle, l’Empereur, indigné d’un redoublement d’hostilités sans motif, mande le lord, lui reproche la perfidie de son cabinet, et lui enjoint de partir sur-le-champ. Quinze heures après, Lauderdale descend ici au Canon d’Or. C’est un Anglais, le peuple exaspéré veut se venger sur lui; on s’attroupe, on s’ameute, on se presse sur son passage, et quand il paraît, sans respect pour l’uniforme des deux officiers qui sont sa sauvegarde, de toutes parts on fait pleuvoir sur lui des pierres et de la boue. Pâle, tremblant, défait, le lord s’attend à être sacrifié; mais, le sabre au poing, je me fais jour jusqu’à lui: malheur à qui le frapperait! m’écriai-je alors. Je harangue, j’écarte la foule, et nous arrivons sur le port, où, sans être exposé à d’autres insultes, il s’embarque sur un bâtiment parlementaire. Il fut bientôt à bord de l’escadre anglaise, qui, le soir même, continua de bombarder la ville. La nuit suivante, nous étions encore sur le sable. À une heure du matin, les Anglais, après avoir lancé quelques congrèves, suspendent leur feu: j’étais excédé de fatigue, je m’étends sur un affût, et je m’endors. J’ignore combien de temps se prolongea mon sommeil, mais quand je m’éveillai, j’étais dans l’eau jusqu’au cou, tout mon sang était glacé; mes membres engourdis, ma vue, comme ma mémoire, s’était égarée. Boulogne avait changé de place, et je prenais les feux de la flottille pour ceux de l’ennemi. C’était là le commencement d’une maladie fort longue, pendant laquelle je refusai opiniâtrement d’entrer à l’hôpital. Enfin l’époque de la convalescence arriva; mais comme j’étais trop lent à me rétablir, on me proposa de nouveau pour la réforme, et cette fois je fus congédié malgré moi, car j’étais maintenant de l’avis du général Sarrazin.

»Je ne voulais plus mourir dans mon lit, et m’appliquant le sens de ces paroles, il n’y a de mort que celui qui s’arrête, pour ne pas m’arrêter, je me jetai dans une carrière où, sans travaux trop pénibles, il y a de l’activité de toute espèce. Persuadé qu’il me restait peu de temps à vivre, je pris la résolution de bien l’employer: je me fis corsaire; que risquais-je? je ne pouvais qu’être tué, et alors je perdais peu de chose; en attendant, je ne manque de rien, émotions de tous les genres, périls, plaisirs, enfin je ne m’arrête pas.»….

Bibliographie :

Oraison funèbre de l’empereur Napoléon, par l’abbé Auzou – 1834


Un livre curieux serait “modestement”celui que je n’aurais pas encore écrit! Heureusement qu’il est des plumes d’antan qui pallie ce travers et qui me donnent envie de les découvrir; ces livres-là; de les feuilleter, d’en soutirer ces mots d’un autre temps où ces derniers étaient les armes redoutables et redoutées. Y puiser la substantifique moelle et profiter des émotions que les pages tournées suscitent en mon esprit, en soutirer les émotions qui me feront éventuellement vibrer! L’Abbé Auzou est un de ces auteur oublié qui mérite un petit hommage en publiant son ouvrage qui n’est pas trop long! Bonne lecture….Jacques JANSSENS

Oraison funèbre de l’empereur Napoléon sur BNF Gallica

Auteur : Auzou, Louis-Napoléon (1806-1881)

Date d’édition : 1834

Discours prononcé dans l’autre monde pour la réception de Napoléon Bonaparte, le 28 juin 1821


Napoléon Bonaparte

Napoléon Bonaparte

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k61216486/f1.textePage.langFR

Le discours qui suit a été prononcé le 28/06/1821, l’entièreté du discours se trouve sur le lien de la Bibliothèque Nationale de France! En ces temps de trouble où l’image de ce grand est ternie dans des articles de “presse” dignes des plus mauvais feuilletons, il est bon de rappeler la grandeur et les fondements de nos valeurs qui semblent ce jour mis en question par la lâcheté la plus barbare qui soit!  L’Europe financière a montré ses limites et ce système qui détruit les peuples ne pourra tenir sur la durée, là où nos valeurs perdureront malgré les tempêtes auxquelles nous devront faire face! Il est bon de rappeler que les citoyens européens ne souhaitent pas participer à cette mascarade des banquiers et les dettes des états ne peuvent être les dettes des citoyens! Jacques JANSSENS

DISCOURS PRONONCÉ DANS L’AUTRE MONDE POUR LA RÉCEPTION DE NAPOLÉON BONAPARTE, LE 5 MAI 1821 , PAR LOUIS FONTANES,Ex-Comte de l’Empire , ex-Président du Corps Législatif, ex-Sénateur, ex-Grand-Maître de l’Université impériale, ex – Grand – Officier de la Légion d’Honneur, etc. Pour servir de supplément aux Discours prononcés à l’Académie Française, le 28 juin 1821, par MM. VILLEMAIN et ROGER , en l’honneur de M. LE MARQUIS DE FONTANES, Pair de France, ex-Grand-Maître de l’Université royale, Membre du conseil privé, Grand-Cordon de l’Ordre royal de la Légion d’Honneur.

A PARIS, CHEZ LES MARCHANDS DE NOUVEAUTÉS». JUILLET 1021,

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DISCOURS.

M. DE FONTANES, appelé à raconter aux habitants de l’autre monde ce qu’il avait dit autrefois de NAPOLÉON BONAPARTE, est venu à sa rencontre le 5 mai 1821, et, le Moniteur à la main, a prononcé le discours qui suit :

MESSIEURS,

MA voix est trop faible sans doute pour se faire entendre au milieu d’une solennité si imposante et si nouvelle pour moi. Mais du moins cette voix est pure ; et comme elle n’a jamais flatté aucune espèce de tyrannie, elle ne s’est pas rendue indigne de célébrer un moment l’héroïsme et la vertu. Il est des hommes prodigieux qui apparaissent d’intervalle en intervalle sur la scène du monde avec le caractère de la grandeur et de la domination. Une cause inconnue et supérieure les envoie, quand il en est temps, pour fonder le berceau ou pour réparer les ruines des Empires. C’est en vain que ces hommes désignés d’avance se tiennent à l’écart ou se confondent dans la foule : la main de la fortune les soulève tout à coup, et les porte rapidement d’obstacle en obstacle et de triomphe en triomphe jusqu’au sommet de la puissance. Une sorte d’inspiration naturelle anime toutes leurs pensées : un mouvement irrésistible est donné à toutes leurs entreprises. La multitude les cherche encore au milieu d’elle, et ne les trouve plus ; elle lève les yeux en haut, et voit, dans une sphère éclatante de gloire et de lumière, celui qui ne semblait qu’un téméraire aux yeux de l’ignorance et de l’envie . Il faut ordinairement qu’à la suite des grandes crises politiques survienne un personnage extraordinaire qui, par le seul ascendant de sa gloire, comprime l’audace de tous les partis, et ramène l’ordre au sein de la confusion. Il faut, si j’ose le dire, qu’il ressemble à ce dieu de la fable, à ce souverain des vents et des mers, qui, lorsqu’il élevait son front sur les flots , tenait en silence toutes les tempêtes soulevées. Du fond de L’Égypte un homme revient seul avec sa fortune et son génie. Il débarque, et tout est changé. Dès que son nom est à la tête des conseils et des armées, cette monarchie couverte de ses ruines en sort plus glorieuse et plus redoutable que jamais; et voilà comme la vie d’un seul homme est le salut de tous.La première place était vacante, le plus digne a dû la remplir ; en y montant il n’a détrôné que l’anarchie. O Washington!… celui qui jeune encore te surpassa dans les batailles fermera comme toi de ses  mains triomphantes les blessures de la patrie. Déjà les opprimés oublient leurs maux en se confiant à l’avenir, et les acclamations de tous les siècles accompagnent le héros qui donne ce bienfait à la France et au monde qu’elle ébranle depuis longtemps. Tel est le privilège des grands caractères; ils semblent si peu appartenir aux âges modernes, qu’ils impriment, dès leur vivant même, je ne sais quoi d’auguste et d’antique à tout ce qu’ils osent exécuter. Un tel caractère est digne des plus beaux jours de l’antiquité. On doute, en rassemblant les traits qui le composent, qu’il ait paru dans notre siècle . L’homme devant qui l’univers se tait, est aussi l’homme en qui l’univers se confie. Il est à la fois la terreur et l’espérance des peuples; il n’est pas venu pour détruire, mais pour réparer. Au milieu de tant d’états où la vigueur manquait à tous les conseils et la prévoyance à tous les desseins, il a montré tout à coup ce que peut un grand caractère; il a rendu à l’histoire moderne l’intérêt de l’histoire ancienne , et ces spectacles extraordinaires que notre faiblesse ne pouvait plus concevoir. Dès que les sages le virent paraître sur la scène du Monde , ils reconnurent en lui tous les signes de la domination , et prévirent que son nom marquerait une nouvelle époque de la société. Ils se gardèrent bien d’attribuer à la seule fortune cette élévation préparée par tant de victoires, et soutenue par une si haute politique. La fortune est d’ordinaire plus capricieuse; elle n’obéit si longtemps qu’aux génies supérieurs. Qui ne reconnaît l’ascendant de celui qui nous gouverne ? Puissent les exemples qu’il donne à l’Europe n’être pas perdus, et que tout ce qu’il y a de gouvernements éclairés sur leurs véritables intérêts se réunisse autour du sien, comme autour du centre nécessaire à l’équilibre et au repos général!

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apotheeosePACIFICATEUR DU MONDE, un Empire immense repose sous l’abri de votre puissante administration. La sage uniformité de vos mesures, (ici l’orateur se reprend) la sage uniformité de vos lois  en va réunir de plus en plus tous les habitants. Le Corps Législatif veut consacrer cette époque mémorable ; il a décrété que votre statue, placée au milieu de la salle de ses délibérations, lui rappellerait éternellement vos bienfaits, les devoirs et les espérances du peuple français. Le double droit de conquérant et de législateur a toujours fait taire tous les autres ; vous l’avez vu confirmé dans votre personne par le suffrage national. Dans cette enceinte si quelques avis différent, toutes les intentions se ressemblent. J’ose ajouter que cette différence d’opinions, sagement manifestée, est quelquefois le plus bel hommage que l’on puisse rendre au pouvoir monarchique. Elle prouve que la liberté, loin de se cacher devant vous, se montre avec confiance et qu’elle a cessé d’être dangereuse. Des esclaves tremblants, des nations enchaînées ne s’humilient point aux pieds de cette statue, mais une nation généreuse y voit avec plaisir les traits de son libérateur. Périssent les monuments élevés par l’orgueil et la flatterie ! mais que la reconnaissance honore toujours ceux qui sont le prix de l’héroïsme et des bienfaits. Victorieux dans trois parties du monde, pacificateur de l’Europe , législateur de la France , des trônes donnés, des provinces ajoutées à l’Empire, est-ce assez de tant de gloire pour mériter à la fois , et ce titre auguste d’Empereur des Français , et ce monument érigé dans le temple des lois. (Ici l’orateur emprunte les paroles de M. Vaublanc.).

Les trophées guerriers, les arcs de triomphe, en conservant des souvenirs glorieux, rappellent les malheurs des peuples vaincus; mais dans cette solennité d’un genre nouveau tout est consolant, tout est paisible, tout est digne du lieu qui nous rassemble. L’image du vainqueur de L’Égypte et de l’Italie est sous nos regards, mais elle ne paraît point environnée des attributs de la force et de la victoire. Malheur à celui qui voudrait affaiblir l’admiration et la reconnaissance que méritent les vertus militaires ! loin de moi une telle pensée ! Pourrais-je la concevoir devant cette statue? Mais le législateur est venu, et nous n’avons respiré que sous son Empire.

Que d’autres vantent ces hauts faits d’armes ; que toutes les voix de la renommée se fatiguent à dénombrer ses conquêtes ! je ne veux célébrer aujourd’hui que les travaux de sa sagesse. Son plus beau triomphe dans la postérité sera d’avoir défendu, contre toutes les révoltes de l’esprit humain, le système social prêt à se dissoudre. (L’orateur est interrompu par les applaudissements de l’assemblée).

Mais sitôt que votre main a relevé les signaux de la patrie , tous les bons Français les ont reconnus et suivis; tous ont passé du côté de votre gloire. Ceux qui conspirèrent au sein d’une terre ennemie, renoncèrent irrévocablement à la terre natale ; et que pouvaient-ils opposer à votre ascendant ? Vous aviez des armées invincibles; ils n’eurent que des libelles et des assassins, et tandis que toutes les voix de la religion s’élevèrent en votre faveur au pied de ces autels que vous avez relevés, ils vous ont fait outrager par quelques organes obscurs de la révolte et de la superstition. L’impuissance de leurs complots est prouvée. Ils rendent tous les jours la destinée plus rigoureuse en luttant contre ses décrets. Qu’ils cèdent enfin à ce mouvement irrésistible qui emporte l’univers, et qu’ils méditent en silence sur les causes de la ruine et de l’élévation des Empires.

Telle, sur un moindre théâtre , parut autrefois cette race de grands hommes qui eut l’honneur de donner son nom au troisième siècle des arts, et qui, produisant tout à coup d’illustres amis des lettres , d’habiles politiques, de grands capitaines , prit une place glorieuse entre les maisons souveraines de l’Europe. L’un des princes de cette famille obtint le titre d’invincible, un autre fut appelé le Père des muses , un autre enfin mérita le nom de Père du peuple, et de Libérateur de la patrie. Tous ces titres deviendront héréditaires dans les successeurs du héros qui nous gouverne. Il leur transmettra ses leçons et ses exemples. Les années, sous son règne, ont été plus fécondes en grands événements glorieux que les siècles sous d’autres dynasties ! Le monde se crut revenu à un temps où, comme l’a dit le plus brillant et le plus profond des écrivains politiques, la marche du vainqueur était si rapide, que l’univers semblait plutôt le prix de la course que celui de la victoire (Montesquieu, Esprit des Lois, chap. d’Alexandre. ).

Déjà les plus anciennes maisons souveraines brillent d’un nouvel éclat en se rapprochant des rayons de votre couronne. Le repos du continent est le fruit de vos conquêtes. Le Corps Législatif peut donc applaudir sans regret la gloire militaire ; il aime à louer surtout ce DÉSIR D’ÉPARGNER LE SANG DES HOMMES; que vous avez si souvent manifesté, jusque dans la première ivresse du triomphe. C’est la victoire la moins sanglante qui est la plus honorable à vos yeux!! C’est à ces traits qu’on reconnaît un monarque digne de régner sur le peuple français. Il ne suffit pas à VOTRE MAJESTÉ de l’avoir rendu le plus puissant de tous les peuples, elle veut encore qu’il soit le plus heureux : qu’on redise partout qu’une si noble ambition vous occupe sans cesse , et que pour la satisfaire vos jours sont aussi remplis dans vos palais que dans vos camps. SIRE , toutes vos pensées sont empreintes de ce caractère qui seul attire la vénération et l’amour. Après avoir fait et défait les rois, vous avez vengé leurs tombeaux. Le lieu qui fut le berceau de la France chrétienne voit se relever le temple célèbre où depuis douze siècles la mort confondit les cendres de trois races royales dont TOUTES LES GRANDEURS ÉGALAIENT A PEINE LA VÔTRE.

aigle et papillon

napoléon pacificateurNAPOLÉON n’a jamais VOULU QUE LA PAIX DU MONDE : il a toujours présenté la branche d’olivier à ses provocateurs qui l’ont forcé d’accumuler les lauriers. Nous engageons les lecteurs curieux de connaître quelques paroles remarquables de dignes prélats, d’hommes de tous les côtés, à recourir à l’écrit le plus piquant , qui ait paru depuis la chute de l’affamé conquérant qui voulait avaler la terre. (BEAUMARCHAIS, Mariage de Figaro). Il a voulu, il VEUT ENCORE LA PAIX ; il la demanda au moment de vaincre ; il l’a redemande après avoir vaincu. Quoique tous les champs de bataille qu’il a parcourus dans trois parties du monde, aient été les théâtres constants de sa gloire, il a toujours GÉMI des désastres de la guerre. C’est parce qu’il en connaît tous les fléaux, qu’il a soin de les porter loin de nous. Cette grande vue de son génie militaire est un grand bienfait. Il faut payer la guerre avec les subsides étrangers, pour ne pas trop aggraver les charges nationales. Il fait vivre chez l’ennemi, pour ne point affamer le peuple qu’on gouverne . Ni les trophées accumulés autour de lui, ni l’éclat de vingt sceptres qu’il tient d’un bras si ferme, et que n’a point réunis Charlemagne lui-même, ne peuvent détourner ses pensées du bonheur de son peuple. Le premier des capitaines a donc vu quelque chose de plus héroïque et de plus élevé que la victoire! C’était assez pour le premier des héros, ce n’était pas assez pour le premier des Rois ! Il lui fut donné de retrouver l’ordre social sous les débris d’un vaste empire, et de rétablir la fortune de l’état au milieu des ravages de la guerre. Nos yeux ont vu les plus grandes choses. Quelques années ont suffit pour renouveler la face du Monde. Un homme a parcouru l’Europe en ôtant et donnant les diadèmes. Il déplace, il renverse , il étend à son choix les frontières des Empires, tout est entraîné par son ascendant. Eh bien ! cet homme, couvert de tant de gloire, nous promet plus encore ; paisible et désarmé, il a prouvé que cette force invincible , qui renverse en courant les trônes et les empires, est au-dessous de cette sagesse vraiment royale qui les conserve par la paix.

aigle et papillon

SIRE , tous nos coeurs se sont émus aux témoignages de votre affection pour les Français ; et les paroles bienfaisantes que vous avez fait entendre du haut du trône , ont déjà réjoui les hameaux.  Un jour on dira, et ce sera le plus beau trait d’une histoire si merveilleuse , on dira que la destinée du pauvre occupait celui qui fait la destinée de tant de rois. Nous jurons, SIRE, de ne jamais démentir ces sentiments que vous approuvez, devant ce trône affermi sur tant de trophées et qui domine l’Europe entière. Et comment, n’accueilleriez -vous pas ce langage aussi éloigné de la servitude, qu’il le fût de l’anarchie. Quand vous immolez votre propre bonheur, celui du peuple occupe seul toute votre âme. Elle s’est émue à l’aspect de la grande famille (c’est ainsi que vous nommez la France), et quoique sûr de tous les dévouements , vous offrez la paix à la tête d’un million de guerriers invincibles… Vous partez, et je ne sais quelle crainte, inspirée par l’amour et tempérée par l’espérance, a troublé toutes les âmes. Nous savons bien pourtant que partout où vous êtes, vous transportez avec vous la fortune et la victoire : la patrie vous accompagne de ses regrets et de ses voeux ; elle vous recommande à ses braves enfants qui forment vos légions fidèles. Ses voeux seront exaucés ; tous vos soldats lui jurent sur leurs épées de veiller autour d’une tête si chère et si glorieuse où reposent tant de destinées. SIRE, la main qui vous conduit de merveille en merveille au sommet des grandeurs humaines, n’abandonnera ni la France, ni l’Europe , qui, si long-temps encore, ont besoin de vous. Vous partez, et le plus brave de tous les peuples est tenté de se plaindre qu’il a trop de gloire en songeant qu’il reste séparé du monarque dont cette gloire est l’ouvrage. Malheur au souverain qui n’est grand qu’à la tête des armées ! Heureux celui qui sait gouverner comme il sait vaincre ! C’est lui qui rouvrit les temples de la religion désolée , et qui sauva la morale et les lois d’une ruine presque inévitable. En un mot, il a plus fondé qu’on n’avait détruit. Voilà ce qui recommande éternellement sa mémoire. De tous les coeurs sortira sans efforts le plus bel éloge du grand homme, auteur de tant de biens. N’en doutons point, grâce à tout ce qu’il a entrepris pour la félicité nationale, sa renommée de conquérant ne sera, dans l’avenir, que la plus faible partie de sa gloire. (L’assemblée renouvelle ses applaudissements. )

Autrefois, après quelques années de guerre, l’épuisement du trésor contraignait le vainqueur lui-même à demander la paix. Aujourd’hui l’entretien de tant d’armées n’a point interrompu l’amélioration successive des finances. Enfin la guerre a, dans tous les temps, affaibli la force des lois et de la police. Aujourd’hui la police , la plus sage et la plus vigilante, maintient la sûreté publique. On voit disparaître avec le fléau de la mendicité, tous les fléaux et tous les désordres qu’il traîne à sa suite. On dirait que ce peuple, si terrible au dehors, ne s’occupe, au-dedans, qu’à préparer le siècle de la paix, des arts et des fêtes. La France a montré tout ce qu’elle peut sous la main toute puissante qui la précipite ou la modère à son gré . Et l’honneur français ! que de prodiges on peut faire avec ce seul mot ! L’honneur français dirigé par un grand homme est un assez puissant ressort pour changer la face de l’univers! (applaudissements).

Que peut ajouter ma voix à l’émotion générale? Comment exprimer tout ce qu’on éprouve de grand et de doux au milieu de cette imposante cérémonie? Ils ne sont plus ces temps où les maîtres du monde s’arrogeaient seuls l’honneur des triomphes payés par les travaux et quelquefois par la vie de leurs sujets. Un grand prince appelle aujourd’hui son peuple au partage de sa gloire ; et quel prince a plus que lui le droit de croire qu’il entraîne seul la fortune à sa suite ? Mais sûr de sa grandeur personnelle, il ne craint point de la communiquer ; il n’ignore pas que le monarque accroît les honneurs de son trône de tous ceux qu’il accorde à sa nation. Mais sur le champ de bataille, sa première pensée est pour nous. C’est Alexandre qui part de la Macédoine avec son génie et l’espérance, et qui, dès sa première victoire au-delà du Granique , envoie les dépouilles des nations vaincues au temple des dieux de sa patrie.

Ces drapeaux furent conquis sur un peuple égaré par les factions. Non, ce n’est point ce héros que l’Espagnol devait craindre. Ses armes ne le soumettront que pour le sauver. On a souvent nommés les rois d’ILLUSTRES INGRATS. On a dit, non sans quelque raison, qu’ils mettaient trop tôt en oubli le dévouement de leurs sujets, près du trône il était plus utile de flatter que de servir. Combien le maître à qui nous sommes attachés mérite peu ce reproche ! Du haut point d’élévation qu’il occupe, il jette un regard équitable sur les talents qui sont au-dessous de lui ; car il est trop élevé au dessus d’eux tous pour ne pas les juger tous avec impartialité. Ses bienfaits préviennent à chaque instant ses serviteurs de toutes les classes.

Transportons-nous par la pensée dans l’avenir. Voyons ce héros, comme la postérité doit le voir un jour, à travers les nuages du temps. C’est alors que sa grandeur paraîtra, pour ainsi dire, fabuleuse ; mais trop de monuments attesteront les merveilles de sa vie pour que le doute soit permis. Si nos descendants veulent savoir quel est celui qui, seul, depuis l’Empire romain réunit l’Italie dans un seul corps, l’histoire leur dira : C’est NAPOLÉON. S’ils demandent quel est celui qui, vers la même époque, dissipa les hordes Arabes et Musulmanes au pied des Pyramides et sur les bords du Jourdain ? l’histoire leur dira : C’est NAPOLÉON. Mais d’autres surprises les attendent. Ils apprendront qu’un homme, en quelque sorte désigné d’en haut, partit du fond de l’Égypte au moment où toutes les voix de la France l’appelaient à leur secours, et qu’il y vint rétablir lés lois, la religion et l’ordre social menacés d’une ruine prochaine; cet homme est encore NAPOLÉON. Ils verront dans dix années trente états changeant de forme, des trônes fondés, des trônes détruits, Vienne deux fois conquise, et les successeurs du grand Frédéric perdant la moitié de leur héritage. Ils croiront que tant de révolutions, de victoires, sont l’ouvrage de plusieurs conquérants !

L’histoire, appuyée sur le témoignage unanime des contemporains, dissipera toutes les méprises ; elle montrera toujours le même NAPOLÉON fondant de l’Autriche sur la Prusse ; poussant sa marche victorieuse jusqu’aux dernières limites de la Pologne , s’élançant tout à coup du fond de la Sarmatie vers ces monts qui séparent la France des Espagnols , et triomphant près de ces régions où l’antiquité plaçait les bornes du monde. Et cependant les prodiges ne seront pas épuisés! il faudra peindre tous les arts rappelant à Paris la magnificence de Rome antique, car il est juste que la ville où réside un si grand homme devienne aussi la ville éternelle !

aigle et papillon

napoléon

L’EMPEREUR A DÉSIRÉ LA PAIX , et dès que l’espérance d’une négociation a paru possible, il s’est empressé de la saisir. Mais ce n’est plus aux Rois comme eux que les alliés développent leurs griefs, et qu’ils envoient leurs manifestes; c’est aux peuples qu’ils les adressent. Et par quel motif adopte-t-on cette marche si nouvelle? Cet exemple ne peut-il pas être funeste ? Faut-il le donner surtout à cette époque où les esprits, travaillés de toutes les maladies de l’orgueil, ont tant de peine à fléchir sous l’autorité QUI LES PROTÈGE , en RÉPRIMANT leur audace ? Et contre qui cette attaque indirecte est-elle dirigée ! Contre le grand homme qui mérita la reconnaissance de tous les rois ; car, en établissant le trône de la France, il a fermé le foyer de ce volcan qui les menaçait tous. Ce n’est point ici qu’on outragera les gouvernements qui se permettraient même de nous outrager ; mais il est permis d’apprécier à leur juste valeur ces reproches si anciens et si connus, prodigués à toutes les puissances qui ont joué un grand rôle depuis Charles-Quint jusqu’à Louis XIV, et depuis Louis XIV jusqu’à I’EMPEREUR. Ce système d’ENVAHISSEMENT, de PRÉPONDÉRANCE, de MONARCHIE UNIVERSELLE , fut toujours un cri de ralliement pour toutes les coalitions ; et du sein même de ces coalitions étonnées de leur imprudence, s’éleva souvent une puissance plus ambitieuse que celle dont on dénonçait l’ambition. L’EMPEREUR voulut LA PAIX ; il voulut l’acheter par des sacrifices où sa grande âme semblait négliger sa gloire personnelle, pour ne s’occuper que des besoins de la nation. Quand on jette les yeux sur cette coalition formée d’éléments qui se repoussent; quand on voit le mélange fortuit et bizarre de tant de peuples que la nature a faits rivaux ; quand on songe que plusieurs, par des alliances peu réfléchies, s’exposent à des dangers qui ne sont point une chimère, on ne peut croire qu’un pareil assemblage d’intérêts si divers ait une longue durée. On a dit depuis long-temps aux orateurs, qu’il n’y avait rien de plus grand que ses actions simplement racontées. On doit ajouter qu’il n’y a rien de plus éloquent que ses paroles. C’est en les répétant avec fidélité qu’on peut le montrer dans toute sa gloire. Combien nous étions émus en l’écoutant la dernière fois, quand il désirait de vivre trente ans pour servir trente ans ses sujets! » Jamais parole plus royale n’est sortie du coeur d’un grand roi. Heureux le prince qui connaît si bien ses devoirs et sa dignité, et les exprime avec tant de noblesse. Quel français ne formait le même voeu que le sien? Oui, qu’il vive trente ans, disions-nous, qu’il vive plus encore ! Une vie si précieuse ne peut trop se prolonger; et puisque tous les prodiges semblent réservés à lui seul, espérons qu’un règne si mémorable surpassera tous les autres par la durée, COMME IL LES SURPASSE TOUS PAR LA PUISSANCE ET LA GRANDEUR.

(Les applaudissements se renouvellent de toutes parts) . L’orateur ému ne peut continuer…

aigle et papillon

Le Bleuet de France Bientôt un siècle de solidarité


bleuet de France

Site  : http://www.bleuetdefrance.fr/ewb_pages/h/histoire-oeuvre-et-de-la-fleur.php

Facebook : https://www.facebook.com/BleuetdeFrance?fref=ts

 

Charlotte Malterre

La Première Guerre mondiale crée une rupture historique par sa violence, sa durée et sa dimension internationale, elle marque la fin d’une époque.

 

Pour faire face aux drames humains engendrés par ce conflit, l’Etat décide de créer l’Office national des mutilés et réformés de la guerre, dès 1916, puis l’Office national des pupilles de la Nation et enfin l’Office national du combattant pour prendre en charge les réparations, la rééducation professionnelle et la solidarité en faveur des victimes de guerre et des anciens combattants. Ces administrations spécifiques se développent en partenariat avec les associations du monde combattant, qui se multiplient après guerre, et s’organisent pour mieux défendre leurs droits, secourir et soutenir socialement leurs membres. Car, en 1918, la fin de la «Grande Guerre» laisse derrière elle plus de 20 millions de blessés et d’invalides dont certains, gravement mutilés, ne peuvent plus travailler. Ainsi, dans l’immédiate après-guerre, toutes les énergies sont mobilisées par la reconstruction qu’elle soit économique, humaine ou matérielle et, outre les dispositifs mis en place par l’Etat, naissent des initiatives de solidarité privées ou associatives de toutes sortes.
Charlotte Malterre.
C’est dans ce contexte que le Bleuet de France voit le jour.
L’histoire de la création du Bleuet de France débute, au sortir de la Première Guerre mondiale, à l’Institution Nationale des Invalides. Aux origines du Bleuet de France, deux femmes de leur temps à l’écoute des souffrances de leurs contemporains : Charlotte Malleterre (fille du commandant de l’Hôtel national des Invalides) et Suzanne Leenhardt, toutes deux infirmières au sein de l’Institution et qui souhaitaient venir en aide aux mutilés de la Première Guerre en créant dès 1925 un atelier pour les pensionnaires des Invalides dans lequel ils confectionnaient des fleurs de  Bleuet en tissu pour  reprendre goût à la vie et subvenir en partie à leurs besoins par la vente de ces fleurs.

Cette fleur sauvage est choisie pour incarner le symbole national du Souvenir mais pourquoi ? Plusieurs hypothèses existent :

  •  Ce serait un héritage des tranchées, un souvenir de ces jeunes nouveaux soldats arrivés dans leurs uniformes bleu horizon et baptisés « bleuets » par leurs aînés Poilus,
  • Une fleur des champs dans le chaos des hommes puisque le bleuet, malgré l’horreur des tranchées a continué de pousser sur les champs de bataille,
  • En hommage au bleu, couleur de la Nation, première couleur du drapeau tricolore.
Bientôt cette initiative se développe et prend une dimension nationale : la Nation veut témoigner de sa reconnaissance et venir en aide à ces hommes qui ont sacrifié leur jeunesse à défendre la France.
collecteur invalide.
 C’est pourquoi, il est décidé à l’occasion du 11 novembre 1934, de vendre, pour la première fois, les fleurs de bleuet fabriquées par les anciens combattants sur la voie publique dans la capitale : 128 000 fleurs seront vendues !
C’est une vraie réussite suivie d’une véritable reconnaissance car dès 1935, l’Etat décide de la vente officielle du Bleuet chaque 11 novembre partout en France. Après la seconde Guerre mondiale, en 1957, l’Etat décide de créer un deuxième jour de collecte chaque 8 mai.
Puis, en 1991 l’Office National des Anciens Combattants et Victimes de Guerre (ONACVG) décide de prendre en charge la gestion de l’Œuvre qui malheureusement périclitait depuis quelques années.
D’un atelier artisanal de confection de fleurs est née une oeuvre caritative unique en son genre qui a traversé le XXème siècle avec un objectif constant : soutenir les anciens combattants et victimes de guerre.
Aujourd’hui, à l’amorce d’un nouveau siècle, la vocation du Bleuet de France perdure et l’Œuvre agit sur de nouveaux fronts en favorisant, aux côtés des actions sociales traditionnelles, la transmission de la mémoire comme véritable vecteur de solidarité entre les générations. Héritier d’une tradition de soutien aux victimes des conflits du XXème siècle, le Bleuet est aujourd’hui une manière de préparer un avenir solidaire pour tous.

bleuetL’histoire de la création du Bleuet de France débute à Paris, au sein de l’Institution Nationale des Invalides où deux femmes de leur temps à l’écoute des souffrances de leurs contemporains, Charlotte Malleterre (fille du commandant de l’Hôtel National des Invalides) et Suzanne Leenhardt, infirmières au sein de l’Institution, souhaitent venir en aide aux mutilés de la Première Guerre. Elles créent alors, dès 1925, un atelier pour les pensionnaires des Invalides. Ils y confectionnent des fleurs de Bleuet en tissu pour les aider à reprendre goût au travail et à la vie et subviennent ainsi, en partie, à leurs besoins grâce au produit de la vente de ces fleurs. Bientôt cette belle initiative se développe et prend une dimension nationale : la Nation veut témoigner de sa reconnaissance et venir en aide à ses hommes qui ont sacrifié leur jeunesse à défendre la France. Le Bleuet est alors choisi pour incarner le symbole national du Souvenir, la Fleur des Morts pour la France. C’est pourquoi, il est décidé à l’occasion du 11 novembre 1934, de vendre, pour la première fois, les fleurs de bleuet fabriquées par les anciens combattants sur la voie publique à Paris : près de 128 000 fleurs seront vendues ! C’est une vraie réussite suivie d’une véritable reconnaissance car, dès 1935, l’Etat décide de la vente officielle du Bleuet chaque 11 novembre. Après la seconde Guerre mondiale, en 1957, l’Etat crée un deuxième jour de collecte chaque 8 mai. Aujourd’hui encore, à l’occasion de ces deux journées commémoratives, l’ONBF organise des collectes sur la voie publique dans toute la France grâce à son réseau de 20.000 bénévoles.  Le Bleuet de France est la seule oeuvre à agir concrètement pour aider des milliers de ressortissants de l’Office national des anciens combattants et victimes de guerre (ONACVG) qui rencontrent des difficultés. Les fonds collectés permettent ainsi de contribuer au maintien à domicile des anciens combattants et de leurs veuves, de participer au financement des études des pupilles de la Nation, mais encore de soutenir des militaires gravement blessés en opérations extérieures ou d’accompagner les familles endeuillées de nos soldats. Le Bleuet de France avec l’ONACVG, est aussi l’un des acteurs majeurs de la politique de transmission de la mémoire et des valeurs républicaines aux jeunes générations. Ce soutien se concrétise par le financement sur le plan national ou local de centaines de projets mémoriaux. Plus que jamais, le Bleuet de France a besoin de votre appui pour promouvoir ses valeurs de mémoire et de solidarité.

C’est le cas avec le nouveau concours scolaire national de bande dessinée de l’ONACVG pour le 70ème anniversaire de la libération de la France et de la victoire sur le nazisme

Lancé en Bourgogne et en Franche-Comté, en 2011, ce concours de Bande Dessinée devient à l’occasion du 70ème anniversaire un concours national qui s’adressera aux collèges et lycées de toute la France. Pour la rentrée scolaire 2014-2015, le thème portera sur la Libération/les libérateurs, afin que des milliers de jeunes puissent participer, réfléchir et se souvenir… autrement.

 

  • 2015 58ème anniversaire des collectes
    organisées le 8 mai

 

  • 1918 Confection des premiers Bleuets en tissu par les
    pensionnaires des Invalides
  • 1934 (octobre) L’association Bleuet de France est créée
    offi ciellement et reconnue d’utilité publique
  • 1934 (11 novembre) A Paris, première autorisation de vente
    du Bleuet sur la voie publique
  • 1935 Les collectes sont étendues à toute la France
  • 1957 Le 8 mai devient second jour de collecte
  • 1991 L’association Bleuet de France se dissout et donne
    naissance à l’OEuvre Nationale du Bleuet de France désormais
    gérée par l’ONACVG
  • 1999 Inauguration du rond-point du Bleuet de France
    sur le terre-plein des Invalides
  • 2001 Création du label Bleuet de France pour les maisons
    de retraite
  • 2006 Première campagne télévisée d’appel au don
    du Bleuet de France
  • 2008 Ouverture du premier site internet du Bleuet de France
    www.bleuetdefrance.fr
  • 2010 Création d’une boutique en ligne de produits estampillés
    Bleuet de France
  • 2011 Nouveau slogan du Bleuet de France
    “ Aidons ceux qui restent ! ”
  • 2012 Le Bleuet de France est sur Facebook
    www.facebook.com/BleuetdeFrance
  • 2014 80ème anniversaire de la première
    collecte de dons dans la rue

Bonapartiana VII : Bulletin du Dimanche du Nonidi 9 Messidor 223


france frontières ulraBonapartiana  VI : Bulletin du Dimanche du Nonidi 9 Messidor 223

“L’actualité” de Napoléon le Grandjacques JANSSENS

ACMN

Photo : D. Timmermans – ACMN

Aux braves tombés ici sous l’uniforme français le 18/06/2015! Cette couronne déposée en-dehors des commémorations festives et lucratives par l’Association pour la Conservation des Monuments Napoléoniens rappelle que les commémorations sont aussi et surtout un rappel à la mémoire des combattants qui se sont certes battus pour des valeurs différentes mais qui avaient le courage de les défendre! Ce courage et l’histoire  sont maintenus par ces monuments qui, manquant cruellement de finances, se détériorent avec le temps au profit de structures plus enrichissantes.  Je lance donc un appel  de soutien selon vos moyens afin de préserver ces monuments et la mémoire! – Jacques JANSSENS

  • Gratuit : Pétition de soutien au projet d’extension de la zone historique protégée du champ de bataille de Waterloo.  https://14388.lapetition.be/                                    Soutien au projet d'extension de la zone historique protégée du champ de bataille de Waterloo

Je soutiens le projet de la Région wallonne d’étendre la zone historique protégée du champ de bataille de Waterloo. Grâce à la loi du 26 mars 1914, la zone des combats entre Français et Alliés hollando-britanniques a pu être protégée et a pu conserver son aspect de 1914. Je soutiens le nouveau projet de la Région wallonne d’agrandir ce périmètre en englobant les zones des combats franco-prussiens, tout aussi importantes pour l’Histoire et essentielles pour la préservation de la mémoire. Si la loi de 1914 protégeait déjà 545 hectares, le projet actuel vise à en protéger presque le double (1.193 ha), principalement à Plancenoit, une zone qui n’est pas protégée.  L’objectif est d’assurer la lisibilité et donc la compréhension des mouvements des armées en présence, en sauvegardant le paysage et en lui conservant autant que possible sa vocation agricole.

aigle et papillon

Au peuple français, du Tridi 3, Messidor 23 (22 juin 1815, 4 heures après-midi)

“En commençant la guerre pour soutenir l’indépendance nationale, je comptais sur la réunion de tous les efforts, de toutes les volontés, et sur le concours de toutes les autorités nationales. J’étais fondé à en espérer le succès. Les circonstances me paraissent changées. Je m’offre en sacrifice à la haine des ennemis de la France. Puissent-ils être sincères dans leurs déclarations et n’en avoir voulu réellement qu’à ma personne. Unissez-vous tous pour le salut public et pour rester une nation indépendante. Je proclame mon fils sous le nom de Napoléon II, empereur des français.”

Napoléon Bonaparte, Empereur des français

Dictées de Sainte-Hélène – Montholon

“Les principes de César ont été les mêmes que ceux d’Alexandre et d’Annibal : tenir les forces réunies, n’être vulnérable sur aucun point, se porter avec rapidité sur les points importants, s’en rapporter aux moyens moraux, à la réputation de ses armes, à la crainte qu’ils inspiraient, et aussi aux moyens politiques, pour maintenir dans la fidélité ses alliés, et dans l’obéissance les peuples conquis.”

Napoléon Bonaparte, Empereur des français

EVENEMENTS

http://www.wavre1815.com/

Voir aussi l’article : Route de l’armée Grouchy

En juin 1815, sur les terrains historiques, le long de la Dyle, les combattants des deux camps se livrent une guerre sans trêve et sans merci. A travers l’implantation de bivouacs alliés et français et la reconstitution d’exercices d’armes et de la bataille, le public voyage au coeur de l’ambiance napoléonienne. La vie militaire et civile de l’époque se décline au travers d’une exposition de panneaux didactiques sur les costumes et de stands offrant aux visiteurs petits soldats, BD, livres et dédicaces d’auteurs, de peintres et dessinateurs spécialistes du sujet

Affichage de image002.jpg en cours...

  • Samedi 4/7 – 10h à 20h : bivouacs – ruelle A l’Buse – 19h30 : reconstitution
  • Dimanche 5/7 – 14h à 16h : bivouacs- ruelle A l’Buse – 11h30 : reconstitution

LA BATAILLE DE WAVRE DES 18 ET 19 JUIN 1815

Walking Waterloo: Wavre

Parking de délestage pour les commémorations de Wavre 2015

trivial pursuitPour petits et grands, cette version « Waterloo et la Route Napoléon » en mini-format se joue comme un Trivial Pursuit traditionnel. Il est composé d’un plateau, de pions et de 330 questions allant du fait historique aux anecdotes alimentaires. Elles sont réparties dans 6 catégories distinctes ce qui nous permet de parcourir le sujet “ Napoléon ” de fond en comble!

tri1 tri2 tri3

Le Mini Trivial Pursuit, c’est aussi un support génial à l’école, en soirée, à l’apéro, en famille, et même entre collègues ! Pour acheter le jeu : http://tp1815.info/

ACTUALITES

  1. Création officielle du Mouvement Bonapartiste Belgique le 18/06/2015
  2. Vive Waterloo ! La défaite de Napoléon le 18 juin 1815 a ouvert une longue période sans grandes guerres en Europe. N’y avait-il vraiment rien à commémorer, même pour les Français?
  3. Histoire portrait L’aïeul de Robert Hiebel blessé à Waterloo Le Républicain Lorrain
  4. À la découverte de Napoléon à Paris avec Philippe de Carbonnières AMA
  5. L’inventaire Napoléon
  6. Un numéro, un destin. Au service de Napoléon
  7. Après Waterloo, les dernières heures de Napoléon sur le continent
  8. Waterloo : deux-cents ans après, Napoléon remporte la bataille !
  9. Napoléon et la Bérézina de la liberté
  10. Napoléon Bonaparte, ce mauvais génie français…..
  11. Ce que la France d’aujourd’hui doit à Napoléon 1er
  12. Deux cents ans après la bataille de Waterloo, que reste-t-il de Napoléon?
  13. Waterloo, 1815 : les Belges pris entre deux feux

LIVRES

Comment les français ont gagné Waterloo Broché – 29 avril 2015 – de Stephen Clarke (Auteur)

« L’histoire est une suite de mensonges sur lesquels on est d’accord. » Napoléoncomment les français ont gagné waterloo Bonaparte.

Tout le monde sait qui a perdu la bataille de Waterloo. Même les Français doivent bien admettre que, le 18 juin 1815 au soir, sa Grande Armée en lambeaux, Napoléon a capitulé. Il avait misé sur une grande confrontation avec ses ennemis anglais et prussiens et il a tout perdu. Qui peut le contester sérieusement ? Et pourtant…À l’occasion du 200e anniversaire de la bataille de Waterloo, Stephen Clarke, subtil observateur de la France, plonge dans les textes de ces frondeurs d’hier et d’aujourd’hui qui refusent toujours d’admettre l’évidence. Analysant Waterloo du point de vue des grognards, des romanciers, des historiens et même des hommes politiques contemporains, il montre que, pour les Français, comme le dit encore Dominique de Villepin, la défaite française « brille d une aura victorieuse ». Comment expliquer que deux siècles après, Waterloo fasse encore débat ? Déni ? Excès de patriotisme ? Anomalie spécifiquement française ? De son humour décalé, Stephen Clarke fait le tour de cette particularité française qui depuis Victor Hugo tente de négocier à la hausse la vérité historique chaque fois qu’il s’agit de Napoléon. Un livre illustré d un cahier de huit pages qui gagne la bataille du savoir avec le sourire.

Le 18 juin 1815, près de 200 000 hommes s’affrontent sur uwaterloo barberone petite langue de terre d’à peine quatre kilomètres sur quatre : l’année de Wellington, coalition hétéroclite de différentes nationalités, l’armée prussienne de Blücher et celle de l’empereur Napoléon. Des hommes de conditions diverses frottés à la guerre ou non : tel ce vieux prince prussien qui confesse ” puer un peu ” ou ces soldats irlandais qui traquent les femmes et l’eau-de-vie, dînant d’une maigre
soupe assaisonnée de poudre avant de s’endormir clans la boue. Heure après heure, ce livre fait resurgir les interrogations et les doutes des protagonistes de cette journée mythique.
Car la bataille de Waterloo, ” charnière du XIXe siècle ” selon le mot célèbre de Victor Hugo, l’épisode qui détrôna Napoléon et assura la paix en Europe pendant plus de quarante ans eût pu connaître une fin différente. Débusquant l’histoire sous le mythe, Allessandro Barbero nous en restitue le véritable déroulement. Il entremêle avec une extraordinaire maîtrise sources et témoignages, cartes et analyses stratégiques, dialogues hauts en couleur et aperçus historiques, livrant ainsi le roman vrai de cette bataille légendaire.

La défaite de Waterloo continue d’opposer les historiens. Pourquoi cette bataille légendaire a-t-elle été perdue par les Français ? Pour la majorité des auteurs, il ne fait aucun doute que le maréchal Grouchy est coupable. Si seulement il était arrivé à temps, il aurait pu renverser la situation et changer le cours des évènements, donc de l’histoire. Mais pendant que Napoléon était aux prises avec Wellington, nous le savons tous, Grouchy refusait de «marcher au canon» et mangeait des fraises à 30 km au sud-est des combats. La cause est donc entendue. Mais la réponse est-elle satisfaisante ? Rien n’est moins sûr. À partir d’une nouvelle lecture des documents d’époque, ce fascicule tente de faire la lumière sur les responsabilités de chacun.

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“Avons nous besoin de Napoléon en 2015 ?                                                 

Qui a gagné Waterloo ?” Qui a gagné WaterlooFlammarion sur Atlantico. Oui pour les 4 valeurs qu’il incarne: Mérite, Intégration, Honneur et France dans le monde. À l’exact opposé des nouveaux programmes d’Histoire qui respirent la haine de la France, l’incapacité à dire où va le pays et donc à dire d’où il vient, ainsi que la honte d’être français…

 

Préface : “Pourquoi, de toutes les batailles que Napoléon a livrées, la plus célèbre est-elle celle qu’il a perdue ? «Waterloo! Waterloo! Morne plaine! Comme une onde qui bout dans une urne trop pleine. » Certes, Victor Hugo et les poètes romantiques ont contribué à forger cette renommée internationale, mais Waterloo reste dans notre mémoire collective comme une glorieuse défaite, sans conteste la plus spectaculaire bataille de toute l’épopée napoléonienne. Les exploits héroïques des derniers carrés de la Garde impériale, combattant jusqu’à leur dernier souffle, sinon pour la victoire du moins pour l’honneur, y sont pour beaucoup. Mais 1815, c’est aussi la fin d’un monde, le moment où s’achève le rêve tricolore d’hégémonie européenne inauguré sous le règne de Louis XIV. Depuis 1643 et la victoire de Rocroi, la France occupait le premier rang des puissances mondiales. Et, dans la boue de Waterloo, au coeur d’un ultime combat, la « Grande Nation » passe la main. C’est un tournant historique majeur. Les raisons de la défaite sont généralement attribuées à l’infériorité numérique des Français, aux erreurs des lieutenants de Napoléon, au maréchal Grouchy notamment, voire aux circonstances ou à la malchance. Pour autant, le nom de la débâcle est devenu emblématique.  N’est-ce pas le lieu, l’endroit, l’heure où Napoléon a rendez-vous avec son destin ? Ce désastre ultime, l’Empereur le porte en lui comme un héros de tragédie. Condamné à la guerre, un engrenage fatal le conduit ici, à 20 kilomètres au sud de Bruxelles, endroit où la fortune l’abandonne définitivement, à deux pas de Fleurus où, le 26 juin 1794, les armées de la Révolution avaient remporté une victoire décisive sur les forces coalisées de la vieille Europe monarchique. Waterloo signe la fin d’une tragédie en trois actes qui se joue depuis vingt ans, la lutte à mort entre le vieux monde et le nouveau. Napoléon, héritier de la Révolution, devenu l’Empereur avait enivré la France de ses victoires, comme Victor Hugo le dit si bien dans le vers : « Cet homme étrange avait comme enivré l’histoire. » Si les Français l’ont longtemps suivi – car jamais un homme ne fait de grandes choses sans le consentement tacite de la majorité du peuple –, cette fois ils sont épuisés. Car Napoléon ne s’arrête jamais. Une ambition plus forte que lui le dévore. Il brûle en lui comme un défi perpétuel au passé, à l’Ancien Régime. Et là, l’Empereur s’écroule. Mais sa gloire en ressortira grandie. Car la tragédie de Waterloo contribue à faire taire toutes les haines ; même celles de ces anciens ennemis, tel Wellington qui, vieillissant, fera installer un musée dans sa propre maison et passera des heures silencieux devant le buste de l’Empereur. Depuis l’Antiquité,comme il arrive parfois sur les champs de bataille, la tragédie transforme l’Histoire en légende. Dans son cas, le mécanisme joue à plein. Tout peuple, en Europe, considère Napoléon à la fois comme son tyran et son libérateur. Son destin fulgurant fait toujours rêver les hommes, qu’ils soient amis ou ennemis. Et son mythe finit par appartenir à tout le monde et sa gloire par être universelle. Paradoxalement, dans la mémoire collective, cette bataille de Titans n’entame en rien le prestige de Napoléon. Bien au contraire même, elle contribue à grandir sa légende. Napoléon est clairement le héros de cette journée et le triomphe final – sa défaite – est le sien. Victor Hugo affirme : « Le nom grandit quand l’homme tombe. » C’est sa chute qui le fait grand ; elle est sa rédemption. La défaite ne détruit pas le mythe, au contraire elle le sanctifie. Par quel miracle ? Comment a-t‑il fait pour, après ce désastre fatal, devenir plus populaire que lors de ses innombrables victoires ? Qui se souvient aujourd’hui d’Ulm ou de Friedland alors que tout un chacun connaît Waterloo ? Ce nom qui sonne comme un coup de tonnerre est devenu un enjeu de mémoire. Le champ de bataille, haut lieu du tourisme belge, est visité autant pour les actions d’éclat qui s’y sont déroulées que pour les monuments qui les commémorent. Deux cents ans exactement après la victoire des troupes coalisées contre la France, une majorité des 180 000 touristes qui viennent voir ce site (et c’est bien le plus étonnant) est persuadée que c’est Napoléon qui a remporté Waterloo…Idem pour les enfants de Grande-Bretagne convaincus – ce qui désole leurs enseignants – que ce fut une défaite pour leur pays… comme nous l’a confirmé un professeur de l’université de Reading. En étudiant au plus près la genèse, le déroulement de cette « mère de toutes les batailles », et en m’interrogeant sur ses conséquences, j’ai été amené à me poser la question : Mais qui a vraiment gagné à Waterloo ?

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Bon ANNIVERSAIRE A JEAN-JACQUES ROUSSEAU Et…….. à NOTRE PLUS BELLE REPUBLIQUE : 28 juin 1793 – Jean-Jacques Hébrard

Décret du 21 septembre 1792
La Convention nationale déclare :
1° Qu’il ne peut y avoir de Constitution que celle qui est acceptée par le Peuple ;
2° Que les personnes et les propriétés sont sous la sauvegarde de la Nation.
Décret des 21-22 septembre 1792
La Convention nationale décrète à l’unanimité que la royauté est abolie en France.
Déclaration du 25 septembre 1792
La Convention nationale déclare que la République française est une et indivisible.
Constitution du 24 juin 1793
DECLARATION DES DROITS DE L’HOMME ET DU CITOYEN

Le peuple français, convaincu que l’oubli et le mépris des droits naturels de l’homme, sont les seules causes des malheurs du monde, a résolu d’exposer dans une déclaration solennelle, ces droits sacrés et inaliénables, afin que tous les citoyens pouvant comparer sans cesse les actes du gouvernement avec le but de toute institution sociale, ne se laissent jamais opprimer, avilir par la tyrannie ; afin que le peuple ait toujours devant les yeux les bases de sa liberté et de son bonheur ; le magistrat la règle de ses devoirs ; le législateur l’objet de sa mission. – En conséquence, il proclame, en présence de l’Etre suprême, la déclaration suivante des droits de l’homme et du citoyen.

  • Article 1. – Le but de la société est le bonheur commun. – Le gouvernement est institué pour garantir à l’homme la puissance de ses droits naturels et imprescriptibles.
  • Article 2. – Ces droits sont l’égalité, la liberté, la sûreté, la propriété.
  • Article 3. – Tous les hommes sont égaux par la nature et devant la loi.
  • Article 4. – La loi est l’expression libre et solennelle de la volonté générale ; elle est la même pour tous, soit qu’elle protège, soit qu’elle punisse ; elle ne peut ordonner que ce qui est juste et utile à la société ; elle ne peut défendre que ce qui lui est nuisible.
  • Article 5. – Tous les citoyens sont également admissibles aux emplois publics. Les peuples libres ne connaissent d’autres motifs de préférence, dans leurs élections, que les vertus et les talents.
  • Article 6. – La liberté est le pouvoir qui appartient à l’homme de faire tout ce qui ne nuit pas aux droits d’autrui : elle a pour principe la nature ; pour règle la justice ; pour sauvegarde la loi ; sa limite morale est dans cette maxime : Ne fais pas à un autre ce que tu ne veux pas qu’il te soit fait.
  • Article 7. – Le droit de manifester sa pensée et ses opinions, soit par la voie de la presse, soit de toute autre manière, le droit de s’assembler paisiblement, le libre exercice des cultes, ne peuvent être interdits. – La nécessité d’énoncer ces droits suppose ou la présence ou le souvenir récent du despotisme.
  • Article 8. – La sûreté consiste dans la protection accordée par la société à chacun de ses membres pour la conservation de sa personne, de ses droits et de ses propriétés.
  • Article 9. – La loi doit protéger la liberté publique et individuelle contre l’oppression de ceux qui gouvernent.
  • Article 10. – Nul ne doit être accusé, arrêté ni détenu, que dans les cas déterminés par la loi et selon les formes qu’elle a prescrites. Tout citoyen, appelé ou saisi par l’autorité de la loi, doit obéir à l’instant ; il se rend coupable par la résistance.
  • Article 11. – Tout acte exercé contre un homme hors des cas et sans les formes que la loi détermine, est arbitraire et tyrannique ; celui contre lequel on voudrait l’exécuter par la violence a le droit de le repousser par la force.
  • Article 12. – Ceux qui solliciteraient, expédieraient, signeraient, exécuteraient ou feraient exécuter des actes arbitraires, seraient coupables, et doivent être punis.
  • Article 13. – Tout homme étant présumé innocent jusqu’à ce qu’il ait été déclaré coupable, s’il est jugé indispensable de l’arrêter, toute rigueur qui ne serait pas nécessaire pour s’assurer de sa personne doit être sévèrement réprimée par la loi.
  • Article 14. – Nul ne doit être jugé et puni qu’après avoir été entendu ou légalement appelé, et qu’en vertu d’une loi promulguée antérieurement au délit. La loi qui punirait les délits commis avant qu’elle existât serait une tyrannie ; l’effet rétroactif donné à la loi serait un crime.
  • Article 15. – La loi ne doit décerner que des peines strictement et évidemment nécessaires : les peines doivent être proportionnées au délit et utiles à la société.
  • Article 16. – Le droit de propriété est celui qui appartient à tout citoyen de jouir et de disposer à son gré de ses biens, de ses revenus, du fruit de son travail et de son industrie.
  • Article 17. – Nul genre de travail, de culture, de commerce, ne peut être interdit à l’industrie des citoyens.
  • Article 18. – Tout homme peut engager ses services, son temps ; mais il ne peut se vendre, ni être vendu ; sa personne n’est pas une propriété aliénable. La loi ne reconnaît point de domesticité ; il ne peut exister qu’un engagement de soins et de reconnaissance, entre l’homme qui travaille et celui qui l’emploie.
  • Article 19. – Nul ne peut être privé de la moindre portion de sa propriété sans son consentement, si ce n’est lorsque la nécessité publique légalement constatée l’exige, et sous la condition d’une juste et préalable indemnité.
  • Article 20. – Nulle contribution ne peut être établie que pour l’utilité générale. Tous les citoyens ont le droit de concourir à l’établissement des contributions, d’en surveiller l’emploi, et de s’en faire rendre compte.
  • Article 21. – Les secours publics sont une dette sacrée. La société doit la subsistance aux citoyens malheureux, soit en leur procurant du travail, soit en assurant les moyens d’exister à ceux qui sont hors d’état de travailler.
  • Article 22. – L’instruction est le besoin de tous. La société doit favoriser de tout son pouvoir les progrès de la raison publique, et mettre l’instruction à la portée de tous les citoyens.
  • Article 23. – La garantie sociale consiste dans l’action de tous, pour assurer à chacun la jouissance et la conservation de ses droits ; cette garantie repose sur la souveraineté nationale.
  • Article 24. – Elle ne peut exister, si les limites des fonctions publiques ne sont pas clairement déterminées par la loi, et si la responsabilité de tous les fonctionnaires n’est pas assurée.
  • Article 25. – La souveraineté réside dans le peuple ; elle est une et indivisible, imprescriptible et inaliénable.
  • Article 26. – Aucune portion du peuple ne peut exercer la puissance du peuple entier ; mais chaque section du souverain assemblée doit jouir du droit d’exprimer sa volonté avec une entière liberté.
  • Article 27. – Que tout individu qui usurperait la souveraineté soit à l’instant mis à mort par les hommes libres.
  • Article 28. – Un peuple a toujours le droit de revoir, de réformer et de changer sa Constitution. Une génération ne peut assujettir à ses lois les générations futures.
  • Article 29. – Chaque citoyen a un droit égal de concourir à la formation de la loi et à la nomination de ses mandataires ou de ses agents.
  • Article 30. – Les fonctions publiques sont essentiellement temporaires ; elles ne peuvent être considérées comme des distinctions ni comme des récompenses, mais comme des devoirs.
    Article 31. – Les délits des mandataires du peuple et de ses agents ne doivent jamais être impunis. Nul n’a le droit de se prétendre plus inviolable que les autres citoyens.
  • Article 32. – Le droit de présenter des pétitions aux dépositaires de l’autorité publique ne peut, en aucun cas, être interdit, suspendu ni limité.
  • Article 33. – La résistance à l’oppression est la conséquence des autres Droits de l’homme.
  • Article 34. – Il y a oppression contre le corps social lorsqu’un seul de ses membres est opprimé. Il y a oppression contre chaque membre lorsque le corps social est opprimé.
  • Article 35. – Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l’insurrection est, pour le peuple et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs.

ACTE CONSTITUTIONNEL
De la République

  • Article 1. – La République française est une et indivisible.
    De la distribution du peuple
  • Article 2. – Le peuple français est distribué, pour l’exercice de sa souveraineté, en Assemblées primaires de canton.
  • Article 3. – Il est distribué, pour l’administration et pour la justice, en départements, districts, municipalités.

De l’état des citoyens

  • Article 4. – Tout homme né et domicilié en France, âgé de vingt et un ans accomplis ; – Tout étranger âgé de vingt et un ans accomplis, qui, domicilié en France depuis une année – Y vit de son travail – Ou acquiert une propriété – Ou épouse une Française – Ou adopte un enfant – Ou nourrit un vieillard ; – Tout étranger enfin, qui sera jugé par le Corps législatif avoir bien mérité de l’humanité – Est admis à l’exercice des Droits de citoyen français.
  • Article 5. – L’exercice des Droits de citoyen se perd – Par la naturalisation en pays étranger – Par l’acceptation de fonctions ou faveurs émanées d’un gouvernement non populaire ; – Par la condamnation à des peines infamantes ou afflictives, jusqu’à réhabilitation.
  • Article 6. – L’exercice des Droits de citoyen est suspendu – Par l’état d’accusation ; – Par un jugement de contumace, tant